« Focus »

Les Panama Papers ne passent pas inaperçu dans le monde de l’art

Si les Panama Papers ont secoué la communauté internationale en révélant de multiples réseaux d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent, le monde de l’art ne sort pas indemne de cette histoire. Une affaire révélée au public grâce aux efforts de l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) qui a décortiqué, analysé, vérifié plus de 11 millions de fichiers issus du cabinet juridique panaméen Mossack Fonseca. Parmi les différentes stratégies révélées par les Panama Papers l’une d’entre elles consiste à différencier le vendeur et le propriétaire d’une oeuvre. Lorsque Christie’s a adjugé en 1997 la collection Victor et Sally Ganz pour 206.4 M$ (une vente exceptionnelle à l’époque), le vendeur n’était pas un héritier de la famille Ganz mais Joe Lewis, homme d’affaires britannique qui était aussi l’un des plus gros actionnaires de la célèbre maison de ventes. La collection a par la suite été rachetée par le même Joe Lewis grâce à une filiale de Christie’s, Spink & Son, pour un prix bien inférieur. Sur les 118 œuvres de la collection Ganz, une centaine a été rachetée pour 168 M$ par la Simsbury International Corporation, une société offshore basée sur l’île Niue, et dont le propriétaire n’est autre que Joe Lewis. Christie’s n’a pas souhaité commenter la responsabilité de Joe Lewis dans cette affaire tout en tenant à rappeler que les arrangements préalables à une vente aux enchères sont des pratiques courantes et légales. En mai 2015, l’une des œuvres de la collection, Les Femmes d’Alger (Version « O ») de Pablo Picasso a été vendue chez Christie’s pour 179.4 M$. Un autre procédé de dissimulation consiste à placer une collection sous un autre nom. C’est ce qu’a fait le collectionneur russe Dmitry Rybolovlev, plaçant sa collection dans une holding baptisée Xitrans Finance LTD, une société créée par Mossack Fonseca, installée dans les...

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La fondation Maeght, pour une « pensée par le regard » 

Jusqu’au 16 mai 2016, la fondation Maeght (Saint-Paul-de-Vence) accueille l’exposition « Espace, Espaces ! », une relecture singulière de ses collections par le directeur de l’institution, Olivier Kaeppelin. Georges Perec s’y connait en espace. Pour l’auteur d’Espèces d’espaces — à qui le titre de l’exposition est un hommage —, « l’espace de notre vie n’est ni construit, ni infini, ni homogène, ni isotrope. Mais sait-on précisément où il se brise, où il se courbe, où il se déconnecte et il se rassemble ? On sent confusément des fissures, des hiatus, des points de friction, on a parfois la vague impression que ça se coince quelque part, ou que ça éclate, ou que ça se cogne. » L’espace est le point de départ et d’arrivée de toute création artistique. Pour Olivier Kaeppelin, « ce que créent les artistes, c’est d’abord un espace pour eux. Cet espace, nous ne le partageons pas, nous y pénétrons. » Les artistes savent s’immiscer dans ces hiatus, sublimer les points de friction ou, parfois, cogner. C’est dans cette pluralité des traitements artistiques de l’espace qu’est invité le visiteur : reconfiguration et fragmentation des espaces picturaux, construction d’espaces utopiques et intimes — une idée qui n’est pas sans rappeler « Habiter le monde » , la biennale de Busan 2014 dont Olivier Kaeppelin était directeur artistique —, intérêt porté à la matière et ses propriétés, distorsion de la réalité et décomposition du mouvement, etc. Ce parcours dans les collections de la fondation Maeght est également l’occasion pour Olivier Kaeppelin de dévoiler les oeuvres récemment acquises par la collection. Notamment la vaste donation de Wolfgang Gäfgen — 40 dessins, cinq grandes oeuvres graphiques et un triptyque — ou La Renaissance (2011) un élégant bronze de Claudine Drai, également offert par l’artiste à l’institution. Le dénominateur commun est...

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Focus sur l’Allemagne à Drawing Now

L’édition 2016 de Drawing Now propose un focus sur l’Allemagne afin de célébrer la forte tradition graphique du pays et renforcer les liens entre la France et l’Allemagne en matière de culture. Illustrant le dynamisme des institutions allemandes pour le dessin, le focus porte une attention particulière au dessin contemporain et aux cabinets d’art graphique. Christine Phal, présidente de Drawing Now, rappelle : « Les galeristes allemands ont été les premiers étrangers à participer à Drawing Now. Il y a aussi une très forte tradition graphique en Allemagne, avec les cabinets d’art graphique qui rassemblent des dessins du XVIIe siècle à nos jours. »Pour cette dernière, cette tradition entre en contraste avec l’approche plus cloisonnée que l’on retrouve en France. Sept galeries sur les 74 exposants de Drawing Now 2016 viennent d’Allemagne, et le focus met en avant 11 artistes allemands. Deux artistes allemands, Georg Baselitz et Markus Lüpertz, font partie du programme Master Now. Pour la galerie berlinoise Maerzgalerie Torsten Reiter —  qui participe pour la première fois à la foire —, installée dans la section Emergence  : « Nous avons connu une première expérience encourageante avec les visiteurs de notre stand les trois premiers jours de la foire et nous montrons un grand intérêt à présenter de jeunes artistes. » Le focus de la galerie présente l’artiste allemande Wanda Stolle dont la pratique consiste à déposer de l’encre sur du papier et à l’aide d’une technique de coupage de donner des formes géométriques à ses oeuvres qui semblent occuper les trois dimensions — l’artiste s’inspire notamment d’anciens livres sur la science et l’astronomie. La galerie Vincenz Sala (Paris et Berlin) fait aussi partie des galeries de la section Émergence et participe à Drawing Now pour la troisième année, rappelant que c’est l’endroit idéal pour nouer des relations durables avec des commissaires d’exposition et des collectionneurs....

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La Corée sous la voûte du Grand Palais

Après le focus sur Singapour en 2015, Art Paris Art Fair 2016 met cette fois en lumière une autre scène artistique foisonnante : la Corée du Sud. Pour ce faire, la curatrice Sang-A Chun a apporté son expertise à la foire afin de sélectionner 77 artistes coréens représentés par 8 galeries coréennes et 26 galeries occidentales. Art Paris Art Fair propose aussi des interventions, des installations publiques ainsi qu’un programme de performances baptisé « Rituals », spécifiquement développé pour la foire. Ce programme explore, au travers d’une perspective toute coréenne, la relation entre la création artistique et l’idée de rituel, en présentant le travail de l’artiste Young In Houng et du collectif Yeesookyung. Pour célébrer la 130e année d’amitié diplomatique entre la France et la Corée, le Centre Culturel Coréen présente une exposition du peintre Oh Se-Yeol et accueille le 1er avril à 19h  une table ronde intitulée « Art Contemporain : tracer le passé, éclairer l’avenir » et modérée par Sang-A  Chun. Les œuvres présentées à la foire s’étendent des années 1960 jusqu’aujourd’hui. Les artistes de l’ancienne génération, comme Ung-No Lee (galerie Thessa Herold, Galerie Patrice Trigano) s’inscrivent au carrefour des traditions orientales et occidentales alors que ceux de la jeune génération, comme Lee Bae (Galerie RX), Moon Beom (Gallery Simon) ont développé leur propre langage sous l’influence de l’art informel occidental, de l’Expressionnisme abstrait et du minimalisme. Comme le remarque Bae Ju-Hyun, directrice de la galerie coréenne Gana Art Gallery à propos du lien entre les pratiques artistiques orientales et occidentales :  « L’art abstrait coréen est influencé par les philosophies asiatiques même lorsqu’il s’exprime au travers de médiums occidentaux ». La galerie présente le travail de Park Yung Nam, en particulier son œuvre abstraite peinte aux doigts. Lee Kwang Ho, directeur de la galerie Shilla à Daegu, en se référant à la pratique...

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Le Prince au Fort 

Entre Milan et Turin, perché sur un promontoire rocheux du Val d’Aoste, le fort de Bard accueille depuis 2006 une ambitieuse programmation culturelle. Expositions, représentations théâtrales, et concerts donnent une vie particulière à cet imposant fort, commandé à l’architecte militaire François-Antoine Olivero au début du XIXe siècle par les Souverains de Savoie, qui craignaient une invasion de la France. Autre temps, autres moeurs. Le Fort de Bard est aujourd’hui un lieu de paix et de dialogue. Il inaugurera d’ailleurs au printemps 2016 son « Musée des fortifications et des frontières », prenant les Alpes comme laboratoire afin d’analyser la richesse des relations humaines que créent les frontières, entre guerre et paix, partage et craintes, échanges et crispations. Une exposition : « Golden Age » Au sein de cette riche programmation, le fort de Bard accueille — en partenariat avec la collection du Prince de Liechtenstein (Vienne) — jusqu’au 2 juin 2016 l’exposition « Golden Age », un vaste aperçu de la collection Hohenbuchau, faisant depuis 2007 l’objet d’un dépôt permanent au sein de la collection du Prince de Liechtenstein. Sur les 114 oeuvres exposées, 98 proviennent de cette collection, rassemblée par les époux Renate et Otto Fassbender depuis les années 1970. Qu’y retrouve-t-on ? Principalement, la peinture hollandaise et flamande du XVIIe siècle. Bref, la peinture du Siècle d’or néerlandais. Avec un accrochage mêlant approches historique et thématique, l’exposition fait ressurgir les différentes strates qui ont composé le siècle d’or hollandais, en dévoilant scènes historiques, portraits, peintures de genre, paysages et, bien sûr, natures mortes. L’exposition s’ouvre sur Peter Paul Rubens et Anthonis van Dyck, pères du Baroque néerlandais, notamment avec un Portrait de l’artiste Caspar de Crayer (1634-35) où Van Dyck déploie toute la grâce et la volupté de sa touche. Le maniérisme flamand est bien représenté. Introduit par Karel van Mander après un voyage en...

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