« musée Rietberg »

Le tigre le plus célèbre du Japon

La scène se passe en 1786… Au cours d’une nuit sans lune, l’artiste japonais Nagasawa Rosetsu peint un tigre monumental et son pendant – un dragon – sur les panneaux coulissants du temple Muryōji, à Kushimonto. Associé à la « généalogie des excentriques », Rosetsu (1754-1799) est issu d’une lignée de samouraïs. Personnalité virevoltante, grand amateur de saké et véritable génie graphique, il fera vite sensation dans les cercles artistiques de la capitale impériale de Kyoto, comme l’un des disciples majeurs du célèbre peintre Maruyama Ōkyo. Quelques lunes ont passé et c’est aujourd’hui au Musée Rietberg, à Zurich, que Nagasawa Rosetsu réapparaît, pour une exposition majeure dont le titre sonne comme un sortilège. « D’un pinceau impétueux »… Aux commandes de cet accrochage plein de fougue, donc, deux commissaires, Khanh Trinh, conservatrice du département d’art japonais et coréen au Musée Rietberg, accompagnée pour l’occasion de Matthew McKelway, professeur d’histoire de l’art japonais à l’Université Columbia de New York et par ailleurs directeur du Centre d’art japonais Mary Griggs Burke. Et là il faut avouer que le résultat est à la mesure du talent de Rosetsu : époustouflant. Il faut dire aussi que l’exposition a nécessité plus de trois années de préparation. Si Rosetsu a déjà été montré au Japon, en 2000, 2011 et 2017, c’est la première fois que l’Occident lui consacre un accrochage monographique d’une telle ampleur. Au total, 55 pièces, peintures et dessins, dont certaines sont issues de l’un des cinq plus importants centres du bouddhisme zen de Kyoto, mais aussi de musées allemands ou américains. On trouve là des kakejikus et autres makimonos naturalistes, des paravents figurant des paysages fantastiques, le fameux tigre et le dragon géants réalisés en douze panneaux traités à l’encre de Chine sur papier… Ajoutez un tour de force, la reconstruction à l’identique des espaces du temple...

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Les grands artistes indiens des années 1100 à 1900

Zurich, le 10 mai 2011, Art Media Agency (AMA). Le musée Rietberg de Zurich propose en ce moment une rétrospective de l’art indien sur 800 ans. Des tableaux d’artistes indiens des années 1100 à 1900 sont l’objet de cette exposition. En tout, l’événement accueille plus de 240 œuvres de plus de quarante artistes différents. C’est la première fois qu’on peut voir un tel panel de l’histoire de l’art indien en Europe. Bien que les peintres indiens soient déjà très respectés et célébrés à leurs époques, on ne connaît peu de choses de leurs vies. Ce n’est pas comme en Europe où l’on a eu accès à des écrits, et où l’on a pu à travers des biographies comprendre la vie des artistes. Il n’y a pas d’équivalent en Inde, il a fallu des années et des années de recherches et de comparaisons pour avoir une connaissance globale de cet art, savoir reconnaître une époque, un artiste. Cette rétrospective montre précisément comment il est possible de distinguer dans l’art indien, les époques, les styles et les influences des régions voisines. Des noms d’artistes ont désormais acquis une reconnaissance similaire à ceux de maîtres occidentaux. Abd al-Samad, invité en Inde par le prince moghol Akbar pour y enseigner l’art de la miniature, fait par exemple office d’autorité dans son domaine. Dès lors, il n’est pas étonnant d’apprendre que le maître européen Rembrandt possédait lui-même des miniatures indiennes. Cette exposition replace certains peintres indiens sur le même plan qu’un Dürer, un Vermeer ou qu’un Michel-Ange. L’exposition est à découvrir à Zurich jusqu’au 17 août...

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