« Antoni Clavé »

Antoni Clavé, multiple

À Paris, jusqu’au 25 février, la BnF présente une courte, mais belle rétrospective des lithographies et des gravures d’Antoni Clavé, accompagnée par la publication du nouveau catalogue raisonné de son œuvre gravé. Focus.   Antoni Clavé a connu la gloire, mais avec le temps la vague a refoulé. C’était dans les années 1950, et jusqu’aux 1980. Ses mannequins, ses rois et ses guerriers, ses tauromachies dans des tons d’ocre, noirs, terreux, avaient une certaine renommée. Des sujets un peu datés aujourd’hui, comme Bernard Buffet et ses clowns diraient certains. « Surtout, c’était un artiste humble, qui fuyait les honneurs, remarque Aude Hendgen, historienne d’art attachée aux Archives de Clavé et responsable du catalogue raisonné que vient de publier Skira. À Barcelone, il a toujours refusé qu’on lui consacre un musée, malgré plusieurs propositions ». Un musée Clavé, il en existe un pourtant, mais au Japon. Il s’agit du premier lieu entièrement consacré à l’artiste, conçu et réalisé par Tadao Ando et inauguré en mars 2011 à Yamanashi, près de Tokyo – après sa mort donc, survenue en 2005.   Montée suite à la donation de 92 estampes consentie par les petits-enfants de Clavé, l’exposition de la Bibliothèque nationale de France (BnF), « Antoni Clavé, estampes », montre une cinquantaine de pièces réalisées entre 1955 et 1995. Nombre de techniques y passent : lithographies, eaux- fortes, aquatintes, gravures au carborundum, gaufrages, collages et kraft lithographié. Le projet de l’exposition, d’après l’une de ses commissaires Céline Chicha-Castex, est d’établir un lien entre l’œuvre gravé et peint de Clavé et de révéler quelques-unes de ses références. Mais surtout, c’est de remettre un coup de projecteur sur un artiste un peu oublié, dans l’ombre des autres grands Catalans. Antoni Clavé, c’est ce pont que l’on a envie de dresser entre Joan Miró et Antoni Tàpies. D’ailleurs Antoni Clavé...

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