« Parcours des mondes »

Alex Arthur, de l’art tribal et de son marché

Quels sont les évolutions et les limites du marché de l’art tribal ? Comment s’enrichit-il des apports de la recherche et de l’ethnologie ? Alex Arthur apporte quelques éléments de réponse… Alexander Arthur est un collectionneur averti et fin connaisseur des arts tribaux. Depuis plus de vingt ans, il est directeur de publication de la revue Tribal Art Magazine. En parallèle, avec Pierre Moos, il s’est investi dès  2009 dans la direction de Parcours des mondes. Vous êtes l’un des acteurs majeurs de Parcours des mondes. Comment avez-vous vu évoluer le salon  ? J’ai effectivement pris part à la première édition de Parcours des mondes. À l’époque, ce n’était qu’un petit rassemblement, qui comptait une poignée de marchands. Mais le concept était bon et le salon a rapidement occupé une position importante dans le calendrier international. Avec le temps, Parcours des mondes a gagné en qualité, comme le marché. C’est devenu un rendez-vous prisé par de nombreuses galeries, d’où la qualité des œuvres exposées et le nombre important d’expositions thématiques. Parlez-nous du vetting durant le salon. Comme ailleurs, les faux resteront toujours un problème. Néanmoins, la croissance du marché va de pair avec celle de l’expertise. Pendant le salon, la question est globalement résolue par la qualité des exposants sélectionnés. Ces marchands sont tous des professionnels avertis et leur expérience permet d’éviter ce type de problèmes. Quand nous concevons le catalogue de Parcours des mondes, la sélection initiale est ouverte à tous les exposants. Nous recueillons et comparons les commentaires sur les œuvres proposées. Si nous avons le moindre doute sur une pièce, nous la remplaçons. Cela arrive également quand nous jugeons la qualité d’une pièce insuffisante. Durant l’installation du salon, un comité d’experts va d’une galerie à l’autre et nous informe en cas de problème. Bien sûr, il est impossible d’avoir les yeux...

Tags : , , , , , ,

Javier Peres, sortir l’art du temps

Iconoclaste ou -phile  ? Novateur ou symptomatique d’un temps  ? Cette année, Parcours des mondes a invité le galeriste Javier Peres à exposer quelques pièces de sa collection d’art contemporain face à une sélection d’œuvres de marchands. Ces dernières années ont été le témoin d’un regain d’audace de la part des commissaires d’exposition. Des évènements comme le «  Bord des Mondes  » (Palais de Tokyo, 2015), «  Une brève histoire de l’avenir  » (Louvre, 2015) ou «  Carambolages  » (Grand Palais, 2016) ont confronté des œuvres qui n’entretenaient pas de liens historiques immédiats, de liens avérés, mais des correspondances. L’histoire n’est pas mise de côté, plutôt en retrait au profit de relations anthropologiques ou formelles. Ainsi, ces expositions s’apparentent davantage à des essais, parfois des protocoles, qu’à des démonstrations ; leur dessein est moins de relater un moment de l’histoire de l’art que de parler de l’Homme, d’interroger la grande histoire des représentations humaines ou d’opérer des rapprochements formels qui ont du sens. Avec la même audace, la tentation est grande de montrer l’art classique africain aux côtés de créations contemporaines. Ainsi en mai dernier, Bernard de Grunne et Almine Rech se sont associés dans le cadre d’une présentation hautement médiatisée : «  Imaginary Ancestors  », à la galerie new-yorkaise d’Almine Rech. Celle-ci reconstituait une exposition de Paul Guillaume organisée en  1933 à la galerie Durand-Ruel (qui, déjà, dévoilait des sculptures Fang aux côtés d’œuvres de contemporains de l’époque, preuve que ce geste curatorial n’est pas non plus de prime jeunesse) et des «  primitivistes modernes  » confrontés à des artistes comme Joe Bradley, Mark Grotjahn, Ana Mendieta, James Turrell et Erika Verzutti. À ce jeu de rapprochements, Javier Peres est familier. Le galeriste (Peres Projects, Berlin) l’a déjà réalisé à trois reprises. En  2014 d’abord, dans son espace de Karl Marx Allee...

Tags : , , , , , ,

Aux sources de l’art tribal

Comme chaque année depuis 16 ans, le salon s’installe à Saint-Germain-des-Prés pour une semaine consacrée à l’art tribal. Jusqu’au 17 septembre, ce rassemblement de 67 marchands offre un dépaysement garanti en plein cœur de Paris. Parcours des mondes, sous la baguette de Pierre Moos – également directeur général de Tribal Art magazine –, est devenu l’événement le plus important de sa spécialité, devançant ses concurrents européens les plus réputés. Une réussite incontestable qui confère au rendez-vous un rayonnement unique. Et ce n’est pas rien, tant le calendrier des événements liés aux arts classiques africains et océaniens ainsi qu’aux arts précolombiens et asiatiques s’est développé. Entre la BRAFA et BRUNEAF à Bruxelles, TEFAF à Maatrischt, la Tribal Art Fair d’Amsterdam et de Londres, et même Frieze New York qui cette année a fait le pari d’accueillir des marchands d’art tribal dans ses allées – Donald Ellis (New York), L & R  Entwistle and Co (Paris, Londres) et la galerie Meyer (Paris) –, c’est bien simple, on ne compte plus les rendez-vous d’envergure internationale organisés autour de l’art tribal. La France n’échappe pas non plus à cet engouement. Depuis  2016 se tient en Saône-et-Loire, à Besanceuil, le Bourgogne Tribal show, dont la deuxième édition en mai dernier a été couronnée de succès. Impensable il y a seulement dix ans. «  L’art tribal est un secteur qui suscite de plus en plus d’intérêt, commente Pierre Moos, satisfait. La multiplication des foires permet de faire connaître cette spécialité à un public toujours plus nombreux  ». En l’espace de cinq jours seulement, du  12 au  17  septembre, plus de soixante marchands proposent ainsi au public de découvrir quelques-unes des plus belles pièces disponibles sur le marché au travers d’expositions – parfois thématiques –, de conférences, de publication de livres et de discussions. Un invité de marque Comme chaque...

Tags : , , , , ,

Parcours des Mondes : vertige à Saint-Germain-des-Prés

Un fétiche à clous bakongo, une tête réduite Jivaro ou une sculpture de Papouasie-Nouvelle-Guinée… De la pièce « qualité-musée » à la charmante trouvaille, retour sur une semaine folle : le Parcours des Mondes. Le marché des arts premiers est fascinant. Moins risqué que l’exploitation d’une mine d’uranium au Gabon, plus reposant que les aventures de Tintin au Congo, il connaît depuis une quinzaine d’années un boom sans précédent. La quête des objets « magiques » issus d’Afrique, d’Océanie ou des Amériques attire chaque été à Paris marchands et collectionneurs, conviés à une curieuse danse germanopratine : le Parcours des Mondes *. Un rendez-vous hautement tribal, une cérémonie délicieusement rituelle, qui réunit chaque année en septembre la fine fleur du négoce international. Si l’on voulait comparer, on dirait que la magie du Parcours des Mondes, c’est un peu le choc de L’Afrique fantôme… aussi envoûtant que le livre de Michel Leiris. Le genre de semaine qui vous met en transe jusqu’à Noël. Dans la foulée de Bruneaf (Brussels Non European Art Fair) et de Tribal Art, la foire de Bryan Reeves qui s’est tenue tout début septembre à Londres, le Parcours des Mondes creuse un sillon assez singulier, celui des arts dits « lointains », dont l’attraction ne semble pas avoir de limites. Même Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication, est tombée sous le charme des masques punu, des reliquaires kota et autres fétiches à clous. Quand les grands commis de l’État s’aventurent dans la jungle des galeries (chez Meyer, chez Flak…), traversant la rue des Beaux-Arts comme Livingstone la vallée du Zambèze, c’est que la puissance régalienne commence à s’attendrir. « Best show ever » Alain Bovis avait rassemblé des « petites merveilles », une centaine de minuscules statuettes, amulettes et bijoux, pour une...

Tags : , , , , , ,

Parcours des mondes 2015 : un succès pour l’art asiatique

La 14e édition de Parcours des mondes, le salon international des arts premiers qui se déroulait dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, à Paris, du 8 au 13 septembre 2015, a notamment été un succès pour l’art asiatique qu’il mettait en avant cette année. Sur les 84 exposants rassemblés sur le salon, une vingtaine était spécialisée dans l’art asiatique, du Népal au Japon, en passant par la Chine. Sur la trentaine d’expositions d’œuvres asiatiques, africaines, amérindiennes et océaniennes, celle de la Galerie Lucas Ratton a marqué la salon avec la plupart de ses œuvres vendues dès le premier jour. Entre autres belles ventes, le Hollandais Michel Thieme a vendu 60 % des pièces qu’il présentait et l’Américain Donald Ellis a réalisé une vente à 1 M€ le premier jour du salon tandis que des musées lui ont réservé des œuvres amérindiennes. Du côté de l’art asiatique, le galeriste parisien Christophe Hioco a notamment vendu un Bouddha Mucalinda Khmer dans le style d’Angkor Wat et daté du XIIe siècle, affiché à 65.000 € et un torse en bois japonais d’Amida Nyorai du XIIe-XIIIe siècle, affiché à 88.000 €. En plus d’une clientèle internationale qui se diversifie selon Lucas Ratton, plusieurs institutions telles que le Musée Guimet (Paris), le Musée du Quai Branly (Paris) et le Asian Art Museum of Singapore se sont rendues sur le...

Tags : , , , , ,

Ad.