« guerre »

Zones de guerre et enjeux politiques : la disparition du patrimoine du Moyen-Orient

Le Moyen-Orient regorge de trésors culturels et d’objets précieux, avec par exemple le site archéologique de Troie en Turquie, l’ancienne ville de Damas en Syrie, et la route de l’encens à Oman, avec de nombreux autres monuments religieux et nombreuses reliques, tous inscrits à la liste de protection du patrimoine mondial de l’UNESCO. Néanmoins, Daesh continue d’avancer à travers la Syrie et maintient ses bastions en Irak, et c’est non seulement des vies humaines qui sont en train de disparaître dans le conflit, mais aussi beaucoup de grands sites culturels qui ont été vandalisées, bombardés, et certains totalement rayés de la carte, ne laissant que des tas de poussière et de gravats dans leur sillon. Les villes anciennes sont devenues des terrains vagues ruinés par la guerre. Certains monuments comme l’Arc de Triomphe de Palmyre, debout depuis 2000 ans, ont été décimés par les soldats de Daesh qui contrôlent la ville depuis mai 2015. Loin des idées de conquête ou d’appropriation culturelle, la faction islamiste radicale poursuit son total anéantissement de la culture qui selon lui « idolâtre » et représente une vision du monde différente de leurs croyances extrémistes islamistes. Tandis que le conflit fait rage de plus en plus intensément au milieu de cette riche mosaïque culturelle qui se délite, les sites patrimoniaux, en plus d’être utilisés comme une arme dévastatrice, deviennent le terrain de jeu politique potentiel de superpuissances mondiales, désireuses d’exploiter les précieux atouts du Moyen-Orient. Pourtant, le patrimoine culturel du pays n’est pas seulement un enjeu national. De nombreux efforts internationaux ont été déployés pour lutter contre ces atrocités et empêcher la perte de ces trésors culturels dans le tourbillon du conflit. Héritage mondial menacé La Syrie et l’Irak sont situés dans une région souvent considérée comme le « berceau de notre civilisation », une zone de la Mésopotamie où sont nés le premier alphabet, les pratiques agricoles et les villes. Le...

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L’Italie envoie des Casques bleus pour protéger le patrimoine du Moyen-Orient

Le 24 octobre 2015, le ministre de la culture italien Dario Franceschini a approuvé publiquement le déploiement des Casques bleus pour la protection du patrimoine menacé par les islamistes extrémistes. D’après une étude récemment publiée par des chercheurs du Dartmouth College, aux États-Unis, des acteurs aussi divers que Daesh, les forces kurdes et les autorités syriennes sont potentiellement responsables de pillages et de destructions de l’héritage culturel de Syrie. Cette étude est basée sur une analyse satellite de 1.300 sites archéologiques syriens dont les images actuelles ont été comparées à d’autres plus anciennes par Digital Globe. L’anthropologue Jesse Casana, qui a dirigé l’étude, a expliqué : « Des exemples de pillages sévères sont observés dans les zones contrôlées par l’État islamique et par le régime syrien » Du fait de cette destruction continue, le gouvernement italien a décidé d’envoyer les gardiens de la paix des Nations Unies, les Casques bleus. Dario Franceschini a déclaré à ce propos : « Après les attaques terroristes [de Daesh] et les terribles images de Palmyre, la communauté internationale ne peut se contenter de rester en retrait et de regarder. » 53 pays ont voté en faveur de cette mesure de protection, qui inclut le site de Palmyre, assailli depuis mai 2015. Les Casques bleus ont notamment appris des expériences italiennes et internationales de protection et de sécurisation du...

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AAMD propose la sauvegarde d’œuvres en temps de guerre

The Association of Art Museum Directors (AAMD) a dressé un plan ce jeudi 8 octobre 2015 pour aider les institutions artistiques et culturelles internationales à la protection et à la sauvegarde des rares antiquités, du patrimoine culturel et des trésors artistiques, face aux dommages et à la destruction en cas de conflit généralisé ou bouleversements. AAMD, qui dispose de 242 membres à travers les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, offre aux musées et galeries des zones ravagées par la guerre ou sujettes aux catastrophes naturelles, la possibilité de transférer des œuvres d’importance culturelle vers l’une de ses institutions membres, qui se chargera de la garder jusqu’à ce que leur retour et protection sécurisés soient garantis. Les œuvres resteront également la propriété de leur pays d’origine pendant la période de préservation, comme Julian Raby, membre de la section art antique et objets archéologiques d’AAMD, a indiqué « Selon les protocoles, les œuvres que nous garderons ne seront pas la propriété du musée. Leur accès et l’exposition de celles-ci, seront accordés ou non par le dépositaire. » La liste a cependant stipulé que les musées pouvaient effectuer des transferts pour des expositions publiques et pour la recherche si tel est leur souhait. Johnnetta Cole, présidente d’AAMD et directrice du National Museum of African Art, Smithsonian Institution, a déclaré que « Le niveau de destruction et de dommages intentionnels est lamentable et représente une tentative d’éradication de l’identité culturelle combinée à l’assassinat et à la répression des individus. » Julian Raby a également ajouté que « Nous sommes déterminés à travailler avec nos collègues internationaux pour résoudre ensemble cette crise urgente. »...

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Des artistes prennent part au « boycott culturel » d’Israël

The Art Newspaper rapporte que plus de 600 artistes, musiciens et écrivains, parmi lesquels Ed Atkins, Phyllida Barlow, John Berger, Jeremy Deller, Brian Eno, Mona Hatoum, Bharti Kher, ainsi que Bob et Roberta Smith  se sont engagés à boycotter les institutions et manifestations culturelles israéliennes suite au conflit avec la Palestine. Agissant sous la bannière « Artists for Palestine UK », les signataires ont promis « qu’ils n’accepteront ni invitations professionnelles de la part d’Israël, ni financements de la part d’institutions liées au gouvernement » et qu’il refuseront « de jouer de la musique, d’accepter des prix, d’assister à des expositions, festivals ou conférences, de conduire des masterclasses ou des ateliers [dans le pays], jusqu’à ce qu’Israël respecte les lois internationales et mette fin à l’oppression coloniale subie par les Palestiniens. » Suite aux 50 jours de conflit de l’été dernier à Gaza, Amnesty International a accusé à la fois les combattants  israéliens et palestiniens de commettre des crimes de guerre, l’organisation signalant que l’attaque des forces israéliennes aurait tuée au moins 104 personnes dont 62 enfants selon The...

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Édouard Planche de l’UNESCO sur le pillage des œuvres d’art en temps de guerre

À l’occasion du dîner débat organisé le 16 février par AMA au Club de la chasse et de la nature, Édouard Planche, spécialiste du trafic des biens culturels à l’UNESCO, s’est exprimé sur le thème du pillage des œuvres d’art en temps de guerre, en présence d’une vingtaine de convives. Direction la Syrie et Édouard Planche de commencer par un rappel douloureux. La Syrie compte six sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO : l’ancienne ville d’Alep, l’ancienne ville de Bosra, l’ancienne ville de Damas, le Crac des Chevaliers, le site de Palmyre et les villes antiques du Nord ; et pas moins de douze sites qui sont soumis à la liste indicative, en vue d’une inscription dans les années à venir, dont Ebla, Mari, Doura Europos, Apamée… Le constat est affligeant. Depuis le début du conflit syrien ce sont : 290 sites touchés dont 24 détruits, 104 sévèrement dégradés, 85 partiellement endommagés et 77 probablement endommagés. Parmi les plus touchés figurent : Alep, Damas, le Crac des Chevaliers, Palmyre, Doura Europos, Bosra, Ebla, Apamée et Raqqa. Au-delà des images de destructions qui plongent l’assemblée dans la consternation, le débat arrive sur une autre problématique de taille : les antiquités sont un levier de financement du terrorisme. L’implication relative de certains pays, dans la lutte contre le trafic illicite du patrimoine syrien ou irakien, tels que la Turquie mais aussi Israël — pour qui « chez nous il n’y a pas de trafic car il y a le mur » — ou encore les pays du Golfe, n’arrange pas la situation. Pour nous donner un ordre d’idée, le débatteur nous informe que le commerce légal d’antiquités représente à peu près 60 Mrd$ par an tandis que le commerce illégal, même s’il est très difficile à chiffrer, pourrait éventuellement atteindre...

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