« Olivier Kaeppelin »

A.R. Penck, l’homme ouvert

A.R. Penck est décédé, alors que la fondation Maeght lui consacre une grande rétrospective. Quelques jours après la triste nouvelle, la galerie Suzanne Tarasiève a également verni une exposition consacrée à l’artiste. Deux parcours permettant d’embrasser toute la complexité du travail d’A.R. Penck. Hommage. A.R. Penck s’est éteint le 2 mai dernier à Zurich, à l’âge de 77 ans. Comme un symbole, l’exposition que lui consacre la fondation Maeght s’intitule « A.R. Penck. Rites de passage ». Elle sera donc la dernière rétrospective organisée du vivant de l’artiste, le premier hommage aussi, rendu au disparu. Hommage qui s’accompagne de l’exposition « À travers A.R. Penck » chez Suzanne Tarasiève (Paris), qui représente plusieurs des autres grandes figures incarnant la peinture allemande : Georg Baselitz, Markus Lüpertz, Jörg Immendorff. Ne manquent que Sigmar Polke et Gerhard Richter à l’appel. Une vie tumultueuse Ralf Winkler, de son vrai nom, a eu une vie tumultueuse. Il naît le 5 octobre 1939 à Dresde, dans une Allemagne qui va devenir « de l’Est » dès 1949. Entre 1956 et 1966, Ralf tente à quatre reprises, en vain, d’intégrer les écoles des beaux-arts de Dresde et de Berlin-Est, sans grand traumatisme puisqu’il préfère le contact des « voyous » (ainsi nommés) à celui des peintres institutionnels – il sera aussi refusé à la Société des artistes de la République Démocratique Allemande. Déjà, au milieu des années 1960, il emprunte le pseudonyme d’A.R. Penck, pour diverses raisons, en premier lieu pour rendre hommage au géologue spécialiste de la période glaciaire, Albrecht Penck. Surtout, pour faire passer plus facilement ses œuvres à la frontière et éviter les problèmes de censure. Des surnoms, l’artiste en aura d’autres : Tancred Michel ou Théodor Marx. C’est A.R. Penck qui restera. À cette époque, son regard va au-delà du Rideau de fer. En 1968 a lieu...

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La foire ST-ART invite Olivier Kaeppelin

La 21e édition de la foire strasbourgeoise ST-ART se déroulera dans le Parc des expositions, du 25 au 28 novembre prochains, avec une proposition curatoriale d’Olivier Kaeppelin, l’actuel directeur de la Fondation Maeght. Cette fondation présentera aussi sur 100 m2 une sélection d’œuvres issues de sa collection. L’écrivain Michel Nuridsany a proposé cette année une exposition dédiée à l’artiste Anne Ferrer. La foire accueillera 100 galeries, dont 40 % d’exposants internationaux, 500 artistes de 20 nationalités différentes, sur 10 000 m2 d’exposition. 25.000 visiteurs sont...

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La fondation Maeght, pour une « pensée par le regard » 

Jusqu’au 16 mai 2016, la fondation Maeght (Saint-Paul-de-Vence) accueille l’exposition « Espace, Espaces ! », une relecture singulière de ses collections par le directeur de l’institution, Olivier Kaeppelin. Georges Perec s’y connait en espace. Pour l’auteur d’Espèces d’espaces — à qui le titre de l’exposition est un hommage —, « l’espace de notre vie n’est ni construit, ni infini, ni homogène, ni isotrope. Mais sait-on précisément où il se brise, où il se courbe, où il se déconnecte et il se rassemble ? On sent confusément des fissures, des hiatus, des points de friction, on a parfois la vague impression que ça se coince quelque part, ou que ça éclate, ou que ça se cogne. » L’espace est le point de départ et d’arrivée de toute création artistique. Pour Olivier Kaeppelin, « ce que créent les artistes, c’est d’abord un espace pour eux. Cet espace, nous ne le partageons pas, nous y pénétrons. » Les artistes savent s’immiscer dans ces hiatus, sublimer les points de friction ou, parfois, cogner. C’est dans cette pluralité des traitements artistiques de l’espace qu’est invité le visiteur : reconfiguration et fragmentation des espaces picturaux, construction d’espaces utopiques et intimes — une idée qui n’est pas sans rappeler « Habiter le monde » , la biennale de Busan 2014 dont Olivier Kaeppelin était directeur artistique —, intérêt porté à la matière et ses propriétés, distorsion de la réalité et décomposition du mouvement, etc. Ce parcours dans les collections de la fondation Maeght est également l’occasion pour Olivier Kaeppelin de dévoiler les oeuvres récemment acquises par la collection. Notamment la vaste donation de Wolfgang Gäfgen — 40 dessins, cinq grandes oeuvres graphiques et un triptyque — ou La Renaissance (2011) un élégant bronze de Claudine Drai, également offert par l’artiste à l’institution. Le dénominateur commun est...

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Claudine Drai, lettres de papier

Rencontrer l’oeuvre de Claudine Drai, c’est rencontrer un monde. Sur le stand de la galerie 111 à Art Paris Art Fair, on pouvait en arpenter les premières terres, faites de papier. Travaillant ce matériau comme une « matière de déchirure », Claudine Drai semble explorer inlassablement le bord des mondes, « la lisière de la conscience », où l’on fait parfois d’étonnantes rencontres comme celle d’Olivier Kaeppelin, président de la fondation Maeght, à qui elle vient de faire don de l’une de ses œuvres. Comment sentez-vous l’énergie de la foire ? Je ne sens pas vraiment d’énergie mais je sens les émotions des gens sur les œuvres. Il n’y a pas l’énergie que j’ai pu sentir sur certaines foires où il y avait des coups de cœur immédiats et où les achats se faisaient tout de suite. Il y a beaucoup d’attente et d’incertitude chez les visiteurs. Nous avons eu cependant beaucoup d’émotions magnifiques. Je sens que mon travail a bouleversé certains visiteurs, au-delà parfois de mes attentes. Cela m’a donné un peu d’énergie, même si les passages à l’acte d’achat sont plus prudents qu’auparavant. Mon monde a besoin d’être apprivoisé. Quand on découvre mon univers pour la première fois, il faut le temps de l’intérioriser. Aller vers une œuvre prend toujours du temps. Ce que je trouve très beau, ce sont ces premiers liens, ces premiers regards qui ouvrent des chemins. Il faut vivre son travail avec des gens qui viennent pour le voir, et regarder comment cela va continuer à vivre en eux. Ce sont des processus intérieurs extrêmement longs. Les œuvres ne sont pas des produits. On parle beaucoup du papier cette année, avec notamment la semaine du dessin et les artistes coréens qui travaillent le papier Hanji. Vous travaillez avec le papier de soie et le papier Tengusho. Quelle valeur...

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Olivier Kaeppelin, le primat à la création

Olivier Kaeppelin est un homme d’art, de radio et de lettres. Directeur de la fondation Maeght depuis 2011, il a multiplié les projets, comme la biennale de Busan (2014) dont il a été directeur artistique sous le titre « Habiter le monde » Actuellement, il présente à la Fondation Maeght l’exposition « Trois hommes dans un bateau » autour des sculpteurs Richard Deacon, Sui Jianguo et Henk Visch. Art Media Agency est allé à sa rencontre pour en savoir plus. Pour cette dernière exposition à la fondation Maeght, vous avez laissé beaucoup de liberté aux artistes. Cette liberté a pour origine une profonde conviction personnelle : les artistes ne sont pas assez écoutés. Je suis passionné parce ce que les artistes disent de leur travail, d’eux-mêmes ou de toute autre question sur le monde qui nous entoure. Pourquoi ? Parce que je pense donner le primat à la création. Ce sont les artistes qui « créent » pas nous. Je suis critique, et je ne jette pas des pierres sur ma propre maison ! Mais pendant une trentaine d’années, je pense qu’un pli a été pris. Les artistes seraient censés créer des œuvres, les théoriciens et critiques parler pour eux, dire la vérité ou le sens de leur œuvre. Je n’ai jamais été réellement séduit par cette idée et j’ai d’ailleurs toujours été passionné par les notes d’artistes — notes d’ateliers, correspondances, etc. Par extension, j’ai toujours eu un intérêt assez marqué pour les expositions dont les artistes sont commissaires. De tels projets me passionnent plus que de retrouver, à travers une organisation d’œuvres, des idées que je connais déjà en tant que théoricien. Dans une exposition, la question fondamentale est la suivante : qu’est-ce que l’espace ouvert par l’art, les artistes et leur pensée ? Ainsi, quand j’organise une exposition consacrée à un artiste vivant, je...

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