« Royaume-Uni »

Thaddaeus Ropac : « Je suis davantage curieux de regarder ce qui se passe loin de nous »

L’événement est de taille… Thaddaeus Ropac inaugure une cinquième galerie, à Londres. Le galeriste explique ici son coup de cœur pour la capitale britannique, revient sur le Brexit, développe sa politique d’expositions… Tout un programme. La nouvelle succursale de la Galerie Thaddaeus Ropac, à Londres – dans le sillage de Kamel Mennour, qui s’y installait en octobre dernier –, ouvrira au public le 28 avril prochain. La galerie sera implantée dans une ancienne demeure du XVIIIe siècle, au cœur du quartier historique de Mayfair. Dans les espaces du rez-de-chaussée et du premier étage, le nouveau lieu sera inauguré avec une exposition de photographies historiques et de sculptures vidéo de Gilbert & George, une sélection d’œuvres d’art minimal américain issues de la collection Marzona, ainsi que des dessins des années 1950 et 1960. Une sculpture de Joseph Beuys sera également présentée, tout comme une nouvelle performance et des sculptures récentes d’Oliver Beer. Explication. Vous ouvrez une nouvelle galerie à Londres, au printemps prochain. Quelle est la première raison de ce choix ? S’installer à Londres s’inscrit dans le sens de la marche de la galerie. Nous représentons beaucoup d’artistes et je crois que nous pouvons mener plusieurs galeries en même temps. C’est très excitant. On fait plus d’expositions et on peut montrer plus d’art. Nous essayons de toucher plus encore de public avec les expositions que nous faisons. C’est dans la logique de notre galerie. Je suis un Européen convaincu, comme je le dis toujours. Aussi, s’installer en Europe était un principe. Je ne voulais pas aller aux États-Unis, ni en Chine, ni ailleurs. Il n’y a pas beaucoup de villes en Europe qui aient autant d’effet sur la visibilité de l’art que Londres. C’est pourquoi vous n’avez pas choisi Vienne ou Berlin, par exemple ? Londres et Paris sont des villes très...

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Data : Rauschenberg, les enchères à la traîne ?

Robert Rauschenberg, le frondeur ; Robert Rauschenberg, l’expérimentateur invétéré. Celui qui travaillait dans « l’intervalle séparant l’art de la vie » a contribué à l’émergence du concept de « plasticien », en imprimant de sa marque l’histoire de l’art de la seconde moitié du XXe siècle. Le marché suit-il ? Robert Milton Ernest Rauschenberg naît le 22 octobre 1925 à Port Arthur, dans un Texas acquis à l’extraction pétrolière. Ses parents, protestants convaincus, n’ont pas beaucoup de moyens ; il descend d’un grand-père médecin allemand qui s’était entiché d’une Indienne Cherokee. À seize ans, le jeune Rauschenberg commence des études de pharmacie à l’Université du Texas d’Austin. En 1943, il est incorporé dans l’armée américaine et intègre le Navy Hospital Corps de San Diego, en Californie. Libéré en 1945, il intègre le Kansas City Art Institute puis s’envole pour l’Académie Julian à Paris. Il y rencontre Susan Weil, avec qui il aura un fils. Rauschenberg poursuit ses études au Black Mountain College (Caroline du Nord), où il rencontre Josef Albers. Un crochet par New York et l’Art Students League, aux côtés de Morris Kantor et Vaclav Vytlacil, lui permet de faire la connaissance de Knox Martin et de Cy Twombly. L’année 1952 marque un tournant dans sa carrière. Alors qu’il est encore étudiant au Black Mountain College, il participe à l’ « Untitled event », ou Theatre Piece N°.1, fréquemment considéré par les historiens comme le premier happening, aux côtés de John Cage, Merce Cunningham, du pianiste David Tudor et de Jay Watt. La même année, il parcourt l’Europe et l’Afrique du Nord avec son amant Cy Twombly. Au tournant des années 1950, alors que les États-Unis sont acquis à l’expressionnisme abstrait, Robert Rauschenberg a déjà entrepris d’incorporer les matériaux du quotidien dans ses œuvres, de désacraliser l’art et d’abolir le principe sacré...

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Une nouvelle galerie ouvre à Deptford, dirigée par Matthew Wood

Début novembre, une galerie répondant au nom de « No format » a vu le jour au sein de l’Anthology Deptford Foundery, à Londres. La galerie se trouve sous l’arche 29 (Rolt Street) de ce programme qui tend à valoriser l’héritage industriel du quartier de Deptford. Matthew Wood, directeur de la galerie, mais également membre dirigeant de SFSA (Second Floor Studio & Arts), organisme dont l’activité principale est de fournir aux artistes et designers des espaces de travail à des prix abordables, y ouvrira en 2019 une soixantaine de studios réservés aux artistes, comme le rapporte le site East London Lines. Pour sa première exposition, la galerie, qui souhaite soutenir la création locale, montre différents artistes des quartiers sud de Londres, parmi lesquels l’ancienne programmeuse informatique Rachel Ara, dont la pièce This Much I’m Worth a remporté le International Aesthetica Art Prize en...

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Collection David Bowie : la folie Memphis

Retour sur l’un des courants majeurs du design, à l’occasion de la vente de la collection David Bowie, chez Sotheby’s à Londres. De très chères enchères pour un ensemble de meubles et objets réalisés par le groupe Memphis. L’industrialisation du XIXe siècle fait entrer l’Europe dans l’ère de la mécanique. L’appel à la modernité du futurisme italien offre une vision poétique des métropoles contre les conventions de la société et de l’art italien d’alors. L’idée de rupture et de négation du passé pour un élan moderniste jalonnera l’art du XXe siècle. 1968 fait entrer le monde dans une post-modernité caractérisée par une attitude intellectuelle remettant en cause les limites séparant le champ esthétique du domaine utilitaire. C’est aussi une manière d’atteindre l’idée d’art total. Cette idée se répand avec les courants artistiques modernes que sont le futurisme, le suprématisme, le constructivisme. Sont alors créés des meubles projetant une véritable réforme de l’art de vivre. Rappelons à cet égard le pouvoir que l’objet a sur l’homme. Alors que les années d’après-guerre introduisent l’adage « le beau au service de l’utile », les années post-modernes tendent à une esthétisation complète du monde grâce à des objets manufacturés et lisses. Le post-modernisme initie cette réflexion sur le statut même des objets. Cette remise en question des propriétés fonctionnelles du design s’inspire du culte de l’objet et propose des meubles dont la fonction s’efface au profit de la forme. L’anti-design et le design radical italien adoptent cette tendance. Les années 1970-1980 sont marquées par les groupes Memphis ou Alchymia, dont les créations en mélaminé s’adressent plutôt à une clientèle élitiste. Le choc pétrolier de 1973 incite une nouvelle réflexion politique, économique et écologique. De ce fait, il remet en cause les méthodes de production. L’instabilité économique qui règne alors engage une critique de...

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David Galloway, à propos d’Henri Barande

L’ancien conservateur en chef du Musée d’Art Contemporain de Téhéran, David Galloway, évoque sa récente exposition de l’œuvre de l’artiste Henri Barande à la Saatchi Gallery. Son plus grand défi depuis près de 40 ans… En tant qu’artiste, Henri Barande a toujours refusé de s’exposer au public. Ses œuvres sont non signées, sans titre et n’ont jamais été mises en vente. Comment avez-vous découvert le travail de Henri Barande et réalisé cette exposition ? J’ai rencontré Henri Barande grâce à une connaissance commune  avec laquelle j’avais travaillé au Musée d’Art Contemporain de Téhéran. Très peu de gens connaissaient son travail. Il était très solitaire, très réservé. Il ne voulait pas que ses œuvres soient vues par le public et n’avait donc jamais exposé auparavant. Je l’ai donc rencontré dans son atelier, en Suisse, et il m’a rendu visite en France. Il a fallu beaucoup de temps pour gagner sa confiance, mais Henri Barande a accepté que je publie un article sur lui dans l’International Herald Tribune et, peu de temps après, j’ai écrit un article de fond pour Art News. Quelques personnes m’ont contacté suite aux articles, dont Guy Jennings, le directeur de Sotheby’s à Zurich. Jennings s’est arrangé pour visiter son atelier et a été profondément impressionné de voir une œuvre d’une telle beauté et complexité. Après avoir approfondi ses liens avec Henri Barande, Jennings a suggéré qu’il expose chez Sotheby’s à Zurich. Henri Barande a toujours conservé une volonté d’anonymat. Depuis, il a eu deux expositions personnelles, une au Musée d’Art Moderne, à Genève en 2008, l’autre à l’École des Beaux-Arts de Paris, en 2011. Il aura donc fallu beaucoup de temps pour en arriver là aujourd’hui – 17 ans en fait ! Ce n’est pas que Henri Barande est méfiant, mais plutôt que son travail est...

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