« Carine Fol »

Carine Fol, curatrice inspirée

Directrice artistique de La Centrale, Carine Fol présente « Private Choices », une sélection de onze collections bruxelloises d’art contemporain. Des objets conceptuels, des œuvres à caractère politique ou encore des images sensuelles… Onze aventures intimes, exposées jusqu’au 27 mai. Entretien.   La Centrale, c’est le hot spot belge de la création contemporaine. Un centre d’art propulsé par la Ville de Bruxelles, sis dans une ancienne centrale électrique, place Sainte-Catherine. Aux turbines, Carine Fol, directrice artistique de ce lieu hors-norme, qui depuis 2012 électrise la programmation. Historienne et spécialiste de l’art « outsider », cette femme sous tension a dirigé pendant dix ans Art & Marges, un espace singulier, haut lieu bruxellois dédié à la création asilaire et aux artistes autodidactes. Aujourd’hui, pour La Centrale, elle monte une exposition ambitieuse, « Private Choices ». Soit onze collections bruxelloises d’art contemporain… et autant de regards sur le monde.   « Private Choices », c’est le récit de onze aventures intimes, parfois intellectuelles, souvent sensibles… Que nous dit, aujourd’hui, ce regard porté sur la collection ? J’ai voulu montrer ici le rôle déterminant, de plus en plus important, que jouent les collectionneurs dans le champ de l’art actuel. Montrer aussi leur liberté par rapport aux collections publiques, l’intuition étant chez eux l’un des éléments qui revenait le plus souvent. Je crois que cette exposition, avec 250 œuvres, casse les idées reçues sur le collectionneur, cette image d’un acteur du marché de l’art qui investit dans l’art contemporain à des fins spéculatives. Le collectionneur, en fait, prend beaucoup de risques, il entretient aussi une proximité très grande avec les artistes. Chez Frédéric de Goldschmidt, on trouve par exemple un Cy Twombly aux côtés de l’œuvre d’une étudiante tout juste sortie d’une école d’art, ce qui démontre que le coup de cœur préside...

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Carine Fol, un itinéraire dans l’art sans marges

AMA est parti à la rencontre de Carine Fol à l’occasion de la parution de son dernier livre De l’art des fous à l’art sans marges (Skira), qui propose une histoire de l’art brut à partir de trois figures incontournables ; Hans Prinzhorn, Jean Dubuffet et Harald Szeemann qui ont marqué de leur empreinte le champ des arts marginaux et informels. L’occasion aussi de revenir sur son activité de directrice artistique de La Centrale (Bruxelles) et les projets à venir pour l’année 2016 — sous le même principe : décloisonner les arts et les esprits. Quel est votre parcours dans le domaine de l’art brut ? Tout a commencé dans les années 1980 lorsque j’ai entamé des recherches dans le cadre d’une association et dans plusieurs institutions psychiatriques en Belgique. Nous avons créé un comité de lecture, composé d’un psychiatre et plusieurs historiens de l’art, au sein duquel nous commentions le livre de Hans Prinzhorn Bildernerei der Geisteskranken (Expressions de la Folie, 1922). Nous avons amené la collection du Dr. Prinzhorn en Belgique en 1996 à l’époque où je travaillais au Goethe-Institut à Bruxelles. A l’Université déjà, j’avais pris conscience de la richesse de la personnalité de Dubuffet, aussi bien au niveau de ses écrits que de ses peintures. Mon parcours est indissociable des personnes que j’ai pu rencontrer durant cette période. En 1986, nous avons créé une exposition au Musée d’art moderne de Bruxelles qui s’appelait « L’artiste absent » dans laquelle nous avions présenté des productions réalisées en milieu psychiatrique. Par la suite, j’ai travaillé au Botanique (Bruxelles) où j’ai présenté une exposition sur l’art brut dont la commissaire était Lucienne Peiry. Enfin, j’ai présenté une rétrospective de Dubuffet (« Jean Dubuffet – Du trait à la matière », 1996), et dans une autre salle la collection d’Art en Marge (rebaptisé Musée Art et...

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