« décès »

A.R. Penck, l’homme ouvert

A.R. Penck est décédé, alors que la fondation Maeght lui consacre une grande rétrospective. Quelques jours après la triste nouvelle, la galerie Suzanne Tarasiève a également verni une exposition consacrée à l’artiste. Deux parcours permettant d’embrasser toute la complexité du travail d’A.R. Penck. Hommage. A.R. Penck s’est éteint le 2 mai dernier à Zurich, à l’âge de 77 ans. Comme un symbole, l’exposition que lui consacre la fondation Maeght s’intitule « A.R. Penck. Rites de passage ». Elle sera donc la dernière rétrospective organisée du vivant de l’artiste, le premier hommage aussi, rendu au disparu. Hommage qui s’accompagne de l’exposition « À travers A.R. Penck » chez Suzanne Tarasiève (Paris), qui représente plusieurs des autres grandes figures incarnant la peinture allemande : Georg Baselitz, Markus Lüpertz, Jörg Immendorff. Ne manquent que Sigmar Polke et Gerhard Richter à l’appel. Une vie tumultueuse Ralf Winkler, de son vrai nom, a eu une vie tumultueuse. Il naît le 5 octobre 1939 à Dresde, dans une Allemagne qui va devenir « de l’Est » dès 1949. Entre 1956 et 1966, Ralf tente à quatre reprises, en vain, d’intégrer les écoles des beaux-arts de Dresde et de Berlin-Est, sans grand traumatisme puisqu’il préfère le contact des « voyous » (ainsi nommés) à celui des peintres institutionnels – il sera aussi refusé à la Société des artistes de la République Démocratique Allemande. Déjà, au milieu des années 1960, il emprunte le pseudonyme d’A.R. Penck, pour diverses raisons, en premier lieu pour rendre hommage au géologue spécialiste de la période glaciaire, Albrecht Penck. Surtout, pour faire passer plus facilement ses œuvres à la frontière et éviter les problèmes de censure. Des surnoms, l’artiste en aura d’autres : Tancred Michel ou Théodor Marx. C’est A.R. Penck qui restera. À cette époque, son regard va au-delà du Rideau de fer. En 1968 a lieu...

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Décès de Tunga (1952-2016)

Le sculpteur brésilien Tunga est décédé à l’âge de 64 ans le 6 juin 2016. Tunga était né en 1952 à Palmarès (Brésil). Architecte de formation, son approche de la sculpture mêlait une dimension conceptuelle associée à une esthétique qui rappelait à certains aspects le baroque, produisant une certaine folie du voir contrastant avec la sobriété du concept. Intégrant à ses sculptures de multiples références littéraires ainsi que des vidéos, des performances, Tunga a contribué à repousser les limites du médium. Passionné d’alchimie, ses œuvres reflètent le désir immémoriel de dépasser la structure physique des choses. À différents égards œuvre de contraste, le travail de Tunga explore « le duel entre le schéma cérébral et la pulsation biologique », produisant des formes empruntées à différentes pratiques artistiques telles que l’installation, l’architecture, la sculpture, la vidéo. Une installation de l’artiste a été présentée dans le cadre de Art Basel Unlimited, la même qui avait été exposée à Chaumont-sur-Loire, un arbre fossilisé avec des émanations d’ambre. Tunga vivait et travaillait à Rio de Janeiro. Il était notamment représenté par Daniel Templon qui a déclaré au Figaro à la nouvelle de sa mort : « C’était un ami et un sacré artiste...

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Décès de Bill Cunningham (1929-2016)

Le photographe Bill Cunningham est décédé samedi 25 juin, à l’âge de 87 ans. Bill Cunningham était un photographe avec une double casquette. D’abord photographe de mode, il était aussi une sorte « d’anthropologue culturel » selon Jacob Bernstein. Né à Boston en 1929, il se passionne très tôt pour la mode. Il avouait avec humour : « Je ne pouvais jamais me concentrer sur la messe à l’église le dimanche parce que j’étais obnubilé par les chapeaux des femmes. » Le chapeau, un objet de prédilection pour cet artiste qui abandonne ses études à Harvard pour ouvrir une boutique de chapeaux baptisée « William J. », sur Park Avenue. Observateur attentif de la société, Bill Cunningham a su capter l’essence d’une civilisation à travers le phénomène changeant et transitoire qu’est la mode. Bill Cunningham était l’objet d’un documentaire « Bill Cunningham. New York », diffusé au MoMA en 2010, dans lequel on pouvait voir Anna Wintour déclarer à son propos : « J’ai souvent dit que nous nous habillons toutes et tous en l’honneur de...

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Décès de François Morellet (1926-2016)

François Morellet s’est éteint dans la nuit du 10 mai 2016 à l’âge de 90 ans. Né à Cholet en 1926 dans une famille de notables, il se passionne très vite pour les jeux de mots avant de se former à la peinture à l’âge de 16 ans. L’art concret ainsi que les arts tribaux l’inspirent dans sa création, en particulier les tapa océaniens avec leurs répétitions de formes. L’OuLiPo aussi a joué un rôle dans sa création, l’artiste se plaçant parfois dans le sillage d’un Georges Perec. Dans un autre registre, François Morellet admettait une fascination pour le baroque bavarois, qu’il définissait comme « la forme d’art la plus précieuse et la plus décadente ! » À la tête de l’usine familiale de jouets au sortir de la guerre, il produit en même temps ses premières peintures. Une double casquette qu’il a conservée tout au long de sa carrière, admettant ne pas être dans la nécessité de peindre pour vivre — ce qu’il présentait comme un argument de liberté. En 1951, il se lançait dans l’abstraction géométrique avant de rencontrer Ellsworth Kelly dont il devint proche. En 1961, il créait avec d’autres artistes le collectif politique le Grav, un groupe de recherche visuelle où il a notamment commencé ses expérimentations avec les néons — sensiblement à la même période qu’un certain Dan Flavin. Les années 1970 le font connaître en Europe et surtout en Allemagne. Il reçoit le Grand prix à la Biennale de Sao Paulo en 1975, en collaboration avec Leo Castelli à New York. Ce n’est qu’en 1986 que le Centre Pompidou lui apporte une consécration en France. Inventeur de systèmes qui ne renvoient qu’à eux-mêmes, à partir de logiques implacables et parfois absurdes, François Morrelet était un artiste majeur de l’art contemporain français et...

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Décès de Julie Becker (1972-2016)

L’artiste Julie Becker est décédée à l’âge de 44 ans à Los Angeles. Après un bref cursus à la Hochschule der Künste de Berlin en 1991, elle revient à Los Angeles et obtient un BFA et MFA au CalArts. Son travail présente des architectures miniatures et des dioramas. Elle était la plus jeune participante à la 23e Biennale de Sao Paulo. Son œuvre mêle humour et onirisme et crée de nouvelles narrations en associant des images issues de la culture populaire. Dans Suburban Legend (1999), elle synchronisait Le Magicien d’Oz avec l’album des Pink Floyd The Dark Side of the Moon, qui devenait la nouvelle bande-son du film. Elle a été exposée au Whitney Museum of American Art. Ses œuvres ont intégré les collections du Museum of Modern Art (New York), du Guggenheim, de l’Hessel Museum of Art, du Denver Art Museum, et du Migros Museum für Gegenwartskunst, à...

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