Le Caravage, querelle d’experts

 Paris  |  16 novembre 2016  |  AMA  |  Tweet  |  LinkedIn

Source de litiges parmi les experts du monde de l’art, l’authenticité d’un tableau du Caravage est à nouveau remise en question, alors que ce dernier est exposé à la Pinacoteca di Brera, à Milan, du 10 novembre au 5 février 2017. La peinture, découverte en 2014 dans un grenier français, est passée entre les mains de l’expert en tableaux anciens Éric Turquin, à Paris, qui l’a estimée à quelque 120 M€. Depuis l’annonce de cette découverte, les institutions ont cherché à protéger l’œuvre, craignant qu’elle ne rejoigne une collection à l’international, l’État français ayant mis en place une interdiction d’exportation. Ce Caravage est considéré comme étant le deuxième exemplaire perdu de Judith décapitant Holopherne (1606-1607), tableau exposé aux côtés d’autres chefs-d’œuvre de la collection du musée milanais — y compris La Cène d’Emmaüs (1605-1606) du même Caravage et une copie de sa Marie-Madeleine en extase, œuvre découverte dans une collection privée européenne il y a quelques années. L’exposition est organisée par Nicola Spinosa, spécialiste du Caravage et ancien directeur du Museo di Capadimonte de Naples. L’exposition de cette toile exceptionnelle pose problème, l’historien d’art Giovanni Agosti a démissionné du comité consultatif du musée pour protester, argumentant que le Brera aide l’actuel propriétaire à augmenter la cote de l’œuvre en l’exposant. « Brera est un musée national italien, pas une galerie commerciale ou une fondation bancaire. Présenter une peinture dans ses salles d’exposition lui confère automatiquement une autorité », a précisé Agosti. James Bradburne, le directeur du musée, se défend en expliquant que la présentation de la peinture est l’occasion pour le public et les experts de se forger leur propre opinion : « La Judith française sera exposée en avertissant de l’attribution par le propriétaire et non par le musée. Il n’y a aucune ambiguïté ».

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