« Peter Campus »

Peter Campus, repli et déploiement

C’est une rare et belle rétrospective que consacre le musée du Jeu de Paume à Peter Campus, pionnier de l’art vidéo trop méconnu en France. De l’introspection collective à la sérénité des dernières années, instantané d’un parcours. C’est regrettable, mais c’est aussi une chance rare que d’être confronté au travail de Peter Campus en France. Une seule apparition à souligner ces cinq dernières années. C’était en 2015, à la galerie mfc-michèle didier, pour l’exposition « Anarchive, Affinités / Diversités » qui présentait une collection de projets multimédias interactifs. De Peter Campus était alors exposée la vidéo offshore (2013), un plan fixe des rivages de Shinnecock Bay (État de New York) synthétisé en larges pixels retravaillés. Pour retrouver la dernière exposition monographique de Peter Campus en France, il faut remonter à 1993 avec un projet à La Box, la galerie de l’École Nationale Supérieure d’Art de Bourges. Et pour cause… S’ils sont peu exposés, c’est que les dispositifs vidéos de Peter Campus sont un véritable casse-tête. Face à Optical Sockets (1972-1973), composé de quatre caméras de vidéo surveillance placées sur trépieds au ras du sol, aux coins d’un périmètre carré, avec quatre moniteurs superposant les images des visiteurs pénétrant le champ sous l’œil des caméras, le vidéaste s’exclame : « Nous avons mis deux jours rien qu’à ajuster les réglages de cette installation ». Plus qu’une simple problématique logistique, cette difficulté d’installation a pu inquiéter l’artiste quant à la pérennité de son œuvre. « Une fois la pièce éteinte, c’est fini. Ce n’est pas comme si elle restait présente, telle une sculpture dans un musée. J’ignorais si mes installations pourraient vivre plus que quelques années », explique-t-il à Mathilde Roman dans le catalogue de l’exposition. Avec « peter campus, video ergo sum », le Jeu de Paume consacre une rétrospective louable à un vidéaste trop méconnu dans l’Hexagone. Un...

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