Dans le monde de Tinka Pittoors

 Paris  |  1 avril 2017  |  AMA  |  Tweet  |  LinkedIn

Sur Art Paris Art Fair, impossible de passer près du stand de la Galerie Caroline Smulders sans y regarder à deux fois. Avec son tapis vert, ses murs ornés de fleurs artificielles et de flamants roses et un mannequin grandeur nature de Michelle Obama, les visiteurs sont immédiatement attirés par ce nouveau monde, un solo show de l’artiste belge Tinka Pittoors. L’espace mélange les références à la vie quotidienne et de grandes fantaisies.

Caroline Smulders, également d’origine belge, considère son travail auprès de Tinka Pittoors comme un retour aux sources. Leur collaboration a débuté, comme souvent pour Caroline Smulders, par l’admiration que la galeriste a voué à son travail.  « Je tombe souvent amoureuse du travail d’un artiste avant de le rencontrer, puis d’entamer une collaboration. C’est ce qui s’est passé avec Tinka. J’ai vu son travail pour la première fois à une foire, je l’ai acheté, puis je l’ai invitée à participer à la grande exposition « Unlimited Bodies » au Palais d’Iéna en 2012. Après cela, je savais que je voulais organiser un solo show avec elle à Art Paris. »

Quand de nombreuses galeries font le choix d’un accrochage de groupe, Caroline Smulders tend plutôt à exposer un seul artiste, pour « lui donner la chance de développer un vrai projet ». Elle concède : « C’est un gros risque, mais je préfère cela aux accrochages de groupe que les visiteurs oublient souvent. » Tinka Pittoors créant fréquemment des environnements entiers, combinant éléments naturels et artificiels, la décision allait de soi. Interrogée sur les intentions de Tinka Pittoors, Caroline Smulders explique que son stand vise à créer un paysage poétique, à travers des tons pâles, des jeux spatiaux et des formes libres.

L’une des œuvres les plus en vue est In Dreams, une statue de l’ancienne première femme des États-Unis sur un banc, entourée d’un véritable tourbillon de matière, semblable à des ADN, planant au-dessus de ses paumes serrées. Pour Caroline Smulders, cette grande masse est censée représenter les rêves d’Obama ; couverts d’épines, ces «rêves» enveloppent Michelle Obama, dévoilant une condition humaine déchirée entre espoirs et réalité. Pour In Dreams, la galeriste et l’artiste caressent d’ambitieux desseins. «Nous allons essayer de l’envoyer à Madame Obama. Nous faisons ce que nous pouvons afin qu’elle soit confrontée à l’oeuvre, au moins son image. Nous adorerions que la sculpture finisse dans son jardin. »

L’exposition de Tinka Pittoors, dont le travail construit des ponts entre différents environnements, n’est pas sans rappeler la philosophie de ce qu’est devenue la galerie de Caroline Smulders. Dans le 10e arrondissement de Paris, la galeriste a créé « un espace de rencontre, de vie et de stockage. Les artistes et les collectionneurs savent qu’ils peuvent venir à tout moment pour travailler ou se détendre. C’est un carrefour. »

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