« Art Basel Miami Beach 2017 »

Noah Horowitz, un new-yorker à Miami

2017 aura été une année riche pour la ville de Miami et sa communauté artistique. Outre les épisodes malheureux dus aux ouragans, deux musées – et non des moindres – ont (ré)ouvert leurs portes. Noah Horowitz, directeur du versant américain d’Art Basel, revient pour nous sur les spécificités de l’édition 2017 de sa foire. Entretien. Noah Horowitz fait partie – comme beaucoup de patrons de foires – des globetrotters de la scène artistique internationale. En déplacement la plupart du temps, il dirige depuis ses nouveaux bureaux à Manhattan la stratégie d’Art Basel Miami Beach. L’homme a eu de multiples vies avant d’atterrir dans le monde des foires d’art : chercheur, auteur, entrepreneur… Né dans la banlieue de New York, il a passé près de dix ans à Londres, où il termine ses études au prestigieux Courtauld Institute of Art, duquel il sort docteur en histoire de l’art et dont la thèse sera publiée aux éditions de la Princeton University en 2011. Après une expérience entrepreneuriale très innovante avec James Cohan, lors de laquelle il lance la VIP Art Fair pendant deux ans, il relance l’Armory Show de 2011 à 2015. À l’été 2015, il rejoint l’équipe de la très européenne Art Basel pour y superviser les opérations aux États-Unis et notamment la foire de Miami Beach. L’édition 2017 est la troisième sous la responsabilité de Noah Horowitz…   Le centre de congrès dans lequel se tient la foire est en rénovation… En effet ! C’est un des aspects les plus impactant sur l’évolution de la foire cette année. C’est un processus débuté l’année dernière et qui s’étale sur trois ans. Si tout se passe bien – et tout à l’air de bien vouloir se passer – nous devrions ouvrir Art Basel Miami Beach 2018 dans un centre entièrement neuf...

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Miami Beach, plage culturelle

Vous connaissez déjà les principales destinations : Art Basel, Art Miami et Context. En plus de ces trois foires, plus d’une douzaine de satellites sont répartis dans la ville. Sans compter une trentaine de collections majeures, visibles à moins de 50 miles de South Beach. Ambiance. C’est une collection privée, celle du pionnier de la culture à Miami, Gary Nader, qui cette année crée particulièrement le buzz. Nader est le collectionneur et marchand d’art latino-américain le plus influent au monde. Et il est préoccupé par l’avenir de l’art, à Miami. Bien qu’il existe de nombreuses collections privées importantes dans la ville, et beaucoup aussi de petits musées publics, Gary Nader pense que Miami a besoin d’un musée public de dimension internationale, avec une vaste collection permanente. Nader travaille depuis des années à la construction du projet. Il a récemment annoncé qu’il vendait pour 100 millions de dollars une partie de sa collection personnelle, au cours de la Art Week 2017, afin d’aider à financer un tel musée. Autant dire qu’une vente comme celle-ci représente une opportunité sans précédent, non seulement d’acheter des œuvres majeures, mais aussi de contribuer à financer un pôle susceptible de devenir l’une des institutions culturelles les plus en vue de la région. Notre balade pourrait ainsi commencer par son espace à Wynwood. Et puis, pourquoi pas, se poursuivre en prenant le temps de visiter quelques-unes des collections que la Floride du Sud propose tout au long de l’année. La première étape pourrait certainement vous mener au Bass. Situé au cœur de Miami Beach, The Bass abrite l’une des plus célèbres collections d’art contemporain de Miami, si ce n’est de l’ensemble des États-Unis. Le bâtiment est immédiatement reconnaissable à sa façade historique, surmontée d’une installation désormais emblématique de Sylvie Fleury, Eternity Now (2015). Rappelons que The...

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Wynwood est mort, vive Wynwood !

Regardez ce que vous avez fait de cette ville. Les fantômes du passé ne pourraient plus la reconnaître. D’abord, vous avez envahi Downtown, puis le Design District, puis Wynwood, et maintenant Little Haïti. Quel sera le prochain ? Allapattah ? Que s’est-il passé ? Qu’est-ce que l’art nous a apporté ? Des rues plus sûres, des murs plus colorés, des boutiques animées – all good. Mais mon expresso cubain à un dollar dans une petite tasse en carton fait avec patience et amour, avec juste la bonne quantité de lait, a été remplacé. Pas de soucis. Ce café à 10 $ désormais servi dans une tasse en céramique cuite à la main et conçue à Tokyo et fabriquée à Milan et servi par le dernier apprenti d’un barman âgé vivant au sommet d’un château d’eau dans la partie tibétaine de Brooklyn… C’est juste différent. Et quel est ce son ? Un musicien de rue, un groupe itinérant ? Oh non, je vois maintenant. C’est une cabine de DJ dans un camion à tacos reconverti. Bon, c’est bien du vrai café, de la vraie musique, du vrai Miami, du vrai art. Mais dans tout ça, qui décide ? Un jour, Andy Warhol a déclaré: « Gagner de l’argent est un art, travailler est un art et faire de bonnes affaires est le plus bel art qui soit ». Peut-être avait-il raison. L’argent et le travail et les bonnes affaires sont au cœur de Miami. Regarde autour de toi, tout ici parle d’art. Miami est en train de devenir l’une des destinations artistiques – sinon la première – des États-Unis. Musées, galeries, peintures murales, expositions temporaires, art public, foires d’art internationales. Mais ce n’est qu’une partie de l’histoire… L’art n’occupe pas seulement notre espace culturel, il est aussi dans l’air, dans...

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Art Basel Miami Beach 2017 : balade au cœur du Off

Foires prospectives, plateformes curatoriales, expériences immersives… Direction Miami pour profiter de la folle semaine de l’art contemporain. Une sélection des rendez-vous les plus exclusifs, en marge de Art Basel. De Wynwood à South Beach, le panorama des foires off.   Nada Miami. Plateforme à but non lucratif Nada, pour ceux qui l’ignoreraient, c’est la New Art Dealers Alliance, une plateforme artistique à but non lucratif, qui se consacre à l’émergence et au soutien de nouvelles voix dans l’art contemporain. Bref, ce qui est (encore) frais, atypique, hors art establishment. Une foire assez alternative, donc, qui pour sa quinzième édition, au Ice Palace Studios, accueille 108 galeries issues de seize pays, dont 23 y participant pour la première fois. Pour Heather Hubbs, directrice de l’événement, « Nada a été fondée pour combler un vide dans le monde de l’art, en offrant une communauté où coexistent des galeries internationales moins connues, des artistes émergents, des espaces d’artistes et des galeries jeunes et établies ». On note cette année la présence de plusieurs enseignes allemandes, celles de Natalia Hug, de Rob Tufnell et de Marietta Clages, venues de Cologne, ou bien celle de Dan Gunn, installée à Berlin. Parmi les nouveaux arrivants, signalons encore la jeune galerie new-yorkaise Lomex, sans oublier Clearing, qui dispose d’une adresse à Bruxelles et à Brooklyn. Nada Miami. Du jeudi 7 au dimanche 10 décembre (vernissage le mardi 7). Ice Palace Studios, 1400 North Miami Avenue, Miami, Floride (USA). www.newartdealers.org     Art Miami. De Josef Albers à Yayoi Kusama Le plateau est résolument international, avec environ 140 galeries couvrant la période moderne et contemporaine. Pour cette 28e édition, Art Miami accueille les représentants de plus de 22 pays, soit pas moins de 60 villes. En matière de chiffres, précisons encore que la foire accueille autour de...

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Philipp Kaiser, une personnalité très « publique »

Philipp Kaiser est un homme de vision. Art Basel l’a choisi cette année pour curater le secteur Public, à la suite de Nicholas Baume. Il explique à AMA comment on monte une exposition à l’échelle d’une ville, avec une sélection des meilleurs artistes du moment. À propos de la dynamique changeante du monde de l’art, ses défis et les opportunités qu’offre Miami Beach… Philipp Kaiser a porté beaucoup de regards différents sur le monde de l’art. Pendant de nombreuses années, il a travaillé sur le versant institutionnel du sujet. Il a été directeur du Museum Ludwig à Cologne, en Allemagne, conservateur en chef au Musée d’art contemporain de Los Angeles et conservateur pour l’art contemporain et moderne au Musée d’art contemporain de Bâle, en Suisse. À ce titre, il a travaillé avec de nombreux artistes parmi les plus influents des 50 dernières années et a monté une série d’expositions qui résonnent encore aujourd’hui, comme l’étonnante « Ends of the Earth: Land Art to 1974 ». Plus récemment, Philipp Kaiser a œuvré comme conservateur indépendant. Il a eu l’occasion de côtoyer plus directement les galeristes et d’examiner comment l’art se mêlait au public en dehors des musées. Il y a quelques mois, cette année, il a accepté le défi d’organiser le Pavillon suisse dans le cadre de la Biennale de Venise. Interview. Le public est toujours l’un des éléments les plus dynamiques et les plus passionnants d’Art Basel Miami. Quelle est votre vision pour Public 2017 ? J’ai donné pour titre au secteur, « Territorial », parce que j’ai trouvé intéressant que l’une des qualités intrinsèques de la sculpture soit sa territorialité. La sculpture revendique toujours l’espace. Elle n’est pas juste là, elle transforme un site. Je pense que ce thème peut constituer un bon fil conducteur, tout au long...

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