« Brafa »

Archéologie et art tribal : des transactions sous pression

Enchères stratosphériques, cotes en surchauffe… Le marché des pièces archéologiques et tribales est florissant ! Retour sur le phénomène de « starification » de ces objets tant convoités. Au cœur du sujet, en compagnie de marchands, de collectionneurs, de membres de la communauté scientifique… Depuis le tournant des années 2000, le marché de l’art tribal a littéralement explosé, son chiffre d’affaires passant de 13,7 M€ en 2001 à 92,1 M€ en 2014. Malgré cette forte croissance, l’art tribal demeure un marché marginal représentant seulement 0,68 % du chiffre d’affaires mondial des ventes d’art aux enchères, soit 40 fois moins que l’art moderne, selon un rapport publié par Artkhade, Art Media Agency et Art Analytics en décembre 2015. Largement en tête, l’Afrique et l’Océanie laissent d’autres zones géographiques dans l’ombre. Entre 2000 et 2014, les deux continents ont représenté 64,8 % des lots proposés aux enchères et 81 % des recettes totales du secteur. Surtout, la croissance de ce marché s’est accompagnée par la multiplication des enchères millionnaires en salles de ventes. Pour la seule année 2014, quatorze lots ont passé la barre du million d’euros pour un total de 39 M€, soit 42 % du chiffre d’affaires annuel du marché de l’art tribal aux enchères. « Le tournant du marché a été pris avec les premières grandes ventes publiques, d’abord avec celle de la collection Hubert Goldet en 2001 puis surtout avec la vente Vérité à Paris en 2006 [qui avait totalisée 44 M€ à Drouot, NDLR]. Une vente spectaculaire y compris au niveau de sa médiatisation et de son marketing, explique Didier Claes, spécialiste des arts d’Afrique. C’était la première fois que des objets africains atteignaient de tels records, dont un masque Fang parti pour 5 M€. Elle a été un jalon important pour l’acceptation de cet art ». Boudant les pièces intermédiaires,...

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À la recherche du collectionneur belge

On les dit exigeants, éclectiques, internationaux… et surtout très nombreux. Qui sont les collectionneurs belges ? En avant-première, un tour d’horizon avant de les croiser dans les allées de la BRAFA. Petit pays bilingue au cœur de l’Europe, la Belgique est souvent présentée comme « le pays ayant le plus de collectionneurs au mètre carré ». En l’absence d’étude globale sur le sujet, impossible de trancher, mais la Belgique est bien un « terreau de collectionneurs », affirme Axel Gryspeerdt, président de Collectiana, fondation pour l’étude et le développement des collections d’art et de culture. Les choses se corsent quand il s’agit de tenter de définir « le » collectionneur belge. « Il n’existe pas de profil type du collectionneur belge, et si jamais les Belges présentent des spécificités, elles résulteraient d’une conjonction de facteurs tels que l’internationalisation, la mise en réseau, la multitude d’expositions », ajoute Axel Gryspeerdt. Pas de portrait-robot dans ce qui suit, donc, mais un coup de projecteur sur les caractéristiques de ces acteurs clés du monde de l’art. Des collectionneurs qui ne sont pas arrivés hier « La tradition de collectionner remonte aux Flandres du XVe siècle, avec de nombreuses commandes de portraits et triptyques », commente Tanguy Eeckhout, commissaire au Musée Dhondt-Dhaenens de Laethem-Saint-Martin. « Les XVIe et XVIIe siècles poursuivent cet engouement avec la création de cabinets de curiosités, avant un ralentissement de l’économie – et des collections – jusqu’à la fin du XIXe. Après la Seconde Guerre mondiale apparaît une nouvelle génération de collectionneurs qui se tourne vers l’art américain et l’art conceptuel », ajoute-t-il. En plein bouleversement sixties et seventies, ils soutiennent Daniel Buren, Marcel Broodthaers, Niele Toroni et bien d’autres, des années avant leur reconnaissance institutionnelle. De là date sans doute la réputation d’audace des collectionneurs belges. « À partir des années 1980, poursuit Tanguy Eeckhout, l’art contemporain devient bon ton et dépasse le...

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Julio Le Parc, infatigable créateur

La foire bruxelloise rend hommage au dernier fondateur du groupe GRAV, en accueillant quatre de ses œuvres monumentales. L’occasion de s’intéresser à la carrière d’un artiste indomptable. Longtemps, Julio Le Parc dut attendre la reconnaissance des institutions. Aujourd’hui, l’heure est venue pour l’artiste argentin d’être apprécié à sa juste valeur, celle « d’une légende vivante » de l’art, s’empresse de préciser la galerie Perrotin qui, depuis novembre dernier, a choisi de le représenter. Elle a d’ailleurs inauguré cette collaboration avec une exposition personnelle dans son espace de New York, ville où le plasticien n’avait pas été montré depuis 1973. « Il était temps de corriger cette erreur », note la galerie parisienne. Offrant un relais intéressant à la rétrospective que lui préparait le Pérez Art Museum de Miami (visible jusqu’au 19 mars 2017), elle présentait à la fois des œuvres récentes et des pièces iconiques, déjà montrées dans de grandes expositions monographiques, notamment au Palais de Tokyo en 2013. Cette dernière manifestation a véritablement marqué le retour en grâce de Julio Le Parc. L’institution, qui faisait peau neuve, ouvrait par cette rétrospective organisée sous la houlette de Jean de Loisy : 2.000 m2 dédiés à l’artiste et réunissant des œuvres historiques, dont Continuel Mobile de 1963, visible aujourd’hui dans les espaces de la BRAFA. Avec 180.000 visiteurs, la présentation du Palais de Tokyo rencontrait un succès public et critique. Elle faisait suite à « Le Parc Lumière », organisée à la Fondation Daros Latinamerica de Zurich, en 2005, et l’exposition du Centre Pompidou Metz en 2011-2012, intitulée « Erre », une manifestation collective qui consacrait une salle entière à l’œuvre de Julio Le Parc… après 20 ans de purgatoire. Julio Le Parc a trente ans lorsqu’il arrive en 1958 à Paris, à la faveur d’une bourse du gouvernement français, le prix de l’ambassade de France, qui deviendra le...

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La BRAFA, au cœur du marché de l’art

À Bruxelles, en janvier, plus de quatre millénaires d’histoire de l’art défilent à la BRAFA. De l’archéologie à la création contemporaine, un rendez-vous européen majeur. Et une rentrée test pour le marché de l’art. En janvier, de retour d’un réveillon à Saint-Barth, quand rien ne vous tente, pas même une omelette aux truffes blanches d’Alba, filez à Bruxelles ! Pourquoi donc une destination aussi flandresque ? Une envie de belgitude au cœur de l’hiver ? Le charme intemporel de la place de Brouckère ? Disons plutôt qu’en ce début d’année, le rendez-vous le plus smart — un mois après Art Basel sur les côtes de Floride, en décembre, et peu avant l’Armory Show à New York, en mars —, c’est évidemment la BRAFA. Comprenez la Brussels Art Fair, l’une des plus anciennes foires d’art et d’antiquités au monde. Autant dire la plus belle invention bruxelloise… juste après le Délirium Café et ses 3.000 bières. Alors résumons : après les plaisirs de la chère et les joies du houblon, Bruxelles, du samedi 21 au dimanche 29 janvier, vous offre ce qui se fait sans doute de mieux en matière d’antiquariat. Bien sûr, d’aucuns diront que rien ne vaut la Biennale des Antiquaires, que faire ses emplettes à Paris en septembre est le comble du chic. Que Frieze Masters en octobre à Londres, pour les mordus du Fine art, est toujours l’occasion d’un vrai choc, un crash-test esthétique qui vous secoue jusqu’à Noël… Bref, on a trop longtemps porté sur la BRAFA un regard condescendant, celui du collectionneur blasé comparant la foire belge à une « petite TEFAF ». Non, Bruxelles n’a décidément rien à voir avec un quelconque « Maastricht low cost ». D’ailleurs, tous les vieux routiers de la profession vous le diront : la BRAFA est une mine...

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61ème édition de la Brussels Art Fair

Du 23 au 31 janvier 2016, le BRAFA — Bruxelles Art Fair — accueillera 137 galeries, dont 20 nouveaux exposants. Fondée en 1956, la BRAFA est l’une des plus prestigieuses foires d’art et d’antiquités d’Europe. L’exposition est installée dans l’énorme espace de Tour & Taxis, et offre une variété d’objets allant des antiquités au œuvres du XXe siècle, en passant par l’archéologie, l’art asiatique, les bijoux, tableaux anciens et modernes, l’art contemporain, la sculpture, les tapisseries, la bande dessinée ou la photographie. Avec le soutien du festival floral, Floralies, de Gand, invité d’honneur de cette 61e édition, les verrières du bâtiment Tour & Taxis prendront l’apparence d’une serre, dans laquelle tous les différents styles et époques artistiques seront mêlés. Lors de la conférence ART TALKS BRAFA, les conservateurs de musées, collectionneurs, restaurateurs et experts du marché de l’art partageront leurs connaissances et leur expertise. « La BRAFA veut plus que jamais maintenir son éclectisme, ce mélange des trésors, et démontrer la richesse de ses mélanges. Voilà pourquoi nous préconisons une installation mixte de stands… Nous voulons que les visiteurs prennent leur temps ainsi que du plaisir », a déclaré Harold t’Kint de Roodenbeke, président de la...

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