« marché »

La voix des marchands

Ils murmurent à l’oreille des collectionneurs. Les galeristes jouent un rôle crucial sur l’économie de l’art tribal. Plusieurs d’entre eux, suivant leurs spécialités, ont accepté de donner leur sentiment sur le segment. Confidences.  Aux enchères, l’éclectique marché de l’art tribal témoigne sur le long terme d’une croissance indéniable, tant par le nombre de lots mis en vente que leur produit, même si les trois dernières années ont été le théâtre de fluctuations prononcées, voire d’un léger rétrécissement. Néanmoins, en occultant la réalité du monde marchand, les résultats aux enchères ne sont qu’un indicateur partiel de la santé du secteur, marqué par de profondes restructurations. Entre un changement de génération chez les collectionneurs, les difficultés du sourcing et un complexe équilibre entre maisons de ventes et marchands, que réserve l’avenir  ? Collectionneurs : une nouvelle génération aux manettes  ? Pour Alain Lecomte, de la galerie Abla  &  Alain Lecomte spécialisée dans les arts anciens d’Afrique noire, pas de doute, le secteur sera chamboulé. «  L’art tribal en est à son balbutiement, nous parlons d’une forme d’art toujours méconnue à l’international. Tout est encore à faire. Le marché actuel – plus spécifiquement celui de l’art ancien d’Afrique noire, mais selon moi, il en est de même pour les autres formes d’art tribal – est essentiellement constitué de passionnés, des personnes qui s’investissent, parcourent les livres spécialisés, passent énormément de temps sur le sujet, sans avoir forcément de très gros moyens. Ce sont des amateurs sincères, et leur nombre grandit, en Europe comme aux États-Unis. Ils doivent se dépêcher de constituer leur collection, car bientôt le continent africain va se réveiller. On le voit avec l’Asie, les prix ont évolué. Il y a vingt ans, seul quelques personnes avaient prévu ce changement. Il en est, et il en sera de même pour l’Afrique,...

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Excellente année pour le marché tchèque

2015 a été la seconde meilleure année dans l’histoire du marché de l’art tchèque avec un chiffre d’affaires global de 926 millions de couronnes tchèques (34,2 M€), soit 70 millions (2,5 M€) de plus que l’année précédente marquant une hausse de 8 %. Dans un entretien accordé à Radio Prague, Jan Skrivanek, spécialiste du marché de l’art tchèque a déclaré : « Le marché de l’art tchèque est porté principalement par les classiques modernes ou plus largement la première moitié du XXe siècle, mais on assiste à un intérêt croissant pour l’art du XIXe siècle. Plusieurs peintres tchèques de cette période comme Václav Brožík, Antonín Chitussi ou Antonín Slavíček se vendent aux meilleurs prix. » Il ajoute : « A l’autre extrême, on remarque aussi un intérêt croissant pour l’art d’après-guerre. Une peinture de Mikuláš Medek a été vendue pour 10 millions de couronnes (370.000 €) marquant un autre record dans cette catégorie. » La meilleure vente de l’année concerne une œuvre de Emil Filla, acquise pour 16 millions de couronnes (592.000...

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L’envolée du marché de l’art tribal

Depuis l’an 2000, le marché de l’art tribal a profondément muté. Avec une augmentation stable du chiffre d’affaires — en dépit de quelques fluctuations au fil des ans —, le marché de l’art tribal a connu un réel développement économique, culturel et a gagné en influence. Visiblement détaché d’autres tendances macroéconomiques, le succès croissant de ce marché transparaît à travers les fréquentes enchères millionnaires en salle de ventes, laissant toutefois entrevoir une importante segmentation entre les œuvres de qualité muséale et les autres objets. Un rapport publié conjointement par Artkhade, Art Media Agency et Art Analytics a récemment analysé ces tendances. Les chiffres publiés par cette enquête s’appuient sur des données prises sur le marché des enchères — la seule source d’information disponible — entre 2000 et 2015. Bien qu’ayant toujours du mal face à la domination des marchés de l’art moderne, d’après-guerre, et contemporain, le marché de l’art tribal s’avère être un marché florissant. En 2014, le marché de l’art tribal a établi son record, en chiffre d’affaires (92,1 M€), d’œuvres vendues aux enchères. L’année précédente, en 2013, les ventes réalisées avaient totalisé 52,8 M€, environ la moitié du total obtenu en 2014. Il ne faut pas oublier qu’en 2001, l’art tribal ne totalisait que 13,7 M€. Durant l’année 2014, 14 lots ont obtenu des enchères millionnaires, représentant 39 M€, avec un total impressionnant de 42 % du total annuel du marché de l’art tribal aux enchères. Au cours des quinze dernières années, l’apparition d’un certain nombre de collections privées importantes aux enchères a donné lieu à des succès notables pour le marché. Ces dispersions de prestige incluent la collection Frum (Paris) et la Kunin Collection Myron (New York), vendues par Sotheby’s en 2014 pour un total de 45,4 M€. La collection Pierre et Claude Vérité, dispersée à Paris en 2006 pour 44 M€ chez Paris Enchères Rive Gauche, était tout aussi révolutionnaire pour le marché. Le prix...

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La flamboyante jeunesse du marché de la photographie

La photographie, d’autant plus à l’ère numérique, est originellement reproductible et se prête à l’édition mieux que n’importe quel médium, ce qui la rend plus accessible. Ainsi, la notion de rareté, qui contribue fortement à la valeur d’une œuvre d’art en tant que telle — selon la législation européenne, une photographie est une œuvre d’art si son tirage est inférieur à 30 exemplaires — semble faire défaut à ce médium et ne pouvoir y être introduite qu’artificiellement. Ajoutée à l’histoire encore jeune de la photographie, cette spécificité en a fait un marché moins important que celui des arts plastiques traditionnels. Mais à l’heure où s’ouvre la 19e édition de la plus grande foire de photographie du monde, Paris Photo, du 13 au 15 novembre 2015, la situation connaît de profonds bouleversements. Le marché de la photographie émerge dans les années 1970 — principalement constitué de photographies historiques en noir et blanc. En 1971, Sotheby’s lance le premier département de photographie au sein d’une maison de ventes, deux ans avant la fondation du Centre international de la photographie (ICP), à New York. Il faut néanmoins attendre les années 1990 pour que l’intérêt du public et des collectionneurs pour la photographie se développe significativement, à grand renfort d’institutions engagées dans la promotion de ce médium. La décennie voit notamment l’inauguration de l’exposition annuelle Photo LA (1991), à Los Angeles, et de la foire Paris Photo (1997), ainsi que l’ouverture du Musée métropolitain de photographie de Tokyo (1990), du Tel-Hai Open Museum of Photography (1992) en Israël, du Fotomuseum Winterthur (1993) en Suisse, de la Maison européenne de la photographie (1996) à Paris ou encore du National Museum of Photography (1996) à Copenhague, au Danemark. 2005 marque un tournant avec la première enchère millionnaire pour une photographie (Richard Prince, Untitled (Cowboy) (1989),...

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De l’art de collectionner responsable – Interview avec Alain Servais

Conseiller financier indépendant et collectionneur averti, Alain Servais est l’un des propriétaires du European Art Tour, un outil interactif pour touristes et amateurs d’art. Sa collection, logée dans un loft de trois étages à Bruxelles, se compose d’environ 300 œuvres d’art contemporain. Art Media Agency est allé à sa rencontre. Quelle est votre approche de la collection ?Une collection est un acte de création pure et un cheminement sans fin. Le collectionneur est l’individu qui accumule un ensemble d’objets en absorbant les évolutions de la société. Une idée m’amuse, et j’y fais parfois référence sur Twitter : quelque part, si la collection est un acte de création, son propriétaire s’apparente alors à un artiste — ce qui rend hystériques les artistes qui imaginent les collectionneurs comme de riches incultes cupides. Dans mon cas, je vois le fil rouge de ma collection s’affiner au fur et à mesure du temps. Ses lignes de force évoluent constamment. De la même manière qu’une bonne création répond aux stimuli extérieurs et au contexte qui l’environne, une bonne collection réagit au monde qui l’entoure. Dans ce cas, comment définiriez-vous votre collection aujourd’hui ?Les lignes de force de ma collection, sur le long terme, sont liées à ma vision du monde — c’est en ça que le collectionneur est tenté de rendre sa collection publique.Lors de l’ouverture du Palazzo Grassi à Venise, toutes sortes de critiques étaient apparues pour dénoncer la figure de collectionneur privé. Toutefois, un journaliste avait prononcé cette phrase : « Je suis intéressé par la vision du monde de Mr Pinault. » Je pense qu’une collection, pour être intéressante, doit représenter la singularité du collectionneur, sa manière de percevoir le monde. Ma collection reflète ma singularité, avec une idée de base dont la paternité revient à Socrate : « Je sais que je ne sais rien. » J’aime prendre le contrepied des usages de...

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