« photographie »

Data : Robert Mapplethorpe, un marché qui se stabilise

Le « peintre sculpteur », encore abordable aux enchères, connaît un marché en voie de stabilisation, malgré de grandes disparités. Tout en restant encore largement vendu aux États-Unis… Robert Mapplethorpe naît le 4 novembre 1946 dans l’État de New York, au sein d’une famille catholique d’origine anglo-irlandaise. Il est le troisième d’une fratrie de six enfants. Il passe son enfance à Floral Park, cité du Queens (New York) où il fréquente la paroisse Our Lady of the Snows. « Enfant, j’étais catholique et j’allais à l’église tous les dimanches. Une église a une certaine magie et un certain mystère pour un enfant. Cela montre encore aujourd’hui comment j’organise les choses » (Deborah A. Levinson, Robert Mapplethorpe’s extraordinary vision). En 1963, Robert Mapplethorpe entre au Pratt Institute, à Brooklyn. D’abord, et manifestement pour plaire à son père, il suit des cours de design publicitaire. Mauvaise pioche. Il en est renvoyé deux ans plus tard et porte alors son intérêt plutôt vers les arts plastiques — dessin, peinture, sculpture. Il réalise à cette époque des collages volontiers surréalistes, concomitamment à sa découverte du cannabis et du LSD. Il rencontre Patti Smith, avec qui il se lie d’amitié — après une courte idylle. À cette époque, Robert Mapplethorpe est largement marqué par Marcel Duchamp et Joseph Cornell : il poursuit sa pratique du collage, mais réalise également des boîtes, des installations et des pièces d’autels, influencées par son enfance catholique, mais aussi la magie noire. À la fin des années 1960, Robert Mapplethorpe est fasciné par l’avant-garde new-yorkaise. Il fréquente notamment les clubs près d’Union Square, comme le Max’s Kansas City ou le CBGB, où se retrouvent les membres de la Factory ; Andy Warhol lui-même, mais aussi Gerard Malanga ou Candy Darling. D’après Patti Smith, ce n’est qu’au début des années 1970 que Robert Mapplethorpe commence la...

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La Galerie Particulière représente Lise Sarfati

La Galerie Particulière, galerie photographique située dans le quartier du Marais à Paris, représente désormais Lise Sarfati. Née en 1958 à Oran en Algérie, cette artiste autodidacte, par deux fois récompensée par le prix Niépce et membre de Magnum photos, démarre sa carrière comme photographe officielle de l’Académie des Beaux-Arts de Paris. Passionnée par la Russie dès son plus jeune âge, Lise Sarfati obtient un master en études russes et part en 1989 s’installer dans ce pays qui aura une influence majeure sur son œuvre. Les jeunes hommes qu’elle y rencontre deviennent la base de son travail de photographie documentaire, alors que le rapport du corps dans l’espace et sa relation au vide se trouvent au centre de sa recherche artistique. L’artiste vit aujourd’hui aux États-Unis, qu’elle préfère à la France dont l’architecture, d’après elle, écrase ses personnages. Elle y est représentée à New York par la galerie Yossi Milo et à Santa Monica par la Rose Gallery. L’œuvre de Lise Sarfati fait l’objet d’expositions dans le monde entier et son travail fait partie de multiples collections. Plusieurs monographies ont également été...

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Lynda Laird : prix du Concours Étudiant Fondation Louis Roederer

Le jury Planche(s) Contact, présidé par Bettina Rheims, a attribué le prix 2016 à la photographe britannique Lynda Laird (The London College of Communication) pour son œuvre L’amour lui-même doit s’endormir. Pour cette série, l’artiste s’est intéressée aux Franciscaines, un ancien orphelinat bientôt transformé en musée. La photographe a choisi d’immortaliser ce lieu avant sa réhabilitation, comme pour saisir les traces indicibles de la présence des âmes qui l’ont habité. Le jury a salué la délicatesse de la proposition de Lynda Laird, qui reçoit une bourse de 5.000 €. Nouveauté cette année avec le Prix du Public, d’une valeur de 3.000 €, décerné à Vincent Marcq (ENSP Arles). Le travail de Lynda Laird sera exposé dans le cadre du Festival Planche(s) Contact. À l’issue du Festival, les tirages photographiques rejoindront la collection publique et photographique de la Ville de...

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Data : Brassaï, l’œil de Paris

Alors que le Centre Pompidou expose ses célèbres Graffiti, retour sur la carrière de Brassaï et sa cote sur le marché de l’art. Une courbe stable. Un pic en 2006. Paris, la nuit. Qui mieux que Brassaï a su capter la magie de la capitale une fois la nuit tombée ? Né Gyula Halász, le 9 septembre 1899, à Brașov (Autriche-Hongrie), d’un père hongrois et d’une mère arménienne, le jeune Gyula déménage très tôt à Paris avec ses parents – en 1903, son père étant appelé à enseigner la littérature à la Sorbonne. Gyula Halász s’envole ensuite pour Budapest où il étudie à l’École des Beaux-Arts puis est enrôlé dans la cavalerie austro-hongroise pendant la Première Guerre mondiale. C’est à Berlin qu’il pose ensuite ses valises, en 1921, où il poursuit ses études d’art – à l’académie des beaux-arts Berlin-Charlottenburg – tout en gagnant sa vie comme journaliste. Il y rencontre Kandinsky, puis forge son pseudonyme en 1923, tiré de son lieu de naissance. Brassaï signifie « de Brașov ». En 1924, il revient à Paris et s’installe dans le quartier de Montparnasse, encore largement acquis à la cause des artistes et des poètes. La légende dit qu’il apprend le français à la lecture de Proust et en mémorisant dix mots par jour. Là, il fait la rencontre d’Henry Miller – qui plus tard le surnommera « l’oeil de Paris » –, de Léon- Paul Fargue, de la fameuse Kiki de Montparnasse ou de Jacques Prévert. En 1946, ce dernier illustrera son recueil Paroles d’une photographie de la série Graffiti. Brassaï poursuit en parallèle sa carrière de journaliste en écrivant pour des journaux hongrois et allemands. Ce n’est qu’en 1930 qu’il commence la photographie, initié par André Kertész, d’abord afin de documenter ses articles. Brassaï se prend très vite...

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Clément Chéroux, le troisième œil

Spécialiste du regard, Clément Chéroux est conservateur au Centre Pompidou. Il y dirige le Cabinet de la photographie depuis 2013. Son œil acéré fait de lui un témoin très oculaire des images qui hantent désormais notre monde. Interview de visu. « Dix ans d’acquisitions de photographies au Centre Pompidou »… C’est l’argument de l’exposition montée par Clément Chéroux et Karolina Ziebinska-Lewandowska, à l’occasion de la 20e édition de Paris Photo. Soit une sélection d’une centaine d’œuvres choisies dans les collections du musée – l’une des plus importantes en Europe, comptant à ce jour 40.000 épreuves. Précisons que cet événement n’est pas une exposition de plus sur la généalogie des formes ou la subversion des images. C’est un bilan majeur, presqu’un manifeste, qui illustre les temps forts d’un siècle marqué par le médium photographique. Son titre ? « The Pencil of Culture », allusion à peine discrère au livre de William Henry Fox Talbot publié en 1844, « The Pencil of Nature ». Autre temps, autre paradigme… Pour Clément Chéroux, l’image est bel et bien aujourd’hui un « marqueur de culture ». Petite mise au point. L’exposition emprunte son titre au tout premier livre de l’histoire de la photographie, The Pencil of Nature de Talbot. Quelle est l’idée ? Au moment où la photographie a été inventée, révélée au public en 1839, la grande idée se résumait à une reproduction fidèle et rapide du réel. D’où le titre de Talbot, envisageant la photographie comme « le crayon de la nature », une nature qui viendrait s’empreindre d’elle-même sur la plaque sensible, sans que l’artiste n’y ajoute un geste. La qualité de l’image, pour Talbot, tenait essentiellement à son caractère de véracité. Aujourd’hui, plus de 170 ans plus tard, sa qualité principale ne se réduit plus à cette capacité d’empreinte directe...

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