« art numérique »

Miguel Chevalier : bits & cellules

Il compte parmi les pionniers de l’art virtuel et du numérique. Il aborde la question de l’immatérialité et des logiques induites par l’ordinateur. L’hybridation, la générativité ou la mise en réseau figurent au cœur de ses recherches… Une heure en compagnie de Miguel Chevalier, observateur des flux chers à notre société contemporaine.   C’est de La Fabrika, son grand studio à Ivry-sur-Seine (en hommage à un autre atelier célèbre), que Miguel Chevalier conçoit ses œuvres. Partout, des prototypes, des impressions 3D, des projecteurs et des projections… Ce printemps, son atelier est en effervescence, avec la préparation de plusieurs expositions personnelles (à la base sous-marine de Bordeaux et avec un double événement londonien, à la Mayor Gallery et à l’espace Wilmotte). Miguel Chevalier participe également à des expositions de groupe d’envergure, comme « Artistes & Robots » au Grand Palais, ou encore « AI Musiqa » à la Philharmonie de Paris.   « Digital Abysses », récemment inaugurée à la base sous-marine de Bordeaux, avec dix installations et une centaines d’œuvres sur 3.500 m2, est l’une de vos plus grandes expositions à ce jour… En effet, c’est la plus grande exposition que j’ai réalisée à ce jour. Cette ancienne base sous-marine est un lieu hors-norme, construit à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Je n’ai pas voulu illustrer la mémoire du lieu, mais plutôt travailler le rapport à l’eau et les grandes profondeurs que sont les abysses – où plongeaient les U-boats.  La grande toile imprimée Atlantide (25 x 9 mètres) ouvre l’exposition, venant en trame de fond du premier bassin d’eau de la base. Puis, on arrive à l’entrée du bunker. Ce lieu est d’autant plus intéressant qu’il plonge les visiteurs dans le noir et comprend de multiples espaces avec des échelles différentes. Je me suis inspiré du plancton et de...

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Tammam Azzam continue de délivrer son message de paix

L’artiste syrien Tammam Azzam est le créateur d’une nouvelle forme de peintures, dites « hybrides ». Contraint de fuir son pays en 2011, il vit et travaille à Dubaï. Loin de son studio d’artiste où il s’était spécialisé dans la peinture à l’huile, Tammam Azzam s’est orienté vers l’art numérique. Devenu célèbre grâce à ses superpositions numériques de chefs-d’œuvre occidentaux — comme le Baiser de Gustave Klimt — sur des photographies de bâtiments syriens bombardés, l’artiste se sert de ses créations comme résistance. Dernièrement, c’est une réplique de la Statue de la Liberté qui a parcouru la toile des réseaux sociaux. Cette œuvre, réalisée à partir de photographies de gravats montés afin de représenter la statue, est un message de paix que l’artiste international âgé de 36 ans délivre à son pays natal. Exposé à Dubaï, l’œuvre de Tamman Azzam évoque l’exil lié à la guerre. Il a par ailleurs fait référence aux événements tragiques qui se sont passés à Paris l’année dernière, ou encore les attentats du 11 septembre...

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Par delà la notion de médium ? 

Depuis le 20 février, la Vancouver Art Gallery accueille la plus grande exposition de son histoire : « MashUp: The Birth Of Modern Culture » — visible jusqu’au 12 juin 2016. Près de 370 œuvres, 156 artistes, et les contributions d’une trentaine de critiques, curateurs et architectes ont été nécessaires afin de mettre en place cette exposition qui se tient sur les quatre niveaux du musée. Si l’institution a mis de tels moyens dans son élaboration, c’est que le projet est large : examiner le développement d’un mode de production maintenant omniprésent dans la création artistique, le «mashup » — concept comprenant aussi bien l’emprunt que le collage ou le remix. Pour Bruce Grenville, l’un des commissaires : « [L’exposition] révèle l’évolution d’une méthodologie créative qui a changé et muté en quatre étapes distinctes du début du XXe siècle à nos jours pour s’accommoder des changements technologiques et idéologiques profonds du XXe siècle. » L’exposition propose donc une généalogie du mashup en quatre actes, débutant à l’aube du XXe siècle avec le collage et le ready-made (acte 1) pour se poursuivre après guerre avec le développement des mass-médias et de la consommation de masse (acte 2). La fin du XXe  siècle  a laissé place à une esthétique du sampling (acte 3), notamment en musique et en vidéo, pour se poursuivre aujourd’hui avec le hacking et le remix (acte 4). Le mashup, c’est-à-dire l’utilisation de matériaux artistiques préexistant à des fins créatrices, est aujourd’hui une norme. Pourtant, le geste originel — le collage avec les premières expérimentations de Braque et Picasso puis d’Hannah Höch — a bien été une révolution. Accepter l’idée du collage, c’était accepter l’idée d’une création qui ne se fait pas ex nihilo, l’idée d’un artiste qui n’informe pas la matière, mais l’organise. L’exposition « MashUp: The Birth Of Modern Culture »...

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Temps forts et tendances des arts numériques en 2016

Le 5 février, dada célèbre ses 100 ans. Et comme de dada à la data il n’y a qu’un pas, plusieurs collectifs et artistes numériques se saisissent de cette actualité pour réaffirmer leur posture critique et remettre en question l’absurdité des systèmes et des réseaux, en écho à ce mouvement intellectuel et artistique qui a vu le jour à Zurich en pleine Première Guerre mondiale. En célébration du centenaire, le projet digital Dada-Data diffuse du DadaNet en direct depuis le Cabaret Voltaire, là où est né le mouvement dada le 5 février 1916. Porté par Anita Hugi, auteure de Sternstunde Kunst et David Dufresne, pionnier du web, cet hommage interactif se décline en moments d’ « hacktions publiques » et en anti-musée web, avec sa narration décalée entre collages sur Instagram, objets imprimés en 3D, poésie en ligne, réalité virtuelle et évocations dada. Plus tôt, en 2014, ce sont les artistes français Albertine Meunier et Julien Levesque qui avaient lancé leur manifeste DataDada, pour exprimer « leur opposition à la transformation de la data comme un simple fait numérique ». Les Big data, une matière première inépuisable pour la création artistique Car de plus en plus d’artistes utilisent et explorent les masses phénoménales des données en circulation sur le web. Si le phénomène n’est pas récent, puisqu’art vidéo et Net art ont déjà largement exploré les réseaux, son ampleur est elle, inédite. Mutants par nature et hybrides dans leurs modes d’expression, les arts numériques se réinventent sans cesse, parcourant des aller-retours permanents entre immatérialité et monde physique. Avec l’émergence du Data Art, les artistes dépassent la simple question de la visualisation des données brutes pour se diriger vers une représentation critique du monde à la frontière de l’art et de l’information. Nourries d’algorithmes, les œuvres d’art génératives s’imposent de plus en plus dans...

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L’art contemporain numérique à la Variation Media Art Fair

Variation Media Art Fair, première foire française d’art contemporain dédiée aux artistes nouveaux médias, s’installe à l’espace des Blancs Manteaux dans le quartier du Marais à Paris du 20 au 26 octobre. Avec l’ambition de « créer un véritable marché dédié à la création contemporaine numérique », la foire met en avant la scène française et internationale, avec des artistes connus, pionniers des cultures numériques comme ORLAN ou Maurice Benayoun, mais aussi des artistes émergents. Environ quarante artistes internationaux participent à la foire — connue précédemment sous le nom de Show Off —, qui célèbre cette année sa 9e édition. L’événement, créé par la galeriste Vanessa Quang et produit par Art2M, s’inscrit dans le parcours de la Digital Week organisée du 15 au 26 octobre dans le cadre de l’Automne Numérique du ministère de la Culture, semaine qui propose une série de manifestations consacrées à la création numérique dans différents lieux...

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