« Fondation Maeght »

Pascal Pinaud ou la mémoire des gestes

Grosse saison pour le plasticien Pascal Pinaud. Deux expositions lui sont actuellement consacrées près de Nice (« Sempervivum » à la fondation Maeght et « C’est à vous de voir » à l’Espace de l’Art Concret), avant que le Frac de Marseille ne leur emboîte le pas. Le sud de la France est une terre artistique vivace, et Nice l’un de ses viviers. Dès la fin des années 1950, l’École de Nice a écrit une histoire de l’art, autonome à Paris, avec comme chefs de file Arman, Albert Chubac, Yves Klein, Martial Raysse, Ben ou Bernar Venet. À la croisée de divers courants – Nouveau réalisme, Fluxus, Support/Surface –, elle a donné des couleurs à la scène française. Pascal Pinaud est un enfant de cette école niçoise, même s’il est né un peu plus loin, à Toulouse, en 1964. Diplômé de la Villa Arson (Nice) en 1990, il y enseigne depuis 1999. En outre, il a réalisé plusieurs projets dans la région, comme une « composition exubérante de réverbères hybrides » pour un arrêt de tram du quartier de Saint-Jean-d’Angély (Nice, 2007). Les trois institutions qui programment Pascal Pinaud en 2017, la fondation Maeght, l’Espace de l’Art Concret et le Frac PACA, rendent ainsi un bel hommage à un enfant – adoptif – de la région. Une rétrospective, deux projets in situ À la fondation Maeght, « Sempervivum » prend des airs de rétrospective : tableaux, dessins, photographies, sculptures, installations et néons sont dévoilés au public, le tout réalisé entre 1989 et 2016. « Cela donne l’impression d’une exposition collective », souffle Pascal Pinaud. On ne peut lui donner tort, tant son œuvre occupe un large spectre formel. Pascal Pinaud est un artiste sériel, qui ne donne jamais de fin à ses séries. « En sortant de la Villa Arson, j’avais quatre séries en cours, aujourd’hui il y en a 34 »,...

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La foire ST-ART invite Olivier Kaeppelin

La 21e édition de la foire strasbourgeoise ST-ART se déroulera dans le Parc des expositions, du 25 au 28 novembre prochains, avec une proposition curatoriale d’Olivier Kaeppelin, l’actuel directeur de la Fondation Maeght. Cette fondation présentera aussi sur 100 m2 une sélection d’œuvres issues de sa collection. L’écrivain Michel Nuridsany a proposé cette année une exposition dédiée à l’artiste Anne Ferrer. La foire accueillera 100 galeries, dont 40 % d’exposants internationaux, 500 artistes de 20 nationalités différentes, sur 10 000 m2 d’exposition. 25.000 visiteurs sont...

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Christo & Jeanne-Claude, liberté d’artistes

Depuis près de 50 ans, Christo & Jeanne-Claude ont fait de la confrontation ou de la dissimulation un outil pour « charger » des lieux d’un sens nouveau. Jusqu’au 27 novembre 2016, Christo expose un mastaba composé de 1.000 barils dans la cour Giacometti de la fondation Maeght (Saint-Paul-de-Vence). Du 18 juin au 3 juillet 2016, sa promenade Floating Piers (2014-2016) était visible sur le lac Iséo, en Italie. L’artiste est revenu sur ces deniers projets avec Art Media Agency. Quelle est l’histoire du mastaba que vous exposez actuellement dans la cour Giacometti de la fondation Maeght ?  Tout a commencé en 1967. Jeanne-Claude et moi-même étions déjà à New York. Le directeur de la Kunsthalle de Berne, Harald Szeemann, organisait l’exposition « L’art vivant. 1965-1968 » dans la fondation Maeght — qui venait d’être inaugurée en 1964. Il m’a invité à réaliser une œuvre temporaire — à l’époque je préparais l’empaquetage des cinquante ans de la Kunsthalle de Bern, le premier empaquetage d’édifice public que nous avons réalisé en 1968. Pour la fondation Maeght, j’ai proposé à Harald Szeemann d’empaqueter les arbres et de réaliser un mastaba dans la cour Giacometti. J’ai réalisé l’empaquetage des arbres, mais pas le mastaba. En 2014, lors du cinquantième anniversaire de la fondation Maeght, Olivier Kaeppelin exposait des artistes qui avaient fait l’histoire de la fondation et il a retrouvé plusieurs dessins préparatoires du mastaba de 1967. Il m’a donc invité à réaliser le projet, et j’ai accepté avec joie. L’exposition est intéressante car elle met en écho le mastaba avec le travail que nous avons mené sur les pots et les barils, qui a commencé à la fin des années 1950, s’est poursuivi en barrant la rue Visconti  (Wall of Oil Barrels, 1962) puis avec des projets de mastabas au Texas,...

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Rétrospective Chagall au Fort de Bard

Du 25 juin au 13 novembre, le Fort de Bard, dans le Val d’Aoste (Italie), présente une grande exposition dédiée à Marc Chagall, notamment grâce au prêt exceptionnel par la fondation Maeght du tableau La Vie (1964), un chef-d’œuvre de l’artiste. 180 œuvres seront réunies autour de ce tableau qui fera sa première apparition en Italie. De par sa complexité et sa monumentalité, on retrouve la plupart des thèmes chers au peintre, c’est pourquoi l’oeuvre sera le point de départ de l’exposition à partir duquel se déploieront les 180 autres œuvres de l’exposition. Olivier Kaeppelin, directeur de la Fondation Maeght s’est exprimé sur cette grande exposition : « Ce tableau est essentiel dans l’oeuvre de Marc Chagall car il fait vivre tous les épisodes de sa vie mais aussi tous les styles qu’il a utilisés dans les différentes périodes de sa création. Du cubisme à l’imagerie populaire, en passant par l’expression de la couleur libre, il emploie, à la fois, avec simplicité et maestria les modes d’expression qui lui sont nécessaires pour atteindre la plus grande force et surtout la plus grande justesse esthétique....

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La fondation Maeght, pour une « pensée par le regard » 

Jusqu’au 16 mai 2016, la fondation Maeght (Saint-Paul-de-Vence) accueille l’exposition « Espace, Espaces ! », une relecture singulière de ses collections par le directeur de l’institution, Olivier Kaeppelin. Georges Perec s’y connait en espace. Pour l’auteur d’Espèces d’espaces — à qui le titre de l’exposition est un hommage —, « l’espace de notre vie n’est ni construit, ni infini, ni homogène, ni isotrope. Mais sait-on précisément où il se brise, où il se courbe, où il se déconnecte et il se rassemble ? On sent confusément des fissures, des hiatus, des points de friction, on a parfois la vague impression que ça se coince quelque part, ou que ça éclate, ou que ça se cogne. » L’espace est le point de départ et d’arrivée de toute création artistique. Pour Olivier Kaeppelin, « ce que créent les artistes, c’est d’abord un espace pour eux. Cet espace, nous ne le partageons pas, nous y pénétrons. » Les artistes savent s’immiscer dans ces hiatus, sublimer les points de friction ou, parfois, cogner. C’est dans cette pluralité des traitements artistiques de l’espace qu’est invité le visiteur : reconfiguration et fragmentation des espaces picturaux, construction d’espaces utopiques et intimes — une idée qui n’est pas sans rappeler « Habiter le monde » , la biennale de Busan 2014 dont Olivier Kaeppelin était directeur artistique —, intérêt porté à la matière et ses propriétés, distorsion de la réalité et décomposition du mouvement, etc. Ce parcours dans les collections de la fondation Maeght est également l’occasion pour Olivier Kaeppelin de dévoiler les oeuvres récemment acquises par la collection. Notamment la vaste donation de Wolfgang Gäfgen — 40 dessins, cinq grandes oeuvres graphiques et un triptyque — ou La Renaissance (2011) un élégant bronze de Claudine Drai, également offert par l’artiste à l’institution. Le dénominateur commun est...

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