« exposition »

Sultan Sooud Al-Qassemi : un collectionneur influent

« 100 chefs-d’œuvre de l’art moderne et contemporain arabe »… C’est le titre de l’exposition qui, à l’Institut du Monde Arabe, à Paris, révèle une partie de la collection de Sooud Al-Qassemi. Rencontre avec ce jeune collectionneur, à l’origine de la Fondation Barjeel créée aux Émirats arabes unis. L’exposition de l’IMA présente des œuvres modernes et contemporaines arabes, en deux volets. Le premier, « Exposer », est calqué sur le modèle curatorial de l’exposition traditionnelle ; le second, « Conserver », offre une scénographie basée sur les réserves des musées. On y retrouve des figures de la scène internationale, Adel Abdessemed, Etel Adnan, Walead Beshty ou encore Hayv Kahraman. Mais on y découvre aussi des artistes modernes moins connus du public français, tels Ahmed Cherkaoui ou Achraf Touloub. Rappelons que Sooud Al-Qassemi a déjà organisé des expositions à Singapour, Londres, Toronto, Téhéran… et bientôt à Amman, à Washington et à Dubaï. En plus d’avoir lancé la Fondation Barjeel à Sharjah, aux Émirats arabes unis, en février 2010, le volcanique collectionneur produit et anime une émission à la télévision (Art Plus, sur AJ Plus Arabi).   Votre collection est constituée de combien d’œuvres ? La Fondation Barjeel conserve environ 600 œuvres – ainsi que des éditions d’artistes –, majoritairement modernes et contemporaines. On peut remonter des années 2015-2016 au XIXe siècle. Mon idée, avec cette fondation, est de mettre en valeur et de présenter l’art arabe, partout dans le monde. Je trouve que les fondations et les musées ne sont pas assez actifs. Nous sommes à l’opposé de ça et nous voulons vraiment dépasser les limites actuelles, même si c’est bien plus difficile en ce moment avec la situation en Syrie et ailleurs. Nous voulons montrer une autre face du monde arabe, pas seulement négative. Dans le monde arabe, beaucoup d’œuvres sont détruites, mais beaucoup d’œuvres...

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Xavier Veilhan : Studio Venezia, expérience immersive

L’artiste vit et travaille à Paris, mais c’est à Venise qu’il nous reçoit aujourd’hui. Au cœur du Pavillon français, dont il est le représentant pour cette Biennale 2017. Entretien vénitien… Xavier Veilhan est né en 1963 à Lyon. Il a suivi les enseignements des Arts Décoratifs de Paris, puis de la Hochschule der Künste à Berlin. Depuis la fin des années 1980, il développe une pratique multiple, faite de sculptures, peintures, installations, mais aussi vidéos et performances, dans laquelle la musique tient une place fondamentale. Son travail est aussi une réflexion sur la modernité – à travers son histoire et ses formes – et la définition même de ce qu’est l’espace d’exposition. Son œuvre Studio Venezia représente la France à la 57e Biennale internationale d’art contemporain de Venise.   Studio Venezia est une expérience immersive qui reprend l’essence de votre travail, dans son rapport à la musique, mais aussi à la sculpture, avec des formes constructivistes et un lien avec le futurisme italien. Ce projet synthétise-t-il de nombreuses années de travail ? Oui, certainement, mais en même temps, je le vois d’une manière plus pragmatique et c’est comme si j’avais réuni des éléments préassemblés ou des pièces d’un puzzle. Comme si le projet était là pour servir conceptuellement des expériences éparses qui étaient peut-être passées un peu inaperçues, à l’exemple de spectacles plus ponctuels, que le public voyait moins comme étant le centre de mon travail. Même si j’ai mené ces projets de manière assez discrète, je me suis rendu compte qu’ils nourrissaient beaucoup mon travail, intellectuellement, mais aussi par les rencontres et découvertes qu’ils engendraient. Cela me permettait d’être dans des réseaux différents, comme avec les films qui voyagent dans des festivals. Le spectacle vivant ouvre des portes dont j’ignorais même l’existence et amène un certain retour des choses, à l’exemple...

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Six expositions à voir à Venise pendant la Biennale

Du 13 mai au 26 novembre, le programme sera dense à Venise, à l’occasion de la 57e Biennale. Du « Merzbau musical » de Xavier Veilhan au projet social développé par Mark Bradford, petit tour d’horizon des vernissages à ne pas manquer. Cette année, la Biennale de Venise est orchestrée par une Française, Christine Macel, conservatrice au service Création contemporaine et prospective du Centre Pompidou. L’événement a pour thème « Viva Arte Viva ». Il témoigne de la capacité des artistes « à créer leurs propres univers et à injecter de la vitalité dans le monde », selon les mots de Paolo Baratta, président de la fondation Biennale de Venise. Cette foi en l’art et en l’avenir, c’est bien Baratta qui l’a souhaitée, après une belle mais austère cuvée 2015, sous le commissariat d’Okwui Enwezor (« All the World’s Futures »). Parallèlement, la cité lacustre accueille nombre d’expositions, des pavillons nationaux aux accrochages annexes. C’est à voir, à écouter, à réfléchir…   Pavillon français : un studio d’enregistrement d’un nouveau genre Cette année, le pavillon français de la Biennale de Venise est assuré par Xavier Veilhan, épaulé par les commissaires Lionel Bovier (directeur du MAMCO de Genève) et Christian Marclay (plasticien et musicien). Veilhan succède à Céleste Boursier-Mougenot et met en œuvre un projet intitulé « Merzbau musical », jouant sur les volumes et les décors de l’espace du pavillon français, en s’inspirant de l’univers du studio d’enregistrement. Le titre de l’exposition est un clin d’œil à Kurt Schwitters, son Merzbau consistant en une construction habitable de dimension variable constituée d’objets trouvés. Ce projet, dont le nom initial aurait dû être Cathédrale de la misère érotique, avait été commencé à Hanovre et poursuivi à Oslo puis à New York tout au long de la vie de l’artiste. Dans le pavillon français, Xavier Veilhan met à disposition du public toutes...

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Future\Pace : un partenariat stratégique

En combinant la galerie et l’expertise curatoriale de Pace London, l’expérience culturelle de Futurecity et les énergies collaboratives d’un groupe international d’artistes, le nouveau partenariat stratégique Future\Pace offre une approche pionnière pour la mise en œuvre de l’art dans le domaine public. Explications.   Art Media Agency s’est entretenu avec la directrice de Pace London, Mollie Dent-Brocklehurst, et le fondateur de Futurecity, Mark Davy, pour envisager l’idée d’une ville culturelle. Apprendre à parler le langage des promoteurs, concevoir des bénéfices économiques liés à la collaboration, appréhender la nouvelle génération d’artistes…   Comment s’est passé le partenariat entre Futurecity et Pace London ? Mark Davy : Mollie et moi nous sommes rencontrés lorsque je travaillais sur la stratégie pour la Crossrail Culture Line, qui correspond à six des nouvelles stations London Crossrail, avec six galeries de premier plan et six artistes internationaux. Bien qu’il existe actuellement un véritable engouement pour les artistes qui créent des œuvres à grande échelle dans les milieux urbains, il est en fait difficile de faire travailler les artistes dans ce contexte. Ou bien ils n’ont pas les équipes derrière eux, ou alors ils évoluent dans un dispositif de galerie, ce qui peut être difficile, car vous devez travailler de façon véritablement collective et ouverte. Mollie et moi étions intéressés par l’idée d’une nouvelle sorte de groupe qui donnerait aux promoteurs, aux organisations de la ville et aux autorités l’opportunité de sélectionner des artistes qui peuvent réaliser des œuvres à grande échelle, qui peuvent travailler dans des organisations pluridisciplinaires, s’associer – ce qui n’est pas facile pour les artistes ! – et produire. Futurecity a travaillé dans ce domaine pendant près de dix ans. Par exemple, le White Horse de Mark Wallinger à Ebbsfleet, ou Slipstream de Richard Wilson à Heathrow. Nous apportons notre soutien pour...

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Hu Shengping : « Je pense m’écarter de l’art »

Les papiers fabriqués à la main caractérisent la pratique de Hu Shengping. Artiste chinois né en 1950, il a été le témoin des bouleversements de l’art contemporain en Chine. L’artiste a livré à Art Media Agency son amour de la culture… et son intention de « se séparer de l’art ».   Hu Shengping, quelle est votre formation ? Je suis né dans une famille modeste à Jiangnan, en Chine, et mes parents étaient enseignants. J’aime peindre depuis que je suis petit et j’aime toujours ça, 60 ans après, alors je pense que je suis né pour ça.  En 1968, j’ai dû vivre dans des villages ruraux pendant la Révolution culturelle, mais je n’ai pas laissé tombé la peinture malgré la dureté et l’exténuante vie rurale. Je réalisais principalement des natures mortes et m’essayais à la calligraphie. Dix ans plus tard, j’ai suivi à Shanghai l’enseignement de la couleur auprès d’un grand peintre. Deux ans après, j’ai commencé à travailler comme directeur artistique. En 1985, j’ai étudié également dans le département des imprimés de la Zhejiang Academy of Art (aujourd’hui la China Academy of Art). Puis, j’ai étudié la peinture chinoise à la Nanjing University of the Arts en 1986-1887. À cette époque, les théories de l’art traditionnel chinois ont commencé à faire partie de ma pratique artistique. Comment en êtes-vous venu à la peinture abstraite ? Avant, l’art en Chine était divisé entre le réalisme et le romantisme. Je n’aimais pas ces catégories, ni la présence de sujets littéraires ou l’approche narrative des peintures traditionnelles. Par conséquent, j’ai décidé de trouver mon chemin personnel et de prendre mes propres compétences comme fil conducteur, en approchant des sujets intéressants. Il s’ensuit que j’ai développé la peinture abstraite. Depuis le milieu des années 1980, j’utilise le papier comme médium, les sujets concernent...

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