« économie »

L’économiste Kenneth Rogoff : les acheteurs chinois vont ruiner le marché de l’art

Marion Maneker, directeur du site Art Market Monitor spécialisé dans le marché de l’art, critique l’essai jugé subjectif de l’économiste américain Kenneth Rogoff, qui pense que les acheteurs chinois vont ruiner le marché de l’art. L’essai de l’économiste Rogoff comporte différentes erreurs mathématiques et informationnelles qui ont déjà été relevées. Il identifie par exemple l’acheteur d’un tableau de Gauguin d’une valeur de 300 millions de dollars comme étant de nationalité suisse, tandis que ce dernier était originaire du Moyen-Orient. Selon Marion Maneker, directeur d’Art Market Monitor (appartenant à la société privée new-yorkaise Collé, Höchberg & Grey LLCI), il semble aussi mal interpréter les grands principes du commerce de l’art et de la fuite des capitaux, soutenant qu’ « il existe beaucoup de façons de déplacer de l’argent à l’intérieur et en dehors de la Chine, y compris la méthode séculaire consistant à faire de fausses factures […] il est très difficile d’estimer les mouvements de capitaux, à la fois car les données sont insuffisantes, et parce qu’il est difficile de distinguer la fuite des capitaux de la diversification des actifs ». Le directeur du site internet Art Market Monitor cite également le travail d’Alice Rossiter sur la question, affirmant qu’il n’y a aucun preuve à ce jour, pour dire que les acheteurs chinois amateurs d’art occidental transfèrent illégalement leur argent en dehors de la Chine tels de malhonnêtes spéculateurs. L’acquisition d’œuvre d’art demeure un investissement sûr. Et Marion Maneker de rappeler que « si les acheteurs chinois empruntent afin d’acheter des œuvres d’art, cela n’en fait pas des blanchisseurs d’argent pour autant. La campagne anti-corruption de Xi Jinping a rendu les acheteurs plus vigilants dans leur démarche, en maintenant une image de santé économique et de...

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Le marché de l’art japonais sur la voie du redressement

Le marché de l’art japonais, qui souffre depuis de longues années, semble doucement se redresser, notamment grâce aux réformes du premier ministre Shinzo Abe, surnommé « Abenomics », ainsi qu’à l’affaiblissement du yen. Le marché a beaucoup souffert de la crise financière mondiale de 2008, mais semble être sur la bonne voie. Au premier semestre 2014, le chiffre d’affaires du marché de l’art local a atteint 30,7 M$, ce qui lui permettra peut-être de dépasser le résultat de l’année dernière, s’élevant à 76 M$. Un porte-parole de la plus grande maison de vente aux enchères japonaise, Mainichi Auction, a déclaré à Reuters qu’« il y a une augmentation des achats, ce qui marque certainement un signe de reprise, après que le marché de l’art ait touché le fond lors de la crise économique de 2008. » Toutefois, le poids du marché de l’art japonais reste très faible, ne représentant que 0,44 % du marché mondial. Un exemple d’amélioration, non seulement dans le marché, mais dans la valeur de l’art japonais en général sont les œuvres de l’artiste Yayoi Kusama, dont de petites lithographies qui s’échangeaient pour quelques centaines de dollars il y a quelques années, se vendent désormais pour des dizaines de de milliers de dollars....

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Les quartiers culturels : le cas du Saadiyat Island Cultural Quarter à Abu Dhabi

Tandis que les décideurs politiques et économiques ont pour objectif la diversification de leurs ressources, et donc des secteurs d’activité qu’ils investissent, la promotion de la culture et de l’art, à travers la création de quartiers culturels, prend une place de plus en plus importante dans les politiques publiques. Cet article d’AMA se base sur la thèse du Dr. Hamed Al Hamed, supervisée par le Professeur Shabbar Jaffry et le Dr. Alexandros Apostolakis. Leur étude s’intéresse au fonctionnement des quartiers culturels et se concentre sur l’étude de cas de Saadiyat Island à Abu Dhabi, un projet lancé en 2004, dont les ambitieux projets de musées — le Louvre, le Guggenheim, le Sheikh Zayed National Museum et un musée maritime —, seront achevés ces prochaines années. Cette enquête étudie les relations des quartiers culturels avec l’économie locale et leur succès potentiel futur. Réorientation de la régénération économique Les nouvelles politiques apparues dans le domaine culturel ont donné une impulsion au développement d’une économie culturelle mondialisée. Le développement de ces politiques par le biais de création de quartiers ou districts culturels apparaît aujourd’hui comme une panacée politique pour la régénération économique locale et régionale. À travers les quartiers culturels, l’intention des gouvernants et décideurs est de créer un avantage comparatif par l’agglomération de ressources culturelles dans une zone géographique limitée. Le fait de considérer ces quartiers culturels comme un moyen de soutenir la compétitivité géographique et territoriale a marqué un tournant, point de départ d’une nouvelle étape dans la relation entre la culture et l’économie. La raison principale est que le regroupement des ressources culturelles dans une zone géographique limitée permet de réunir les conditions nécessaires pour l’émergence d’un système unifié de production et d’innovation (basé sur la spécialisation, la créativité individuelle et la coopération au sein du cluster). Le facteur de distinction dans cette approche est de...

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Quel avenir pour le white cube ?

« Pour le meilleur et pour le pire, le “cube blanc” est la seule convention majeure à laquelle l’art ait dû se soumettre. Sa pérennité est garantie parce qu’il n’y a pas d’alternative. » Cet augure est signé de Brian O’Doherty. Entre 1976 et 1981, l’essayiste — et artiste — américain a écrit pour le compte du magazine Artforum une série d’essais regroupés sous le titre White Cube : Ideology of the gallery space. Il y identifie le « cube blanc », pôle complémentaire de l’œuvre moderniste comme un « espace sans ombre, blanc, propre, artificiel, dédié à la technologie de l’esthétique ». Ces essais ont consacré le white cube ; tant que le concept est devenu un véritable topique du monde de l’art — ce que l’architecte Rem Koolhaas désigne comme « architectural inevitability ». Cependant, le contexte du white cube a connu maintes révolutions depuis les années 1970 et son paradigme a profondément muté. Les médias exposés ont considérablement augmenté et se sont dématérialisés — art vidéo, réalité augmentée, art numérique, performances, etc. Parallèlement, la recherche artistique a suivi son cours et le postmodernisme est devenu norme. La révolution numérique et l’Internet 2.0 ont modifié notre rapport à l’œuvre et questionné le commissariat d’exposition, aujourd’hui considéré comme acte artistique à part entière. Enfin, le modèle économique attaché au réseau des galeries d’art s’est transformé : les flots de liquidités des années 1980 et 1990 ont consacré le collectionneur et le marché comme nouvelles figures prescriptrices — au détriment de la critique —, et les modes d’acquisition ont évolué au profit des foires, qui se multiplient vertigineusement. Enfin, le marché a achevé son mouvement de globalisation, soumettant les galeries à une concurrence internationale toujours plus forte. En somme, avec le post-modernisme, l’art a subi une quadruple déstabilisation : esthétique, par la sensation qu’il procure ; ontologique, dans sa définition même ; axiologique, dans son évaluation ; et économique,...

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Le droit de suite pourrait enfin être appliqué aux États-Unis

Washington, le 7  janvier 2013, Art Media Agency (AMA). Alors qu’en 2011, un projet de loi fédérale d’instauration d’un droit de suite a échoué, un projet amendé est examiné ce mois-ci à Washington. Dans un rapport publié le 13 décembre 2013, le Copyright Office américain suggère au Congrès d’explorer la possibilité d’instaurer un droit de suite aux États-Unis. Tandis que plus de soixante-dix pays ont adopté cette législation depuis 1992, le rapport de 124 pages met en avant l’incroyable croissance du marché de l’art. Il s’est considérablement développé depuis la publication du précédent rapport (remis en 1992 et défavorable au droit de suite). De plus, l’apparition de bases de données de plus en plus importantes permet d’anticiper l’effet du droit de suite sur le marché. Le Copyright Office s’appuie sur les effets du droit de suite dans les pays qui l’ont adopté, dont la France et le Royaume-Uni, concluant que celui-ci n’avait pas eu de conséquences néfastes sur le marché de l’art. Mais, différence de taille avec ce qui se fait par exemple en Europe, les recommandations faites au Congrès américain suggèrent de n’appliquer le droit de suite que lorsque l’artiste est encore vivant, tandis qu’une période de 70 ans après le décès de l’artiste est retenue dans les autres pays. Dans un premier texte, qui a échoué au Congrès en 2011, le niveau proposé était de 7 %.  La nouvelle loi prévoit un taux de 5 % (contre 4 %, au maximum en Europe). Dernier point à définir, la prise en compte ou non des ventes effectuées en galeries. Alors que le Copyright Office, étant favorable à une prise en compte de l’ensemble des transactions, précise qu’« une loi se limitant aux transactions effectuées lors d’enchères publiques exclurait un grand nombre d’artistes du droit de suite, étant donné que...

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