« FIAC 2017 »

FIAC 2017, quand l’art fait la foire

Quatre jours de foire, 29 pays invités, 192 galeries et au moins 70.000 visiteurs attendus… Avec cette 44e édition, la FIAC s’impose à nouveau comme la manifestation culturelle majeure de la rentrée. Ou quand la Ville lumière investit le rayon contemporain. FIAC lux ! La FIAC aurait-elle fini par trouver la bonne formule ? Après des années d’hésitations et d’oscillations entre des stratégies de programmation aussi diverses que variées, l’événement semble enfin être parvenu à proposer une carte des réjouissances convenant tout à la fois au grand public, aux collectionneurs, aux critiques d’art et… même aux professionnels. Le tout en conciliant qualité artistique et ouverture populaire. Une gageure en la matière, dont on ne se plaindra pas. Comme chaque année, l’épicentre de l’événement se situe sous la nef du Grand Palais, où se déploie le secteur Général, regroupant les galeries les plus prestigieuses du marché de l’art contemporain. Soit une centaine d’enseignes environ, parmi lesquelles on retrouve les grandes écuries françaises et internationales, dans une proportion qui semble devenue la norme pour les événements du genre : un quart d’autochtones, le reste d’étrangers. Mais la distinction est-elle encore valable dans un secteur upper market où les boutiques de Paris ressemblent à celles de San Francisco ? Au total, les deux tiers des galeries présentes sont d’origine européenne, ce qui permet au moins de rappeler la place à la fois discrète mais prépondérante de l’UE sur l’échiquier mondial du marché de l’art. Cette année, le comité de sélection des exposants était composé de huit spécialistes, à savoir Olivier Antoine, Gisela Capitain, Mark Dickenson, David Fleiss, Solène Guillier, Jan Mot, Emmanuel Perrotin et Christophe Van de Weghe. Sur les 192 participants, 40 galeries prennent part à la FIAC pour la première fois et six nouveaux pays font leur entrée : l’Égypte, la République du...

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Interview : Jennifer Flay

Pour cette 44e édition, la directrice de la FIAC, Jennifer Flay, présente 192 galeries. Outre ses nombreux stands, la foire se développe avec des installations en extérieur, des jardins des Tuileries à la place Vendôme, et un festival de performances. Entretien. Pour la grande parade annuelle de l’art contemporain, la patronne de la foire, une nouvelle fois, n’a pas fait dans la demi-mesure. Esthétique so hype et rhétorique art business… Jennifer Flay emmène la Foire Internationale d’Art Contemporain vers les sommets. Peintures, sculptures, pratiques performatives, installations… Avec en prime la volonté affirmée d’ancrer encore davantage le contemporain dans l’espace patrimonial parisien. L’objectif ? Faire de ce hot spot, entre Art Basel en juin et Miami Beach en décembre, l’un des rendez-vous les plus arty de la planète Art.   La foire accueille cette année 40 nouveaux exposants, ce qui est beaucoup ! Non, ce n’est pas tant que cela, notamment si l’on pense à la grande période de refonte de la FIAC, soit quand je suis arrivée en 2004, où nous allions jusqu’à 60 nouvelles galeries par an. Quarante est un chiffre qui revient assez naturellement depuis plusieurs années. Celui-ci se concentre particulièrement sur les jeunes enseignes – avec les galeries du secteur Lafayette, dont le but est de soutenir des acteurs émergents –, ainsi que sur les galeries de design, que nous aurons plaisir à retrouver cette année. Ce chiffre témoigne aussi d’une certaine stabilité, la FIAC étant aujourd’hui en consolidation et en montée en puissance. Notre événement a besoin d’être frais et en progression, ce qui se manifeste surtout par un état d’esprit. L’an dernier, l’exploit était d’avoir réussi à fermer l’avenue Winston-Churchill, d’ouvrir ce secteur au Petit Palais et donc de proposer une nouvelle géographie pour la FIAC, mais aussi pour Paris.   Au niveau du marché,...

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Oscar Tuazon ou la nécessité de la sculpture

C’est cette année Oscar Tuazon qui investit la place Vendôme dans le cadre de la programmation Hors les Murs de la FIAC. À partir de segments de canalisation en polyéthylène – habituellement employés pour la gestion des eaux –, l’artiste américain a travaillé sur un (très) grand format. Explications. À travers des matériaux usuels ou simples, Oscar Tuazon mène des expérimentations – souvent connectées à l’environnement direct. Une pratique qui lui permet de pointer l’attention sur les questions écologiques qui lui sont chères. Ici, la thématique de l’eau, en lien avec l’histoire de Paris, où l’artiste a vécu quelques années. Tuazon développe sa sculpture selon un mode singulier : tout autant focalisé sur le matériau que nourri de son rapport au texte et à l’écriture. Aujourd’hui représenté à Paris par la galerie Chantal Crousel, Oscar Tuazon a vécu dans la capitale dans les années 2000 et a été le cofondateur de la galerie Castillo/Corrales, dans le quartier de Belleville, avec les critiques Thomas Boutoux, François Piron et Benjamin Thorel. Cet espace de recherches, aujourd’hui fermé après huit ans d’existence, a toujours mêlé expositions et écrits, débats et éditions. C’est Oscar Tuazon qui avait d’ailleurs trouvé le nom du lieu, inspiré des combats de boxe. Désormais, le plasticien vit à Los Angeles, mêlant toujours un travail viscéralement physique à un rapport quotidien au texte, à l’écriture, à la poésie. Pour cette carte blanche qui lui a été offerte place Vendôme, à Paris, il précise pour Art Media Agency avoir immédiatement pensé à « un monument horizontal. Un monument à échelle humaine, que l’on peut parcourir. Comme Gustave Courbet, qui avait appuyé l’effort de démolition de la colonne Vendôme à l’époque de la Commune, je la préfère dans ce sens. C’est un monument ad hoc pour l’eau, dans une ville qui...

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L’art contemporain, cette vache à lait

100 mg de calcium par portion et seulement 19 % de matière grasse… C’est La Vache qui rit. Un objet culte, dont la boîte collector est cette année dessinée par l’artiste belge Wim Delvoye. Présentée en avant-première à la FIAC, au prix de 5 €, c’est l’œuvre d’art contemporain la plus abordable de la foire ! 400 millions de consommateurs dans le monde, 240 portions consommées chaque seconde… La Vache qui rit, pour tous les amateurs de crème de gruyère, est un standard. Une famille sur deux avec des enfants de moins de quinze ans consommerait ce drôle de triangle frappé d’un bovidé hilare, affublé de boucles d’oreille. L’art contemporain rimant naturellement avec vache à lait, la fromagerie Bel s’est emparée du ruminant pour lancer sa « Collector Box », une édition limitée, signée d’un grand nom de la scène artistique internationale. Le principe ? Une boîte en carton avec 24 portions dotées de cette inimitable petite tirette rouge, souvent agaçante, parfois libératrice. Ajoutez à ça un artiste contemporain en vue, une bonne dose de marketing et un buzz planétaire façon pâte à tartiner… Vous avez un pur produit industriel, grand classique des hypermarchés, élevé au rang des beaux-arts. Un clin d’œil à la boîte de soupe Campbell d’Andy Warhol, en plus soft. Entre Pop art et humour vache, l’emballage iconique est donc de retour dans le temple de la branchitude contemporaine. Un emballage dont le tour de force est à saluer, qui consiste à faire entrer des triangles dans un rond, et qui visiblement inspire les artistes. Hans-Peter Feldmann, éternel compilateur d’images, se lance en 2014 et crée la toute première boîte collector. Suivront Thomas Bayrle, cet ardent praticien de l’art sériel, en 2015, puis Jonathan Monk, un post-conceptuel anglais rallié aux joies de la citation, qui l’année...

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