« marché de l’art »

Marc Spiegler : réflexions

Alors qu’Art Basel va ouvrir, nous nous sommes entretenus avec le directeur de la foire, Marc Spiegler. Celui-ci parle très ouvertement de sa vision, de son travail, des foires d’Art Basel, du marché et de son évolution… et des personnes qui le façonne. Marc Spiegler : l’architecte du marché de l’art. Marc Spiegler, 48 ans, a toujours été un analyste très fin du marché de l’art. Il aime en dessiner les contours, le comprendre… Et parce que nous aimons cela également, c’est toujours un plaisir d’en discuter avec lui.   Comment vous sentez-vous, à la veille de cette foire, une décennie après avoir commencé à y travailler ? J’adore absolument ce travail et ça en vaut véritablement la peine, alors je n’ai pas vu le temps passer. C’est comme si c’était hier. En même temps, la foire marque ma vingt-sixième année avec Art Basel. Et si je regarde en arrière, on dirait qu’il y a eu beaucoup de changement. Notre organisation a certainement énormément évolué. Quand j’ai commencé, il n’existait que les foires de Bâle et de Miami, nous étions pilotés de Bâle et notre présence sur le Net était moindre… Nous ne nous occupions que de deux foires. Dix ans après, nous avons ajouté une foire extrêmement puissante en Asie, et nous avons construit une présence extensive en ligne – nous avons désormais un catalogue en ligne avec plus de 20.000 œuvres issues des foires précédentes, sans parler de notre réussite sur les réseaux sociaux, avec plus de 2 millions de followers, soit huit fois notre audience de 250.000 personnes qui visitent nos trois foires. Et la structure directrice n’est plus exclusivement basée en Suisse, mais sur trois continents, avec plus de 80 personnes qui font exister tout cela. Lorsque j’ai commencé, nous étions 20 personnes au grand...

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Wolfgang Tillmans, aux frontières du visible

Une exposition se termine, une autre commence… Alors que la monographie dédiée au photographe allemand Wolfgang Tillmans s’achève à la Tate de Londres, la rétrospective que lui consacre la Fondation Beyeler démarre dans la printanière ville suisse. Parfait timing pour étudier d’un peu plus près cet artiste aux mille expérimentations…   Les superstars de la photographie contemporaine ne sont toujours (et malheureusement) pas légion. Même si le médium a pleinement acquis ses lettres de noblesse cette dernière décennie, son écosystème reste encore fermé : galeries dédiées, ventes aux enchères thématiques, foires monomédiums, revues spécialisées… De ce point de vue, l’Allemand Wolfgang Tillmans fait figure de phénomène. Reconnu très tôt – et de manière continue – par les institutions et la critique artistique, il fait déjà partie des photographes les plus en vogue… Pourtant, on sent bien que l’artiste a encore de quoi nous épater. Né en 1968 à Remscheid, dans l’ouest de l’Allemagne (proche de Cologne et de Düsseldorf, donc de la Belgique et des Pays-Bas, tourné vers l’Europe), il découvre encore adolescent le travail photographique de Polke, Richter et Rauschenberg dans les musées des grandes villes voisines. Après trois ans à Hambourg, Tillmans poursuit ses études dans le sud de l’Angleterre, à l’Université des Arts et de Design de Bournemouth. Il s’installe ensuite à Londres, puis réside un an à New York, en 1994. C’est là qu’il rencontrera son premier soutien, le galeriste Andrea Rosen, et son amant, le peintre Jochen Klein. Les deux Germains reviendront en Europe, où ils vivront ensemble dans la capitale britannique jusqu’au décès de Klein en 1997, victime du SIDA. Tillmans n’a pas encore 30 ans. En 2000, l’artiste sort de l’anonymat du jour au lendemain en devenant le premier photographe et le premier non-Britannique à recevoir le très réputé prix Turner… un an...

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La roue de la fortune

Élégante et persuasive, elle incarne à elle-seule le charme discret de la banque pri­vée. Une heure avec Ma­thilde Cour­teault, en charge du patrimoine artistique pour la banque Neuflize OBC. Rencontre. Ancienne directrice du dé­par­te­ment d’arts d’Asie de la mai­son Ch­ris­tie’s à Paris, Ma­thilde Cour­teault, trente-neuf ans, nous reçoit dans les salons feutrés d’une grande banque d’affaires. Matinale et enjouée, cette titulaire d’une maî­trise d’histoire de l’art consacrée à « L’influence européenne sur les miniatures mogholes » gère depuis trois ans le pa­tri­moine ar­tis­tique d’une clientèle que n’épargne pas l’ISF. Il sera donc question ici de culture et de stratégie d’investissement, de collection et d’actifs patrimoniaux. L’occasion d’évoquer aussi les grandes tendances du marché de l’art, l’idée de placement-plaisir… Le tout avec la réserve, le maintien, qui sied aux sociétés de gestion de fortune.   Conseil en patrimoine artistique, ça veut dire quoi, au juste ? Quels sont les contours de ce métier ? Le métier existe, au cœur de notre banque, depuis vingt-cinq ans. Nous y déployons notre expertise au sein d’une structure intégrée, totalement dédiée au conseil et à la gestion des patrimoines artistiques. C’est d’ailleurs une spécificité très inscrite dans l’ADN de notre société qui, avec sa collection de photographies, en qualité aussi de mécène de la Cinémathèque, partenaire du Palais de Tokyo, proche également du musée Jacquemart-André, est résolument ancrée dans le milieu culturel. Disons que le conseil se développe sur trois grands axes. Une gestion très matérielle des collections, tout d’abord, qui englobe toute la gamme de services propres au pa­tri­moine ar­tis­tique, prestations allant du stockage d’œuvres d’art dans des coffres réservés, offrant une conservation de type muséal, avec hygrométrie contrôlée. Nous proposons bien sûr des formules d’assurance, nous pouvons aussi conseiller certains de nos clients qui voudraient faire réaliser la copie d’un de leurs...

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Michael Benson : « En dépit des incertitudes, Photo London est plus fort qu’au début »

À l’occasion de la troisième édition de Photo London, Art Media Agency a interviewé son cofondateur et codirecteur pour évoquer la spécificité de cette jeune foire… et l’impact du Brexit sur l’avenir de l’événement. Rencontre. Inaugurée en mai 2015, la foire Photo London se tiendra pour la troisième année consécutive dans les salons néoclassiques de la Somerset House, sur les bords de la Tamise, du 18 au 21 mai prochains. L’événement a été lancé par la société Candlestar, spécialisée dans l’organisation de projets et de manifestations culturelles, fondée en 2003 par Michael Benson et Fariba Farshad. Candlestar est notamment l’organisateur du Prix Pictet pour la photographie (septième édition en 2017) et de la foire Art Dubaï. Écrivain et producteur de films, Michael a dirigé pendant dix ans la galerie du London Institute (aujourd’hui Université des arts de Londres), pour lequel il a organisé de nombreuses expositions. Entre 2011 et 2014, il a également été commissaire de l’exposition du World Sony Award. Fariba Farshad, codirectrice de la foire, est spécialiste de l’art iranien contemporain et commissaire d’expositions.   Pouvez-vous nous présenter les grandes lignes de cette édition 2017 de Photo London ? Nous comptons 89 galeries participantes cette année, issues de 17 pays. Cela représente une légère augmentation par rapport à l’an dernier, elles étaient alors 83. Nous accueillons aussi dix maisons d’édition, ce qui fait 99 exposants au total. Les galeries, qui peuvent envoyer un dossier de candidature en ligne, étaient environ 200 à postuler. Les critères du comité de sélection sont de trois ordres. Le critère principal est d’apporter quelque chose de neuf. Nous attendons que les galeries présentent soit de nouveaux artistes, soit les travaux les plus récents d’artistes reconnus ou bien établis, soit enfin des images historiques qui soient des joyaux. Cette année, le comité de sélection,...

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Ready Art, « le Hermès de la scène artistique française »

Fondé en 2015, Ready Art pourrait bientôt devenir l’outil indispensable aux collectionneurs qui, sur le Net, souhaitent aller à la rencontre de la scène contemporaine française. Sélectif, le site permet de croiser artistes et galeries… triés sur le volet. La plateforme Ready Art ambitionne de présenter les meilleurs artistes de l’actuelle scène française aux internautes de tous les pays. Les fondateurs de ce beau projet, Tristan Vyskoc et Albane Rouvière, sont issus de l’univers de la finance, mais ont toujours entretenu un lien particulier avec l’art contemporain. Ils sont collectionneurs eux-mêmes, Tristan Vyskoc étant également artiste. Où l’on reparle de stratégie et de création artistique, de collection et de start-up…   Qu’est-ce qui, au départ, vous a donné envie de lancer le site Ready Art ? Tristan Vyskoc : Nous avons tous les deux travaillé dans le conseil pendant quinze ans. Nous avons vendu notre entreprise en 2014 et nous avions très envie de travailler dans le milieu de l’art. Nous avions déjà investi dans des sites internet liés à l’art, comme Artips ou Barter. Parallèlement, nous avons toujours été collectionneurs et je suis également artiste. Nous avons constaté que les artistes de notre entourage proche avaient du mal à être représentés sur le Web. Nous avons donc cherché un modèle économique viable avec un positionnement très affirmé. Nous avons travaillé pendant douze mois avant de lancer Ready Art, en février 2016. Nous ne voulons montrer que la scène française et la porter à l’international, dans l’idée de devenir dans cinq ans le leader sur le Web de la scène française. Beaucoup de gens nous ont dit que nous étions « fous » et que nous n’y arriverions pas… Albane Rouvière : Notre site met en avant la scène artistique française, mais notre spectre est assez large. Il s’agit d’artistes français,...

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