« interview »

Hu Shengping : « Je pense m’écarter de l’art »

Les papiers fabriqués à la main caractérisent la pratique de Hu Shengping. Artiste chinois né en 1950, il a été le témoin des bouleversements de l’art contemporain en Chine. L’artiste a livré à Art Media Agency son amour de la culture… et son intention de « se séparer de l’art ».   Hu Shengping, quelle est votre formation ? Je suis né dans une famille modeste à Jiangnan, en Chine, et mes parents étaient enseignants. J’aime peindre depuis que je suis petit et j’aime toujours ça, 60 ans après, alors je pense que je suis né pour ça.  En 1968, j’ai dû vivre dans des villages ruraux pendant la Révolution culturelle, mais je n’ai pas laissé tombé la peinture malgré la dureté et l’exténuante vie rurale. Je réalisais principalement des natures mortes et m’essayais à la calligraphie. Dix ans plus tard, j’ai suivi à Shanghai l’enseignement de la couleur auprès d’un grand peintre. Deux ans après, j’ai commencé à travailler comme directeur artistique. En 1985, j’ai étudié également dans le département des imprimés de la Zhejiang Academy of Art (aujourd’hui la China Academy of Art). Puis, j’ai étudié la peinture chinoise à la Nanjing University of the Arts en 1986-1887. À cette époque, les théories de l’art traditionnel chinois ont commencé à faire partie de ma pratique artistique. Comment en êtes-vous venu à la peinture abstraite ? Avant, l’art en Chine était divisé entre le réalisme et le romantisme. Je n’aimais pas ces catégories, ni la présence de sujets littéraires ou l’approche narrative des peintures traditionnelles. Par conséquent, j’ai décidé de trouver mon chemin personnel et de prendre mes propres compétences comme fil conducteur, en approchant des sujets intéressants. Il s’ensuit que j’ai développé la peinture abstraite. Depuis le milieu des années 1980, j’utilise le papier comme médium, les sujets concernent...

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Révélations 2017, le printemps de l’excellence

Dans un esprit fédérateur et connecté à l’univers design, R3, troisième édition de Révélations, la biennale internationale des métiers d’art et de la création, ouvre au Grand Palais, du 4 au 8 mai. Avec un hommage à la production artisanale chilienne… 2017 scelle l’année d’une biennale qui fera date pour tous les passionnés de bels ouvrages et de savoir-faire d’exception. Celle du rassemblement d‘une grande communauté d’acteurs, tels les designers et les artistes de la matière, nourrissant le même amour pour l’objet et ses matériaux, que ces derniers soient précieux ou non, innovants ou traditionnels. Mais Révélations, c’est avant tout un voile levé depuis 2013 sur une pépinière de talents rassemblés sous la verrière du Grand Palais, drainant une foultitude de pratiques au cœur desquelles la main règne en maître, dans une ambiance stimulante d’échanges. Un événement aux enjeux et retombées économiques majeurs pour l’ensemble de la profession, porté par des artisans-créateurs, « gardiens » de l’excellence française et internationale. Les métiers d’art, la reconnaissance, enfin ! Créé en 2013 à l’initiative de Serge Nicole, président de 2006 à 2016 du syndicat professionnel des métiers d’art, Ateliers d’Art de France, le salon Révélations prend ses quartiers depuis, au cœur du Grand Palais, lieu iconique de l’art contemporain… Petit clin d’œil amusé pour cette filière, à l’endroit de laquelle l’art actuel cultivait jusqu’à peu l’indifférence, voire le rejet ! Quoiqu’il en soit, l’événement se veut « la plus belle vitrine des métiers d’art au regard du monde », et se définit, dès ses débuts, comme un soutien de taille pour l’identification du secteur. En effet, il y a encore trois ans, celui-ci semblait pâtir d’un manque de définition par les pouvoirs publics. Ateliers d’art de France réussit alors à faire changer la donne, fort de ses actions de représentation, de défense et de contribution au développement...

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Ready Art, « le Hermès de la scène artistique française »

Fondé en 2015, Ready Art pourrait bientôt devenir l’outil indispensable aux collectionneurs qui, sur le Net, souhaitent aller à la rencontre de la scène contemporaine française. Sélectif, le site permet de croiser artistes et galeries… triés sur le volet. La plateforme Ready Art ambitionne de présenter les meilleurs artistes de l’actuelle scène française aux internautes de tous les pays. Les fondateurs de ce beau projet, Tristan Vyskoc et Albane Rouvière, sont issus de l’univers de la finance, mais ont toujours entretenu un lien particulier avec l’art contemporain. Ils sont collectionneurs eux-mêmes, Tristan Vyskoc étant également artiste. Où l’on reparle de stratégie et de création artistique, de collection et de start-up…   Qu’est-ce qui, au départ, vous a donné envie de lancer le site Ready Art ? Tristan Vyskoc : Nous avons tous les deux travaillé dans le conseil pendant quinze ans. Nous avons vendu notre entreprise en 2014 et nous avions très envie de travailler dans le milieu de l’art. Nous avions déjà investi dans des sites internet liés à l’art, comme Artips ou Barter. Parallèlement, nous avons toujours été collectionneurs et je suis également artiste. Nous avons constaté que les artistes de notre entourage proche avaient du mal à être représentés sur le Web. Nous avons donc cherché un modèle économique viable avec un positionnement très affirmé. Nous avons travaillé pendant douze mois avant de lancer Ready Art, en février 2016. Nous ne voulons montrer que la scène française et la porter à l’international, dans l’idée de devenir dans cinq ans le leader sur le Web de la scène française. Beaucoup de gens nous ont dit que nous étions « fous » et que nous n’y arriverions pas… Albane Rouvière : Notre site met en avant la scène artistique française, mais notre spectre est assez large. Il s’agit d’artistes français,...

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Bertrand Lavier, entretien a cappella

Après une longue collaboration avec le galeriste Yvon Lambert, Bertrand Lavier expose pour la première fois à la galerie Almine Rech. Il y présente un ensemble d’œuvres issues de différents « chantiers », ces séries qu’il reprend au fur et à mesure de l’évolution de son travail. Visite guidée.   Bertrand, votre exposition débute par une « salle des peintures »… J’y présente plusieurs séries d’œuvres, dont de nouvelles Walt Disney Productions. Celles-ci ont des encadrements classiques qui leur donnent une insolence kitsch. Issues d’une fiction – celle dessiné par Walt Disney – elles basculent dans une autre – celle du champ de l’art. Ces encadrements en bois aux feuillages et arabesques, d’un blanc éclatant, accentuent leur aspect factice. C’est la première fois que vous utilisez les cadres pourtant déjà présents dans la bande dessinée de Walt Disney, Mickey au musée d’art moderne, de 1947. Ce « chantier » des Walt Disney Productions débute en 1984 avec une série de Cibachromes, ensuite des jets d’encres sur toile jusqu’en 2013, année où je commence à peindre sur ces impressions. C’est aussi en 1984 que j’ai commencé à recouvrir des miroirs d’une « touche Van Gogh ». C’est à partir de 2011 que j’ai arrêté de couvrir l’intégralité de leur surface, en les peignant cette fois-ci d’une « touche brushstroke », immortalisé par Roy Lichtenstein. Je me suis ainsi approprié un geste fondateur de la peinture contemporaine, pour les miroirs et Walt Disney Productions. Ce geste, plus libre que la « touche Van Gogh », me permet de suivre avec aisance les courbes des motifs peints. Pour les Walt Disney Productions présentés ici, le fait de ne pas recouvrir l’intégralité de la toile de peinture permet de laisser apparent le motif de la trame sérigraphiée, rendant visible les étapes qui ont précédés le résultat final. Avez-vous utilisé toutes les œuvres que Mickey et Minnie découvrent...

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Nana Oforiatta-Ayim : un nouveau modèle pour l’art contemporain

À l’occasion du 60e anniversaire de l’indépendance du Ghana, la capitale du pays, Accra, accueille un nouvel espace polyvalent d’art contemporain. ANO ambitionne de devenir le hub de la scène artistique montante de la ville. Entretien avec Nana Oforiatta-Ayim, écrivain, historienne d’art, cinéaste et fondatrice d’ANO.   Que signifie ce nom, ANO ? Il vient en fait du mot ghanéen pour dire « grand-mère ». Au Ghana, « grand-mère » ou « vieille femme » est une métaphore de la connaissance et de la sagesse. ANO concerne aussi beaucoup la mise en avant d’histoires culturelles cachées ou encore non racontées, ainsi semble-t-elle être une métaphore très réussie pour cela. De plus, en espéranto, cela signifie « appartenir ». Quand j’ai commencé à travailler dans les arts, l’art africain était très en marge, donc il s’agit aussi de prendre part au discours global et d’occuper notre place. Comment est née l’idée de ce nouvel espace d’art ? L’année dernière, j’ai aidé à créer une galerie appelée Galerie 1957, à l’Hôtel Kempinski au Ghana. J’avais toujours en tête le besoin d’espaces permanents, mais là j’en ai compris la nécessité pragmatique. Donc, plus d’espace pour vendre de l’art, pour inviter également les collectionneurs et pour donner aux artistes une occasion de s’établir et de devenir rentable. L’espace de l’hôtel était assez limité, beaucoup de gens sont très intimidés à l’idée d’entrer dans un hôtel cinq étoiles. Alors, nous qui avions travaillé davantage sur le contenu et le récit auparavant, avons aujourd’hui fait entrer en jeu l’idée du développement et même du profit. Quels sont vos projets pour ce nouveau lieu ? Ce lieu sera dédié aux expositions, spectacles et projections, mais ce sera également un espace convivial pour réunir la communauté artistique du Ghana. Ainsi, il y a une bibliothèque et un...

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