« Old Masters »

Le marché des Old Masters

Entre une réalité souvent vrillée par les chiffres et la légendaire discrétion du négoce d’art, difficile d’apprécier la santé du marché des maîtres anciens. Si les dernières ventes londoniennes de juillet ont raflé la mise, qu’en est-il vraiment du segment Old Masters ? Enquête. Le marché est un drame… qui se nourrit de signes et de symboles. Chaque année, il se rejoue, dans une mise en scène parfaitement rodée, à l’occasion des grandes sessions d’enchères, des parutions de rapports et des dîners en ville. Suivant que les cours montent ou s’effondrent, que les taux soient au vert ou qu’ils virent au rouge, on pousse de grands cris d’orfraie ou, dans le murmure des salons, on se congratule, spéculant sur la bulle de l’art. Quant aux médias, ils observent la scène, s’empressant de relayer les ultimes passions de ce théâtre mondain. Pour le marchand Arnaud De Jonckheere, « ces chiffres cachent la réalité ». Ces chiffres, ce sont ceux des ventes aux enchères et des rapports, justement. Des indices nécessaires à l’objectivation d’un marché qui doit être analysé, commenté. Le problème, c’est que ces courbes sont aujourd’hui largement indexées sur quelques records, qui font le bonheur des grandes maisons de ventes, toujours enclines à sourcer de nouvelles œuvres. Les rapports, quant à eux, se fondent sur des ressources nécessairement lacunaires et doivent bien souvent leurs données du monde marchand au bon vouloir des syndicats professionnels. D’où cette dialectique gênante : les chiffres et les rapports cachent autant qu’ils révèlent. Le paradoxe est d’autant plus vrai dans un monde marqué par le secret, comme le souligne Bertrand Gautier, de la galerie Talabardon & Gautier : « Nous étions un métier basé sur une certaine notion du secret, et nous restons des gens discrets. Mais ces dix dernières années, le métier a...

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Le Prince au Fort 

Entre Milan et Turin, perché sur un promontoire rocheux du Val d’Aoste, le fort de Bard accueille depuis 2006 une ambitieuse programmation culturelle. Expositions, représentations théâtrales, et concerts donnent une vie particulière à cet imposant fort, commandé à l’architecte militaire François-Antoine Olivero au début du XIXe siècle par les Souverains de Savoie, qui craignaient une invasion de la France. Autre temps, autres moeurs. Le Fort de Bard est aujourd’hui un lieu de paix et de dialogue. Il inaugurera d’ailleurs au printemps 2016 son « Musée des fortifications et des frontières », prenant les Alpes comme laboratoire afin d’analyser la richesse des relations humaines que créent les frontières, entre guerre et paix, partage et craintes, échanges et crispations. Une exposition : « Golden Age » Au sein de cette riche programmation, le fort de Bard accueille — en partenariat avec la collection du Prince de Liechtenstein (Vienne) — jusqu’au 2 juin 2016 l’exposition « Golden Age », un vaste aperçu de la collection Hohenbuchau, faisant depuis 2007 l’objet d’un dépôt permanent au sein de la collection du Prince de Liechtenstein. Sur les 114 oeuvres exposées, 98 proviennent de cette collection, rassemblée par les époux Renate et Otto Fassbender depuis les années 1970. Qu’y retrouve-t-on ? Principalement, la peinture hollandaise et flamande du XVIIe siècle. Bref, la peinture du Siècle d’or néerlandais. Avec un accrochage mêlant approches historique et thématique, l’exposition fait ressurgir les différentes strates qui ont composé le siècle d’or hollandais, en dévoilant scènes historiques, portraits, peintures de genre, paysages et, bien sûr, natures mortes. L’exposition s’ouvre sur Peter Paul Rubens et Anthonis van Dyck, pères du Baroque néerlandais, notamment avec un Portrait de l’artiste Caspar de Crayer (1634-35) où Van Dyck déploie toute la grâce et la volupté de sa touche. Le maniérisme flamand est bien représenté. Introduit par Karel van Mander après un voyage en...

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L’écho des maîtres anciens

Le marché de la peinture ancienne est un marché de passion. Il est avant tout porté par l’ardeur de ses acteurs – galeristes, marchands, collectionneurs, historiens de l’art – à découvrir et redécouvrir des morceaux d’histoire oubliés. Marché épuisable par essence, les maisons de ventes aux enchères parviennent encore toutefois à sortir de l’ombre de grandes toiles de maîtres. Le produit des ventes des créations des maîtres anciens, selon le rapport Artprice de 2014, a connu une extrême stabilité sur la décennie 2004-2014. Un marché stable qui se raréfie Dégagé des questions spéculatives et de l’instabilité des prix, inhérents au marché de l’art contemporain, le marché des maîtres anciens constitue, toujours selon Artprice, le plus petit segment du marché de l’art en Occident. En 2014, il dégage environ 650 M$ d’adjudication, soit 6 % du produit des ventes – contre 10 % en 2004 –, pour 4 % des lots vendus. Cependant, les ventes Old Master, réputées comme étant réservées à des initiés, sont essentielles pour la renommée des maisons de ventes. À la mi-octobre 2015, Christie’s a révélé sa nouvelle stratégie de valorisation de ses ventes Old Masters (maîtres anciens) qui étaient initialement tenues en janvier 2015. La maison remplace la vente traditionnelle de janvier par une nouvelle semaine de ventes à thématique, la « Classic Art Week » qui se tiendra au Rockefeller Centre à New York — en avril 2016. Cette initiative vise à rénover l’image de cette catégorie d’œuvres de plus en plus délaissées par les collectionneurs. Jussi Pylkkänen, présidente de Christie’s Europe commente ainsi « La série promet d’insuffler un nouveau dynamisme dans ce merveilleux domaine qui est l’ADN du marché de l’art. » La plus belle enchère de l’édition de janvier 2015 s’était élevée à 9 M€ pour un portrait de Bronzino. Si le...

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La vente Old Masters de Dorotheum atteint 8,9 M€

Le 20 octobre 2015, la maison de ventes Dorotheum, basée à Vienne, en Autriche, a tenu sa vente de peinture ancienne, qui a réalisé 8,95 M€. Le choix des œuvres proposées est vaste, allant de paysages aux tableaux historiques, des portraits aux natures mortes, avec de nombreuses écoles de peinture représentées, issues de périodes variées. De nombreuses œuvres ont fait de belles enchères comme deux portraits de Philippe III d’Espagne et son épouse, Marguerite d’Autriche, par l’atelier de Franz Pourbus II, adjugé pour 393.400 €, bien au-dessus de leurs estimations. Des tableaux par la famille Brueghel ont obtenu de bons résultats, avec Canal Landscape with Two Workshops at the Banks par Jan Brueghel I, mesurant seulement 17,5 par 22,5 cm, vendu pour 369.000 € à un enchérisseur par téléphone. D’autres artistes ont également fait de jolis prix comme Pieter van Aelst Coecke et Jan Flyt avec leurs œuvres The goddess Diana Receiving Her Quarry et The Adoration of the Magi Altarpiece qui ont atteint des prix particulièrement élevés. Les portraits de Vincenzo I Gonzaga, duc de Mantoue et du Grand Duc Cosimo I ont également créé un certain émoi et ont bien...

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Un nouveau record pour J. M. W. Turner

Rome, From Mount Aventine (1835) de J. M. W. Turner, a été vendue pour 30,3 M£ ce 3 décembre chez Sotheby’s à Londres, réalisant un nouveau record aux enchères pour le peintre romantique. Estimée entre  15 et 20 M£, l’œuvre a été emportée par un acheteur au téléphone, et devient par la même occasion l’œuvre la plus chère pour un artiste britannique ayant travaillé avant le XXe siècle. Turner était âgé de 61 ans lorsqu’il a peint cette toile. En plus d’être reconnue comme l’une des œuvres majeures de l’artiste, elle est également l’une des mieux conservées. En 1836, soit un an après sa réalisation, le Morning Post a affirmé que cette toile était l’une des œuvres « les plus stupéfiantes avec laquelle M. Turner éblouit l’imagination et confond toutes critiques : c’est au-delà de tout encensement. » Alex Bell,  à la tête du département des Old Masters Paintings chez Sotheby’s a déclaré à propos de la vente : « le résultat hors du commun atteint ce soir est une indication supplémentaire sur la force du marché des Old Masters. Quand il y a de la qualité, il y a des acheteurs. »...

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