« exposition »

À Rotterdam, Haute Photographie revisite le concept de foire

Organisé autour d’un accrochage collectif de qualité musée, Haute Photographie, lancé à Rotterdam du 8 au 12 février derniers, renouvèle le concept des événements commerciaux liés à l’image. Première édition… Haute Photographie est un nouveau concept de foire expérimenté par le galeriste néerlandais Roy Kahmann, à l’occasion de la Art Rotterdam Week, du 8 au 12 février. Après une initiative pilote l’an dernier, Haute Photographie a accueilli pour sa première édition une foule de visiteurs pendant cinq jours. Les organisateurs avaient investi un espace de 1.250 m2, adjacent au FotoMuseum de Rotterdam. Quelque 250 œuvres d’une cinquantaine d’artistes étaient présentées par cinq galeries. Ce nouveau genre de foire, plus intime et conviviale, a été imaginé en réaction aux grands événements annuels qui ponctuent le marché de la photographie et dont Paris Photo est devenu l’emblème. « Je déteste le système actuel des foires, organisées par stands de taille limitée et dans laquelle l’attention du visiteur s’est un peu perdue », justifie le fondateur de Haute Photographie. « J’avais envie d’une présentation d’images qui se rapproche d’un musée tout en offrant la possibilité d’acheter des œuvres. Ici, on peut les découvrir dans une ambiance décontractée, avant d’aller manger au restaurant étoilé ou faire un tour à la librairie ». En lieu et place des habituels stands, les organisateurs ont fait le choix d’un accrochage collectif, chaque artiste bénéficiant de larges cimaises. Celles-ci étaient présentées dans un espace très aéré, facilitant la circulation et agrémenté de fauteuils et de bancs. Un soin particulier avait été accordé aux éclairages. Jeunes talents et vintages À l’entrée de la foire, une sélection de trois grands tirages d’Antoine d’Agata, faisant face à trois images des parcs de Rotterdam par Jeroen Hofman, accueillaient les visiteurs. Des Polaroids de nus de Carla van de Puttelaar étaient proposés à 1.450 €, des...

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Tous à la Patinoire Royale !

C’est un espace magistral de près de 3.000 m2 qui fit autrefois la joie des patineurs à roulettes. C’est aujourd’hui un lieu d’exposition peu commun, au centre de Bruxelles. Une heure en compagnie de Valérie Bach : à propos de l’engagement contemporain… au cœur d’un monument historique. Valérie Bach s’est installée en 2005 à Bruxelles.  Elle y a alors ouvert sa première galerie, dans le quartier du Sablon. C’est en 2007 qu’elle et son mari découvrent la Patinoire Royale, un bâtiment de style néo-classique construit en 1877 en plein cœur de la capitale. Fenêtres à arc plein cintre, magnifique charpente Polonceau, verrière d’époque… Le coup de foudre est immédiat et très vite le couple se porte acquéreur du lieu. La galerie Valérie Bach y présente dès 2012 sa programmation, dans l’aile donnant sur la rue Faider, tandis que la restauration de la grande nef se poursuit, sous l’égide des cabinets d’architecture Jean-Paul Hermant et Pierre Yovanovitch. C’est donc en avril 2015 que Valérie Bach a inauguré, avec son directeur Constantin Chariot et son équipe, ce nouveau lieu hybride, dont elle a gardé le nom historique. Trois expositions s’y sont déjà tenues : « La résistance des images », un ensemble de près de 170 œuvres réunissant les figures majeures de la Figuration narrative, sous le commissariat de Jean-Jacques Aillagon ; « Let’s Move ! », une vaste rétrospective de l’art cinétique assurée par Arnauld Pierre ; et « Prouvé / Takis » réalisée en collaboration avec la galerie Downtown. Jusqu’au 25 mars et pour la première fois depuis l’ouverture de la Patinoire, la totalité des espaces ont été confiés à l’artiste portugaise Joana Vasconcelos, qui y présente entre autres plusieurs de ses œuvres monumentales. Vous êtes administratrice de la Patinoire, ainsi que de la galerie qui porte votre nom. Quelle est la relation entre ces deux pôles ? Malgré la différence d’appellation, il s’agit d’une seule et même entité, mais aux programmations indépendantes. La galerie Valérie Bach existe...

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Working Promesse : design en métamorphose à Saint-Étienne

La 10e Biennale Internationale du Design de Saint-Étienne signe la « promesse » d’un nouveau design lié au travail… en mutation. Expérimentale, l’édition 2017 interroge aussi, et de manière inspirée, l’impact du digital dans nos vies. Ouverture le 9 mars. Le XXIe siècle annoncerait-il la fin de l’ère du design objet, beau et utile ? À question simple, réponse complexe, ou du moins nuancée ! À l’heure où notre société amorce un virage profond, dans un contexte de crise mondiale et de tensions exacerbées, la notion de design semble être également en totale évolution. Et pour cause, les nouvelles technologies, envahissant toujours plus les sphères privée et professionnelle, engendrent de nouveaux comportements de l’individu au travail et, plus largement, dans la vie quotidienne. Ces attitudes novatrices, le designer actuel les a assimilées et en tient compte dans sa pratique. Depuis désormais une dizaine d’années, le design est activement social, de services, à la solde d’utilisateurs, eux-mêmes en pleine mutation. Working Promesse, nouvelle Biennale Internationale du Design de Saint-Étienne, rend compte de ces différentes affectations à travers des expositions, des performances et des expérimentations, où l’objet se joint, voire cède le pas, à une réflexion sociétale, solidaire, utopique ou critique sur le sujet. En 2012, lors de la sixième Biennale Internationale du Design de Liège, Ezio Manzini, professeur à l’École Polytechnique de Milan et fondateur de Desis (Design for Social Innovation and Sustainability), expliquait à la presse que le design se définissait désormais comme « une approche et un ensemble d’outils ». Exit la production unique d’objets, ce métier s’envisage comme l’élaboration de « réseaux » écoutant la parole de l’usager, celui-ci jouant un rôle dans la mise au point de ces nouveaux dispositifs. En 2017, Olivier Peyricot, directeur scientifique de la Biennale et du Pôle Recherche de la Cité du Design de Saint-Étienne, poursuit dans le même...

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Speedy Graphito n’est pas un street artist !

Pertinence et impertinence… Voilà ce qui caractérise le parcours artistique de Speedy Graphito, comme le révèle la rétrospective que lui consacre en France le musée du Touquet. Démonstration. Comment êtes-vous devenu Speedy Graphito ? Je peins depuis toujours et j’ai pris mes premiers cours de dessin à neuf ans. À partir de là, tout s’est enchaîné : je me suis lancé dans la création de décors de théâtre de 14 à 20 ans, pour suivre ensuite une formation de cinq années en école d’art, dont deux ans à l’école Estienne à Paris. Mes premières toiles sous le nom de Speedy Graphito datent de 1984, la même année que ma première exposition à l’espace Pierre Cardin. Suite à cela, la galerie Polaris – tenue alors par le plus jeune galeriste de France – a décidé de me défendre. Et c’est la réalisation de l’affiche pour « La ruée vers l’art » en 1985 qui m’a assuré une notoriété immédiate et fulgurante dans toute la France. S’en suivent des expositions, des solo shows à la FIAC et des interventions urbaines sur les murs de Paris… « La ruée vers l’art » est justement le point de départ de l’exposition qui vous est consacrée au musée du Touquet, la porte d’entrée qui nous permet d’embrasser plus de 30 ans de carrière. Cette rétrospective est importante pour vous ? Je trouve qu’il est important, à cette étape de ma carrière, de montrer les différentes périodes qui jalonnent ces dernières années, car les gens connaissent essentiellement les œuvres récentes qu’ils peuvent voir sur Internet. Cela permet de présenter des séries qui semblent dissociées du reste, mais qui s’intègrent dans une démarche globale. Une démonstration en 70 toiles provenant essentiellement de ma collection : j’essaie de garder au moins une toile par période. Ce qui...

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Centre Pompidou : des idées dans les tuyaux

Livré par les architectes Richard Rogers et Renzo Piano en 1977, le Centre Pompidou vient de fêter ses 40 ans. Retour sur une aventure muséale, sociétale, monumentale ! Le récit de la « Pompidou’s touch », un exemple de transdisciplinarité et de rayonnement culturel. L’anniversaire des 40 ans du Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, à Paris, constitue un événement national d’envergure. Très vite, le Centre Pompidou est devenu une icône mondiale, le symbole de l’esprit d’avant-garde français, voulu par le président de la République Georges Pompidou, avec, notamment, son architecture, autrefois controversée, conçue par le couple italo-britannique d’architectes, Richard Rogers et Renzo Piano. À l’époque, certains comparaient le bâtiment à un supermarché… « Tant mieux, les gens n’auront pas peur d’y entrer », aurait répondu Piano. « Pompidou voulait réconcilier la France avec la culture de son temps, constatant que, si notre pays, sous l’impulsion d’André Malraux, s’était adonné aux arts avec conviction, il avait une certaine difficulté à prendre la mesure des innovations plus récentes de la création contemporaine », analyse le président du musée entre 1996 et 2002, Jean-Jacques Aillagon, pour Le Figaro. Dans un quartier jadis populaire, avec l’excavation des Halles de Paris, le projet du musée, puis son édification, ont été un véritable coup de poker, embarquant avec lui plusieurs galeries d’art moderne et contemporain, comme la toute première à s’installer là, celle de Daniel Templon, au 30 rue Beaubourg, en 1972, alors face au trou béant du musée. Il faut dire que sur la scène de l’avant-garde internationale – qui commençait à se mondialiser, avec une forte concurrence –, Paris avait besoin d’un musée qui rebatte les cartes de l’art contemporain. Inauguré en 1977 avec une exposition montée autour de Marcel Duchamp et réalisée sous la houlette de Jean Clair, le musée enchaîne...

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