« marché de l’art »

La roue de la fortune

Élégante et persuasive, elle incarne à elle-seule le charme discret de la banque pri­vée. Une heure avec Ma­thilde Cour­teault, en charge du patrimoine artistique pour la banque Neuflize OBC. Rencontre. Ancienne directrice du dé­par­te­ment d’arts d’Asie de la mai­son Ch­ris­tie’s à Paris, Ma­thilde Cour­teault, trente-neuf ans, nous reçoit dans les salons feutrés d’une grande banque d’affaires. Matinale et enjouée, cette titulaire d’une maî­trise d’histoire de l’art consacrée à « L’influence européenne sur les miniatures mogholes » gère depuis trois ans le pa­tri­moine ar­tis­tique d’une clientèle que n’épargne pas l’ISF. Il sera donc question ici de culture et de stratégie d’investissement, de collection et d’actifs patrimoniaux. L’occasion d’évoquer aussi les grandes tendances du marché de l’art, l’idée de placement-plaisir… Le tout avec la réserve, le maintien, qui sied aux sociétés de gestion de fortune.   Conseil en patrimoine artistique, ça veut dire quoi, au juste ? Quels sont les contours de ce métier ? Le métier existe, au cœur de notre banque, depuis vingt-cinq ans. Nous y déployons notre expertise au sein d’une structure intégrée, totalement dédiée au conseil et à la gestion des patrimoines artistiques. C’est d’ailleurs une spécificité très inscrite dans l’ADN de notre société qui, avec sa collection de photographies, en qualité aussi de mécène de la Cinémathèque, partenaire du Palais de Tokyo, proche également du musée Jacquemart-André, est résolument ancrée dans le milieu culturel. Disons que le conseil se développe sur trois grands axes. Une gestion très matérielle des collections, tout d’abord, qui englobe toute la gamme de services propres au pa­tri­moine ar­tis­tique, prestations allant du stockage d’œuvres d’art dans des coffres réservés, offrant une conservation de type muséal, avec hygrométrie contrôlée. Nous proposons bien sûr des formules d’assurance, nous pouvons aussi conseiller certains de nos clients qui voudraient faire réaliser la copie d’un de leurs...

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Michael Benson : « En dépit des incertitudes, Photo London est plus fort qu’au début »

À l’occasion de la troisième édition de Photo London, Art Media Agency a interviewé son cofondateur et codirecteur pour évoquer la spécificité de cette jeune foire… et l’impact du Brexit sur l’avenir de l’événement. Rencontre. Inaugurée en mai 2015, la foire Photo London se tiendra pour la troisième année consécutive dans les salons néoclassiques de la Somerset House, sur les bords de la Tamise, du 18 au 21 mai prochains. L’événement a été lancé par la société Candlestar, spécialisée dans l’organisation de projets et de manifestations culturelles, fondée en 2003 par Michael Benson et Fariba Farshad. Candlestar est notamment l’organisateur du Prix Pictet pour la photographie (septième édition en 2017) et de la foire Art Dubaï. Écrivain et producteur de films, Michael a dirigé pendant dix ans la galerie du London Institute (aujourd’hui Université des arts de Londres), pour lequel il a organisé de nombreuses expositions. Entre 2011 et 2014, il a également été commissaire de l’exposition du World Sony Award. Fariba Farshad, codirectrice de la foire, est spécialiste de l’art iranien contemporain et commissaire d’expositions.   Pouvez-vous nous présenter les grandes lignes de cette édition 2017 de Photo London ? Nous comptons 89 galeries participantes cette année, issues de 17 pays. Cela représente une légère augmentation par rapport à l’an dernier, elles étaient alors 83. Nous accueillons aussi dix maisons d’édition, ce qui fait 99 exposants au total. Les galeries, qui peuvent envoyer un dossier de candidature en ligne, étaient environ 200 à postuler. Les critères du comité de sélection sont de trois ordres. Le critère principal est d’apporter quelque chose de neuf. Nous attendons que les galeries présentent soit de nouveaux artistes, soit les travaux les plus récents d’artistes reconnus ou bien établis, soit enfin des images historiques qui soient des joyaux. Cette année, le comité de sélection,...

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Ready Art, « le Hermès de la scène artistique française »

Fondé en 2015, Ready Art pourrait bientôt devenir l’outil indispensable aux collectionneurs qui, sur le Net, souhaitent aller à la rencontre de la scène contemporaine française. Sélectif, le site permet de croiser artistes et galeries… triés sur le volet. La plateforme Ready Art ambitionne de présenter les meilleurs artistes de l’actuelle scène française aux internautes de tous les pays. Les fondateurs de ce beau projet, Tristan Vyskoc et Albane Rouvière, sont issus de l’univers de la finance, mais ont toujours entretenu un lien particulier avec l’art contemporain. Ils sont collectionneurs eux-mêmes, Tristan Vyskoc étant également artiste. Où l’on reparle de stratégie et de création artistique, de collection et de start-up…   Qu’est-ce qui, au départ, vous a donné envie de lancer le site Ready Art ? Tristan Vyskoc : Nous avons tous les deux travaillé dans le conseil pendant quinze ans. Nous avons vendu notre entreprise en 2014 et nous avions très envie de travailler dans le milieu de l’art. Nous avions déjà investi dans des sites internet liés à l’art, comme Artips ou Barter. Parallèlement, nous avons toujours été collectionneurs et je suis également artiste. Nous avons constaté que les artistes de notre entourage proche avaient du mal à être représentés sur le Web. Nous avons donc cherché un modèle économique viable avec un positionnement très affirmé. Nous avons travaillé pendant douze mois avant de lancer Ready Art, en février 2016. Nous ne voulons montrer que la scène française et la porter à l’international, dans l’idée de devenir dans cinq ans le leader sur le Web de la scène française. Beaucoup de gens nous ont dit que nous étions « fous » et que nous n’y arriverions pas… Albane Rouvière : Notre site met en avant la scène artistique française, mais notre spectre est assez large. Il s’agit d’artistes français,...

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Succès garanti : à propos du prêt sur œuvres

Investissement, effet de levier, patrimoine liquide… C’est la dernière tendance dans le monde de la finance : les prêts accordés sur des œuvres d’art. Le point sur cette pratique nouvelle, née d’un constat simple. L’art est désormais un actif… significatif.   La pratique consistant à emprunter de l’argent en utilisant l’art comme garantie n’est pas particulièrement nouvelle. En 1990, la famille Wildenstein avait présenté au monde Le Joueur de luth, une œuvre attribuée de manière erronée, qui s’était révélée être un Caravage, et qui par la suite avait été envoyée au Metropolitan Museum à New York. Des résultats récents, au cours du procès de la famille, ont révélé qu’elle avait utilisé l’œuvre comme garantie pour un prêt, qui était considérable étant donné l’évaluation du tableau à 100 M$. L’outil financier, à la disposition des Wildenstein du fait de la fortune incontestable de la famille, est maintenant disponible pour les petits collectionneurs. Si la pratique n’est pas nouvelle, elle s’est généralisée au cours des cinq dernières années dans le monde de la gestion de l’art. On estime les prêts en cours entre 15 et 20 milliards de dollars (la somme de la valeur de tous les prêts sur œuvres d’art). La structure de l’accord est très simple : les collectionneurs offrent une œuvre en échange d’un prêt avec des taux d’intérêt plus bas, sur la base du prix de la pièce, pour une période prédéterminée. À la fin du mandat, le client remet l’argent à l’institution. Ce qui le rend différent de n’importe quel prêt sur gage, en dehors des valeurs financières élevées, c’est le fait que les clients paient des intérêts pour les prêts, une petite somme chaque mois. En fonction de la structure de l’opération, les œuvres offertes en garantie peuvent rester ou non chez le collectionneur pendant...

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Musées de Chicago : les acquisitions récentes…

Des porte-paroles de trois grands musées de la région de Chicago ont récemment communiqué, pour Art Media Agency, sur leurs récentes acquisitions. La nature historique et stylistique de ces œuvres démontre un engagement fort pour renforcer les collections de ces institutions culturelles. Panorama. Fondé en 1879, l’Art Institute of Chicago (AIC) est l’une des institutions d’art les plus importantes et les plus visitées au monde. Sa collection permanente comprend plus de 300.000 objets et représente toutes les périodes historiques, les nationalités et les cultures. La toute dernière extension du musée a été livrée en 2009, avec la création de son aile moderne, qui a agrandi l’institution de 24.526 m2 d’espaces d’exposition, d’installations éducatives, et dispose de technologies « vertes ».  The Art Institute of Chicago est soutenu par des dons et des frais d’admission, bien que les heures d’ouverture gratuite soient fréquentes, dont l’entrée libre le jeudi soir de 17 h à 20 h, toute l’année, réservée aux résidents de l’État de l’Illinois. L’Art Institute of Chicago a acquis Le Christ portant la croix du peintre italien du XVIe siècle Sebastiano del Piombo. La peinture a été récemment redécouverte et a été révélée à l’AIC par la galerie Colnaghi basée à Londres, qui a facilité le transfert de la peinture au musée. « Nous ne pourrions pas être plus heureux d’avoir cette rare et merveilleuse opportunité d’intégrer une peinture si importante – la toute première que nous avons de Sebastiano – dans la collection permanente de l’Art Institute », ont déclaré Gloria Groom, David et Mary Winton Green, conservateurs et responsables de la collection David and Mary Winton Green, un fonds de peintures et de sculptures européennes. Sebastiano del Piombo est connu comme l’un des seuls peintres majeurs de la Haute Renaissance à combiner le parti pris de la couleur de...

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