Future\Pace : un partenariat stratégique

 Londres  |  10 mai 2017  |  AMA  |  Tweet  |  LinkedIn

En combinant la galerie et l’expertise curatoriale de Pace London, l’expérience culturelle de Futurecity et les énergies collaboratives d’un groupe international d’artistes, le nouveau partenariat stratégique Future\Pace offre une approche pionnière pour la mise en œuvre de l’art dans le domaine public. Explications.

 

Art Media Agency s’est entretenu avec la directrice de Pace London, Mollie Dent-Brocklehurst, et le fondateur de Futurecity, Mark Davy, pour envisager l’idée d’une ville culturelle. Apprendre à parler le langage des promoteurs, concevoir des bénéfices économiques liés à la collaboration, appréhender la nouvelle génération d’artistes…

 

Comment s’est passé le partenariat entre Futurecity et Pace London ?

Mark Davy : Mollie et moi nous sommes rencontrés lorsque je travaillais sur la stratégie pour la Crossrail Culture Line, qui correspond à six des nouvelles stations London Crossrail, avec six galeries de premier plan et six artistes internationaux. Bien qu’il existe actuellement un véritable engouement pour les artistes qui créent des œuvres à grande échelle dans les milieux urbains, il est en fait difficile de faire travailler les artistes dans ce contexte. Ou bien ils n’ont pas les équipes derrière eux, ou alors ils évoluent dans un dispositif de galerie, ce qui peut être difficile, car vous devez travailler de façon véritablement collective et ouverte. Mollie et moi étions intéressés par l’idée d’une nouvelle sorte de groupe qui donnerait aux promoteurs, aux organisations de la ville et aux autorités l’opportunité de sélectionner des artistes qui peuvent réaliser des œuvres à grande échelle, qui peuvent travailler dans des organisations pluridisciplinaires, s’associer – ce qui n’est pas facile pour les artistes ! – et produire. Futurecity a travaillé dans ce domaine pendant près de dix ans. Par exemple, le White Horse de Mark Wallinger à Ebbsfleet, ou Slipstream de Richard Wilson à Heathrow. Nous apportons notre soutien pour l’aspect stratégique et structurel du travail, le budget, les assurances, les contrats et la gestion du projet. Pace London offre une expertise de galeriste et d’expositions, ainsi que la possibilité d’offrir de très bons artistes de haut niveau, avec des équipes capables de réaliser des projets de grande envergure. Nous avons choisi le nom de Future\Pace et avons inauguré notre manifeste cette année, à la Biennale d’architecture de Venise.

 

Mollie Dent-Brocklehurst : Si le partenariat marche si bien, c’est parce que Mark a cette vision incroyable et inspirée sur la manière d’impliquer la culture dans le développement et imaginer des méthodes pour associer les clients, la ville et les planificateurs. Futurecity produit quelque chose que nous n’aurions jamais pensé faire, et a les capacités de le faire : aborder ces très grands projets d’un point de vue entièrement différent de celui d’une galerie. La vision de Mark – et sa capacité à conduire et livrer ces projets – est quelque chose que Pace Londres n’a assurément pas, et nous ne connaissons également personne d’autre qui maîtrise cela. Alors c’est vraiment un super partenariat.

 

Qui sont les artistes de Future\Pace et comment les avez-vous sélectionnés ?

Mollie Dent-Brocklehurst : La sélection de nos artistes – coordonnée par Pace London initialement – a pris près de six mois, mais nous allons faire entrer d’autres artistes. En ce moment, les artistes impliqués sont Janet Echelman, Kohei Nawa, teamLab, Carsten Nicolai, Random International, Michal Rovner, Studio Drift et Leo Villareal. C’est un groupe d’artistes que nous trouvons très pertinents et particulièrement doués pour s’impliquer et livrer le genre de projets que nous proposons. Souvent, cela veut dire que l’artiste ou le collectif d’artistes – parce quà ce stade, dans beaucoup de cas, ça a tendance à être un collectif – est satisfait et prêt à s’engager, fournissant un effort collectif, dans une démarche plus grande, en travaillant avec des architectes ou des ingénieurs. Nous nous sommes tournés vers un groupe d’artistes qui travaille avec les nouvelles technologies et le media numérique, souvent la lumière, le mouvement et la projection, pas parce que c’est là notre critère de sélection, mais parce que nous trouvons que ces personnes regardent beaucoup vers l’avenir. Et puis, je considère que ce qui est important, c’est que nous sentions qu’ils abordent, chacun, davantage leur pratique avec la sensibilité d’un artiste plus que d’un ingénieur.

 

Est-ce là la principale offre de Future\Pace London aux promoteurs, la mise en relation avec les artistes ?

Mark Davy : Pendant longtemps, la modalité avec laquelle l’art public s’est introduit dans l’espace public reposait sur le travail de l’architecte : le promoteur ou la ville demandait au planificateur principal de mettre en place des idées qui correspondent au schéma architectural. L’art, lui, vient de plus loin ; souvent trop tard et très souvent avec une idée de ce à quoi il devrait ressembler, avant même que l’artiste ait commencé. Ce que Future\Pace est en réalité en train de faire, c’est monter une agence qui réunit à la même table l’architecte, l’ingénieur, le paysagiste, et qui peut dire, « eh bien, il y a des alternatives : vous n’êtes pas obligé d’avoir un immeuble avec un éclairage arbitraire, vous pourriez avoir un éclairage programmé ; vous pourriez avoir un pont qui est une sculpture que l’on peut traverser, vous pourriez avoir un paysage qui est un environment créé par un artiste conceptuel ». On utilise les termes « hardware » et « software ». Le hardware désigne comment les villes sont conçues – les infrastructures des routes, le système des grilles pour dessiner les bâtiments, etc. –, mais qu’en est-il du software ? Quid du comportement des gens, de la façon dont ils font l’expérience de la ville ? Nous essayons de faire intervenir les artistes au plus tôt dans le  processus, en leur donnant une véritable chance de créer des alternatives aux propositions habituelles qu’un promoteur avancerait. Cela ne s’est jamais produit avant, parce qu’il n’y a jamais eu une agence assez importante, avec toute la structure dont on a besoin pour s’asseoir à la table et être pris au sérieux.

 

Pourquoi est-ce un moment important, maintenant, pour une agence comme Future/Pace ?

Mark Davy : Quand j’ai rencontré Marc Glimcher et Mollie, j’ai tenté de décrire le monde de Futurecity. Je leur ai dit que nous devrions nous asseoir dans la même pièce, avec des promoteurs, des architectes, des ingénieurs. Que l’art pourrait les intéresser. Je pense que si Pace et d’autres galeries n’y faisaient attention, un univers parallèle de projets arty émergerait, des œuvres non créées par des artistes, mais par des personnes venues d’autres disciplines. Vous verriez des formes sculpturales, mais ce ne serait pas nécessairement des sculptures. Vous verriez des schémas d’éclairage, mais ils ne seraient pas conçus pas un ingénieur-lumière. Et parce que les promoteurs ne sont pas très au courant du monde de l’art, d’un certain point de vue, ils ne savent pas ce qui est bon ou mauvais. Alors, je vais plus loin dans l’idée que nous avons besoin aujourd’hui de penser à ce public complètement différent, besoin de mettre en place une structure capable de concurrencer leur monde.

 

Est-ce vous qui choisissez les artistes ou bien vos clients sont invités à soumettre des propositions ?

Mollie Dent-Brocklehurst : Les projets distincts requièrent différentes approches. Certains projets nécessitent de la compétition et des propositions, mais dans un monde idéal, en étudiant un projet, nous pourrions savoir exactement qui devrait le faire : cela ferait immédiatement sens. Alors, par exemple, avec le projet Illuminated River, clairement, c’était quelque chose que Leo Villareal  pouvait offrir. Nous avons aussi été shortlistés pour un projet incroyable, afin de concevoir un mémorial de l’Holocauste à Londres. C’était tout à fait en adéquation avec le sens de l’Histoire et la sensibilité de Michal Rovner, sa pratique personnelle… Je ne crois pas que nous aurions pu mener à bien ce projet, sauf en travaillant avec elle. De toute évidence, ce ne sera pas toujours comme ça, mais nous pouvons naturellement nous adapter.

 

Comment avez-vous trouvé la réponse des promoteurs ?

Mark Davy : La réaction a été extraordinaire. Les promoteurs veulent vraiment travailler avec le monde de l’art, mais ça a été historiquement difficile, parce que le langage est aussi vraiment différent. Nous avons notre propre vocabulaire, notre propre manière de décrire les choses. Quand j’ai commencé à travailler avec des promoteurs, en 2007, j’étais vraiment choqué, c’était bien plus rapide et plus agressif que le monde de l’art. J’ai trouvé cela très difficile au début, mais avec l’expérience, en dix ans, nous avons appris comment ça fonctionnait. Par exemple, comme Mollie l’a mentionné, nous avons gagné le projet Illuminated River avec l’artiste Leo Villareal. C’était vraiment intéressant, parce qu’il y avait là une équipe dirigée par un artiste contre une équipe chapeautée par l’architecture. Et l’artiste a gagné le pari… Ainsi, maintenant, nous avons opté pour un projet managé par un artiste, qui sera livré par un architecte (Lifschutz Davidson), plutôt que de choisir un projet où l’architecture dirige et où l’artiste est autorisé à implémenter, après coup, quelque chose sur la structure qui lui est réservée. Ryan Gander travaille actuellement d’une manière similaire sur un projet de paysage du Biomedical Campus de Cambridge, dans lequel il dirige l’équipe de paysagistes. Nous avons aussi Norman Foster, qui travaille avec Michal Rovner, Conrad Shawcross managé par l’équipe de Møller pour repenser l’Energy Centre à Greenwich, avec sa structure Optic Cloak… Nous travaillons également avec un certain nombre de promoteurs – de Crown Estates à Piccadilly et Mayfair, à des promoteurs de quartier résidentiels, comme St James, qui sont en train de réaliser un gros projet avec Random International. Ils sont bien plus intéressés maintenant par ce que les arts et le secteur culturel peut leur apporter. Nous développons des projets en Grande-Bretagne, à Boston, Melbourne, Sydney, tout comme l’année prochaine à Taïwan et à Tokyo.

 

Pourquoi pensez-vous que les promoteurs apprécient la valeur de l’art dans leur développement ? Pourquoi cela compte soudainement ?

Mark Davy : Je crois qu’un certain nombre de choses importantes se sont passées. Premièrement, il y a l’idée que les villes captent une attention mondiale croissante, étant bien plus impliquées dans le champ culturel, l’éducation. Vous avez pu le voir lors de l’élection de Trump ou à l’occasion du Brexit… Quand les villes, en Grande-Bretagne et aux États-Unis, ont voté, soit pour rester dans l’Europe, soit pour Clinton contre Trump. Deuxièmement, je crois que les promoteurs sont en train de réaliser le pouvoir de la culture pour faire la différence entre une ville et une autre – afin de dessiner son caractère unique –, et comprennent qu’ils ont besoin de nourrir ça. Par exemple, quand nous parlons de Londres comme d’une ville culturelle, cela implique un investissement continu en direction de la culture. Vous ne pouvez aujourd’hui plus construire en espérant que cela correspondra à l’espace que vous avez créé. La génération du nouveau millénaire est nomade, elle développe des expériences et du contenu. Ce ne sont plus les consommateurs du passé. Je crois que les bons promoteurs urbains, plus jeunes, sont bien plus au courant du fait qu’ils doivent concevoir et créer des endroits pour ce genre de personnes, pour attirer les Apple et les Google, et les travailleurs éduqués. Cela vient juste de se produire à Londres. Nous travaillons à Sydney, une ville qui s’est transformée de « ville de plein air » en une « ville des idées ». Je crois aussi que les promoteurs ont changé. Quand j’ai lancé Futurecity il y a dix ans, les promoteurs étaient plus vieux et n’avaient pas un grand sens du lieu. Ce n’était pas important si c’était Mayfair ou Deptford. Les promoteurs habitent maintenant dans la ville, ils travaillent dans la ville et en font l’expérience. Ils sont tout simplement plus enclins à aller dans un lieu éphémère avec de la musique que n’importe qui d’autre. Alors, c’est une époque fascinante et c’est pourquoi nous avons senti que l’idée de Future\Pace tombait au bon moment. Et nous nous sommes vraiment mis en quatre pour être ambitieux par rapport à l’échelle des projets que nous voulons faire. Dans un monde parfait, je voudrais que les promoteurs sentent que nous pouvons construire un bâtiment entier pour eux, et nous le pouvons, parce que nous avons une équipe.

 

Comment les artistes trouvent cela, travailler avec des promoteurs au lieu de galeries ou d’institutions culturelles auxquelles ils sont habitués ?

Mollie Dent-Brocklehurst : La plupart des gens que nous engageons ont déjà une certaine expérience du travail à grande échelle, des projets publics, et le fait qu’ils soient préparés à s’engager de cette manière est un intérêt pour nous. Bien sûr, si un artiste n’avait pas cette expérience, cela ne nous arrêterait pas pour travailler avec lui. Mais cette manière de travailler collective est de plus en plus commune parmi les artistes, en particulier les plus jeunes. C’est un processus bien plus engagé que produire un travail dans un atelier, en le livrant à une galerie et en lui disant « au revoir » au même moment. Cela engage beaucoup de gens, et les artistes apprécient.

 

Mark Davy : En un sens, nous parlons d’une nouvelle génération d’artistes.  On ne peut pas avoir un artiste qui, à la moitié du chemin, dit soudain : « Je ne vais pas faire ça » ou « je vais partir pour six mois », ou encore « j’ai besoin de repenser ça depuis le début » ! Cela ne correspond pas à tous les artistes, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre et certains ne voudront pas travailler dans ce contexte. Reste qu’il y a beaucoup d’artistes qui sont excités par ça. Pourquoi n’aimeriez-vous pas être impliqué dans la création de 17 ponts sur la Tamise ou concevoir une tour ou un parc à Cambridge. Il est entièrement possible de garder son intégrité artistique tout en travaillant dans ce contexte.

 

Les promoteurs voient-ils un bénéfice économique à intégrer l’art public dans leurs projets ?

Mark Davy : Je crois que ce que nous essayons de faire est d’ouvrir leurs yeux pour avoir une idée bien plus expérimentale, créative, culturelle de ce que leur développement pourrait être. Ce n’est plus dans l’intérêt du promoteur d’accueillir des entreprises grand public dans leurs bureaux, peut-être veulent-ils un théâtre à la place ou une œuvre majeure, que les gens vont venir voir à Londres… Le projet Bay Bridge de Leo Villareal a eu, à San Francisco, un effet massif sur le quartier autour du pont, qui était auparavant invisible. C’était toujours le Golden Gate Bridge qui attirait l’attention.

 

Comment les artistes se sentent, quand leurs œuvres sont ainsi utilisées ?

Mark Davy : Il y a des moments qui ont toujours été sensibles pour le secteur de l’art . Nous ne sommes pas là pour faire de l’argent, mais nous ne sommes pas non plus des gars qui œuvrent dans un domaine intéressant et ensuite deviennent hors-jeu. Future\Pace est un peu différent… C’est comme si la communauté de l’art faisait partie du processus. L’argent, pour les artistes, a diminué maintenant depuis les derniers 15 ou 20 ans. Il n’y a plus les bourses qu’il y avait auparavant, les agences de développement régionales sont parties, alors tous les canaux qui gardaient les artistes actifs s’assèchent. Depuis dix ans que Futurcity fonctionne, nous devons avoir mis 10 M£ dans le monde de l’art avec les commandes. Nous avons réalisé près de 180 projets majeurs et je devrais dire que presque 95 % de l’argent est venu du secteur privé, où nous avons persuadé les promoteurs d’utiliser les artistes pour leurs bâtiments. Ils ont fait attention à Futurecity, maintenant ils font attention à Future\Pace, et d’autres commandes vont naître, par exemple des développements comme London Dock, juste à côté de Tower Bridge : 75 ateliers subventionnés, managés par Bow Arts, ont été implantés là. C’est un promoteur qui conduit tout ça. À Battersea, l’atelier du Royal College of Art a été implanté dans le schéma du Riverlight à Nine Elms. Cela a été un succès, une petite galerie, puissante – les promoteurs n’ont aucun contrôle sur cette affaire – est aujourd’hui complètement indépendante. Il y a un immense bénéfice économique pour le monde de l’art aussi, nous devons simplement penser différemment pour les 25 ou 30 ans à venir.

 

Étant une « galerie sans murs », comme vous vous définissez, vous touchez des publics qui ne sont pas les habitués des foires ou des biennales. Vous avez peut-être peu de connection au public de l’art contemporain. Est-ce que vous produisez des événements et des opportunités éducatives pour ouvrir vos contenus ?

Mark Davy : Oui, nous le faisons, nous attendons absolument que ce soit le cas. Nous produisons des publications, des films et du matériel qui appuient et donnent du contenu au projet. Nous essayons de mettre en place des associations avec des groupes éducatifs – par exemple, nous travaillons avec le Royal College of Art et l’University of the Arts London – et nous sommes les mentors de jeunes artistes. Quoiqu’il en soit, je crois que c’est encore un domaine qui a besoin d’un peu de travail. Cela peut être compliqué de persuader un promoteur d’investir dans toute cette éducation collatérale et ce matériel d’aide. Les deux projets les plus réussis ont été Slipstream pour Heathrow et la Crossrail Culture Line. Dans les deux cas, les promoteurs ont intégré des plans d’éducation dans leurs projets. Avec Slipstream, le client a investi dans un incroyable iBook, qui a permis aux utilisateurs de jouer avec l’architecture et l’ingénierie. Ce client a vraiment saisi le truc, mais nous en avons d’autres qui veulent juste voir figurer le projet dans leur brochure, alors il y a un peu une bataille autour de ça. Je crois qu’en ce moment, c’est le point faible de ce processus, parce que ce n’est pas encore du domaine public.

 

Mollie Dent-Brocklehurst : Bien que nous considérions tous nos artistes comme étant sérieux, les plasticiens de Future\Pace ont été sélectionnés parce qu’ils travaillent sur des médiums accessibles et accueillant pour le public. Par exemple, prenons quelqu’un comme Leo Villareal. Son travail est magnifique et plaisant à regarder, c’est élégant, il sort de cette incroyable tradition de l’abstraction. Ou bien teamLab : encore une fois, c’est juste incroyablement séduisant pour le spectateur. Ensuite, il a aussi ce message fort, exprimé sur la durabilité et l’environnement, et la perspective de la peinture japonaise…

 

Finalement, dans votre manifeste, vous faites le constat que « les âges d’or de la créativité et l’énergie culturelle sont brefs ». Ici, est-ce un bref âge d’or ou le début d’une nouvelle tendance ?

Mark Davy : Je suis un optimiste ! Je suis dans les arts depuis longtemps – comme artiste praticien, comme professeur dans les écoles d’art et comme dirigeant de Futurecity – et je crois que c’est un moment vraiment excitant. À l’inverse, nous sommes dans un moment terrible, tout ce que nous avons pris pour la norme ces dernières 15 ou 20 années se brise, et cependant la force des villes semblent avoir émergé de tout ça. Alors je crois, pour nous, que nous devons participer au contenu et aux histoires. Je sens que c’est le moment pour les artistes, ironiquement, et malgré les coupes budgétaires dont nous souffrons constamment, le temps est venu de la créativité, de l’originalité et des idées. C’est le moment pour ces gens de pousser la file d’attente. On brise la glace avec ce projet. Si nous pouvons le faire marcher, on chasse le pack de glace et on ouvre le réseau derrière nous.

 

Mollie Dent-Brocklehurst : Je suis d’accord, j’ai le sentiment que c’est quelque chose qui, en allant plus loin, est en train de devenir de plus en plus important dans la manière dont les gens vivent, et dans le développement des villes. Plus de gens vivent dans les villes, avec plus de choix autour des lieux où ils veulent vivre… et comment. Dans ces grands développements, ils peuvent aujourd’hui choisir s’ils ont envie de faire partie de ça, là-bas, ou bien de vivre ailleurs. Alors, contre les économies stagnantes et toutes ces choses qui arrivent dans le monde, la qualité de la vie qu’apporte la culture, via l’art, est en train de devenir de plus en plus importante. J’aime espérer que c’est le début de quelque chose qui ne fera que croître.

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