FIAC 2017, quand l’art fait la foire

 Paris  |  2 octobre 2017  |  AMA  |  Tweet  |  LinkedIn

Quatre jours de foire, 29 pays invités, 192 galeries et au moins 70.000 visiteurs attendus… Avec cette 44e édition, la FIAC s’impose à nouveau comme la manifestation culturelle majeure de la rentrée. Ou quand la Ville lumière investit le rayon contemporain. FIAC lux !

La FIAC aurait-elle fini par trouver la bonne formule ? Après des années d’hésitations et d’oscillations entre des stratégies de programmation aussi diverses que variées, l’événement semble enfin être parvenu à proposer une carte des réjouissances convenant tout à la fois au grand public, aux collectionneurs, aux critiques d’art et… même aux professionnels. Le tout en conciliant qualité artistique et ouverture populaire. Une gageure en la matière, dont on ne se plaindra pas. Comme chaque année, l’épicentre de l’événement se situe sous la nef du Grand Palais, où se déploie le secteur Général, regroupant les galeries les plus prestigieuses du marché de l’art contemporain. Soit une centaine d’enseignes environ, parmi lesquelles on retrouve les grandes écuries françaises et internationales, dans une proportion qui semble devenue la norme pour les événements du genre : un quart d’autochtones, le reste d’étrangers. Mais la distinction est-elle encore valable dans un secteur upper market où les boutiques de Paris ressemblent à celles de San Francisco ? Au total, les deux tiers des galeries présentes sont d’origine européenne, ce qui permet au moins de rappeler la place à la fois discrète mais prépondérante de l’UE sur l’échiquier mondial du marché de l’art.

Cette année, le comité de sélection des exposants était composé de huit spécialistes, à savoir Olivier Antoine, Gisela Capitain, Mark Dickenson, David Fleiss, Solène Guillier, Jan Mot, Emmanuel Perrotin et Christophe Van de Weghe. Sur les 192 participants, 40 galeries prennent part à la FIAC pour la première fois et six nouveaux pays font leur entrée : l’Égypte, la République du Kosovo, la Norvège, le Portugal, la Suède et la Tunisie.

L’élite des galeries internationales

Pour le reste, chacun tient sa position… Comme chaque année, on retrouve donc sous la nef du Grand Palais les Karsten Greve, Barbara Gladstone, Chantal Crousel, Nathalie Obadia, Larry Gagosian, Michael Werner ou encore David Zwirner. Les fidèles et fortunés clients venus du monde entier trouveront là le stock habituel de chefs-d’œuvre entendus, accompagnés d’une ribambelle de zéros. Comme en 2016, au secteur Général s’adjoignent cette année les participants du Salon Jean-Perrin, qui accueille une vingtaine de galeries reconnues pour leur promotion d’artistes majeurs. Le promeneur pourra y déambuler entre les stands des galeries Essex Street, Labor, Marcelle Alix, Kraupa-Tuskany Zeidler ou Clearing, présentes pour la première fois.

Comme son nom l’indique, le Grand Palais est grand. Ceux qui voudraient franchir le palier en quête d’un renouvellement plus marqué pourront donc s’aventurer dans les galeries supérieures du bâtiment, où sont présentées des galeries contemporaines dites « émergentes ». Le visiteur y découvrira les stands de Thomas Bernard-Cortex Athletico, Shane Campbell, Chert Lüdde, Jérôme Poggi ou encore Magnus Karlsson. Il pourra néanmoins s’interroger sur la pertinence du terme « émergent », tant celui-ci semble si pratique mais aujourd’hui si peu explicite. La galerie Thomas Bernard, pour ne citer que cet exemple, présentait déjà en 2015 des œuvres de ces mêmes artistes, dans les jardins des Tuileries, au même titre qu’Emmanuel Perrotin, Thaddaeus Ropac ou Chantal Crousel.

Ainsi, l’argument de la nouveauté est également de mise du côté du désormais célèbre secteur Lafayette, soutenu par le partenaire officiel de l’événement. Après Vuitton, Cartier et Ricard, le groupe français devrait d’ailleurs à son tour ouvrir sa propre fondation d’entreprise, au cœur du Marais, courant 2018. Le secteur Lafayette accueille cette année dix « jeunes » galeries internationales, qualificatif encore un peu flou, synonyme de « renouveau » ou de simple « débutant »… Sélectionnées parmi une centaine de candidats, les dix galeries retenues présentent le travail d’un ou deux artistes au travers d’une exposition dédiée. La galerie Gypsum, venue du Caire, nous fait découvrir la poésie cynique de l’artiste Basim Magdy, teintée de déclarations faussement absurdes et d’ambiances post-apocalyptiques, pour le moins actuelles. Freedman Fitzpatrick (Los Angeles) dévoile l’univers créatif de Stefan Tcherepnin, dans lequel des peluches colorées et rigolotes côtoient des structures industrielles délabrées. La galerie LambdaLambdaLambda (Pristina) propose pour sa part un focus sur l’œuvre du jeune artiste Dardan Zhegrova, créateur d’étranges coussins aux formes anthropomorphes affalés sur le sol. On pourra aussi voir non loin les œuvres d’Andreas Selg, chez Bernhard (Zurich), celles de Diamond Stingily chez Queer Thoughts (New York), Agnès Moraux chez Schloss (Oslo) et les créations de Kim Seob Bonisegni et Seyoung Yoon chez Truth and Consequences (Genève).

Un programme chargé en belles découvertes, qui ne saurait toutefois occulter l’événement marquant mis cette année en avant par les organisateurs : le grand retour du design sous la nef du Grand Palais. Pour relancer l’affaire, cinq galeries françaises ont été conviées : Jousse Entreprise, Kreo, Laffanour-Galerie Downtown, Éric Philippe et Patrick Seguin. Certains d’entre eux participaient déjà aux éditions précédentes, telle la galerie Kreo qui présentait en 2015 le kiosque des frères Bouroullec conçu pour le groupe immobilier Emerige, dans les jardins des Tuileries ; tandis qu’en 2016, Patrick Seguin montrait le célèbre cabanon de Jean Prouvé, toujours aux Tuileries. Le « retour » des stands de design au sein du Grand Palais reste une excellente nouvelle pour ce secteur dans lequel les créateurs et les marchands français excellent depuis longtemps.

Une expérience de plein air

Que ceux qui ne sauraient se contenter du riche événementiel prévu à l’intérieur du Grand Palais ne s’inquiètent pas outre mesure, car la FIAC, c’est aussi une programmation outdoor. Pendant les quatre jours de l’événement, un véritable raz-de-marée de créativité envahit la capitale et permet à de nombreux artistes de partir à la rencontre du public, dans une dynamique d’ouverture assurément positive. À charge pour le promeneur de parvenir à glaner ce qu’il peut dans le temps imparti.

Aux abords du Grand Palais, le secteur On Site présente une quarantaine de sculptures et d’installations monumentales dans le cadre prestigieux du Petit Palais et des jardins alentours, ainsi que sur l’avenue Winston-Churchill, qui sépare les deux édifices. Comme en 2016, celle-ci est à nouveau piétonnisée pour l’occasion. On Site a pour cette 44e édition été concocté en collaboration avec Christophe Leribault, conservateur et directeur du Petit Palais, et Eva Wittocx, curatrice et directrice du département d’art contemporain du Musée M de Louvain, en Belgique. Parmi les dizaines d’œuvres réunies, les visiteurs pourront apprécier des remparts de coussins accolés à même les murs par l’artiste Sheila Hicks, un autoportrait façon vestige antique signé Alina Szapocznikow, mais aussi des réalisations dues à Peter Buggenhout, Antonio Caro, Claude Closky, Johan Creten ou encore Ida Ekblad.

Une expérience de plein air qui ne demande qu’à se prolonger grâce à la programmation non moins riche de la section Hors les Murs. Celle-ci présente également un parcours d’œuvres en extérieur, regroupées dans trois lieux emblématiques de la ville. Depuis dix ans maintenant, le Musée du Louvre accueille dans le jardin des Tuileries une sélection d’installations d’artistes de renommée internationale. Cette année, les œuvres retenues ont été choisies par un jury formé de Vincent Pomarède (directeur de la médiation et de la programmation culturelle du Louvre), Bernard Blistène (directeur du Centre Pompidou) et Jean de Loisy (président du Palais de Tokyo). L’infatigable piéton remontant les allées ombragées du jardin de Le Nôtre pourra admirer l’étonnante maison démontable conçue par l’architecte Jean Prouvé, entre bungalow et chalet de montagne. Il pourra aussi se laisser surprendre par les affables ours en fer d’Erik Dietman, disputant sans complexe leur superbe aux statues les plus nobles du classicisme français. À moins qu’on ne leur préfère les panneaux colorés signés Claude Viallat ou encore l’une des fameuses structures gonflables d’Hans-Walter Müller. On trouvera aussi des œuvres de Gilles Barbier, de Julien Berthier, de Samara Scott, de Liz Glynn, de Thomas Houseago ou d’Ali Cherri… Les pièces exposées dans le jardin des Tuileries sont ainsi visibles pendant tout le mois d’octobre.

De son côté, le Musée national Eugène-Delacroix accueille, du 16 au 23 octobre, l’artiste allemande Katinka Bock, actuellement en résidence à Paris. Celle-ci investit l’ancien atelier du peintre romantique – jadis transformé en musée par Maurice Denis –, en présentant une installation relative à l’appropriation des notions de temporalité et de spatialité par les sociétés humaines. Et puis, comme chaque année, la grande attraction de la section Hors les Murs réside dans la fameuse carte blanche confiée à un artiste pour revisiter l’espace de la place Vendôme. Une section dans la section, qui mériterait peut-être, un jour, de faire à elle seule l’objet d’une étude critique, tant François Girardon et Gustave Courbet, bien avant Paul McCarthy en 2014, surent se faire remarquer pour leur goût du scandale en ce lieu hautement symbolique. Là où il est peut-être possible de regretter, du côté des Tuileries, une relative distension entre certaines œuvres et le lieu qui les accueille, il est intéressant de noter que la carte blanche de la place Vendôme s’accorde avec l’esprit théâtral de l’architecte Jules Hardouin-Mansart. Cette année, l’organisation de la FIAC, en collaboration avec la galeriste Chantal Crousel, a choisi d’inviter l’artiste américain Oscar Tuazon, qui propose une installation faite de segments de canalisation traversés par des troncs d’arbres. Le visiteur invité à déambuler dans l’espace peut se laisser emporter par les multiples suggestions poétiques évoquées par sa pérégrination, qu’il s’agisse de céder aux charmes de la classique opposition nature/culture ou d’établir une analogie entre la force de l’arbre et la puissance de la colonne. À moins qu’il ne préfère profiter de la promenade le long de ces étranges tuyaux évoquant les centrales de traitement, pour réfléchir à la question anxiogène de la suffisance d’eau à l’échelle planétaire… En attendant, cette installation s’affiche comme une vraie consécration pour Oscar Tuazon, dont certaines œuvres avaient précédemment été exposées à la FIAC.

Les pratiques performatives

En tant qu’événement dédié à toutes les formes d’expression de la création contemporaine, la FIAC ne pouvait pas se contenter de couvrir le champ des arts plastiques, omettant celui des arts vivants. Cette année encore, la directrice Jennifer Flay a donc mis un point d’honneur à valoriser les disciplines de la performance, de la musique, de la danse contemporaine et de la déclamation poétique.

De nombreuses institutions culturelles parisiennes, associées pour l’occasion à la FIAC, accueillent ainsi une dense programmation, non seulement sur le site du Grand Palais, mais aussi dans toute la capitale. Il s’agit là du festival Parades for FIAC, qui présente les pratiques performatives de 18 artistes, visibles en action live dans plusieurs hauts lieux de la culture parisienne. Du côté du Grand Palais, on ouvre les portes en grand pour faire place aux performeurs, notamment celles du Salon d’honneur, habituellement fermées, pour glisser vers l’institution voisine, le Palais de la Découverte. Le temps de quelques jours, on pourra donc circuler entre les deux palais pour par exemple assister à State of, création du duo d’artistes américains Gérard & Kelly. State of, comme un jeu d’échos entre les notions d’ombre et de lumière, d’architecture et de transparence, à la façon d’un stigmate artistique révélant le mal causé par la montée en puissance des obscurantismes. Au Palais de la Découverte également, la française Violaine Lochu présentera Superformer(s) #3, une prestation autour de l’exploration des phénomènes liés au langage et à la voix. D’autres artistes se produiront sur le site, dont Lawrence Abu Hamdan, Imo Dimchev, Lionel Estève ou Jeremiah Day.

Au Musée du Louvre, l’artiste et poète John Giorno, figure de proue de la beat generation, offrira dans l’auditorium sa performance Let it come let it go (2017), au bon souvenir de l’Amérique des années 1960-1970 et d’un certain esprit new-yorkais, façon Ginsberg. Utilisant des techniques comme le cut-up, John Giorno procèdera à des lectures de poésie sonore et revendicatrice. Au Louvre toujours, l’artiste américain Robert Whitman présentera son Prune Flat de 1965, mêlant performance, projection de films et participation des spectateurs, dans un processus de lente dissolution des limites entre fiction et réalité – les frontières sont aussi des liens.

Au Petit Palais, il sera possible d’assister à la performance Locus Solo de Marc Crousillat (Trisha Brown Dance Company), conçue comme une pièce d’action continue fondée sur un phrasé corporel unique. Celui-ci permet de reconsidérer la notion de spatialité à la lumière d’une danse libérée des carcans artificiels, au seul service de l’expressivité. Et puis, ici et ailleurs, on sera sensible aux représentations de François Chaignaud ou David Wampach, de Raphaëlle Delaunay au Musée de la Chasse et de la Nature, de Christian Rizzo au Centre Pompidou…

Un marathon culturel

En marge de la FIAC, nombreuses sont enfin les institutions culturelles qui chaque année organisent des manifestations de premier plan, beaucoup se rattachant directement à la foire. Les festivités proposées par les 192 galeries présentes dans l’enceinte du Grand Palais se poursuivent ainsi avec la Nocturne des galeries organisée le soir du premier jour, le jeudi 19 octobre, entre 18 et 22 heures. Des dizaines de galeries parisiennes se joignent à l’événement et invitent le public à venir découvrir toutes les formes de la créativité contemporaine. Le même soir, le Centre Pompidou accueille une grande cocktail party ouverte au public, lors de laquelle seront données des performances au sein des espaces d’exposition. Pour le reste, on n’a que l’embarras du choix… Non content d’en avoir tant vu, l’amateur d’art pourra donc poursuivre son marathon culturel en se lançant à la découverte des blockbusters du moment : rétrospective David Hockney à Beaubourg ou trésors des collections du MoMA à la Fondation Louis Vuitton. On conseille aussi de se rendre du côté du Palais de Tokyo pour découvrir la carte blanche offerte à Camille Henrot, à moins qu’on ne lui préfère Malick Sidibé à la Fondation Cartier, Pierre Paulin au Frac Ile-de-France, Marin Karmitz à La Maison Rouge, ou encore l’exposition sur le genre (féminin) et l’espace (domestique), « Women House », à la Monnaie de Paris.

D’autres pourront encore tenter de fuir la foule en allant chercher l’art dans des endroits où on ne penserait pas forcément le trouver. Le Conseil économique, social et environnemental accueille dans ses locaux l’artiste brésilien Arthur Lechner, tandis que l’Institut du Cerveau et de la Moelle Épinière, discret partenaire de la FIAC, présente une performance réalisée par Léonore Baulac et Benjamin Lacombe, en lien avec les travaux de la scientifique Stéphanie Baulac sur les syndromes épileptiques… Autant d’occasions de découvrir ou de revisiter des lieux originaux dans un contexte atypique. Pour ceux qui, non rassasiés de tout ça, se sentiraient encore d’attaque, il est toujours possible de franchir les quarantièmes rugissants du périphérique parisien pour s’aventurer en banlieue. De nombreux espaces culturels y organisent des événements en résonance avec la foire : à Ivry-sur-Seine, le Crédac présente les expositions d’Alexandra Bircken et d’Hugues Reip, à Vitry-sur-Seine, le Mac/Val dévoile le travail de l’artiste Élisabeth Ballet, à Pantin, Les Magasins généraux proposent « The House of Dust »…

Autant d’événements au terme desquels les amateurs fourbus pourront toujours se retrouver au fameux Bal Jaune donné par la Fondation Ricard, le vendredi 20 octobre. Une bonne manière de s’offrir quelques perroquets mentholés à la santé du nouveau prix, décerné par la fondation chaque année en octobre… avant de s’écrouler dans son lit, au bout de la nuit arty !

 

 

 

Mémo

FIAC, Foire internationale d’art contemporain. Du jeudi 19 au dimanche 22 octobre, vernissage le mercredi 18 octobre. Grand Palais et Petit Palais (avenue Winston-Chruchill, Paris 8e), jardins des Tuileries, place Vendôme et Musée Eugène-Delacroix. www.fiac.com

 

 

 

Zoom

Conversation Room

Dans le cadre de la « Conversation Room », la FIAC propose du vendredi 20 au dimanche 22 octobre un cycle de conférences de trois jours dédié à l’année 1989. On y parlera notamment globalisation, chute du mur de Berlin, innovation disruptive et popularisation du world wide web… Hautement symbolique à bien des égards, l’année 1989 cristallise l’ensemble des évolutions en cours depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Tout un programme… établi en collaboration avec le Google Cultural Institute et la plateforme 89plus, créée par Simon Castets et Hans Ulrich Obrist.

 

 

3 questions à… Eva Wittocx

Le secteur On Site de la FIAC a été lancé en 2016. Quelle est, selon vous, sa valeur ajoutée ?

À mes yeux, l’atout principal du secteur On Site réside dans l’espace de liberté unique qui est offert aux artistes au sein de la foire. En exposant à l’air libre et pour le plaisir du public, ceux-ci peuvent présenter leurs créations les plus emblématiques, les plus monumentales, les plus complexes, sans souci de restriction ni de modulation. De la façon la plus visible qui soit, On Site permet ainsi à la FIAC d’entrer en résonance avec ces lieux de culture et d’histoire emblématiques que sont le Petit Palais, le Grand Palais, les jardins et l’avenue Winston-Churchill.

Vous avez sélectionné les œuvres avec Christophe Leribault, conservateur et directeur du Petit Palais. Comment avez-vous travaillé ensemble ?

Nous avons travaillé consciencieusement à la sélection des dossiers envoyés par les galeries candidates. Nous avons d’abord étudié les propositions chacun de notre côté, de façon indépendante, afin de nous forger une opinion personnelle. La tâche peut paraître simple, mais dans la réalité, c’est différent… Quand vous vous penchez sur un dossier, il y a de nombreux paramètres à prendre en compte : la qualité des œuvres proposées est-elle au rendez-vous ? L’identité de la galerie et la personnalité du candidat sont-elles compatibles avec l’esprit de la foire ? Quel est le message véhiculé auprès du public si l’on choisit de présenter telle ou telle œuvre ? À titre personnel, j’ai également contacté certaines galeries qui n’avaient pas forcément préparé de dossier, mais qui selon moi avaient toutes les chances d’être acceptées. Dans un second temps, Christophe Leribault et moi avons travaillé sur la scénographie avec le plus grand sérieux. L’espace du secteur On Site est vaste et offre de nombreuses possibilités. Mais là encore, de nombreuses questions se posent. Comment présenter les œuvres de façon à obtenir un ensemble cohérent ? Comment mettre en valeur les créations de chaque artiste, de la meilleure manière qui soit ? Quelles connexions thématiques peuvent être valorisées ?

Pouvez-vous nous présenter la sélection d’œuvres ?

Les artistes sélectionnés peuvent être classés en deux catégories principales. D’un côté, il y a d’abord des créateurs très formels, attachés au caractère objectal du médium artistique, au matériau, à la texture, à la couleur. De l’autre côté, nous avons également mis en avant des créateurs davantage intéressés par les concepts immatériels, comme la culture, la poésie, la philosophie. Pour ces artistes, l’art est presque une métaphore. Qu’il s’agisse d’artistes en devenir ou de grands maîtres reconnus, l’ensemble des créations présentées propose un résumé de ce que l’art moderne et contemporain offre de meilleur.

 

Eva Wittocx est curatrice et directrice du département d’art contemporain du Musée M de Louvain, en Belgique. Elle est commissaire associée du secteur On Site de la FIAC.

 

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