Christopher « Kip » Forbes

 Paris  |  4 août 2017  |  AMA  |  Tweet  |  LinkedIn

Il est vice-président du fleuron de la presse financière américaine, grand amateur de vin (Lafite Rothschild) et passionné par le Second Empire. Lui, c’est Christopher Forbes, le président de La Biennale Paris pour cette édition 2017. Un « ambassadeur » de choc, collectionneur et mécène. Rencontre.

Christopher Forbes, vice-président de Forbes Publishing et collectionneur d’art hyperconnecté, est un amoureux de la France. Et il le prouve : il est, en cette rentrée, le nouveau président de La Biennale Paris. Christopher « Kip » Forbes préside donc aux destinées de la « Commission Biennale », qui comprend cette année le prince Amyn Aga Khan, Max Blumberg, Gary Tinterow ou encore Roxana Velásquez. Si l’homme a pris soin de préciser que « la décision d’améliorer et d’élever les normes de qualité de La Biennale Paris a été prise avant que je rejoigne le comité », il a aussi confié à Art Media Agency que « les membres du comité, qui ne sont pas affiliés au Syndicat National des Antiquaires, sont soit des collectionneurs ou de vrais connaisseurs, soit travaillent en étroite collaboration avec les personnes qui le sont ». Avant de conclure : « Nous essaierons tous d’attirer le plus grand nombre possible de personnes dans la foire cette année ». Tout en gardant le secret sur la manière dont ces réseaux interpersonnels fonctionnent, comment ces amitiés se nouent au cœur du marché de l’art… Sur le vice-président de la Commission, Benjamin Steinitz, spécialisé dans les objets de grande décoration et le mobilier classique, Christopher Forbes nous a avoué avoir « longtemps admiré et apprécié ses présentations dans diverses foires d’art et d’antiquités », n’ayant fait personnelement sa connaissance que très récemment, au sein du comité. Tout comme il n’a rencontré le nouveau président du SNA, Mathias Ary Jan, pour la première fois, qu’à l’occasion du lancement de la « Commission Biennale », au siège du syndicat, boulevard Malesherbes, le 15 novembre 2016.

Alors, pourquoi s’être lancé dans une telle aventure ? Christopher Forbes est un vieil habitué de la Biennale des Antiquaires, dont il a arpenté les allées à plusieurs reprises. « La Biennale possède un savoir-faire unique et une présentation inégalée par rapport à toutes les autres foires internationales d’art ». Mais encore ? « J’ai accepté l’invitation du Syndicat National des Antiquaires en raison de ma passion pour l’art et les antiquités françaises. Je considère que mon rôle principal est d’être un « ambassadeur », afin d’attirer un maximum de collectionneurs, de connaisseurs et de conservateurs du monde entier à La Biennale cette année ». Un rôle qu’il prend visiblement très à cœur… Les collectionneurs américains ont d’ailleurs sûrement été encouragés par sa nomination à la tête de l’événement. Forbes l’a répété tout l’été : « Non seulement j’encouragerai autant de collectionneurs américains que possible à venir, mais aussi un maximum de collectionneurs du monde entier que je connais. Je vais envoyer des invitations personnelles sur une liste propre comptant plusieurs centaines de personnes qui pourraient donner de belles perspectives à la foire. Je travaillerai également en étroite collaboration avec Mathias Ary Jan et les membres du conseil du SNA pour créer un comité d’honneur pour l’ouverture du gala ».

The American Friends of the Louvre

Parmi les 93 exposants de La Biennale, les deux galeries étrangères que cet homme de l’art connaît le mieux sont Richard Green, la célèbre enseigne de New Bond Street, et Whitford Fine Art, l’immanquable galerie du quartier St James’s, « tous deux de Londres, où ma famille avait une maison ». Au nombre des galeries françaises, pour être client de certaines d’entre elles, « celles que j’apprécie en particulier sont les galeries Alexis Bordes, spécialiste des tableaux et dessins anciens, Chevalier pour ses tapisseries, Éric Coatalem pour les maîtres français du XVIIe au XXe siècle, Steinitz et Tamenaga ». Christopher Forbes se réjouit aussi de la grande exposition consacrée aux collections Barbier-Mueller, « 110 ans de passion », qui avec plus de 130 objets d’art réunis de génération en génération est l’un des spots de cette Biennale. « Je n’ai pas eu le plaisir de connaître Jean Paul Barbier-Mueller, mais j’ai hâte de rencontrer les membres de sa famille et de découvrir les œuvres majeures de leurs collections, ici, à la foire ».

Rappelons que Christopher Forbes fut le fondateur et le président, pendant plus de dix ans, de The American Friends of the Louvre, société d’amis créée en 2002 à New York pour aider le musée à obtenir davantage de financements, enrichir ses collections et renforcer ses programmes de recherche scientifique. Il a également travaillé aux côtés d’Henri Loyrette, alors président du musée, à la création de l’International Council of the Louvre, en 2008. En qualité de collectionneur et de mécène impliqué dans la sphère du monde de l’art, Forbes participe régulièrement à de nombreux événements à l’international. On peut ainsi le croiser sur Park Avenue, au Winter Antiques Show de New York, ou bien encore, dans une ambiance toute floridienne, au Palm Beach Jewelry, Art & Antique Show de Miami. « Je n’ai assisté qu’une seule fois à Maastricht », nous a-t-il confié.

Un amateur de Lafite Rothschild

En France, Christopher Forbes est aussi bien connu du monde de l’art, notamment depuis la dispersion de sa collection de tableaux et d’objets Napoléon III, en mars 2016 à Fontainebleau. Passionné par le Second Empire, Forbes est ici un peu chez lui. À Fontainebleau, là où le dernier monarque fut baptisé et où il passa les derniers jours de son règne… Là où Forbes a fait la connaissance du commissaire-priseur Jean-Pierre Osenat, grand spécialiste des souvenirs historiques en général et des reliques napoléoniennes en particulier, dont on se souvient qu’il adjugea, en juin 2007, le sabre que portait Bonaparte à la bataille de Marengo, pour 4,8 M€.

Non content de collectionner (depuis l’âge de seize ans, quand son père lui offrit, chez un antiquaire de Saint-Tropez, un portrait de Napoléon III peint par Hippolyte Flandrin), Christopher Forbes manage. Il est vice-président de Forbes Publishing depuis 1989 – cette entreprise familiale fondée par son grand-père Bertie Charles, en 1917, devenue le fleuron de la presse financière américaine. À ses heures perdues, c’est aussi un amateur de vin (Château Lafite Rothschild) et un ardent défenseur du patrimoine. Il a longtemps œuvré, avec son père Malcolm, à la restauration du château de Balleroy en Normandie, dans les années 1970, selon les plans du jeune Mansart. Une vie bien remplie, mais dans laquelle il restait encore de la place (un peu) pour accueillir La Biennale Paris !

 

 

Zoom

« Je suis une philanthrope, je donne et je lève des fonds pour le Louvre, l’opéra, la danse, les musées, et pour de nombreux autres comités… » Becca Cason Thrash et son mari John sont des habitués de la Biennale depuis 20 ans. « Je viens toujours, c’est un événement extraordinaire. Lors de la dernière Biennale, j’ai été peinée de l’absence de tant de stands de haute joaillerie, mais je crois savoir qu’ils reviennent bientôt, ce qui ajoute beaucoup au charme de l’événement. Vous pouvez toujours y trouver un trésor, qu’il s’agisse de l’antiquité, de l’art moderne, des bijoux… Il y a là, vraiment, le meilleur de tout ». En sa qualité de philanthrope, Becca Cason Thrash a déclaré à Art Media Agency que sa préférence allait toujours à l’art, plus qu’à toutes autres affaires. « Mon mari et moi adorons l’art moderne et contemporain, les surréalistes, Picasso, Georg Baselitz et tant d’autres ». À Paris, en 2005, Mrs Thrash a créé Liaisons au Louvre, organisant des galas de bienfaisance et autres ventes aux enchères au bénéfice du musée. « Cette fois, j’ai décidé de créer un voyage… ». Une opération dont le produit a été également divisé, moitié pour The American Friends of the Louvre, moitié pour Venetian Heritage, une fondation internationale attachée à la sauvegarde du patrimoine vénitien. « Nous avons levé cette année 3,7 M$… Cela a été un grand moment ! » À propos de Christopher Forbes, Becca Cason Thrash nous a confié qu’il était « comme mon frère. Au conseil d’administration de The American Friends of the Louvre, son rôle est de tout chapeauter et d’essayer d’amener de nouvelles personnes dans l’organisation ». Au sein du comité, très vite, Becca a commencé à lever des fonds, à Houston, Palm Beach, Los Angeles… « En tant qu’Américain, si vous travaillez fort et que vous gagnez beaucoup d’argent, vous le rendez à l’art, à la science, à l’écologie ». Pour preuve, en 2008, 250 personnes venues du monde entier participaient au premier gala Liaisons au Louvre. Le billet d’entrée était alors de 10.000 $. Si la collecte de fonds est un métier hautement stratégique, le fundraising, excessivement relationnel, est aussi tout un art !

 

Becca Cason Thrash, philanthrope, est membre du conseil d’administration de The American Friends of the Louvre et de Venetian Heritage.

 

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