Six expositions à voir à Venise pendant la Biennale

 Venise  |  10 mai 2017  |  AMA  |  Tweet  |  LinkedIn

Du 13 mai au 26 novembre, le programme sera dense à Venise, à l’occasion de la 57e Biennale. Du « Merzbau musical » de Xavier Veilhan au projet social développé par Mark Bradford, petit tour d’horizon des vernissages à ne pas manquer.

Cette année, la Biennale de Venise est orchestrée par une Française, Christine Macel, conservatrice au service Création contemporaine et prospective du Centre Pompidou. L’événement a pour thème « Viva Arte Viva ». Il témoigne de la capacité des artistes « à créer leurs propres univers et à injecter de la vitalité dans le monde », selon les mots de Paolo Baratta, président de la fondation Biennale de Venise. Cette foi en l’art et en l’avenir, c’est bien Baratta qui l’a souhaitée, après une belle mais austère cuvée 2015, sous le commissariat d’Okwui Enwezor (« All the World’s Futures »). Parallèlement, la cité lacustre accueille nombre d’expositions, des pavillons nationaux aux accrochages annexes. C’est à voir, à écouter, à réfléchir…

 

Pavillon français : un studio d’enregistrement d’un nouveau genre

Cette année, le pavillon français de la Biennale de Venise est assuré par Xavier Veilhan, épaulé par les commissaires Lionel Bovier (directeur du MAMCO de Genève) et Christian Marclay (plasticien et musicien). Veilhan succède à Céleste Boursier-Mougenot et met en œuvre un projet intitulé « Merzbau musical », jouant sur les volumes et les décors de l’espace du pavillon français, en s’inspirant de l’univers du studio d’enregistrement. Le titre de l’exposition est un clin d’œil à Kurt Schwitters, son Merzbau consistant en une construction habitable de dimension variable constituée d’objets trouvés. Ce projet, dont le nom initial aurait dû être Cathédrale de la misère érotique, avait été commencé à Hanovre et poursuivi à Oslo puis à New York tout au long de la vie de l’artiste. Dans le pavillon français, Xavier Veilhan met à disposition du public toutes sortes d’instruments de musique – certains existants, d’autres inventés pour l’occasion.

Où ? Pavillon français, dans les Giardini

Quand ? Du 13 mai au 26 novembre

 

Le(s) refus de Giacometti au pavillon suisse

Et le trauma devient célébration… Malgré de multiples sollicitations, Alberto Giacometti a toujours refusé de réaliser le pavillon suisse de la Biennale de Venise, arguant qu’il était un artiste international et farouchement opposé à se laisser récupérer « par quelque État que ce soit ». « Women of Venice », la proposition du commissaire Philipp Kaiser pour le pavillon suisse, revient sur ce refus obstiné. Kaiser s’est entouré de Teresa Hubbard, Alexander Birchler et Carol Bove pour réaliser ce que certains considèrent déjà comme un pied de nez à la volonté de l’artiste. Dans le pavillon suisse, le duo Hubbard & Birchler propose un documentaire sur Flora Mayo – une artiste américaine, qui fut la maîtresse de Giacometti – tandis que Carol Bove a réalisé une nouvelle série de sculptures inspirée de l’artiste suisse et de son héritage, notamment ses groupes de personnages.

Où ? Pavillon suisse, dans les Giardini

Quand ? Du 13 mai au 27 septembre

 

Damien Hirst, le très sérénissime

Après avoir exposé Sigmar Polke et Rudolf Stingel au Palazzo Grassi – Punta della Dogana, la commissaire Elena Geuna s’attaque à un autre grand nom de l’art contemporain : Damien Hirst. C’est la première fois que les deux espaces de la Collection Pinault à Venise sont consacrés au seul et même artiste (« Treasures from the Wreck of the Unbelievable »). C’est également la première exposition monographique consacrée à Damien Hirst en Italie depuis sa rétrospective de 2004, au Museo Archeologico Nazionale de Naples. Le projet en question aurait occupé le trublion britannique durant les dix dernières années…

Où ? Palazzo Grassi et Punta della Dogana

Quand ? À partir du 9 avril (date de clôture non communiquée)

 

Mélange des genres au Palais Contarini-Polignac

Le Palais Contarini-Polignac joue la carte des synesthésies avec « Le lien des mondes », une exposition mêlant les arts plastiques, la poésie, l’art culinaire et la haute couture. Les recherches sur le parfum et les sculptures diaphanes de Claudine Drai, en papier de soie sur toile, esquissent des correspondances avec les saveurs de Guy Martin (chef étoilé du restaurant Le Grand Véfour), les poèmes d’Olivier Kaeppelin (directeur de la fondation Maeght, qui a souvent écrit sur l’artiste) et les créations d’Hubert Barrère (directeur artistique de la maison Lesage). Comme de longs échos qui de loin se confondent…

Où ? Magazzino Gallery, Palais Contarini-Polignac

Quand ? Jusqu’au 27 septembre

 

Mark Bradford investit le pavillon des États-Unis

Le peintre abstrait Mark Bradford développe un projet à deux visages pour la Biennale. D’un côté, « Tomorrow is Another Day », une exposition de peintures développant un récit sur les contradictions de l’histoire. Menée par les commissaires Christopher Bedford, le nouveau directeur du Baltimore Museum of Art, et Katy Siegel, curatrice dans la même institution, l’exposition sera composée de peintures anciennes et de nouveaux travaux. De l’autre côté, un projet social, développé avec l’association vénitienne Rio Terà dei Pensieri, visant à réintégrer les anciens détenus de la Sérénissime en leur offrant des opportunités d’emplois. Le programme, baptisé « Process Collettivo », s’étendra sur six ans et verra Mark Bradford participer à l’ouverture d’un espace dans le quartier Frari, où les produits artisanaux fabriqués par les détenus seront vendus.

Où ? Pavillon des États-Unis, dans les Giardini

Quand ? Du 13 mai au 27 septembre

 

Rita Kernn-Larsen, les années surréalistes

L’exposition inaugurale des « Project Rooms », le nouvel espace de la Collection Peggy Guggenheim, sera pilotée par la commissaire Gražina Subelytė et rendra hommage aux années surréalistes de Rita Kernn-Larsen. L’artiste et Peggy Guggenheim étaient amies, la seconde invitant la première à exposer dans sa galerie londonienne, Guggenheim Jeune, en 1938 – exposition qui devait marquer le début des années surréalistes de Rita Kernn-Larsen. C’est une occasion rare de voir cet aspect du travail de l’artiste en dehors du Danemark et des pays scandinaves. Pendant le temps de la Biennale, la Collection dévoilera également une vaste rétrospective consacrée au travail de Mark Tobey (« Mark Tobey: Threading Light », du 6 mai au 10 septembre 2017).

Où ? Collection Peggy Guggenheim

Quand ? Du 25 février au 26 juin

 

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