La convention du Symev examine l’avenir des maisons de ventes aux enchères

 Paris   |  11 décembre 2014  |  AMA  |  Tweet  |  LinkedIn

Le 2 décembre, la convention du Symev organisée à l’Automobile Club de France avait pour thème « La maison de ventes : quel avenir pour demain ? » À cette occasion, Maître Jean-Pierre Osenat, réélu président du Symev pour une durée de trois ans, a présenté les problématiques actuelles autour des maisons de ventes aux enchères. Celui-ci s’est prononcé contre la nouvelle réforme : le 17 décembre, le ministre des Finances Emmanuel Macron présentera devant le conseil des ministres le projet de loi relatif à une réforme des professions dites réglementées. Il prévoit, notamment, la fusion des métiers de commissaire-priseur et d’huissier de justice. Néanmoins, Maître Jean-Pierre Osenat reconnaît être favorable au concept de regroupement, même si selon lui, la répartition spécifique des commissaires priseurs en neuf chambres régionales est un paradoxe.

La table ronde n°1 abordait le sujet de « La maison de ventes : un nouveau lieu de vie ». Cette table ronde imaginait comment les maisons de ventes pouvaient accueillir des expositions, conférences et évènements pour devenir des lieux de convivialité dotés d’un espace culturel. Stéphane Corréard a expliqué que la maison de ventes devait être un acteur de l’éco-système de l’art au sens large et devait être complémentaire des autres acteurs du marché. Pour cette raison, il avait décidé d’organiser l’événement de sa nouvelle maison de ventes le soir du vernissage de la Fiac. La question centrale, qui est de savoir comment attirer le public, a été soulevée par Christophe Delavaut de Drouot, ce dernier ayant décidé de participer à l’événement des Nuits Blanches, durant lequel Drouot était ouvert de 18h à 3h du matin. Afin de transformer les maisons de ventes en lieux chaleureux et accueillants, certains ont eu des idées atypiques, comme Lucie-Eléonore Riveron, qui a élargi les horaires d’ouverture et implanté un bar à vin, ainsi que Stéphane Aubert, un précurseur grâce à l’intégration d’un restaurant et d’une librairie au sein de sa maison de ventes. Damien Leclère, pour sa part, organise des ventes In Situ comme à la villa Noailles et Michel Rambaud a fait de sa maison de ventes une véritable terre d’accueil pour les artistes et leur expositions.

La table ronde suivante traitait le thème « La maison de ventes : méthodes d’hier vs méthodes de demain ». Quels acheteurs ? Que vendre ? Comment ? Cette table ronde abordait ces diverses questions, dont la communication sur la profession de commissaire-priseur, la connaissance des règles des enchères par le public, le savoir des acheteurs, la recherche de nouveaux publics et la dématérialisation des ventes aux enchères. Le constat est unanime : les salles se vident. L’arrivée des maisons de ventes aux enchères sur Internet fait l’objet de différends, les maisons de ventes sur Internet comme LAC Paris se défendent de toute assimilation à eBay — même si des partenariats se créent avec la marque en ce moment — du fait que le géant de la vente en ligne ne donne aucune garantie, ni aucun service après vente. Le rapport Hiscox révèle que 25% des 20-30 ans ont acheté leur première œuvre en ligne. Les ventes en ligne devraient progresser de 25% de plus par an. Sotheby’s détient le record d’une œuvre vendue en ligne, Birds of America de John James Audubon pour 3,5 M$ en avril 2014. Mais la modernité repose-t-elle seulement sur Internet et les nouveaux outils ? Virginie Pillon souligne que la modernité réside également dans l’identité des maisons de ventes. 54% des maisons de ventes ont moins de 10 salariés, ce sont de petites PME qui coûtent peu en campagne de communication, mais arrivent tout de même à atteindre une certaine reconnaissance. Une identité et des valeurs précises servent à définir l’ADN d’une maison de ventes.

Enfin, la table ronde n°3 intitulée « La maison de ventes : gestion des risques » soulevait les problématiques liées aux garanties des acheteurs et des vendeurs, à la sécurité du transport de bijoux sur la voie publique, ainsi qu’à la sécurité des transactions et des paiements. La qualité d’expert est la première garantie, ils se chargent des fichiers clients et de l’expertise des objets. Pour vérifier le niveau de garantie, il s’agit aussi de contrôler la durée des assurances. Selon Michel Maket, les niveaux de garanties sont souvent insuffisants et quand il faut les augmenter, les assureurs refusent la majeure partie du temps. Les principaux assureurs, qui ont le monopole pour l’assurance d’objets d’art ou d’objets de valeur sont Hiscox, Generali , Axa Art et la Llyod’s de Londres. Annick Rimlinger, membre du Conseil national des activités privées de sécurité, explique que le CNAPS est né d’une volonté commune de l’État et de la profession de moraliser et de professionnaliser ce secteur. Le CNAPS est désormais chargé d’une mission de police administrative. Elle précise que cela concerne les maisons de ventes, qui peuvent être amenées à faire appel à des entreprises extérieures, faire des achats de prestations, pour le gardiennage, le transport et le service de sécurité. Le Symev mettra en place en janvier 2015 un fichier sur la sécurité des transports dans le cadre d’impayés. Concernant le TRACFIN, la cellule française de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, les commissaires-priseurs présents ne sont pas satisfaits : ils ont dénoncé le fait que leurs démarches restes inachevées et sans réponse.

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