Musées de Chicago : les acquisitions récentes…

 Chicago  |  24 avril 2017  |  AMA  |  Tweet  |  LinkedIn

Des porte-paroles de trois grands musées de la région de Chicago ont récemment communiqué, pour Art Media Agency, sur leurs récentes acquisitions. La nature historique et stylistique de ces œuvres démontre un engagement fort pour renforcer les collections de ces institutions culturelles. Panorama.

Fondé en 1879, l’Art Institute of Chicago (AIC) est l’une des institutions d’art les plus importantes et les plus visitées au monde. Sa collection permanente comprend plus de 300.000 objets et représente toutes les périodes historiques, les nationalités et les cultures. La toute dernière extension du musée a été livrée en 2009, avec la création de son aile moderne, qui a agrandi l’institution de 24.526 m2 d’espaces d’exposition, d’installations éducatives, et dispose de technologies « vertes ».  The Art Institute of Chicago est soutenu par des dons et des frais d’admission, bien que les heures d’ouverture gratuite soient fréquentes, dont l’entrée libre le jeudi soir de 17 h à 20 h, toute l’année, réservée aux résidents de l’État de l’Illinois.

L’Art Institute of Chicago a acquis Le Christ portant la croix du peintre italien du XVIe siècle Sebastiano del Piombo. La peinture a été récemment redécouverte et a été révélée à l’AIC par la galerie Colnaghi basée à Londres, qui a facilité le transfert de la peinture au musée. « Nous ne pourrions pas être plus heureux d’avoir cette rare et merveilleuse opportunité d’intégrer une peinture si importante – la toute première que nous avons de Sebastiano – dans la collection permanente de l’Art Institute », ont déclaré Gloria Groom, David et Mary Winton Green, conservateurs et responsables de la collection David and Mary Winton Green, un fonds de peintures et de sculptures européennes.

Sebastiano del Piombo est connu comme l’un des seuls peintres majeurs de la Haute Renaissance à combiner le parti pris de la couleur de l’école vénitienne avec l’exagération maniériste des proportions. Son travail a donc été salué pour sa force d’évocation d’une élégance monumentale et héroïque, tout en rivalisant avec l’esthétique plus sensuelle de peintres tels que Titien et Veronese. Le Christ portant la croix est clairement représentatif du registre émotionnel de composition de Sebastiano del Piombo. Cette composition en particulier a été si réussie qu’il en a créé de multiples variations. L’acquisition récente de l’AIC rejoint d’autres occurrences connues de cette image, faisant partie aujourd’hui des collections du Musée du Prado de Madrid, du Musée des Beaux-Arts de Budapest et de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. L’œuvre est actuellement exposée à l’AIC dans la galerie 205.

Un autel en porcelaine peinte, œuvre chinoise datant de la période Jiaqing (dynastie Qing), a lui aussi été récemment acquis par l’AIC. L’autel est composé de cinq pièces : un encensoir à trépied destiné à brûler de l’encens, deux chandeliers assortis avec des bacs à gouttes attachés à mi-hauteur et deux vases à bec mesurant environ 26,6 cm de hauteur. Les objets étaient probablement utilisés lors des rituels bouddhistes.

Leur beauté et leur intérêt historique mis à part, ces objets sont d’une   valeur particulière pour la ville de Chicago, en raison de leur provenance.   Ils sont arrivés à l’AIC par la collection d’Edward H. Bennett. Celui-ci était un architecte influent et un pionnier dans le domaine de l’urbanisme. Il a coréalisé le plan de 1909 pour le développement de la ville de Chicago et a été concepteur de deux des monuments les plus en vue de la ville : la fontaine de Buckingham et le pont de la Michigan Avenue. Avant de rejoindre la collection permanente de l’AIC, l’autel était exposé dans la résidence privée de Bennett.

Smart Museum of Art

Créé en 1974, le Smart Museum of Art a été désigné du nom des frères David et Alfred Smart, les éditeurs du magazine Esquire. Bien que David ait été un collectionneur passionné d’art, le don initial des frères pour aider à fonder le musée est davantage venu sous la forme de stocks d’Esquire plutôt que d’œuvres d’art. Le musée collectionne des pièces modernes, asiatiques, européennes (avant 1900) et contemporaines. Sa mission est de servir le plus largement possible la communauté de Chicago et son entrée demeure gratuite pour tous les publics. Sa collection permanente contient actuellement plus de 15.000 objets, dont des sculptures de Jean Arp, Henry Moore et Auguste Rodin, des peintures de Norman Lewis, Joan Mitchell, Jean Metzinger et Mark Rothko, ainsi que Les Désastres de la guerre de Francisco Goya.

Le Smart Museum of Art de Chicago abrite désormais plusieurs œuvres remarquables de Wolf Vostell, l’un des pionniers les plus influents du mouvement Fluxus. Ces acquisitions font partie d’un des corpus d’œuvres de Vostell les plus innovants, dans lequel le médium se trouvait être le béton. Il comprend deux menottes en béton, des dispositifs de contrainte utilisés dans la réalisation du film sur la performance Desastres de 1972. On y trouve aussi deux collages en béton, dont Fliegende Zementwolke ueber Chicago, ou Flying Cement Cloud over Chicago, qui comportent des formes en béton moulé attachées à des photographies montées sur panneau.

L’œuvre phare des acquisitions de Vostell par le musée est la Cadillac in concrete, une Cadillac de 1957 entièrement encastrée dans du béton, faisant partie de sa série Concrete Traffic de 1970 liée aux Concrete Happenings. Ont été également acquis des documents, comme les douze photographies documentaires de Concrete Traffic et une copie du film Desastres. Vostell fut un organisateur actif de happenings à partir de 1958.     En plus de ses performances et de ses œuvres concrètes, il a été un pionnier dans l’art de l’installation et est considéré comme le premier artiste à intégrer un poste de télévision dans une œuvre d’art. L’entière collection de Wolf Vostell du Smart Museum of Art est présentée jusqu’au 11 juin.

Mary and Leigh Block Museum of Art

Fondé en 1980, le Mary and Leigh Block Museum of Art est situé sur le campus de l’Université Northwestern, au nord des limites de la ville de Chicago, sur les rives du lac Michigan. Conçu à l’origine comme un exemple de la tradition allemande des Kunsthalle, sans collection permanente, il a néanmoins rapidement abrité un ensemble intégré et croissant d’art contemporain. Aujourd’hui, le musée possède ainsi une collection de près de 5.000 œuvres, tous médiums réunis, présentant quelques-uns des noms les plus importants de l’art moderne et contemporain, de Jasper Johns, Barbara Hepworth, Chuck Close, Andy Warhol, Joan Miró à Kara Walker. Le musée comprend un jardin de sculptures et un cinéma, il est ouvert au public et gratuit.

Situé non loin du lac d’Evanston, parmi les institutions les plus actives de la région de Chicago, le Mary and Leigh Block Museum of Art de la Northwestern University s’est récemment distingué. Le musée a en effet acquis un certain nombre d’objets d’art contemporain importants, regroupant les médiums de la sculpture, de la peinture, de l’installation, du cinéma et de la photographie. L’acquisition par le musée de One (1970), œuvre de l’artiste américain Sam Gilliam, est particulièrement intéressante. À 83 ans, Gilliam reste l’un des membres vivants les plus influents de la Washington Color School. One est un parfait exemple de ses peintures-rideaux iconiques, sorte d’expériences lyriques sur la couleur durant lesquelles Gilliam travaille sur la toile brute non tendue, qu’il accroche comme une sculpture.

Richard et Jackie Hollander, deux collectionneurs de la région de Chicago, ont récemment offert au Block Museum plus de 30 tirages photographiques du célèbre photographe américano-luxembourgeois Edward Steichen. Cette acquisition comprend des éléments de la série des photographies botaniques de Steichen, ainsi que des exemples de ses photographies de danseurs. Steichen est plus connu pour avoir été le contributeur le plus actif du magazine Camera Work, édité entre 1903 et 1917 par Alfred Stieglitz, propriétaire de la galerie 291 et époux de Georgia O’Keeffe. Le Block Museum a aussi acquis il y a peu dans le champ de la photographie quinze tirages de la photojournaliste américaine Donna Ferrato, issus de sa série d’œuvres documentant la violence domestique, intitulée Living With the Enemy. Autres achats, la photographie Ayuba Suleiman Diallo du photographe sénégalais Omar Victor Diop, la photographie Nightshift 3 de l’artiste multimédia dissident israélien Vahap Avsar, né en Turquie et basé à New York, ainsi que des sélections de Memoirs of Hadrian de l’artiste multimédia Lyle Ashton Harris.

Ces acquisitions récentes complètent le cadeau majeur que le Block Museum a reçu à la fin l’année dernière, soit 68 œuvres de la collection personnelle de Peter Norton, renommée pour la création multimédia. Parmi ces dons figuraient l’installation Ritual and Revolution (1998) de l’artiste multimédia Carrie Mae Weems, aux côtés du film Happiness (Finally) After 35,000 Years of Civilization (2003) de l’artiste américain né à Hong Kong, Paul Chan.

 

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