« marché de l’art »

Comme larrons en foire(s)

Une actualité de l’art foisonnante en ce mois de mars à Paris, avec cinq foires époustouflantes et des expositions en pagaille. De quoi se composer un parcours exaltant, entre dessin, art contemporain africain et design… Prêts pour la claque des foires de printemps ? Du 30 mars au 2 avril… C’est Le rendez-vous à ne pas manquer : la foire Art Paris Art Fair, qui cette année accueille 139 galeries issues de 29 pays. Les exposants sont pour moitié étrangers et la foire s’est considérablement renouvelée pour cette édition, avec 50 % de nouvelles galeries. Incontournable raout du monde de l’art et du grand public, sise au Grand Palais, la foire permet de découvrir une scène artistique avec un éclairage toujours pointu sur les scènes étrangères. Son commissaire général, Guillaume Piens, s’est entouré de la curatrice et consultante culturelle Marie-Ann Yemsi, qui sera également la commissaire des prochaines Rencontres de Bamako, pour choisir le meilleur des galeries du continent africain – y compris le Maghreb – et de sa diaspora, et dont la plupart exposent pour la première fois en France. Parmi la vingtaine de galeries identifiées pour ce focus, quelques-unes, disséminées dans la foire, viennent d’horizons très divers : l’Ouganda avec l’Afriart Gallery de Kampala, le Nigeria où est implantée la galerie Art Twenty One, à Lagos, la Côte d’Ivoire représentée par la Fondation Charles Donwahi d’Abidjan, ou bien encore l’Afrique du Sud avec Whatiftheworld Gallery au Cap. L’October Gallery de Londres, qui représente en particulier El Anatsui, et la galerie parisienne Magnin-A, qui expose notamment Chéri Samba, présentent les grands classiques de l’art moderne et contemporain africain. On peut d’emblée noter l’accrochage monographique de l’artiste sud-africain Kendell Geers chez ADN Galeria, venue de Barcelone. La création émergente africaine est davantage représentée par les stands du secteur Promesses,...

Tags : , , , , , , , , , , , ,

La roue de la fortune

Élégante et persuasive, elle incarne à elle-seule le charme discret de la banque pri­vée. Une heure avec Ma­thilde Cour­teault, en charge du patrimoine artistique pour la banque Neuflize OBC. Rencontre. Ancienne directrice du dé­par­te­ment d’arts d’Asie de la mai­son Ch­ris­tie’s à Paris, Ma­thilde Cour­teault, trente-neuf ans, nous reçoit dans les salons feutrés d’une grande banque d’affaires. Matinale et enjouée, cette titulaire d’une maî­trise d’histoire de l’art consacrée à « L’influence européenne sur les miniatures mogholes » gère depuis trois ans le pa­tri­moine ar­tis­tique d’une clientèle que n’épargne pas l’ISF. Il sera donc question ici de culture et de stratégie d’investissement, de collection et d’actifs patrimoniaux. L’occasion d’évoquer aussi les grandes tendances du marché de l’art, l’idée de placement-plaisir… Le tout avec la réserve, le maintien, qui sied aux sociétés de gestion de fortune. Conseil en patrimoine artistique, ça veut dire quoi, au juste ? Quels sont les contours de ce métier ? Le métier existe, au cœur de notre banque, depuis vingt-cinq ans. Nous y déployons notre expertise au sein d’une structure intégrée, totalement dédiée au conseil et à la gestion des patrimoines artistiques. C’est d’ailleurs une spécificité très inscrite dans l’ADN de notre société qui, avec sa collection de photographies, en qualité aussi de mécène de la Cinémathèque, partenaire du Palais de Tokyo, proche également du musée Jacquemart-André, est résolument ancrée dans le milieu culturel. Disons que le conseil se développe sur trois grands axes. Une gestion très matérielle des collections, tout d’abord, qui englobe toute la gamme de services propres au pa­tri­moine ar­tis­tique, prestations allant du stockage d’œuvres d’art dans des coffres réservés, offrant une conservation de type muséal, avec hygrométrie contrôlée. Nous proposons bien sûr des formules d’assurance, nous pouvons aussi conseiller certains de nos clients qui voudraient faire réaliser la copie d’un de leurs tableaux,...

Tags : , , , ,

L’économie de l’incertain

Dans une vente publique, on sait que le dernier qui enchérit l’emporte. Mais à quel prix ? La théorie des jeux permet de résoudre ce conflit. Une heure avec Françoise Forges, professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine. Pour tout savoir sur les comportements stratégiques des enchérisseurs. Le sujet, convenons-en, est assez râpeux, âpre, peu riant : la théorie des jeux. Autrement dit, la vie secrète des nombres. Ou comment formaliser des situations conflictuelles au cœur de communautés d’individus en interaction comme, par exemple, à l’occasion d’une vente publique ? Comment analyser, anticiper, voire déjouer les comportements stratégiques des enchérisseurs ? Voilà… Très schématiquement, la théorie des jeux touche à la résolution formelle des conflits. Tout d’abord, il vous faut retenir ce nom, William Vickrey, qui en 1961 introduisit pour la première fois la théorie des jeux dans les mécanismes d’enchères. Nobel d’économie, il fut récompensé pour ses travaux menés sur « la théorie des incitations sous information imparfaite ». C’est lui qui formalisa notamment la confrontation de stratégies de mises des enchérisseurs. Disons que l’on flirte ici avec le concept d’« équilibre de Nash », situation dans laquelle un joueur ne peut modifier seul sa stratégie sans affaiblir sa position. Vous suivez ? Parce que l’affaire n’est pas simple. Mais peut s’avérer payante… C’est grâce à la théorie des jeux que l’on a pu, par exemple, identifier les symétries à l’œuvre dans les salles de vente. C’est elle encore qui offre des applications très pratiques en terme de défense militaire, où la modélisation de la dissuasion nucléaire peut se révéler utile. Bref, le champ est vaste, qui part des sciences économiques et de l’analyse des logiques concurrentielles, et rejoint les sciences politiques, où la théorie des jeux s’exerce sur les joutes électorales. En sciences sociales, Lévi-Strauss, féru de systèmes complexes,...

Tags : , , , , , , ,

Memorabilia, le grand retour ?

Depuis quelques années, les ventes aux enchères liées à la « pop culture » s’emballent. De la chanson française aux jeux vidéo, en passant par la saga Star Wars, les maisons de ventes explorent de nouveaux segments. Tour d’horizon de ces « niches » très populaires. La veste militaire de Mylène Farmer, le canotier de Maurice Chevalier, la note de service rédigée par Cloclo, le jeu vidéo de notre enfance ou bien le robot R2-D2, la pipe de Georges Brassens… La liste des objets fétiches de ce qu’on appelle aujourd’hui la « pop culture » est longue… et se vend ! Autrefois réservé à une obscure typologie de collectionneurs underground, l’achat de ces souvenirs de l’enfance, de stars de la chanson, du cinéma ou de la télévision est, depuis quelques années en France, transposé aux ventes aux enchères publiques. Stratégie de reconquête de la part des maisons de ventes ? Véritable demande ? Cette nouvelle catégorie de memorabilia fait de plus en plus d’émules. Bien sûr, ces étonnantes reliques ont toujours fasciné. Déjà, dans les années 1970, les studios MGM vendaient aux enchères plusieurs objets en tous genres leur appartenant, dont plus de 350.000 costumes. « Les robes de Marilyn Monroe et les vêtements d’Elvis se vendaient autour de 1.000 $ », expliquait en 2011 à Alex Ritman, du site theNational.ae, Darren Julien, président de la maison de ventes aux enchères Julien’s Auctions. Une dizaine d’années plus tard, autour de 1980, on vendait aux enchères à Drouot les effets personnels de Claude François ou d’Édith Piaf. Mais ce qui étonne de nos jours, c’est plutôt la récurrence soudaine, depuis le début des années 2010, de ces ventes ciblées sur la culture populaire : chanson française, jeux vidéo, génération Star Wars… L’apparition d’un nouveau marché ? Les icônes de la « culture geek » À Paris, la...

Tags : , , , ,

Data : Rauschenberg, les enchères à la traîne ?

Robert Rauschenberg, le frondeur ; Robert Rauschenberg, l’expérimentateur invétéré. Celui qui travaillait dans « l’intervalle séparant l’art de la vie » a contribué à l’émergence du concept de « plasticien », en imprimant de sa marque l’histoire de l’art de la seconde moitié du XXe siècle. Le marché suit-il ? Robert Milton Ernest Rauschenberg naît le 22 octobre 1925 à Port Arthur, dans un Texas acquis à l’extraction pétrolière. Ses parents, protestants convaincus, n’ont pas beaucoup de moyens ; il descend d’un grand-père médecin allemand qui s’était entiché d’une Indienne Cherokee. À seize ans, le jeune Rauschenberg commence des études de pharmacie à l’Université du Texas d’Austin. En 1943, il est incorporé dans l’armée américaine et intègre le Navy Hospital Corps de San Diego, en Californie. Libéré en 1945, il intègre le Kansas City Art Institute puis s’envole pour l’Académie Julian à Paris. Il y rencontre Susan Weil, avec qui il aura un fils. Rauschenberg poursuit ses études au Black Mountain College (Caroline du Nord), où il rencontre Josef Albers. Un crochet par New York et l’Art Students League, aux côtés de Morris Kantor et Vaclav Vytlacil, lui permet de faire la connaissance de Knox Martin et de Cy Twombly. L’année 1952 marque un tournant dans sa carrière. Alors qu’il est encore étudiant au Black Mountain College, il participe à l’ « Untitled event », ou Theatre Piece N°.1, fréquemment considéré par les historiens comme le premier happening, aux côtés de John Cage, Merce Cunningham, du pianiste David Tudor et de Jay Watt. La même année, il parcourt l’Europe et l’Afrique du Nord avec son amant Cy Twombly. Au tournant des années 1950, alors que les États-Unis sont acquis à l’expressionnisme abstrait, Robert Rauschenberg a déjà entrepris d’incorporer les matériaux du quotidien dans ses œuvres, de désacraliser l’art et d’abolir le principe sacré...

Tags : , , , , , , , , , ,

Ad.