« art tribal »

La voix des marchands

Ils murmurent à l’oreille des collectionneurs. Les galeristes jouent un rôle crucial sur l’économie de l’art tribal. Plusieurs d’entre eux, suivant leurs spécialités, ont accepté de donner leur sentiment sur le segment. Confidences.  Aux enchères, l’éclectique marché de l’art tribal témoigne sur le long terme d’une croissance indéniable, tant par le nombre de lots mis en vente que leur produit, même si les trois dernières années ont été le théâtre de fluctuations prononcées, voire d’un léger rétrécissement. Néanmoins, en occultant la réalité du monde marchand, les résultats aux enchères ne sont qu’un indicateur partiel de la santé du secteur, marqué par de profondes restructurations. Entre un changement de génération chez les collectionneurs, les difficultés du sourcing et un complexe équilibre entre maisons de ventes et marchands, que réserve l’avenir  ? Collectionneurs : une nouvelle génération aux manettes  ? Pour Alain Lecomte, de la galerie Abla  &  Alain Lecomte spécialisée dans les arts anciens d’Afrique noire, pas de doute, le secteur sera chamboulé. «  L’art tribal en est à son balbutiement, nous parlons d’une forme d’art toujours méconnue à l’international. Tout est encore à faire. Le marché actuel – plus spécifiquement celui de l’art ancien d’Afrique noire, mais selon moi, il en est de même pour les autres formes d’art tribal – est essentiellement constitué de passionnés, des personnes qui s’investissent, parcourent les livres spécialisés, passent énormément de temps sur le sujet, sans avoir forcément de très gros moyens. Ce sont des amateurs sincères, et leur nombre grandit, en Europe comme aux États-Unis. Ils doivent se dépêcher de constituer leur collection, car bientôt le continent africain va se réveiller. On le voit avec l’Asie, les prix ont évolué. Il y a vingt ans, seul quelques personnes avaient prévu ce changement. Il en est, et il en sera de même pour l’Afrique,...

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Le marché de l’art tribal aux enchères en 2016

En nette croissance depuis  2000, l’art tribal aux enchères n’est pas épargné depuis trois ans par les bouleversements  : dilution du duopole historique Sotheby’s-Christie’s, consolidation du marché intermédiaire, au profit des pièces africaines dont la valeur moyenne chute. Des inerties se brisent…  Si l’on devait avoir une certitude sur ce marché très hétérogène puisque composé des arts classiques d’Afrique et d’Océanie, précolombiens et d’Amérique du Nord, ce serait sa croissance. Le chiffre d’affaires des ventes réalisées aux enchères, malgré quelques fluctuations, a connu une tendance haussière, passant d’une dizaine de millions d’euros en  2001 pour flirter avec les  60  M€ en  2013 jusqu’à l’excellent cru de  2014 dépassant la barre symbolique des 100  M€ – record absolu pour le marché aux enchères. Quant au nombre de lots proposés à la vente, il a connu de plus grandes fluctuations, mais sa croissance est tout aussi indéniable. En moyenne, 3.100  objets environ étaient présentés tous les ans entre  2000 et  2005 contre près de  5.800 en  2014, 7.050 en  2015 et plus de  8.300 en  2016. L’évolution de l’indice des prix Artkhade rend le phénomène perceptible  : entre  2000 et  2016, le niveau de prix des objets d’art classique africains et océaniens a été multiplié par trois. Toutefois, les trois dernières années ont envoyé des signaux contradictoires, sanctionnant vraisemblablement les mutations du marché. Certains marchands et collectionneurs historiques se sont retirés, remplacés par de jeunes pousses, le marché s’est globalisé, l’Internet a changé les habitudes des professionnels, comme des amateurs. Depuis  2014, l’inflation des lots présentés en ventes – suivant une première phase de croissance entre  2006 et  2009, mais incomparable avec celle actuelle – s’est accompagnée d’une baisse significative du chiffre d’affaires du marché de l’art tribal aux enchères. Après le record absolu de  2014, il a subi une nette correction,...

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Alex Arthur, de l’art tribal et de son marché

Quels sont les évolutions et les limites du marché de l’art tribal ? Comment s’enrichit-il des apports de la recherche et de l’ethnologie ? Alex Arthur apporte quelques éléments de réponse… Alexander Arthur est un collectionneur averti et fin connaisseur des arts tribaux. Depuis plus de vingt ans, il est directeur de publication de la revue Tribal Art Magazine. En parallèle, avec Pierre Moos, il s’est investi dès  2009 dans la direction de Parcours des mondes. Vous êtes l’un des acteurs majeurs de Parcours des mondes. Comment avez-vous vu évoluer le salon  ? J’ai effectivement pris part à la première édition de Parcours des mondes. À l’époque, ce n’était qu’un petit rassemblement, qui comptait une poignée de marchands. Mais le concept était bon et le salon a rapidement occupé une position importante dans le calendrier international. Avec le temps, Parcours des mondes a gagné en qualité, comme le marché. C’est devenu un rendez-vous prisé par de nombreuses galeries, d’où la qualité des œuvres exposées et le nombre important d’expositions thématiques. Parlez-nous du vetting durant le salon. Comme ailleurs, les faux resteront toujours un problème. Néanmoins, la croissance du marché va de pair avec celle de l’expertise. Pendant le salon, la question est globalement résolue par la qualité des exposants sélectionnés. Ces marchands sont tous des professionnels avertis et leur expérience permet d’éviter ce type de problèmes. Quand nous concevons le catalogue de Parcours des mondes, la sélection initiale est ouverte à tous les exposants. Nous recueillons et comparons les commentaires sur les œuvres proposées. Si nous avons le moindre doute sur une pièce, nous la remplaçons. Cela arrive également quand nous jugeons la qualité d’une pièce insuffisante. Durant l’installation du salon, un comité d’experts va d’une galerie à l’autre et nous informe en cas de problème. Bien sûr, il est impossible d’avoir les yeux...

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Aux sources de l’art tribal

Comme chaque année depuis 16 ans, le salon s’installe à Saint-Germain-des-Prés pour une semaine consacrée à l’art tribal. Jusqu’au 17 septembre, ce rassemblement de 67 marchands offre un dépaysement garanti en plein cœur de Paris. Parcours des mondes, sous la baguette de Pierre Moos – également directeur général de Tribal Art magazine –, est devenu l’événement le plus important de sa spécialité, devançant ses concurrents européens les plus réputés. Une réussite incontestable qui confère au rendez-vous un rayonnement unique. Et ce n’est pas rien, tant le calendrier des événements liés aux arts classiques africains et océaniens ainsi qu’aux arts précolombiens et asiatiques s’est développé. Entre la BRAFA et BRUNEAF à Bruxelles, TEFAF à Maatrischt, la Tribal Art Fair d’Amsterdam et de Londres, et même Frieze New York qui cette année a fait le pari d’accueillir des marchands d’art tribal dans ses allées – Donald Ellis (New York), L & R  Entwistle and Co (Paris, Londres) et la galerie Meyer (Paris) –, c’est bien simple, on ne compte plus les rendez-vous d’envergure internationale organisés autour de l’art tribal. La France n’échappe pas non plus à cet engouement. Depuis  2016 se tient en Saône-et-Loire, à Besanceuil, le Bourgogne Tribal show, dont la deuxième édition en mai dernier a été couronnée de succès. Impensable il y a seulement dix ans. «  L’art tribal est un secteur qui suscite de plus en plus d’intérêt, commente Pierre Moos, satisfait. La multiplication des foires permet de faire connaître cette spécialité à un public toujours plus nombreux  ». En l’espace de cinq jours seulement, du  12 au  17  septembre, plus de soixante marchands proposent ainsi au public de découvrir quelques-unes des plus belles pièces disponibles sur le marché au travers d’expositions – parfois thématiques –, de conférences, de publication de livres et de discussions. Un invité de marque Comme chaque...

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Archéologie et art tribal : des transactions sous pression

Enchères stratosphériques, cotes en surchauffe… Le marché des pièces archéologiques et tribales est florissant ! Retour sur le phénomène de « starification » de ces objets tant convoités. Au cœur du sujet, en compagnie de marchands, de collectionneurs, de membres de la communauté scientifique… Depuis le tournant des années 2000, le marché de l’art tribal a littéralement explosé, son chiffre d’affaires passant de 13,7 M€ en 2001 à 92,1 M€ en 2014. Malgré cette forte croissance, l’art tribal demeure un marché marginal représentant seulement 0,68 % du chiffre d’affaires mondial des ventes d’art aux enchères, soit 40 fois moins que l’art moderne, selon un rapport publié par Artkhade, Art Media Agency et Art Analytics en décembre 2015. Largement en tête, l’Afrique et l’Océanie laissent d’autres zones géographiques dans l’ombre. Entre 2000 et 2014, les deux continents ont représenté 64,8 % des lots proposés aux enchères et 81 % des recettes totales du secteur. Surtout, la croissance de ce marché s’est accompagnée par la multiplication des enchères millionnaires en salles de ventes. Pour la seule année 2014, quatorze lots ont passé la barre du million d’euros pour un total de 39 M€, soit 42 % du chiffre d’affaires annuel du marché de l’art tribal aux enchères. « Le tournant du marché a été pris avec les premières grandes ventes publiques, d’abord avec celle de la collection Hubert Goldet en 2001 puis surtout avec la vente Vérité à Paris en 2006 [qui avait totalisée 44 M€ à Drouot, NDLR]. Une vente spectaculaire y compris au niveau de sa médiatisation et de son marketing, explique Didier Claes, spécialiste des arts d’Afrique. C’était la première fois que des objets africains atteignaient de tels records, dont un masque Fang parti pour 5 M€. Elle a été un jalon important pour l’acceptation de cet art ». Boudant les pièces intermédiaires,...

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