« Brafa »

Christo, l’intime et le monumental

Alors que les projets urbains de Christo et Jeanne-Claude sont présentés à l’ING Art Center de Bruxelles, la BRAFA expose une œuvre du milieu des années 1960, Three Store Fronts. Retour sur l’histoire de cette installation et sur la naissance du projet Mastaba qui, à Abu Dhabi, devrait bientôt sortir de terre : la plus grande sculpture au monde.   Né en 1935 en Bulgarie, Christo Vladimiroff Javacheff, dit Christo, a travaillé depuis la fin des années 1950 avec sa femme et collaboratrice Jeanne-Claude Denat de Guillebon, jusqu’à sa disparition en 2009. Ensemble, ils ont créé de nombreux projets in situ de très grande ampleur, à l’exemple de l’empaquetage du Pont-Neuf à Paris, du Reichstag à Berlin, ou plus récemment l’installation de plus de 7.000 panneaux de tissus safran dans Central Park, à New York, ou d’un pont flottant dans l’Italie lombarde. Autofinancées par la vente des dessins préparatoires, ces réalisations se mènent toujours sur plusieurs années, pour obtenir les autorisations des villes ou des régions, et regrouper les équipes d’ingénieurs les rendant possibles. Dans les prochaines années, Abu Dhabi devrait accueillir la plus grande sculpture jamais orchestrée au monde. En attendant, la BRAFA dévoile une pièce historique de Christo, qui n’a jamais été vue en Belgique. Rencontre inédite…   Pour la BRAFA, vous présentez une œuvre des années 1960 qui se nomme Three Store Fronts et s’intégrait dans la série des Show Cases et des Show Windows. Pourquoi l’avoir choisie pour la foire ? Si l’on veut revenir à un contexte historique plus global, ce travail part de ce que je réalisais alors à Paris. À partir de 1962, j’ai en effet conçu des Show Cases et des Show Windows, qui étaient des vitrines ou d’anciennes armoires à pharmacie, puis le Three Store Fronts a été conçu pour ma...

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« Le respect des équilibres »

Harold t’Kint de Roodenbeke aime le mois de janvier… tout comme les collectionneurs internationaux qui se pressent à la BRAFA. Président de la foire pour la sixième année consécutive, il dévoile pour AMA les grands axes de la stratégie bruxelloise. Verbatim.   Avec près de 25.000 objets réunis, présentés par 135 exposants, la Brussels Art Fair est le rendez-vous à ne pas louper. Si l’événement figure dans le Top 5 mondial des foires d’art, c’est aussi, dès janvier, celui qui donne le tempo du marché de l’art. Après La Biennale Paris en septembre, Frieze Masters en octobre à Londres, et peu avant la TEFAF de Maastricht en mars, la BRAFA a valeur de test pour tous les amateurs de fine art. Un rendez-vous européen majeur, donc, qui dans les bâtiments de briques et de fer forgé du site Tour & Taxis sonne la rentrée du grand négoce. Rappelons que sur ce plateau international, 30 % des marchands sont Belges, le gros de la troupe venant de l’étranger, soit une quinzaine de pays, du Canada au Japon. Mais avant tout, la BRAFA, c’est une ambiance. Celle d’une foire généraliste, plutôt classique, qui a su conjuguer un certain esprit old fashion avec une opportune décontraction. Avec plus de 60.000 visiteurs attendus, la foire balaye quatre millénaires d’histoire de l’art, brassant une vingtaine de segments, de l’art préhispanique au design, du mobiler haute époque à la bande dessinée, sans oublier une section art tribal très en pointe, animée par les poids lourds de la spécialité. Un éclectisme du meilleur aloi, doublé ici d’un positionnement médian, confirmé par l’amplitude de la gamme de prix. On croisera donc dans les allées lourdement moquettées une clientèle d’habitués, constituée de collectionneurs majoritairement européens, souriants mais avant tout exigeants. Des amateurs belges, hollandais et allemands bien sûr,...

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La BRAFA, foire formidable

Rigueur, éclectisme et brin de folie… Du samedi 27 janvier au dimanche 4 février, la BRAFA inaugure à Bruxelles la nouvelle saison des foires d’art. Un événement à valeur de test, en ce début d’année, pour le marché des antiquités, des tableaux et objets de collection. Au cœur de l’Europe, le rendez-vous obligé de tous les vrais amateurs ! « C’était au temps où Bruxelles rêvait… c’était au temps où Bruxelles bruxellait », chantait le grand Jacques, en 1962. Plus d’un demi-siècle plus tard, en ce début d’année, on « bruxelle » toujours à souhait dans la capitale belge… Les robes couture, certes moins pailletées que celles portées le jour de la Saint-Sylvestre, sont encore au rendez-vous, et les costumes griffés italiens, au tombé parfait, pour hommes de goût et d’affaires, ont remplacé les smokings festifs de fin d’année… Mais de qui ou de quoi parle-t-on ? D’une énième réception privée entre gens bien nés, histoire de ne pas oublier le sens des réjouissances, en ces temps troublés ? Non, nous parlons d’un vernissage arty et très sélect, satuté de champagne so delicious, de matières précieuses et de beaux objets, où le tout-Bruxelles, voire le tout-Europe se donne rendez-vous pour éprouver la grâce et vérifier son aptitude à la beauté. En cette fin janvier, pendant neuf jours, vous flânez à la « Brussels Art Fair », dont l’acronyme BRAFA, quelque peu rude, ne laisse pas entrevoir toute la finesse et l’élégance des objets de collection, tableaux, meubles, dont vous allez être les heureux témoins et peut-être, on l’espère, les nouveaux propriétaires. Car oui, la BRAFA est une foire annuelle du beau, mais du beau souvent abordable, niché dans l’écrin du site Tour & Taxis, dont les façades très industrial revival vous renvoient illico au début du siècle dernier, ou à la fin du XIXe. Au siècle...

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Archéologie et art tribal : des transactions sous pression

Enchères stratosphériques, cotes en surchauffe… Le marché des pièces archéologiques et tribales est florissant ! Retour sur le phénomène de « starification » de ces objets tant convoités. Au cœur du sujet, en compagnie de marchands, de collectionneurs, de membres de la communauté scientifique… Depuis le tournant des années 2000, le marché de l’art tribal a littéralement explosé, son chiffre d’affaires passant de 13,7 M€ en 2001 à 92,1 M€ en 2014. Malgré cette forte croissance, l’art tribal demeure un marché marginal représentant seulement 0,68 % du chiffre d’affaires mondial des ventes d’art aux enchères, soit 40 fois moins que l’art moderne, selon un rapport publié par Artkhade, Art Media Agency et Art Analytics en décembre 2015. Largement en tête, l’Afrique et l’Océanie laissent d’autres zones géographiques dans l’ombre. Entre 2000 et 2014, les deux continents ont représenté 64,8 % des lots proposés aux enchères et 81 % des recettes totales du secteur. Surtout, la croissance de ce marché s’est accompagnée par la multiplication des enchères millionnaires en salles de ventes. Pour la seule année 2014, quatorze lots ont passé la barre du million d’euros pour un total de 39 M€, soit 42 % du chiffre d’affaires annuel du marché de l’art tribal aux enchères. « Le tournant du marché a été pris avec les premières grandes ventes publiques, d’abord avec celle de la collection Hubert Goldet en 2001 puis surtout avec la vente Vérité à Paris en 2006 [qui avait totalisée 44 M€ à Drouot, NDLR]. Une vente spectaculaire y compris au niveau de sa médiatisation et de son marketing, explique Didier Claes, spécialiste des arts d’Afrique. C’était la première fois que des objets africains atteignaient de tels records, dont un masque Fang parti pour 5 M€. Elle a été un jalon important pour l’acceptation de cet art ». Boudant les pièces intermédiaires,...

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À la recherche du collectionneur belge

On les dit exigeants, éclectiques, internationaux… et surtout très nombreux. Qui sont les collectionneurs belges ? En avant-première, un tour d’horizon avant de les croiser dans les allées de la BRAFA. Petit pays bilingue au cœur de l’Europe, la Belgique est souvent présentée comme « le pays ayant le plus de collectionneurs au mètre carré ». En l’absence d’étude globale sur le sujet, impossible de trancher, mais la Belgique est bien un « terreau de collectionneurs », affirme Axel Gryspeerdt, président de Collectiana, fondation pour l’étude et le développement des collections d’art et de culture. Les choses se corsent quand il s’agit de tenter de définir « le » collectionneur belge. « Il n’existe pas de profil type du collectionneur belge, et si jamais les Belges présentent des spécificités, elles résulteraient d’une conjonction de facteurs tels que l’internationalisation, la mise en réseau, la multitude d’expositions », ajoute Axel Gryspeerdt. Pas de portrait-robot dans ce qui suit, donc, mais un coup de projecteur sur les caractéristiques de ces acteurs clés du monde de l’art. Des collectionneurs qui ne sont pas arrivés hier « La tradition de collectionner remonte aux Flandres du XVe siècle, avec de nombreuses commandes de portraits et triptyques », commente Tanguy Eeckhout, commissaire au Musée Dhondt-Dhaenens de Laethem-Saint-Martin. « Les XVIe et XVIIe siècles poursuivent cet engouement avec la création de cabinets de curiosités, avant un ralentissement de l’économie – et des collections – jusqu’à la fin du XIXe. Après la Seconde Guerre mondiale apparaît une nouvelle génération de collectionneurs qui se tourne vers l’art américain et l’art conceptuel », ajoute-t-il. En plein bouleversement sixties et seventies, ils soutiennent Daniel Buren, Marcel Broodthaers, Niele Toroni et bien d’autres, des années avant leur reconnaissance institutionnelle. De là date sans doute la réputation d’audace des collectionneurs belges. « À partir des années 1980, poursuit Tanguy Eeckhout, l’art contemporain devient bon ton et dépasse le...

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