« écoles d’art »

Où vont nos écoles d’art ?

En pleine réforme de l’enseignement supérieur européen, les écoles d’art françaises clament leurs spécificités. Entre uniformisation et identité, elles doivent aujourd’hui évoluer, affirmer leurs différences… Vers quel avenir se tournent donc nos écoles supérieures d’art publiques ?   L’école supérieure d’art publique doit-elle être un lieu d’expérimentation de la pensée pour former des artistes et des citoyens ? Doit-elle avant tout chercher à être compétitive au niveau international ? Tout dépend du point de vue… Ainsi, l’homogénéisation des établissements d’enseignement supérieur en Europe, imposée par les ministères européens sur la base du système universitaire, et ce depuis le processus de Bologne en 1999, répond à deux objectifs majeurs : faciliter la mobilité des étudiants et favoriser le rayonnement européen à l’international. Or, toute uniformisation nécessite des ajustements, en prenant compte des spécificités de chacun. Cette enquête vise à donner la parole à ceux qui participent à la pensée de l’école supérieure d’art française. Ils sont artistes, enseignants ou directeurs d’école. Quelles sont les singularités des écoles d’art ? Comment ajuster la réforme pour pouvoir l’intégrer ?   Apprendre à regarder le monde La première spécificité des écoles supérieures d’art résident dans le contenu de l’enseignement. Elles apprennent à concevoir différemment, à désapprendre. « On enseigne beaucoup plus une manière de concevoir le monde, de créer un imaginaire, qu’un apprentissage technique », explique l’artiste Bruno Peinado. Et de préciser son rôle d’enseignant à l’École Européenne Supérieure d’Art de Bretagne : « Apprendre à regarder le monde, à constituer un imaginaire à partir de ce ressenti. Apprendre à se défaire d’automatismes, d’un savoir-faire, afin d’enrichir son vocabulaire. C’est une école du défaire avant de réengager quelque chose qui serait un travail autour de la singularité de chaque étudiant ». La conception de Christophe Kihm, critique d’art et enseignant à la HEAD, la Haute École d’Art et de Design...

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Early Work lance la première plateforme dédiée aux œuvres d’étudiants en art et jeunes diplômés

Le 23 juin 2015, Early Work, une société basée à Paris, a lancé la première plateforme dédiée aux œuvres d’étudiants en art et jeunes diplômés. Early Work est une place de marché qui propose à tous les collectionneurs, amateurs d’art, ainsi qu’au grand public de découvrir les œuvres des étudiants et jeunes diplômés, autour du concept « Meet Pablo Before Picasso ». Les œuvres, vendues à partir d’une centaine d’euros, rassemblent des médiums aussi variés que la peinture, la photographie, la sculpture, la gravure et le design. À propos de ce concept inédit, Hugues Leblond, l’un des cofondateurs, déclarait à Art Media Agency en avril 2015 : « Pour les galeries, Early Work peut servir d’observatoire de l’art naissant, donc de moyen de détecter les talents de demain, et de base de données. » Early Work entend effectivement donner plus de visibilité aux jeunes artistes sur le marché de l’art, autant qu’elle souhaite faciliter l’accès des collectionneurs novices à leur première œuvre originale, en proposant des prix accessibles et un dispositif en ligne potentiellement moins intimidant que les galeries physiques. Par ailleurs proche des artistes, Early Work est le seul intermédiaire entre ces derniers et l’acheteur. Fondée en 2015 par cinq passionnés issus du secteur culturel, du marché de l’art et de la finance, Early Work propose également un web magazine et un service de mise en relation sous forme d’expositions, d’événements et de diffusion auprès de partenaires, qu’ils soient institutionnels, privés ou...

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« Premières intentions et maladresses pertinentes » : un entretien avec Hugues Leblond de Early Work

Hugues Leblond est le co-fondateur de Early Work, une place de marché spécialisée dans les œuvres d’étudiants en art et fraîchement diplômés. Après une mission auprès de l’attaché culturel de l’ambassade de France à Washington D.C., Hugues Leblond travaille ensuite pour l’agence Uzik dans le cadre du festival Calvi on the Rocks puis au lancement de la Gaîté Lyrique ainsi que pour le magazine Amusement. Tandis que Early Work est en cours de lancement, AMA a pu le rencontrer pour en apprendre davantage sur cette démarche inédite. Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser aux jeunes artistes ? J’étais d’abord dans la musique. Je suis arrivé au moment où il n’y avait plus que des stages en maison de disque. J’étais en contact avec plusieurs disciplines : le graphisme et l’informatique notamment. C’est ce qui m’a ouvert sur d’autres aspects qui n’étaient pas liés qu’à la musique, comme les arts visuels. D’où vient l’idée d’Early Work ? Je me suis toujours mis du côté de l’artiste, qui est en fait au bout de la chaîne. Il y a tout un tas d’intermédiaires entre l’artiste et l’acheteur. Ce qui me plaisait c’était de trouver un moyen de réduire ces intermédiaires pour que la rétribution de l’artiste soit plus rapide, plus directe et plus juste. Il y a tout un ordre établi dans le milieu de la culture. Alors j’ai décidé de partir de la base : les étudiants et jeunes diplômés des écoles d’art. Ils sont donc très jeunes mais c’est précisément ce que nous recherchons : les premières intentions et les maladresses pertinentes. Pouvez-vous nous expliquer en quoi va consister Early Work ? Early Work a trois parties : une plateforme commerciale, un magazine et un service de représentation des artistes auprès des institutions privées et publiques. Par la plateforme indépendante de vente, les artistes proposent...

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Réforme sur la tutelle des écoles d’art

Paris, le 5 juillet 2013, Art Media Agency (AMA). Le mercredi 26 juin 2013, la commission mixte paritaire a accepté le projet de loi déposé par le député PS de Gironde Vincent Feltesse. Ce projet, désormais définitivement validé, a pour effet une profonde réforme au sujet de l’enseignement artistique. En effet, les écoles d’art dépendent actuellement du Ministère de la Culture. Ce projet fait du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche son ministère de tutelle. Le risque est alors que ce ministère impose sa pédagogie et ses prérogatives en matière de notation, et ce au détriment de l’enseignement artistique, qui ne peut répondre à des critères prédéfinis. Face à cette loi, de nombreux professionnels, artistes, historiens de l’art ou directeurs d’école d’art ont manifesté leur opposition. Ils ont publié en ligne le 9 juin dernier, une tribune intitulée « Ne sacrifions pas les enseignements supérieurs artistiques : votons l’exception culturelle pour les établissements d’enseignement supérieur sous tutelle du Ministère de la Culture », et qui a déjà réuni 600...

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