« Art Analytics »

Wolfgang Tillmans, aux frontières du visible

Une exposition se termine, une autre commence… Alors que la monographie dédiée au photographe allemand Wolfgang Tillmans s’achève à la Tate de Londres, la rétrospective que lui consacre la Fondation Beyeler démarre dans la printanière ville suisse. Parfait timing pour étudier d’un peu plus près cet artiste aux mille expérimentations…   Les superstars de la photographie contemporaine ne sont toujours (et malheureusement) pas légion. Même si le médium a pleinement acquis ses lettres de noblesse cette dernière décennie, son écosystème reste encore fermé : galeries dédiées, ventes aux enchères thématiques, foires monomédiums, revues spécialisées… De ce point de vue, l’Allemand Wolfgang Tillmans fait figure de phénomène. Reconnu très tôt – et de manière continue – par les institutions et la critique artistique, il fait déjà partie des photographes les plus en vogue… Pourtant, on sent bien que l’artiste a encore de quoi nous épater. Né en 1968 à Remscheid, dans l’ouest de l’Allemagne (proche de Cologne et de Düsseldorf, donc de la Belgique et des Pays-Bas, tourné vers l’Europe), il découvre encore adolescent le travail photographique de Polke, Richter et Rauschenberg dans les musées des grandes villes voisines. Après trois ans à Hambourg, Tillmans poursuit ses études dans le sud de l’Angleterre, à l’Université des Arts et de Design de Bournemouth. Il s’installe ensuite à Londres, puis réside un an à New York, en 1994. C’est là qu’il rencontrera son premier soutien, le galeriste Andrea Rosen, et son amant, le peintre Jochen Klein. Les deux Germains reviendront en Europe, où ils vivront ensemble dans la capitale britannique jusqu’au décès de Klein en 1997, victime du SIDA. Tillmans n’a pas encore 30 ans. En 2000, l’artiste sort de l’anonymat du jour au lendemain en devenant le premier photographe et le premier non-Britannique à recevoir le très réputé prix Turner… un an...

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Data : Francis Bacon

« L’odeur du sang humain ne me quitte pas des yeux », déclarait un jour Francis Bacon à Franck Maubert, faisant siens quelques vers d’Eschyle. Le peintre de l’humain, le peintre de l’angoisse, demeure une star de l’art contemporain, aussi bien dans les musées que dans les salles de ventes. Francis Bacon naît à Dublin le 28 octobre 1909 de parents britanniques anglais. Chétif et maladif, il ne va pas à l’école et reçoit son éducation d’un précepteur — passant sa vie entre Dublin et Londres. Adolescent, il découvre son homosexualité et quitte le foyer familial pour s’installer à Londres. Démarre alors pour lui une vie de bohème, entre Berlin et Paris, faites de petits métiers — notamment peintre décoratif. Il découvre l’expressionnisme en Allemagne et une exposition dédiée à Picasso à la galerie Paul Rosenberg (Paris) le frappe durablement. En 1929, il est de retour à Londres. Francis Bacon réalise dessins et aquarelles — en autodidacte — et continue son activité de peintre décorateur. Dès 1931, il se focalise plus particulièrement sur la peinture et adopte le grand format. Il réalise en 1933 Crucifixion, reproduite dans la revue Art Now. Mais les échecs se multiplient et Francis Bacon songe à tout arrêter. Sa première exposition personnelle à la Transition Gallery en 1934 est un échec et il est refusé en 1936 par André Breton à l’exposition internationale du surréalisme. Quand la guerre arrive, il est réformé et se retire à la campagne. En revenant à Londres, il loue un atelier à Kensington et fait tabula rasa : il détruit toutes ses toiles pour n’en garder qu’une dizaine. En 1946, après le tollé généré par l’exposition de Trois études de figures au pied d’une crucifixion à la Lefevre Gallery — qui déplaît profondément à une société qui préférait oublier les horreurs de...

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L’envolée du marché de l’art tribal

Depuis l’an 2000, le marché de l’art tribal a profondément muté. Avec une augmentation stable du chiffre d’affaires — en dépit de quelques fluctuations au fil des ans —, le marché de l’art tribal a connu un réel développement économique, culturel et a gagné en influence. Visiblement détaché d’autres tendances macroéconomiques, le succès croissant de ce marché transparaît à travers les fréquentes enchères millionnaires en salle de ventes, laissant toutefois entrevoir une importante segmentation entre les œuvres de qualité muséale et les autres objets. Un rapport publié conjointement par Artkhade, Art Media Agency et Art Analytics a récemment analysé ces tendances. Les chiffres publiés par cette enquête s’appuient sur des données prises sur le marché des enchères — la seule source d’information disponible — entre 2000 et 2015. Bien qu’ayant toujours du mal face à la domination des marchés de l’art moderne, d’après-guerre, et contemporain, le marché de l’art tribal s’avère être un marché florissant. En 2014, le marché de l’art tribal a établi son record, en chiffre d’affaires (92,1 M€), d’œuvres vendues aux enchères. L’année précédente, en 2013, les ventes réalisées avaient totalisé 52,8 M€, environ la moitié du total obtenu en 2014. Il ne faut pas oublier qu’en 2001, l’art tribal ne totalisait que 13,7 M€. Durant l’année 2014, 14 lots ont obtenu des enchères millionnaires, représentant 39 M€, avec un total impressionnant de 42 % du total annuel du marché de l’art tribal aux enchères. Au cours des quinze dernières années, l’apparition d’un certain nombre de collections privées importantes aux enchères a donné lieu à des succès notables pour le marché. Ces dispersions de prestige incluent la collection Frum (Paris) et la Kunin Collection Myron (New York), vendues par Sotheby’s en 2014 pour un total de 45,4 M€. La collection Pierre et Claude Vérité, dispersée à Paris en 2006 pour 44 M€ chez Paris Enchères Rive Gauche, était tout aussi révolutionnaire pour le marché. Le prix...

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