« Marie-Ann Yemsi »

L’Afrique invitée d’honneur d’Art Paris Art Fair

« Art Paris Art Fair promeut l’émergence et la découverte en montrant des choses qu’on ne montre pas à Paris » explique Guillaume Piens, commissaire général d’Art Paris Art Fair. Après s’être focalisée en 2016 sur la Corée du Sud, Art Paris Art Fair propose cette année une sélection éclectique de 21 galeries mettant à l’honneur des artistes africains. Parmi cette sélection, 14 sont installées sur le continent. Les autres, européennes, présentent aussi bien des artistes d’Afrique du Nord et Subsaharienne que leur diaspora. Ce focus Afrique se place dans un riche faisceau d’évènements avec, entre autres, le festival pluridisciplinaire « 100% Afrique » à la Villette, « L’Afrique et ses routes » au Musée du Quai Branly et la prochaine exposition de la Fondation Vuitton qui présentera la collection de Jean Pigozzi — qui possède un ensemble de près de 10.000 œuvres découvertes en grande partie par André Magnin, également présent sur le salon. S’il souffle un vent nouveau sur le marché de l’Art occidental, longtemps tourné vers l’Ouest et l’Amérique du Nord, force est de constater qu’il aura fallu des années avant que cela soit rendu possible. Si Londres a déjà sa foire spécialisée, 1: 54, la France est retardataire. Ainsi l’initiative d’Art Paris Art Fair, faire découvrir la scène africaine dans toute sa diversité, pallie un véritable manque encore effectif en France.  Marie-Ann Yemsi, qui a piloté le focus africain de la foire, se réjouit de cet engouement, tout en le tempérant. « Plutôt que de parler de mode, je pense qu’il s’agit davantage d’un rattrapage ou d’une actualisation. Nous étions en retard si l’on se compare à d’autres pays européens, comme l’Allemagne, la Belgique, le Royaume-Uni… sans parler des États-Unis. » Loin de vouloir montrer du doigt les galeries participantes, Guillaume Piens et Marie-Ann Yemsi ont préféré mêler les enseignes africaines aux autres présentes...

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L’art vidéo africain à Art Paris Art Fair

L’art vidéo représente une pratique de plus en plus partagée dans l’art contemporain africain. Pour lui rendre hommage, Art Paris Art Fair a installé deux espaces vidéo dans ses allées. Dans une foire où tout va si vite, elles invitent les visiteurs à un moment de calme salutaire. Le programme de la première, « curaté » par Marie-Ann Yemsi accorde une attention particulière aux films expérimentaux et à l’animation. Onze jeunes artistes africains ont été sélectionnés, suivant le thème « Les Territoires du Corps » qui permet de décliner différents aspects du corps humain et de ses mouvements. Nombre de ces vidéos convoquent des problématiques sociales et politiques, en se concentrant notamment sur les perceptions de race et de culture. Des thèmes saillants, distinctement mis en scène dans l’espace de projection lui-même : deux boîtes noires traversées par des rayons de lumière blanche. Avec To Move Mountains (2016), Mohau Modisakeng revient sur l’épineuse question d’une société qui a vécu l’apartheid. Sa vidéo témoigne d’une impression subliminale, bien que prégnante : la maladresse des relations culturelles qui se jouent dans nos sociétés. Formellement, cela passe par un montage noir et blanc, indéniablement lié aux questions de race et de couleur de peau. Moussa Sarr convoque les mêmes problèmes dans une vidéo caustique d’une minute, J’accuse (2012). En activant de désagréables stéréotypes et préjugés raciaux, sexuels ou sociaux, sa vidéo laisse un sentiment de culpabilité. Le travail suivant, Head to head, hidden head, Light (2017) de Julien Creuzet, apaise ce sentiment en dévoilant d’étonnants paysages africains accompagnés de monologues poétiques. Une autre vidéo notable est celle de Katia Kameli, Untitled (2011). Comme son titre l’indique, la vidéo est une protestation silencieuse, une manifestation de femmes brandissant des panneaux sans slogans. Elle pose des questions sociales concrètes, celle de la position de la femme dans les pays arabes, tout en laissant flotter...

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Marie-Ann Yemsi : « Notre futur est africain »

Celle qui sera la prochaine commissaire des Rencontres de la photographie de Bamako revient sur sa passion pour l’art contemporain africain et la découverte – bien tardive – de la richesse de ce continent de création. Après des études qui la destinaient à une grande carrière de cadre au sein de groupes internationaux, Marie-Ann Yemsi prend un virage en 2005 lorsqu’elle fonde Agent Créatif(s), une agence qui lui permettra de mêler son appétit pour l’art contemporain et sa soif entrepreneuriale. Ses origines allemandes et camerounaises l’ont emmenée de voyage en voyage, d’aventure en aventure. Non contente de superviser cette année le focus africain d’Art Paris Art Fair, elle est également commissaire de l’exposition « Le jour qui vient » à la Galerie des Galeries. En décembre, le public pourra découvrir sa sélection d’artistes vidéastes et photographes à l’occasion des 11e Rencontres de Bamako. Marie-Ann Yemsi nous explique pourquoi c’est enfin le moment de l’art contemporain africain et pourquoi il était grand temps ! À quand remonte votre passion pour l’art contemporain ? À ma petite enfance. Mes parents m’ont toujours emmenée dans des musées. Nous voyagions également beaucoup, sur plusieurs continents, ce qui m’a probablement forgé une certaine ouverture du regard… Après une première partie de carrière dans le luxe et la communication, j’ai souhaité trouver une activité qui me permette de vivre ma passion. C’est devenu Agent Créatif(s), une structure à la jonction entre le conseil et l’accompagnement de projets concernant l’art contemporain africain et la production artistique. Parlez-nous de votre rencontre avec Guillaume Piens et les organisateurs d’Art Paris. C’est à l’occasion de mon exposition à Bruxelles, au Brass, « Odyssées africaines », qui présentait 17 artistes du Sud-Est africain. Il s’agissait de pièces importantes d’une jeune génération, qui n’avaient jamais été vues jusqu’alors. En tout cas,...

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L’Afrique invité d’honneur pour Art Paris Art Fair 2017

Depuis longtemps, Art Paris Art Fair a fait le choix de mettre en avant des pays non occidentaux tels que la Chine, Singapour, l’Asie du Sud-Est, et la Corée cette année. L’année prochaine, c’est le continent africain qui sera à l’honneur. Guillaume Piens, commissaire général depuis 2011, a contribué à initier ce mouvement d’ouverture. Depuis sa prise de fonction, il a cherché à montrer différents aspects du monde de l’art. Avec 22 pays participants à l’édition 2016 de Art Paris Art Fair, la part des galeries venus de pays en dehors de l’Europe ne cesse d’augmenter, avec notamment la participation de galeries venues d’Azerbaïdjan, de Colombie, d’Iran, de Singapour et de Chine. Alors que l’édition 2016 d’Art Paris Art Fair n’a pas accueilli de galeries venues d’Afrique, on pouvait toutefois remarquer que de plus en plus de galeries choisissent de représenter des artistes africains. Magnin-A, installée à Paris, a été fondée en 2009 avec l’ambition de hisser l’art moderne et contemporain africain à une visibilité internationale. Pour Art Paris Art Fair 2016, la galerie exposait différents artistes avec un focus sur la République Démocratique du Congo. Parmi ces artistes, on trouvait J-P Mika, Houston Maludi, Kura Shomali et Steve Bandoma. La galerie 50 Golborne (Londres) souhaite fournir un espace où le public pourrait prendre conscience des interactions entre l’art contemporain, le design et l’artisanat. Avec un focus sur des artistes issus d’Afrique ou d’Amérique du Sud, la galerie présentait Emo de Medeiros, Wura-Natasha Ogunji, et Jean Servais Somian. La galerie Vallois présentait des artistes travaillant au Bénin, au Togo, et en Côte d’Ivoire. Après avoir fondé et inauguré le Centre des Arts et de la Culture au Benin, la galerie a su représenter la scène artistique de cette région de manière intelligente et sincère. Dominique Zinkpé, Marius Dansou, et...

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