« New York »

Succès garanti : à propos du prêt sur œuvres

Investissement, effet de levier, patrimoine liquide… C’est la dernière tendance dans le monde de la finance : les prêts accordés sur des œuvres d’art. Le point sur cette pratique nouvelle, née d’un constat simple. L’art est désormais un actif… significatif.   La pratique consistant à emprunter de l’argent en utilisant l’art comme garantie n’est pas particulièrement nouvelle. En 1990, la famille Wildenstein avait présenté au monde Le Joueur de luth, une œuvre attribuée de manière erronée, qui s’était révélée être un Caravage, et qui par la suite avait été envoyée au Metropolitan Museum à New York. Des résultats récents, au cours du procès de la famille, ont révélé qu’elle avait utilisé l’œuvre comme garantie pour un prêt, qui était considérable étant donné l’évaluation du tableau à 100 M$. L’outil financier, à la disposition des Wildenstein du fait de la fortune incontestable de la famille, est maintenant disponible pour les petits collectionneurs. Si la pratique n’est pas nouvelle, elle s’est généralisée au cours des cinq dernières années dans le monde de la gestion de l’art. On estime les prêts en cours entre 15 et 20 milliards de dollars (la somme de la valeur de tous les prêts sur œuvres d’art). La structure de l’accord est très simple : les collectionneurs offrent une œuvre en échange d’un prêt avec des taux d’intérêt plus bas, sur la base du prix de la pièce, pour une période prédéterminée. À la fin du mandat, le client remet l’argent à l’institution. Ce qui le rend différent de n’importe quel prêt sur gage, en dehors des valeurs financières élevées, c’est le fait que les clients paient des intérêts pour les prêts, une petite somme chaque mois. En fonction de la structure de l’opération, les œuvres offertes en garantie peuvent rester ou non chez le collectionneur pendant...

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Data : Picabia, nihilisme et humour aux enchères

Un peintre de talent, un esprit taquin, une vie romanesque… Francis Picabia a marqué le XXe siècle par l’éclectisme de sa peinture et sa forte participation à la vie intellectuelle française et américaine. Qu’en reste-t-il sur le marché ? Francis-Marie Martinez de Picabia naît le 22 janvier 1879 à Paris. Il est enfant unique. S’il grandit dans un certain confort matériel – le mariage de ses parents unit l’aristocratie espagnole et la bourgeoisie française –, il n’est pas épargné affectivement. Il a sept ans quand sa mère meurt de la tuberculose et se retrouve alors coincé avec son père, Juan Martinez Picabia, consul de Cuba à Paris, son oncle célibataire, Maurice Davanne, conservateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève, et son grand-père, Alphonse Davanne, riche homme d’affaires et fervent photographe amateur, un temps président de la Société Française de Photographie. Dans un univers peut-être trop viril, Francis échappe à l’ennui par la peinture. En 1895, après une scolarité mouvementée, il use les bancs de l’École des Arts Décoratifs auprès de Braque et de Marie Laurencin. En 1899, Francis Picabia entre au Salon des Artistes Français avec le tableau Une Rue aux Martigues. Au début du XXe siècle, sa peinture doit beaucoup à l’impressionnisme. Il expose au Salon d’Automne et au Salon des Indépendants, mais aussi en galerie, chez Berthe Weill ou à la galerie Haussmann. Ses peintures se vendent bien. En 1908, Francis Picabia rencontre Gabrielle Buffet, jeune musicienne d’avant-garde, qui l’incite à poursuivre ses recherches. Sa fortune personnelle aidant, il délaisse peu à peu son style synthétique et ses marchands pour se frayer un chemin dans les « -ismes » du XXe siècle naissant : fauvisme, futurisme, cubisme et orphisme. Son style est foisonnant et s’adapte à toutes les contraintes, tous les styles, tous les manifestes. Certaines de ses peintures tendent volontiers vers l’abstraction. Entre 1910 et 1911, Picabia intègre les cercles...

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Trent Morse : le stylo à bille, un sérieux medium pour la création

Avec la présentation de 30 artistes du monde entier, Ballpoint Art, le premier livre sur l’art créé avec des stylos à bille, vient d’être publié. Des chefs-d’œuvre avec un outil humble, des portraits denses et des dessins abstraits… AMA a rencontré l’auteur de cette somme, Trent Morse, basé à Brooklyn. Quelle est votre formation ? J’ai toujours été très intéressé par l’art. J’aimais dessiner de petits bonhommes en bâtonnets, des scènes de guerre et des déserts islandais lorsque j’étais enfant à Tacoma, à Washington, où j’ai grandi. J’ai étudié le design graphique au lycée et à l’University of Washington, où je me suis passionné pour l’histoire de l’art et j’ai d’ailleurs changé ma matière principale, même si une licence en histoire de l’art ne débouchait pas vraiment sur un avenir professionnel. J’ai étudié pas mal de sujets différents là-bas, de l’art tribal à l’art contemporain de la côte Ouest. Après l’université, j’ai passé un an à Gunagzhou, en Chine, à enseigner l’anglais et j’ai écrit mes premiers papiers journalistiques pour le magazine That’s Gunagzhou. Lorsque je suis revenu aux États-Unis, j’ai travaillé dans une galerie à Seattle et un peu plus tard dans un laboratoire photo à Portland, dans l’Oregon. Puis, j’ai déménagé à New York pour mon master d’écriture non-fictionnelle au Sarah Lawrence College, où j’ai écrit une thèse en journalisme sur des artistes new-yorkais focalisés sur les célébrités. Après cela, j’ai commencé à écrire des articles pour Saatchi Online Magazine, dont le nom actuel est Saatchi Art. Je suis aussi devenu responsable de la rubrique art pour un journal de Brooklyn, le WG News+Arts, qui m’a mené à devenir rédacteur à ARTnews. Quelle a été votre expérience de critique pour ARTnews ? Cela a été une très belle expérience. J’ai vraiment appris beaucoup sur le journalisme et...

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La Seventeen Gallery de Londres ouvre une succursale à New York

Dave Hoyland vient d’inaugurer, le 20 novembre à New York, la nouvelle adresse de la Seventeen Gallery, au 214 Bowery, dans le quartier du Lower East Side, avec comme tout proches voisins l’International Center of Photography et le New Museum. Le jeune galeriste anglais, qui a ouvert en 2005 la Seventeen Gallery dans le quartier londonien de Shoreditch, est réputé pour son talent de découvreur. Se définissant lui-même, dans une interview pour le site Artnet, comme un artiste au travail médiocre, il a fait émerger des artistes post-internet tels que Jon Rafman, Oliver Laric et Hannah Perry, leur faisant rencontrer le...

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Barbara Bloom chez David Lewis

La galerie David Lewis, située à New York, annonce qu’elle représente désormais l’artiste Barbara Bloom. Cette artiste conceptuelle née en 1951 à Los Angeles, qui fut l’élève de John Baldessari, est souvent associée à la Pictures generation, un mouvement connu pour son analyse critique des médias et pour son appropriation des images. Le travail de la plasticienne interroge plus particulièrement notre perception des objets par le biais d’installations, de photographies, de peintures ou de sculptures, et trouve son fondement dans la collection d’objets. L’une de ses installations majeures, The Reign of Narcissism (1989), propose une juxtaposition d’objets de différentes époques censés représenter le bon goût et le raffinement, notions que l’artiste questionne autant qu’elle moque la dimension narcissique et monomaniaque du collectionneur. Dans The Collections of Barbara Bloom en 2008, elle met en scène des œuvres et objets personnels dans un autoportrait matérialisant sa recherche artistique, tout en se jouant des codes imposés de la rétrospective. L’œuvre de Barbara Bloom fait l’objet d’expositions dans le monde entier et figure aujourd’hui dans d’importantes collections publiques. L’artiste a récemment obtenu une bourse de la Foundation for Contemporary Arts, comme le rapporte le site...

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