Fine Art Asia 2016 : variété de l’offre et fortes ventes

 Hong Kong  |  20 octobre 2016  |  AMA  |  Tweet  |  LinkedIn

Avec un ensemble de 6.000 œuvres d’art et de pièces d’antiquité représentant 3 Mrd $HK, le tout présenté par des galeries prestigieuses, Fine Art Asia 2016 s’est déroulée du 2 au 5 octobre. Fine Art Asia s’est donc tenue pendant la saison la plus importante pour l’art à Hong Kong, coïncidant avec les sessions d’enchères de Sotheby’s.

Avec 85 exposants venus du monde entier, qui présentaient une sélection d’œuvres de qualité souvent muséale, la 12e édition de la foire a accueilli 22.500 visiteurs, selon l’organisateur Andy Hei. Le co-président et directeur de la Fine Art Asia a déclaré dans un communiqué de presse avoir remarqué « un véritable buzz cette année à la foire, avec un nombre encourageant de jeunes et nouveaux collectionneurs, ainsi que de loyaux et vieux amis ». Il a aussi précisé que l’audience et les ventes avaient dépassé les attentes, « ce que l’on doit à l’extraordinaire qualité des exposants, qui sont tous des experts dans leur domaine ». L’organisateur était visiblement ravi de recevoir des retours positifs de galeries internationales et de Hong Kong, en terme d’intérêts des visiteurs pour leurs œuvres et également en terme de ventes.

Des antiquités à l’art contemporain

Fine Art Asia est probablement l’une des rares foires d’art dans la région à proposer, réunis en un même lieu, tout à la fois des antiquités et de l’art contemporain. Elle présente des œuvres d’art couvrant 5.000 ans d’histoire culturelle, avec des antiquités orientales et occidentales, des peintures classiques et des encres contemporaines chinoises, de l’impressionnisme, de l’art moderne et contemporain, parcours allant de Pissarro, Monet, Sisley et Picasso jusqu’à Damien Hirst, de la haute joaillerie et de la photographie. Ainsi, elle offre une plateforme accessible et pratique pour que se rencontrent les marchands d’art spécialisés et les collectionneurs, avec des intérêts variés.

Des exposants internationaux, dont Vanderven Oriental Art (Pays-Bas), Robert Hall (Londres), Priestley & Ferraro Chinese Art (Londres), Gallery Lamy (Bruxelles), Nicholas Grindley (Londres), Susan Ollemans Oriental Art (Londres), Ateliers Brugier and Galerie Luohan (Paris), ont présenté une sélection d’antiquités chinoises et des œuvres rares. Kaikodo (New York) exposait des peintures classiques chinoises, tandis que Koopman Rare Art (Londres) et Somlo Antiques (Londres) sont revenus dans la foire avec, respectivement, d’exquises antiquités en argent et de l’horlogerie. C’est également ce qu’ont présenté de nouveaux exposants de la foire, Silver & Silver (Bologne) et Top Time Musa (Milan), Boghossian (Genève, Hong Kong et Londres), D’Joya (Birmingham)… La 88-Gallery (Paris/Hong Kong) a exposé de la haute joaillerie et de l’art décoratif.

Gladwell & Patterson (Londres), Galerie Dumonteil (Paris, Shanghai et New York) et Whitestone Gallery (Tokyo et Hong Kong), présentaient des sculptures, ainsi que des œuvres impressionnistes, modernes et contemporaines. Après un début réussi à la Fine Art Asia 2015, Shibunkaku (Kyoto) revient, entouré de deux nouveaux exposants, Shukado (Tokyo) et Sokyo Gallery (Kyoto), pour présenter des encres japonaises et des céramiques particulièrement plaisantes.

Des ventes fortes malgré le ralentissement de l’économie chinoise

Ever Arts (Hong Kong) et MD Flacks (Londres), deux spécialistes du mobilier chinois, ont collaboré cette année sur un stand commun très réussi, qui combinait du mobilier traditionnel chinois avec quelques sculptures contemporaines et des curiosités. Ils étaient ravis de vendre l’une de leurs pièces majeures, un grand lit luohan avec une solide balustrade, d’un style et d’une forme rares, datant de la fin de la dynastie Ming, ainsi que des curiosités de l’artiste pop britannique Clive Barker.

Les marchands londoniens Gladwell and Patterson, spécialisés en peintures impressionnistes européennes et en art moderne, participent à la foire depuis 2011. Moins de deux heures avant la fin de la Fine Art Asia 2016, le directeur de la galerie a rapporté de bonnes ventes sur le stand, cette année, évoquant notamment le fort intérêt manifesté pour Aiguille d’Etretat, marée basse de Monet, pièce qui a été largement relayée par les médias. La soirée de  preview a vu de bonnes ventes, majoritairement pour les artistes paysagistes français Georges Robin et Alexandre Jacob. Une autre transaction a par ailleurs été communiquée, une peinture du Palais des Doges d’Auguste Bouvardevoking, merveille intemporelle de Venise. Selon le directeur, Glenn Fuller, « depuis que nous avons commencé à venir, le type de peintures que nous avons amenées a évolué au fil des ans. Les gens deviennent beaucoup plus sophistiqués ces derniers temps en Asie et ils comprennent beaucoup plus l’art occidental ». Magee à déclaré à Art Media Agency que le ralentissement de l’économie chinoise n’a pas affecté leurs ventes et que les galeries ont noté une « constante augmentation des consommateurs chinois ». Magee a également observé la nouvelle tendance : on trouve de plus en plus d’art contemporain à la foire, et la galerie semblait ravie de la diversité des stands, tout en étant confiante, assurée de maintenir sa forte emprise sur la spécialité, en dépit de la concurrence.

La Galerie Dumonteil (Paris, Shanghai et New York), spécialisée en art moderne et contemporain, et connue en particulier pour ses sujets animaliers, était heureuse de vendre un grand bronze, Horse Table, du sculpteur français Jean-Marie Fiori (né en 1952) et deux œuvres sur papier d’André Maire(1898-1984), qui a vécu treize ans en Indonésie, Angkor et Buddhas, toutes deux exécutées au crayon, au fusain et à la sanguine.

Un nouveau secteur pour la photographie

Pour cette édition, un nouveau secteur de la foire était dédié à la photographie, qui présentait un groupe sélectif de galeries venues de Hong Kong et de l’étranger. Il s’agit là d’une réponse à l’intérêt croissant produit par les tirages photographiques, chez les collectionneurs, dont la curiosité est attisée par le nombre grandissant de festivals, de musées et de galeries faisant la promotion de l’image, nous expliquait l’organisateur. Ce nouveau secteur de la foire a été installée par Boogie Woogie Photography, une agence de consulting basée à Hong Kong, qui a pour but la promotion de la photographie. L’objectif mutuel de la Fine Art Asia et de la Boogie Woogie Photography est de révéler que ce médium, à condition qu’il soit de qualité, peut tout à fait s’inscrire, en Asie, comme une forme d’art susceptible d’être collectionnée.

Quatre galeries ont rejoint le secteur sur invitation. L’une des œuvres phares du secteur était l’exposition d’un tirage vintage remarquable de l’artiste japonais Araki Nobuyoshi, présenté par Zen Foto Gallery (Tokyo). La Galerie Paris 1839 (Hong Kong) présentait quant à elle une œuvre d’un artiste chinois, Wang Wusheng, aux côtés de celle d’un photographe taïwanais primé à l’occasion de différents prix, Chou Ching-Hui, dont Animal Farm #6 a été négocié. La Gallery 27 (Hong Kong) présentait une série de photographies prises avec un iPhone, travail de l’artiste et galeriste Alan Chan.

Les représentants de La Galerie Paris 1839, qui ont aussi participé à Art Central – une autre foire d’art annuelle basée en Asie, en même temps qu’Art Basel Hong Kong -, se sont livrés à AMA, à propos de Fine Art Asia. Ils ont souligné qu’il n’était jamais facile d’approcher des collectionneurs chinois, et pensaient donc que rejoindre Fine Art Asia contribuait à étendre leur base d’acheteurs. Ayant réalisé quelques belles ventes sur son stand, le galeriste convenait que le timing était excellent, qui faisait coïncider la foire avec la session d’enchères de Sotheby’s, dynamisant ainsi le marché.

Une exposition spéciale de collections privées

Au milieu du hall d’exposition de 8.000 m2, une exposition exclusive intitulée « Private Treasures: Experts Share Their Personal View » a été présentée par les membres fondateurs de Hong Kong Antiques et Art Galleries Association (HKAAGA), qui se sont établis en 2015 avec l’ambition d’assurer la promotion des beaux-arts à travers la connaissance, l’expérience et l’interaction avec les experts. Beaucoup de membres de la HKAAGA appartiennent à la deuxième génération de marchands qui ont grandi dans le monde des antiquités et de l’art. Spécialement pour l’occasion, ces membres avaient choisi des pièces issues de leur collection privée, offrant ainsi un accrochage très intime. Autant dire que c’est un privilège rare que de voir de tels « trésors privés » exposés. Toute l’attention s’est tournée vers une sculpture du IIe siècle, en schiste gris, Atlas, mais aussi vers un oreiller en zitan sculpté en forme de nuage, ou encore une grande figure sancai du Ferghana.

Indéniablement, l’ampleur et la variété des pièces d’art et des antiquités exposées dans le cadre de la Fine Art Asia 2016 furent exceptionnelles, dans une région, Hong Kong, qui a su attirer des Chinois locaux ainsi que des collectionneurs internationaux. Le format de la foire représente un bon équilibre, offrant une plateforme d’une agréable variété, afin que marchands et collectionneurs s’y engagent. L’autre atout de Fine Art Asia tient aussi à cette ambiance exclusive et élégante, qui préserve les collectionneurs des foules accablantes que l’on peut voir dans d’autres foires internationales. Enfin, de bonnes ventes pourraient être un signe positif pour contredire les peurs récentes du marché de l’art liées au ralentissement de l’économie chinoise. Le nouveau secteur consacré à la photographie, lui, est significatif d’une transformation potentielle de la foire, qui assurerait ainsi une plus forte présence contemporaine et pourrait rencontrer le goût de la classe croissante des jeunes collectionneurs chinois.

Tags : , , , , , , ,

Ad.