« Japanorama »

Conversation avec Yuko Hasegawa

Yuko Hasegawa est la curatrice internationale par excellence. Dans son Japon natal, elle est cofondatrice de Inujima Art House Project à Naoshima et directrice artistique du Musée d’Art Contemporain de Tokyo (MOT). Son dernier projet, « Japanorama », est actuellement présenté au Centre Pompidou-Metz, en France. Au cours des dernières années, Yuko Hasegawa a été commissaire de la Biennale de Moscou (2017) et de la XIe Biennale de Sharjah (2013), co-commissaire de la 29e Biennale de Sao Paulo (2010) et jury du Prix Hugo Boss Asia et du Prix MAXXI Bulgari.   « Japonorama » est une entreprise extrêmement ambitieuse : l’exposition couvre plus de 45 ans d’histoire de l’art contemporain japonais et comprend environ 350 œuvres de cent artistes. Vous êtes évidemment une curatrice très expérimentée, mais trouvez-vous toujours aussi difficile de faire face à de tels projets, assez gigantesques ? Tout d’abord, permettez-moi d’expliquer pourquoi l’exposition commence en 1970. En 1986, le Centre Pompidou a mis en scène un important aperçu, qui retraçait l’histoire de l’art d’avant-garde au Japon, de 1910 à 1970. Le nouvel accrochage poursuit l’exposition de 1986, començant là où la précédente s’était terminée. La même année a eu lieu l’« Expo 70 » à Osaka : un événement symbolique marquant la transition du Japon de l’après-guerre vers une nouvelle voie, dans la société, l’économie, la technologie et la culture. Beaucoup de gens cherchaient une identité culturelle originale, regardant à l’intérieur plutôt qu’à l’extérieur. C’est pourquoi j’ai pensé qu’il était important de faire courir l’exposition de 1970 à nos jours. De nombreuses expositions sur l’art japonais contemporain organisées par des conservateurs étrangers se concentrent sur l’art produit dans les années 1950-1960, principalement parce que cette période a été largement influencée par le modernisme européen. Il est donc facile pour les conservateurs occidentaux de la...

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