« interview »

DDessin ou comment réenchanter le monde

Elle est la fondatrice de DDessin. Elle est également codirectrice artistique de ce salon dont la ligne, d’année en année, s’affirme avec justesse. Une heure en compagnie d’Eve de Medeiros… Sept feuillets pour tracer les contours d’une passion. C’est un lieu propice aux passions intimes, un endroit un peu retiré, idéal pour célébrer l’esthétique du trait. C’est un salon, ou plutôt un cabinet de dessins contemporains. C’est la cinquième édition de DDessin, événement annuel qui du 24 au 26 mars se dévoile sous les verrières de l’Atelier Richelieu, au cœur de Paris. Soit 700 m2 exclusivement dédiés au papier. Autant dire que ce rendez-vous est tout à la fois un tremplin et une joyeuse aventure pour la scène artistique travaillant sur ce médium. Stylo à bille, poudre de graphite, aquarelle, marqueur, fusain… Tout y passe. Pour ne pas s’emmêler les crayons, Art Media Agency s’est penché sur la question : quelle est la nature du dessin contemporain et quels sont aujourd’hui ses enjeux ? Comment vient-on au dessin ? Par quel hasard ou quelle curieuse nécessité le papier s’est imposé à vous ? Par des rencontres. D’abord celle d’un collectionneur de dessins anciens, cofondateur du Salon du Dessin de la Bourse, puis celle de collectionneurs de dessins contemporains, dans le cadre de mes fonctions à la FIAC, sur le Prix Marcel Duchamp. Quel est le rôle, voire l’enjeu, d’un tel événement, au-delà de son contexte commercial ? Le premier rôle de ce salon était de reconsidérer un constat qui m’a semblé problématique : les galeristes et les artistes de la jeune scène artistique n’avaient que très peu la possibilité d’être présentés entre les murs des foires existantes et dominantes. C’est la raison pour laquelle j’ai créé cet événement. L’enjeu était celui de faire connaître au plus grand nombre de collectionneurs, d’amateurs d’art,...

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Drawing Lab, lieu d’expérimentation

À deux pas du Louvre, le tout nouveau Drawing Hôtel abrite… le Drawing Lab, un centre d’art privé entièrement dédié à la promotion du dessin contemporain. Rencontre avec Christine Phal, fondatrice dudit Lab et du salon Drawing Now, sis au Carreau du Temple. Jusqu’au 20 mai prochain, l’espace d’exposition du Drawing Lab présente Strings, un accrochage de l’artiste Keita Mori, accompagné du curateur Gaël Charbau. Réalisés sur les murs à partir de fils textiles, les dessins se déploient dans l’air, évoluent sur le papier… ou inversement, pour devenir performance vidéo. Un art délicat, métaphore de la traversée et des migrations, qui pourrait résumer l’évolution du dessin contemporain depuis une dizaine d’année. Soit depuis la création de Drawing Now, le salon qui se tient actuellement à Paris, du 23 au 26 mars. Le choix d’exposer Keita Mori en ouverture de votre nouveau lieu, le Drawing Lab, n’est pas anodin. Il révèle l’évolution du dessin au cours de ces dernières années. La foire Drawing Now, que vous organisez depuis 2007, a elle aussi très rapidement intégré cette évolution… Quand j’ai créé la foire, ce que les artistes souhaitaient présenter du dessin était plutôt des œuvres graphiques sur papier, la configuration du salon faisait aussi que la majorité des propositions allaient dans ce sens. L’évolution de notre regard, de l’expression des artistes et les relations que nous avons pu instituer avec d’autres lieux nous ont permis d’évoluer. Je me souviens que lorsque nous étions à New York pour l’Armory Show en 2009, avez Carine Tissot (sa fille et associée dans Drawing Now et Drawing Hôtel, celle-ci dirigeant la partie hôtelière : NDLR), nous avions échangé avec Brett Littman, le directeur du Drawing Center, sur la définition du dessin. Nous étions d’accord sur le fait que cela ne comprenait pas uniquement le dessin sur feuille....

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Marie-Ann Yemsi : « Notre futur est africain »

Celle qui sera la prochaine commissaire des Rencontres de la photographie de Bamako revient sur sa passion pour l’art contemporain africain et la découverte – bien tardive – de la richesse de ce continent de création. Après des études qui la destinaient à une grande carrière de cadre au sein de groupes internationaux, Marie-Ann Yemsi prend un virage en 2005 lorsqu’elle fonde Agent Créatif(s), une agence qui lui permettra de mêler son appétit pour l’art contemporain et sa soif entrepreneuriale. Ses origines allemandes et camerounaises l’ont emmenée de voyage en voyage, d’aventure en aventure. Non contente de superviser cette année le focus africain d’Art Paris Art Fair, elle est également commissaire de l’exposition « Le jour qui vient » à la Galerie des Galeries. En décembre, le public pourra découvrir sa sélection d’artistes vidéastes et photographes à l’occasion des 11e Rencontres de Bamako. Marie-Ann Yemsi nous explique pourquoi c’est enfin le moment de l’art contemporain africain et pourquoi il était grand temps ! À quand remonte votre passion pour l’art contemporain ? À ma petite enfance. Mes parents m’ont toujours emmenée dans des musées. Nous voyagions également beaucoup, sur plusieurs continents, ce qui m’a probablement forgé une certaine ouverture du regard… Après une première partie de carrière dans le luxe et la communication, j’ai souhaité trouver une activité qui me permette de vivre ma passion. C’est devenu Agent Créatif(s), une structure à la jonction entre le conseil et l’accompagnement de projets concernant l’art contemporain africain et la production artistique. Parlez-nous de votre rencontre avec Guillaume Piens et les organisateurs d’Art Paris. C’est à l’occasion de mon exposition à Bruxelles, au Brass, « Odyssées africaines », qui présentait 17 artistes du Sud-Est africain. Il s’agissait de pièces importantes d’une jeune génération, qui n’avaient jamais été vues jusqu’alors. En tout cas,...

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Comme larrons en foire(s)

Une actualité de l’art foisonnante en ce mois de mars à Paris, avec cinq foires époustouflantes et des expositions en pagaille. De quoi se composer un parcours exaltant, entre dessin, art contemporain africain et design… Prêts pour la claque des foires de printemps ? Du 30 mars au 2 avril… C’est Le rendez-vous à ne pas manquer : la foire Art Paris Art Fair, qui cette année accueille 139 galeries issues de 29 pays. Les exposants sont pour moitié étrangers et la foire s’est considérablement renouvelée pour cette édition, avec 50 % de nouvelles galeries. Incontournable raout du monde de l’art et du grand public, sise au Grand Palais, la foire permet de découvrir une scène artistique avec un éclairage toujours pointu sur les scènes étrangères. Son commissaire général, Guillaume Piens, s’est entouré de la curatrice et consultante culturelle Marie-Ann Yemsi, qui sera également la commissaire des prochaines Rencontres de Bamako, pour choisir le meilleur des galeries du continent africain – y compris le Maghreb – et de sa diaspora, et dont la plupart exposent pour la première fois en France. Parmi la vingtaine de galeries identifiées pour ce focus, quelques-unes, disséminées dans la foire, viennent d’horizons très divers : l’Ouganda avec l’Afriart Gallery de Kampala, le Nigeria où est implantée la galerie Art Twenty One, à Lagos, la Côte d’Ivoire représentée par la Fondation Charles Donwahi d’Abidjan, ou bien encore l’Afrique du Sud avec Whatiftheworld Gallery au Cap. L’October Gallery de Londres, qui représente en particulier El Anatsui, et la galerie parisienne Magnin-A, qui expose notamment Chéri Samba, présentent les grands classiques de l’art moderne et contemporain africain. On peut d’emblée noter l’accrochage monographique de l’artiste sud-africain Kendell Geers chez ADN Galeria, venue de Barcelone. La création émergente africaine est davantage représentée par les stands du secteur Promesses,...

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La roue de la fortune

Élégante et persuasive, elle incarne à elle-seule le charme discret de la banque pri­vée. Une heure avec Ma­thilde Cour­teault, en charge du patrimoine artistique pour la banque Neuflize OBC. Rencontre. Ancienne directrice du dé­par­te­ment d’arts d’Asie de la mai­son Ch­ris­tie’s à Paris, Ma­thilde Cour­teault, trente-neuf ans, nous reçoit dans les salons feutrés d’une grande banque d’affaires. Matinale et enjouée, cette titulaire d’une maî­trise d’histoire de l’art consacrée à « L’influence européenne sur les miniatures mogholes » gère depuis trois ans le pa­tri­moine ar­tis­tique d’une clientèle que n’épargne pas l’ISF. Il sera donc question ici de culture et de stratégie d’investissement, de collection et d’actifs patrimoniaux. L’occasion d’évoquer aussi les grandes tendances du marché de l’art, l’idée de placement-plaisir… Le tout avec la réserve, le maintien, qui sied aux sociétés de gestion de fortune. Conseil en patrimoine artistique, ça veut dire quoi, au juste ? Quels sont les contours de ce métier ? Le métier existe, au cœur de notre banque, depuis vingt-cinq ans. Nous y déployons notre expertise au sein d’une structure intégrée, totalement dédiée au conseil et à la gestion des patrimoines artistiques. C’est d’ailleurs une spécificité très inscrite dans l’ADN de notre société qui, avec sa collection de photographies, en qualité aussi de mécène de la Cinémathèque, partenaire du Palais de Tokyo, proche également du musée Jacquemart-André, est résolument ancrée dans le milieu culturel. Disons que le conseil se développe sur trois grands axes. Une gestion très matérielle des collections, tout d’abord, qui englobe toute la gamme de services propres au pa­tri­moine ar­tis­tique, prestations allant du stockage d’œuvres d’art dans des coffres réservés, offrant une conservation de type muséal, avec hygrométrie contrôlée. Nous proposons bien sûr des formules d’assurance, nous pouvons aussi conseiller certains de nos clients qui voudraient faire réaliser la copie d’un de leurs tableaux,...

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