« New York »

Data : Picabia, nihilisme et humour aux enchères

Un peintre de talent, un esprit taquin, une vie romanesque… Francis Picabia a marqué le XXe siècle par l’éclectisme de sa peinture et sa forte participation à la vie intellectuelle française et américaine. Qu’en reste-t-il sur le marché ? Francis-Marie Martinez de Picabia naît le 22 janvier 1879 à Paris. Il est enfant unique. S’il grandit dans un certain confort matériel – le mariage de ses parents unit l’aristocratie espagnole et la bourgeoisie française –, il n’est pas épargné affectivement. Il a sept ans quand sa mère meurt de la tuberculose et se retrouve alors coincé avec son père, Juan Martinez Picabia, consul de Cuba à Paris, son oncle célibataire, Maurice Davanne, conservateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève, et son grand-père, Alphonse Davanne, riche homme d’affaires et fervent photographe amateur, un temps président de la Société Française de Photographie. Dans un univers peut-être trop viril, Francis échappe à l’ennui par la peinture. En 1895, après une scolarité mouvementée, il use les bancs de l’École des Arts Décoratifs auprès de Braque et de Marie Laurencin. En 1899, Francis Picabia entre au Salon des Artistes Français avec le tableau Une Rue aux Martigues. Au début du XXe siècle, sa peinture doit beaucoup à l’impressionnisme. Il expose au Salon d’Automne et au Salon des Indépendants, mais aussi en galerie, chez Berthe Weill ou à la galerie Haussmann. Ses peintures se vendent bien. En 1908, Francis Picabia rencontre Gabrielle Buffet, jeune musicienne d’avant-garde, qui l’incite à poursuivre ses recherches. Sa fortune personnelle aidant, il délaisse peu à peu son style synthétique et ses marchands pour se frayer un chemin dans les « -ismes » du XXe siècle naissant : fauvisme, futurisme, cubisme et orphisme. Son style est foisonnant et s’adapte à toutes les contraintes, tous les styles, tous les manifestes. Certaines de ses peintures tendent volontiers vers l’abstraction. Entre 1910 et 1911, Picabia intègre les cercles...

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Trent Morse : le stylo à bille, un sérieux medium pour la création

Avec la présentation de 30 artistes du monde entier, Ballpoint Art, le premier livre sur l’art créé avec des stylos à bille, vient d’être publié. Des chefs-d’œuvre avec un outil humble, des portraits denses et des dessins abstraits… AMA a rencontré l’auteur de cette somme, Trent Morse, basé à Brooklyn. Quelle est votre formation ? J’ai toujours été très intéressé par l’art. J’aimais dessiner de petits bonhommes en bâtonnets, des scènes de guerre et des déserts islandais lorsque j’étais enfant à Tacoma, à Washington, où j’ai grandi. J’ai étudié le design graphique au lycée et à l’University of Washington, où je me suis passionné pour l’histoire de l’art et j’ai d’ailleurs changé ma matière principale, même si une licence en histoire de l’art ne débouchait pas vraiment sur un avenir professionnel. J’ai étudié pas mal de sujets différents là-bas, de l’art tribal à l’art contemporain de la côte Ouest. Après l’université, j’ai passé un an à Gunagzhou, en Chine, à enseigner l’anglais et j’ai écrit mes premiers papiers journalistiques pour le magazine That’s Gunagzhou. Lorsque je suis revenu aux États-Unis, j’ai travaillé dans une galerie à Seattle et un peu plus tard dans un laboratoire photo à Portland, dans l’Oregon. Puis, j’ai déménagé à New York pour mon master d’écriture non-fictionnelle au Sarah Lawrence College, où j’ai écrit une thèse en journalisme sur des artistes new-yorkais focalisés sur les célébrités. Après cela, j’ai commencé à écrire des articles pour Saatchi Online Magazine, dont le nom actuel est Saatchi Art. Je suis aussi devenu responsable de la rubrique art pour un journal de Brooklyn, le WG News+Arts, qui m’a mené à devenir rédacteur à ARTnews. Quelle a été votre expérience de critique pour ARTnews ? Cela a été une très belle expérience. J’ai vraiment appris beaucoup sur le journalisme et...

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La Seventeen Gallery de Londres ouvre une succursale à New York

Dave Hoyland vient d’inaugurer, le 20 novembre à New York, la nouvelle adresse de la Seventeen Gallery, au 214 Bowery, dans le quartier du Lower East Side, avec comme tout proches voisins l’International Center of Photography et le New Museum. Le jeune galeriste anglais, qui a ouvert en 2005 la Seventeen Gallery dans le quartier londonien de Shoreditch, est réputé pour son talent de découvreur. Se définissant lui-même, dans une interview pour le site Artnet, comme un artiste au travail médiocre, il a fait émerger des artistes post-internet tels que Jon Rafman, Oliver Laric et Hannah Perry, leur faisant rencontrer le...

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Barbara Bloom chez David Lewis

La galerie David Lewis, située à New York, annonce qu’elle représente désormais l’artiste Barbara Bloom. Cette artiste conceptuelle née en 1951 à Los Angeles, qui fut l’élève de John Baldessari, est souvent associée à la Pictures generation, un mouvement connu pour son analyse critique des médias et pour son appropriation des images. Le travail de la plasticienne interroge plus particulièrement notre perception des objets par le biais d’installations, de photographies, de peintures ou de sculptures, et trouve son fondement dans la collection d’objets. L’une de ses installations majeures, The Reign of Narcissism (1989), propose une juxtaposition d’objets de différentes époques censés représenter le bon goût et le raffinement, notions que l’artiste questionne autant qu’elle moque la dimension narcissique et monomaniaque du collectionneur. Dans The Collections of Barbara Bloom en 2008, elle met en scène des œuvres et objets personnels dans un autoportrait matérialisant sa recherche artistique, tout en se jouant des codes imposés de la rétrospective. L’œuvre de Barbara Bloom fait l’objet d’expositions dans le monde entier et figure aujourd’hui dans d’importantes collections publiques. L’artiste a récemment obtenu une bourse de la Foundation for Contemporary Arts, comme le rapporte le site...

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Élection de Donald Trump : les réactions du milieu culturel

Manifestement inquiets par la victoire de Donald Trump, les artistes et les professionnels de l’art américains ont largement témoignés de leur désarroi dans les médias et sur les réseaux sociaux. En contrepoint de cette revue de presse, Véronique Chagnon-Burke, directrice de Christie’s Education à New York, française vivant de longue date aux États-Unis, donne son point de vue personnel sur l’événement. « We have a lot of work to do to make America smart again »… Nous avons encore beaucoup de travail pour rendre l’Amérique de nouveau intelligente », estime l’artiste Shepard Fairey, l’auteur de la célèbre affiche Hope de Barak Obama, sur le site Artnet. Oscillant entre stupeur, déception et combativité, les artistes ont été nombreux à réagir au lendemain de la victoire de Donald Trump, le 8 novembre dernier. Sur les réseaux sociaux, ces derniers, qui, de près ou de loin, soutenaient Hillary Clinton, ont largement exprimé leur inquiétude. Car en matière artistique, le camp démocrate recueillait la plupart des soutiens. Outre les vedettes de la chanson (Madonna, Lady Gaga, Bruce Springsteen…), très investies dans les derniers jours précédant le scrutin, le monde de l’art contemporain aussi s’était mobilisé en faveur de la candidate. Le 12 septembre dernier, Larry Gagosian organisait la vente de charité Art for Hillary, avec des œuvres de Jeff Koons, Chuck Close, Barbara Kruger ou Sarah Sze. Peu de temps avant le résultat, c’est de nouveau Barbara Kruger qui signait la couverture du New York Magazine. Il s’agit d’une photo en gros plan du visage du désormais nouveau président, barré du terme « Loser ». Cette une, publiée avant le résultat, peut s’analyser comme la métaphore de l’aveuglement de la presse ou de la communauté artistique, dont plusieurs représentants reconnaissaient après le résultat vivre un peu « dans une bulle ». « Nous avons choisi cette image pour trois raisons », justifiait...

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