Que retenir d’Art Paris Art Fair 2017 ?

 Paris  |  2 avril 2017  |  AMA  |  Tweet  |  LinkedIn

Une de plus ! La 19e édition de la foire Art Paris Art Fair rassemblait 139 galeries de 29 pays, avec plus de 1.500 artistes représentés. Que retenir de ces cinq jours qui ont vu presque 55.000 visiteurs arpenter la foire ?

Cette édition a donné lieu à de belles découvertes avec un focus réussi sur la création artistique africaine, les jeunes galeries du secteur « Promesses » et plus d’une vingtaine de solo shows d’artistes modernes, contemporains ou émergents. Les galeries du focus africain ont montré, dans leur grande majorité, une certaine satisfaction. Les oeuvres sur soie de Billie Zangewa chez Afronova (Johannesburg) ont eu un succès retentissant — le stand est sold out. Même son de cloche chez Artco (Aachen) qui a cédé l’intégralité de son stand, composé d’oeuvres de Marion Boehm. Francesco Giaveri, directeur de la galerie ADN (Barcelone) qui présentait Kendell Geers, se taille d’un laconique « il y a eu du bon et du moins bon ».

Les galeries du secteur « Promesse » ont eu des réussites plus ou moins prononcées. Carton plein pour l’Espace L de Genève qui a cédé une quinzaine d’œuvres de Julien Spiewak et d’Anna Marra Contemporanea (Rome) qui a vendu six œuvres d’Elvio Chiricozzi. Pour Ana Patricia Gomez, directrice de la Balsa Arte (Bogota), qui présentait notamment les excellents dessins de Juan Osorno, « c’est très cher pour nous de venir sur Art Paris Art Fair car nous devons, en outre du stand, payer les transports des oeuvres. Néanmoins, cette foire est très importante pour nous. Nous devons représenter nos artistes en Europe. » Après de bonnes ventes au début de la foire, les choses se sont tassées pour sa deuxième participation à la foire.

Certains stands ont eu un écho particulier, par leur excentricité ou leur audace. Le solo show fantasque de Tinka Pittoors chez Caroline Smulders a été un évènement. La galeriste relaie la joie de son artiste.« Tinka a trouvé l’accueil du public français extraordinaire. » Et comme tous les ans, les sculptures hyperréalistes de The Kid présentées par la galerie ALB – Anouk Le Bourdiec ont attiré les foules. La majorité de ses oeuvres, peintures et sculptures, ont été réservées ou vendues pendant la foire.

Certaines galeries ont bien vendu, à l’instar de Nathalie Obadia, qui faisait état de « ventes solides et d’une édition de qualité. Art Paris Art Fair est une foire bien implantée. » Le stand a renouvelé son accrochage tout au long de la foire. Plusieurs stands sont sold out comme Claude Bernard (Paris) et Artco (Aachen). Un bon salon également pour Wahib Chehata, présenté par A2Z Gallery. Alors que l’artiste expose actuellement à Rabat avec Kouka au Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (« Présence Commune », jusqu’au 28 avril) et qu’il vient d’entrer dans les collections des rois du Maroc et de Jordanie, ses tirages ont connu un grand succès sur la foire.

Néanmoins, nombre d’exposants ont fait état d’un climat difficile et de collectionneurs attentistes. Pour ce galeriste belge, « si on a vendu, c’est par notre effort commercial, plus que les personnes présentes sur la foire. » Le vernissage d’Art Paris Art Fair a été très réussi, rassemblant plus de 15.000 professionnels, collectionneurs et amateurs (+ 10 % par rapport à 2016). Le reste du temps, les allées de la foire ont été plus clairsemées, d’avis de galeristes. Un autre exposant explique : « J’ai très bien vendu pendant le vernissage, mais ensuite le niveau d’activité a largement baissé. » Les causes incriminées ? Un marchand italien évoque la « frilosité des collectionneurs français, contrairement à ce qui se fait en Belgique ou au Royaume-Uni. » Beaucoup d’exposants invoquent également des problèmes de calendriers. « Cette année, Art Paris Art Fair est décolérée des ventes Sotheby’s et Christie’s et de la semaine du dessin. Certains collectionneurs ont acheté la semaine dernière, d’autres ont quitté Paris. Et pour d’autres, ce sont les vacances. L’émulsion est moins forte. » .

Renforcée par la présence de galeries d’art moderne, la sélection 2017 a accordé une place de choix aux courants artistiques de l’après-guerre. La Figuration Narrative et CoBrA étaient bien représentés, beaucoup de galeries sortant leur Karel Appel à l’occasion de sa rétrospective au Musée d’art Moderne de la Ville de Paris, comme DIE Galerie, Michel Descours, la galerie Fleury, Frans Jacobs Fine Art et Alexis Lartigue. Ce dernier a vécu une foire décevante. « Difficile de vendre les Modernes sur Art Paris Art Fair. » Difficile aussi pour la galerie Artisyou, qui présentait l’exposition « Beyond Gutaï », un — beau — solo show de Tsuyoshi Maekawa, présentant majoritairement les travaux de l’artiste réalisé après la mort de Jirō Yoshihara, le fondateur et animateur du mouvement. « Les visiteurs n’ont pas compris notre stand. »

Beaucoup de galeries évoquaient tout de même des transactions en cours. On ne peut juger la réussite d’un salon qu’à l’aune des ventes réalisées les semaines suivantes. La prochaine édition d’Art Paris Art Fair, se tiendra au Grand Palais du 22 au 25 mars 2018.

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