« Harumi Klossowska de Rola »

Harumi Klossowska de Rola : « Je suis un artisan qui continue à apprendre »

Harumi Klossowska de Rola pourrait être le nom d’une héroïne de roman, poétique, onirique… À l’image de ses créations. Fille du peintre Balthus et de l’artiste japonaise Setsuko Ikeda, Harumi a le talent en héritage et trace sa voie dans l’univers du bijou et des objets d’art. Elle vécu dès sa naissance à Rome, rien moins qu’à la villa Médicis, dans la célèbre chambre turque, lorsque son père dirigeait la prestigieuse institution, de 1961 à 1967. Puis la famille quitta l’Italie pour la Suisse. Plus tard, ce sera Londres, Los Angeles, avec des retours de plus en plus fréquents en Suisse, où elle finira par s’installer, plongée au cœur de la nature. Cette nature qui l’anime et sous-tend son univers aux nombreuses inspirations : l’antiquité, la mythologie ou encore les créatures félines. Harumi Klossowska de Rola nous reçoit en blouse de travail, dans un atelier non loin de Paris, où elle prépare ses prochaines œuvres.   Avec des parents aussi célèbres, quelle a été votre enfance ? Mon père dirigea la villa Médicis à Rome, où j’ai eu la chance de grandir. J’ai été très tôt entourée de sculptures. Celles de ces lions majestueux qui encadrent l’entrée de la villa m’ont beaucoup marquées, par exemple. J’aimais la pierre à tel point que petite je partais des heures en chercher des petits morceaux, ainsi que des éléments de mosaïque dans les jardins. Ceux de couleur turquoise étaient de grandes trouvailles pour moi, des trésors… Je me souviens aussi, mais c’était plus tard, des conversations entre mes parents, de mon père qui revenait de son atelier et qui parlait des couleurs, des teintes, des peintres de la Renaissance comme Masaccio. J’ai compris bien plus tard l’influence que cela a eu sur moi. J’ai été aussi élevée dans la culture japonaise et le wabi-sabi, la...

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