« interview »

Tous à la Patinoire Royale !

C’est un espace magistral de près de 3.000 m2 qui fit autrefois la joie des patineurs à roulettes. C’est aujourd’hui un lieu d’exposition peu commun, au centre de Bruxelles. Une heure en compagnie de Valérie Bach : à propos de l’engagement contemporain… au cœur d’un monument historique. Valérie Bach s’est installée en 2005 à Bruxelles.  Elle y a alors ouvert sa première galerie, dans le quartier du Sablon. C’est en 2007 qu’elle et son mari découvrent la Patinoire Royale, un bâtiment de style néo-classique construit en 1877 en plein cœur de la capitale. Fenêtres à arc plein cintre, magnifique charpente Polonceau, verrière d’époque… Le coup de foudre est immédiat et très vite le couple se porte acquéreur du lieu. La galerie Valérie Bach y présente dès 2012 sa programmation, dans l’aile donnant sur la rue Faider, tandis que la restauration de la grande nef se poursuit, sous l’égide des cabinets d’architecture Jean-Paul Hermant et Pierre Yovanovitch. C’est donc en avril 2015 que Valérie Bach a inauguré, avec son directeur Constantin Chariot et son équipe, ce nouveau lieu hybride, dont elle a gardé le nom historique. Trois expositions s’y sont déjà tenues : « La résistance des images », un ensemble de près de 170 œuvres réunissant les figures majeures de la Figuration narrative, sous le commissariat de Jean-Jacques Aillagon ; « Let’s Move ! », une vaste rétrospective de l’art cinétique assurée par Arnauld Pierre ; et « Prouvé / Takis » réalisée en collaboration avec la galerie Downtown. Jusqu’au 25 mars et pour la première fois depuis l’ouverture de la Patinoire, la totalité des espaces ont été confiés à l’artiste portugaise Joana Vasconcelos, qui y présente entre autres plusieurs de ses œuvres monumentales. Vous êtes administratrice de la Patinoire, ainsi que de la galerie qui porte votre nom. Quelle est la relation entre ces deux pôles ? Malgré la différence d’appellation, il s’agit d’une seule et même entité, mais aux programmations indépendantes. La galerie Valérie Bach existe...

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Working Promesse : design en métamorphose à Saint-Étienne

La 10e Biennale Internationale du Design de Saint-Étienne signe la « promesse » d’un nouveau design lié au travail… en mutation. Expérimentale, l’édition 2017 interroge aussi, et de manière inspirée, l’impact du digital dans nos vies. Ouverture le 9 mars. Le XXIe siècle annoncerait-il la fin de l’ère du design objet, beau et utile ? À question simple, réponse complexe, ou du moins nuancée ! À l’heure où notre société amorce un virage profond, dans un contexte de crise mondiale et de tensions exacerbées, la notion de design semble être également en totale évolution. Et pour cause, les nouvelles technologies, envahissant toujours plus les sphères privée et professionnelle, engendrent de nouveaux comportements de l’individu au travail et, plus largement, dans la vie quotidienne. Ces attitudes novatrices, le designer actuel les a assimilées et en tient compte dans sa pratique. Depuis désormais une dizaine d’années, le design est activement social, de services, à la solde d’utilisateurs, eux-mêmes en pleine mutation. Working Promesse, nouvelle Biennale Internationale du Design de Saint-Étienne, rend compte de ces différentes affectations à travers des expositions, des performances et des expérimentations, où l’objet se joint, voire cède le pas, à une réflexion sociétale, solidaire, utopique ou critique sur le sujet. En 2012, lors de la sixième Biennale Internationale du Design de Liège, Ezio Manzini, professeur à l’École Polytechnique de Milan et fondateur de Desis (Design for Social Innovation and Sustainability), expliquait à la presse que le design se définissait désormais comme « une approche et un ensemble d’outils ». Exit la production unique d’objets, ce métier s’envisage comme l’élaboration de « réseaux » écoutant la parole de l’usager, celui-ci jouant un rôle dans la mise au point de ces nouveaux dispositifs. En 2017, Olivier Peyricot, directeur scientifique de la Biennale et du Pôle Recherche de la Cité du Design de Saint-Étienne, poursuit dans le même...

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Speedy Graphito n’est pas un street artist !

Pertinence et impertinence… Voilà ce qui caractérise le parcours artistique de Speedy Graphito, comme le révèle la rétrospective que lui consacre en France le musée du Touquet. Démonstration. Comment êtes-vous devenu Speedy Graphito ? Je peins depuis toujours et j’ai pris mes premiers cours de dessin à neuf ans. À partir de là, tout s’est enchaîné : je me suis lancé dans la création de décors de théâtre de 14 à 20 ans, pour suivre ensuite une formation de cinq années en école d’art, dont deux ans à l’école Estienne à Paris. Mes premières toiles sous le nom de Speedy Graphito datent de 1984, la même année que ma première exposition à l’espace Pierre Cardin. Suite à cela, la galerie Polaris – tenue alors par le plus jeune galeriste de France – a décidé de me défendre. Et c’est la réalisation de l’affiche pour « La ruée vers l’art » en 1985 qui m’a assuré une notoriété immédiate et fulgurante dans toute la France. S’en suivent des expositions, des solo shows à la FIAC et des interventions urbaines sur les murs de Paris… « La ruée vers l’art » est justement le point de départ de l’exposition qui vous est consacrée au musée du Touquet, la porte d’entrée qui nous permet d’embrasser plus de 30 ans de carrière. Cette rétrospective est importante pour vous ? Je trouve qu’il est important, à cette étape de ma carrière, de montrer les différentes périodes qui jalonnent ces dernières années, car les gens connaissent essentiellement les œuvres récentes qu’ils peuvent voir sur Internet. Cela permet de présenter des séries qui semblent dissociées du reste, mais qui s’intègrent dans une démarche globale. Une démonstration en 70 toiles provenant essentiellement de ma collection : j’essaie de garder au moins une toile par période. Ce qui...

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Made in India : la nouvelle scène de l’art contemporain indien

Rencontre avec un « fou d’Inde », le marchand et collectionneur Hervé Perdriolle. Où il sera question d’ethnocentrisme, de culture vernaculaire, du marché de l’art et de la tribu des warli… Hervé Perdriolle est collectionneur, il est aussi critique d’art et commissaire d’expositions. Promoteur de la Figuration libre, il a participé en France aux premières expositions de Jean-Michel Basquiat, de Keith Haring et de Ravinder Reddy. Depuis 1996, il œuvre à faire connaître les « Autres maîtres de l’Inde », ces artistes contemporains de l’art tribal et de l’art populaire. En septembre 2009, il a ouvert sa collection au public dans le cadre de son appartement-galerie, proche du jardin du Luxembourg. Il y accueille les amateurs, sur rendez-vous…   C’est quoi, au juste, « l’art contemporain indien » ? L’Inde est un pays fait d’histoires singulières. On y trouve un art contemporain issu de cultures locales, et puis un art contemporain qui lui s’inscrit dans la culture globale, celle où l’on croise des artistes soutenus aujourd’hui par les grandes galeries internationales, très liés au marché de l’art, cette nébuleuse qui pour moi est un flou tout à la fois artistique et économique. Moi, je pense que la culture est une histoire de complémentarité, de différences qui dialoguent, c’est cette richesse qui m’a toujours passionné depuis le cabinet de curiosités d’André Breton ou le musée imaginaire d’André Malraux. C’est aussi pourquoi la réponse globale ne me satisfait pas. Il y cette phrase de Stuart Davis, quand il peignait les néons des villes américaines, en prélude au Pop art : « L’universel est proposé dans les termes du local. Le grand art cherche dans le lieu commun pour y trouver un sens relié à la vie comme totalité ». Trouver l’universel dans le local, ça, c’est quelque chose qui m’a toujours...

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Thaddaeus Ropac : « Je suis davantage curieux de regarder ce qui se passe loin de nous »

L’événement est de taille… Thaddaeus Ropac inaugure une cinquième galerie, à Londres. Le galeriste explique ici son coup de cœur pour la capitale britannique, revient sur le Brexit, développe sa politique d’expositions… Tout un programme. La nouvelle succursale de la Galerie Thaddaeus Ropac, à Londres – dans le sillage de Kamel Mennour, qui s’y installait en octobre dernier –, ouvrira au public le 28 avril prochain. La galerie sera implantée dans une ancienne demeure du XVIIIe siècle, au cœur du quartier historique de Mayfair. Dans les espaces du rez-de-chaussée et du premier étage, le nouveau lieu sera inauguré avec une exposition de photographies historiques et de sculptures vidéo de Gilbert & George, une sélection d’œuvres d’art minimal américain issues de la collection Marzona, ainsi que des dessins des années 1950 et 1960. Une sculpture de Joseph Beuys sera également présentée, tout comme une nouvelle performance et des sculptures récentes d’Oliver Beer. Explication. Vous ouvrez une nouvelle galerie à Londres, au printemps prochain. Quelle est la première raison de ce choix ? S’installer à Londres s’inscrit dans le sens de la marche de la galerie. Nous représentons beaucoup d’artistes et je crois que nous pouvons mener plusieurs galeries en même temps. C’est très excitant. On fait plus d’expositions et on peut montrer plus d’art. Nous essayons de toucher plus encore de public avec les expositions que nous faisons. C’est dans la logique de notre galerie. Je suis un Européen convaincu, comme je le dis toujours. Aussi, s’installer en Europe était un principe. Je ne voulais pas aller aux États-Unis, ni en Chine, ni ailleurs. Il n’y a pas beaucoup de villes en Europe qui aient autant d’effet sur la visibilité de l’art que Londres. C’est pourquoi vous n’avez pas choisi Vienne ou Berlin, par exemple ? Londres et Paris sont des villes très...

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