« Didier Claes »

La voix des marchands

Ils murmurent à l’oreille des collectionneurs. Les galeristes jouent un rôle crucial sur l’économie de l’art tribal. Plusieurs d’entre eux, suivant leurs spécialités, ont accepté de donner leur sentiment sur le segment. Confidences.  Aux enchères, l’éclectique marché de l’art tribal témoigne sur le long terme d’une croissance indéniable, tant par le nombre de lots mis en vente que leur produit, même si les trois dernières années ont été le théâtre de fluctuations prononcées, voire d’un léger rétrécissement. Néanmoins, en occultant la réalité du monde marchand, les résultats aux enchères ne sont qu’un indicateur partiel de la santé du secteur, marqué par de profondes restructurations. Entre un changement de génération chez les collectionneurs, les difficultés du sourcing et un complexe équilibre entre maisons de ventes et marchands, que réserve l’avenir  ? Collectionneurs : une nouvelle génération aux manettes  ? Pour Alain Lecomte, de la galerie Abla  &  Alain Lecomte spécialisée dans les arts anciens d’Afrique noire, pas de doute, le secteur sera chamboulé. «  L’art tribal en est à son balbutiement, nous parlons d’une forme d’art toujours méconnue à l’international. Tout est encore à faire. Le marché actuel – plus spécifiquement celui de l’art ancien d’Afrique noire, mais selon moi, il en est de même pour les autres formes d’art tribal – est essentiellement constitué de passionnés, des personnes qui s’investissent, parcourent les livres spécialisés, passent énormément de temps sur le sujet, sans avoir forcément de très gros moyens. Ce sont des amateurs sincères, et leur nombre grandit, en Europe comme aux États-Unis. Ils doivent se dépêcher de constituer leur collection, car bientôt le continent africain va se réveiller. On le voit avec l’Asie, les prix ont évolué. Il y a vingt ans, seul quelques personnes avaient prévu ce changement. Il en est, et il en sera de même pour l’Afrique,...

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Archéologie et art tribal : des transactions sous pression

Enchères stratosphériques, cotes en surchauffe… Le marché des pièces archéologiques et tribales est florissant ! Retour sur le phénomène de « starification » de ces objets tant convoités. Au cœur du sujet, en compagnie de marchands, de collectionneurs, de membres de la communauté scientifique… Depuis le tournant des années 2000, le marché de l’art tribal a littéralement explosé, son chiffre d’affaires passant de 13,7 M€ en 2001 à 92,1 M€ en 2014. Malgré cette forte croissance, l’art tribal demeure un marché marginal représentant seulement 0,68 % du chiffre d’affaires mondial des ventes d’art aux enchères, soit 40 fois moins que l’art moderne, selon un rapport publié par Artkhade, Art Media Agency et Art Analytics en décembre 2015. Largement en tête, l’Afrique et l’Océanie laissent d’autres zones géographiques dans l’ombre. Entre 2000 et 2014, les deux continents ont représenté 64,8 % des lots proposés aux enchères et 81 % des recettes totales du secteur. Surtout, la croissance de ce marché s’est accompagnée par la multiplication des enchères millionnaires en salles de ventes. Pour la seule année 2014, quatorze lots ont passé la barre du million d’euros pour un total de 39 M€, soit 42 % du chiffre d’affaires annuel du marché de l’art tribal aux enchères. « Le tournant du marché a été pris avec les premières grandes ventes publiques, d’abord avec celle de la collection Hubert Goldet en 2001 puis surtout avec la vente Vérité à Paris en 2006 [qui avait totalisée 44 M€ à Drouot, NDLR]. Une vente spectaculaire y compris au niveau de sa médiatisation et de son marketing, explique Didier Claes, spécialiste des arts d’Afrique. C’était la première fois que des objets africains atteignaient de tels records, dont un masque Fang parti pour 5 M€. Elle a été un jalon important pour l’acceptation de cet art ». Boudant les pièces intermédiaires,...

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Souffle nouveau pour la BRUNEAF

Bruxelles, le 20 février 2014, Art Media Agency (AMA). La 24e édition de la BRUNEAF, foire dédiée à l’art africain, océanien et indonésien, se déroulera du 4 au 8 juin 2014 à Bruxelles. Certaines nouveautés ont été apportées quant aux modalités de la foire, qui réunit plus de cinquante-cinq marchands internationaux. Un nouveau comité de Direction a été élu le 10 octobre dernier, avec à sa tête Didier Claes, qui succède à Pierre Loos. La création d’une commission d’experts et d’un comité d’éthique, composé de cinq marchands, apporte aussi nouvel élan à la BRUNEAF. Lors d’un entretien accordé à AMA en janvier dernier, Didier Claes expliquait ces changements en soulignant qu’« il s’agissait pour 2014 de renouveler l’équipe et de redonner un nouveau souffle à la foire...

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Entretien avec Didier Claes : nouveau président de la Bruneaf à Bruxelles

Bruxelles, le 14 janvier 2014, Art Media Agency (AMA). La Winter BRUNEAF (du 22 au 26 janvier) inaugure cette édition avec un nouveau comité élu le 10 octobre dernier, avec Didier Claes (president), Marc Leo Felix (secrétaire) et Patrick Mestdagh (vice-président et trésorier). Première foire d’art africain à Bruxelles, elle est la petite sœur de l’édition de juin de la Bruneaf. AMA a rencontré le nouveau président pour savoir quelles sont ses ambitions pour cette foire. Pour cette nouvelle édition de Bruneaf, il y a eu un renouvellement du bureau de l’association qui gère cet événement, en quoi cela était-il nécessaire ? Bruneaf qui existe depuis 24 ans, a été dirigée jusqu’à ces années par Pierre Loos qui en était le fondateur. Il s’agissait pour 2014 de renouveler l’équipe et de redonner un nouveau souffle à la foire. Pour accompagner la progression de l’événement, certaines choses devaient être changées, au niveau des expertises par exemple, je crois qu’une foire qui se respecte se doit d’avoir un comité d’experts. Quelles ont été vos premières actions ? Il y a cette création d’un comité d’experts pour passer dans les galeries donc, et j’ai créé un comité d’éthique avec cinq marchands qui fonctionnent un peu comme la commission qui surveille ce que fait le comité. Pourquoi avez-vous ressenti le besoin de créer ce comité d’éthique ? Car nous avons été critiqués sur ce qui s’y passait. Bruneaf, bien qu’étant une asbl, est une petite équipe. Certains avaient mis en doute la gestion intérieure comme la location des galeries, l’adhésion des nouveaux membres, car pour le devenir il faut normalement passer devant un comité et les membres rentraient finalement sans vraiment avoir été interrogés par le comité… Toute décision fait l’objet d’une petite enquête de la part du comité d’éthique. C’est très bien pris et...

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Très bons résultats pour la BRAFA

Bruxelles, le 4 février 2011, Art Media Agency (AMA). La 56è édition de la Brussels Antiques and Fine Art Fair ( BRAFA), a pris fin dimanche, après avoir offert un savant mélange d’art ancien et moderne. Les 132 galeries provenant de 13 pays différents, ont proposé un assortiment éclectique de peintures, d’objets tribaux et de bandes dessinées. « Tout le monde a convenu que le niveau de la foire a augmenté », a déclaré Beatrix Bourdon, directrice de la foire. « Nous avons eu encore plus de ventes que les deux dernières années. », et a ajouté que « la Belgique restait un pays de collectionneurs ». La grande nouveauté de cette année est la bande dessinée, apparue sur quatre stand, notamment la galerie Champaka et 9ème Art. Ont été montré des bandes de 1909 par Winsor McCay et des médias mixtes de Moebius (qui a récemment montré son travail à Paris la Fondation Cartier). La galerie 9ème Art a vendu une double page de Moebius pour 130.000 €. En peinture, le galeriste Philippe Seghers a proposé le travail de maîtres du XXè siècle, dont Picasso et Warhol. Son édition des chaussures de Warhol, très original, est parti pour 145.000 €.Seghers a également vendu une pièce rare de l’artiste Wim Delvoye, une peau de cochon tatouée d’images de princesses Dysney. L’art tribal a connu quelques belles surprises avec le galeriste Didier Claes. Celui-ci avait annoncé qu’il allait apporter une sélection de masques tribaux, mais n’a présenté qu’une seule pièce : un fétiche étonnant, au visage expressif et au torse couvert de clous. L’annonce des masques était un leurre, une volonté du galeriste pour créer un effet de surprise. Le fétiche, datant de la fin du XVIIIe siècle congolais, dans un état extraordinaire, a été acquis par un collectionneur belge pour un prix...

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