« Iran »

Wim Delvoye ouvre un centre d’art en Iran

L’artiste belge Wim Delvoye va ouvrir un centre d’art en Iran dans la ville de Kashan, située entre Téhéran et Ispahan. Connu pour avoir tatoué des cochons vivants, Wim Delvoye crée des œuvres iconoclastes dans lesquelles il mêle l’humour avec une critique acerbe de la société et des institutions. Celui que l’on considère comme un héritier de Marcel Duchamp, se place aussi dans le sillage de Damien Hirst ou Thomas Schütte en ouvrant son propre centre d’art. À la différence de ces derniers, c’est en Iran que l’artiste a décidé d’installer son propre espace. Un projet qui prévoit la restauration de cinq demeures iraniennes dans la ville de Kashan. Il bénéficiera d’un espace de 900 m2 et souhaite mettre en place des projets collaboratifs avec des artistes locaux et internationaux. Le choix de s’installer en Iran n’est pas vraiment une surprise. En effet, il sera exposé dans un solo show au musée de Téhéran au mois de mai. Une exposition dont les commissaires d’exposition sont Leila Varasteh et Vida Zaim. En délicatesse avec la Belgique depuis quelque temps, Wim Delvoye souhaite, avec ce projet, concrétiser sa volonté d’exil et saisi l’opportunité de développer de nouveaux liens et de nouveaux projets...

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Des œuvres du TMoCA prêtées à Berlin et peut-être aux États-Unis

Le musée d’art contemporain de Téhéran (TMoCA), en Iran, a convenu en octobre 2015 de prêter des œuvres de sa collection d’art iranien et international. Le TMoCA va potentiellement prêter des œuvres en vue d’une exposition à Berlin l’année prochaine. L’exposition est un symbole du rapprochement de l’Iran avec l’Occident. La collection comprend des œuvres de Picasso, Rothko, Pollock et Bacon, entre autres. L’annonce faite par les Musées d’État de Berlin et par la Prussian Cultural Foundation a été suivie d’un accord supervisé par le ministre des Affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier. Aucune peinture n’a encore été confirmée. Certains spécialistes de l’art du Moyen-Orient ont soulevé des doutes quant à l’aboutissement de l’accord : « Je suis sceptique sur les projets de Berlin. La volonté apparente des Iraniens peut basculer à tout moment … [et] peu de politiciens, allemand ou iraniens, ont une moindre idée du fonctionnement des musées », a déclaré David Galloway, ancien conservateur en chef du musée de Téhéran. L’exposition prévue à Berlin constituera la possibilité pour l’Iran d’utiliser son soft power. « La présidence de Mohammad Khatami [1997-2005] a vu ces trésors refaire surface. L’administration actuelle de Hassan Rouhani est totalement tournée vers la construction de passerelles culturelles, consciente qu’il y a peu d’intérêt de la part des acteurs du régime pour l’art en tant que tel », a dit Hossein Amirsadegh, écrivain spécialisé dans la culture arabe et iranienne. D’autre part, d’autres grands musées ont exprimé un intérêt à emprunter au TMoCA de Téhéran. The Hirshhorn Museum and Sculpture Garden à Washington a déjà eu des discussions préliminaires dans cette...

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L’artiste iranienne Atena Farghadani condamnée à 12 ans de prison

Le 28 mai 2015, l’artiste iranienne Atena Farghadani, emprisonnée suite à l’exposition de ses œuvres controversées à Téhéran et de critiques de l’administration pénitentiaire du pays, a été condamnée à une peine de douze ans de prison. L’artiste de 28 ans avait été arrêtée le 23 août 2014 après avoir dédié aux victimes de la répression du soulèvement post électoral de 2009, une exposition d’œuvres représentant les législateurs du Parlement des mollahs en singes, chèvres, vaches et autres animaux. Ces œuvres ont été créées en réaction à la volonté des mollahs d’ériger la contraception et la stérilisation volontaire des femmes au rang d’infraction. Après avoir été libérée suite à une grève de la fin,  Atena Farghadani est à nouveau interpellée en janvier 2015 à cause d’une vidéo dénonçant les conditions de détention des femmes. Son procès, ouvert le 19 mai 2015, s’est conclu par sa condamnation à 12 ans et neuf mois de prison — une peine plus lourde que le maximum prévu par la loi pour les faits qui lui sont reprochés — pour des chefs d’accusation tels que « diffusion de propagande contre le régime », « insulte envers les membres du Parlement par le biais de peintures », « outrage au guide suprême » et « rassemblement et collusion en vue de nuire à la sûreté de l’État ». Alors que ses avocats s’apprêtent à faire appel, Amnesty International, qui considère l’artiste comme prisonnière d’opinion, a sévèrement critiqué le procès expéditif et ses motifs. Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe d’Amnesty International au Moyen-Orient et au Maghreb, a déclaré : « Atena Farghadani a essentiellement été condamnée pour ses dessins à une peine qui caricature la justice elle-même. Nul ne doit être emprisonné pour son art ou son militantisme pacifique. » Né en 1986, Atena Farghadani a...

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Le maire de Téhéran remplace les panneaux publicitaires par des œuvres d’art

Le maire de Téhéran, Dr. Mohammad Baqer Ghalibaf, a ordonné que tous les 1.500 panneaux d’affichages de la villes soient remplacés par des copies d’œuvres emblématiques de l’art occidental et iranien, selon le The New York Times. Le projet a été organisé par l’Organisation pour l’embellissement de la ville, un service municipal créé pour améliorer l’apparence des parcs et des espaces publics. « Les gens d’ici sont trop occupés pour se rendre dans des musées et des galeries, donc nous avons décidé de transformer la ville entière en une immense galerie », a déclaré Mojtaba Mousavi, un représentant du conseil, selon le The New York Times. Parmi les nouveaux panneaux d’affichage se trouvent des images représentant les tableaux de Rembrandt, des photographies prises par Henri Cartier-Bresson, les Nos. 3, 10 et 13 de Rothko et une reproduction de The Scream, de Munch. Par ailleurs, l’art iranien a été choisi de manière bien plus sélective, comme le dit Mojtaba Mousavi : « certains des travaux les plus modernes auraient pu susciter des objections que nous voulions éviter. » Seulement des pièces exécutées par des artistes décédés ont été prises en considération, de dont résulte un choix d’images relativement fades de tapis perses, de tableaux inspirés par le Livre des Rois et des travaux du peintre Bahman Mohassess, surnommé « le Picasso Perse ». Il est probable que l’intérêt de Mohammad Baqer Ghalibaf pour les arts visuels émane de motivations politiques. Le collectionneur et historien Hamid Taheri a déclaré au The New York Times : « [ Ce projet ] est clairement une tentative de remporter les faveurs [du peuple ]. Cependant, cela ne me dérange pas, c’est formidable de voir de l’art à travers la ville....

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Interview avec l’artiste franco-iranienne Niloufar Banisadr : « le voile au vent »

Représentée par la galerie 55Bellechasse à Art Paris 2015, Niloufar Banisadr, artiste franco-iranienne et jeune musulmane, nous a accordé un moment pour nous faire découvrir ses œuvres inspirées de son pays. « Abstrait, narratif, contrasté, harmonieux et esthétique » sont les adjectifs qu’elle emploie pour décrire son œuvre. Pouvez-vous me raconter votre parcours ? Je suis iranienne et je vis en France depuis douze ans. J’ai étudié la photographie à l’université Azad en Iran où mon mes recherches plastiques sont venues apporter un complément à une esthétique plus traditionnelle. Ma démarche était plus classique et je faisais surtout des portraits en prenant des femmes comme modèles. De temps en temps je travaillais sur mes propres projets mais je n’ai jamais eu l’envie de les exposer au public. J’ai fini mes études en 2001 et je voulais voyager pour voir le monde. Pour mieux comprendre la culture occidentale, j’ai voyagé aux États-Unis et en Europe. Quand j’ai déménagé en France, je me suis inscrite à l’école de photographie Spéos. Mon cursus se concentrait surtout sur les arts visuels et sur la photographe numérique. Après avoir décroché mon diplôme, j’ai trouvé un poste de professeur en photographie analogique noir et blanc. C’est dans mon temps libre que je continuais à travailler sur mes propres projets. Comment votre travail a-t-il progressé ? J’ai commencé à travailler en France en faisant une série d’autoportraits. Je refusais de montrer mon travail au public car je voulais pouvoir rentrer en Iran un jour. En Iran, il y a des critères esthétiques qui classifient tous les œuvres d’art et certaines de mes œuvres ne respectaient pas ces critères. Il y a un certain degré de censure donc retourner en Iran aujourd’hui serait risqué pour moi. Malgré tout cela, j’ai décidé d’exposer mon travail en 2013. Ma série Freud, présentée aujourd’hui, était le projet que j’avais décidé de présenter, sur lequel je travaillais en 2004. Cette série...

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