« interview »

Chic et bucolique

Ambiance garden party, en ce dimanche 10 septembre, où a lieu la 4e édition de la journée Arts & Élégance, partenaire de La Biennale Paris. Rendez-vous au domaine de Chantilly, donc, pour cet événement très « art de vivre à la française ». Soit l’un des plus prestigieux concours automobiles au monde… 15.000 visiteurs attendus, des voitures de collection et des robes de haute couture, des concept-cars et des mannequins aux courbes aérodynamiques, des rallyes endiablés et une forêt de chapeaux de roue, de feutre ou de paille s’entrechoquant sur les pelouses de Le Nôtre… Non, vous ne rêvez pas : vous êtes bel et bien plongé dans le décor champêtre et motorisé de la journée Arts & Élégance – Richard Mille, qui se tient chaque année dans le parc du château de Chantilly. Une fête qui ose l’ostentatoire et vise le tape-à-l’œil, au croisement du plus fidèle attachement aux traditions et des concepts les plus novateurs. Depuis quatre ans, cette journée, qui se déroule la veille de l’ouverture de la Biennale, se veut être le plus prestigieux rassemblement de voitures de collection au monde. « Les véhicules admis à participer à la journée sont tous exceptionnels », précise Patrick Peter, président de la société Peter Auto, qui organise l’événement. « Chaque année, nous accueillons des collectionneurs venus du monde entier, qui viennent jusqu’à Chantilly pour les admirer ». Un musée à ciel ouvert D’un musée éphémère à l’autre, il n’y a parfois qu’un pas… Et si l’on vient à La Biennale Paris pour contempler des œuvres silencieuses, on peut se déplacer à Chantilly précisément dans le but contraire. C’est au rythme du doux bruit des moteurs ronronnants que le dominical chaland pourra ainsi admirer quelques-unes des plus belles voitures du monde, spécialement réunies pour l’occasion. Comme chaque année, les trois concours récompensant les plus...

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Le vetting, tout un art !

À la Biennale, la Commission d’Admission des Œuvres est le passage obligé pour tout objet pénétrant dans le Grand Palais. Cette année, le vetting est particulièrement serré. Entretien croisé avec deux hommes de l’art, Frédéric Castaing et Michel Maket… En cette rentrée placée sous le signe de la « moralisation », La Biennale Paris pouvait difficilement s’exempter d’un vetting irréprochable. Pour encadrer cet « examen minutieux », il fallait bien une coprésidence. À la manœuvre, donc, Frédéric Castaing et Michel Maket, respectivement à la tête de la Compagnie Nationale des Experts et du Syndicat Français des Experts Professionnels en œuvres d’art et objets de collection. Pour en savoir plus sur les nouveaux standards d’exigence de la CAO, la fameuse Commission d’Admission des Œuvres, nous nous sommes entretenus avec ses deux présidents, experts de haute volée. Comment démêler le vrai du faux, qu’est-ce qu’un objet « de qualité Biennale » ? Une plongée dans les coulisses du marché de l’art, régulièrement chahuté par les « affaires »…   Vous arrivez à point nommé, au moment où tout le monde parle de « loi de moralisation »… Michel Maket : Soyons précis… Nous intervenons sur une proposition émanant du Syndicat National des Antiquaires, à l’initiative de Mathias Ary Jan, son président, pour assurer en effet une coprésidence, selon de nouvelles règles édictées quant au fonctionnement de la Commission d’Admission des Œuvres de la Biennale. Le principe d’indépendance – qui est fondamental dans notre métier, l’expertise – figure donc cette année au cœur de la nouvelle commission. Alors, bien sûr, tout cela concourt à la moralisation et à la transparence du marché. Frédéric Castaing : Ce qui a provoqué mon adhésion immédiate, c’est bien cette notion d’indépendance par rapport à la direction du Syndicat National des Antiquaires et à son conseil d’administration....

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Barbier-Mueller : quatre générations de collectionneurs

Pour célébrer les 40 ans du Musée Barbier-Mueller, La Biennale Paris accueille une sélection de 130 œuvres issues des collections personnelles de cette grande famille suisse. L’occasion de revenir sur l’histoire d’une passion. Saga. Chez les Barbier-Mueller, la collection est une histoire de famille… Il y a d’abord eu le grand-père, Josef Mueller, puis la mère, Monique, le père, Jean Paul Barbier-Mueller, et aujourd’hui les trois fils, Gabriel, Stéphane, Thierry, et Diane, l’une des petites-filles. Quatre générations de collectionneurs que La Biennale Paris a voulu mettre à l’honneur à travers une sélection d’œuvres, pour certaines encore jamais dévoilées au public, issues de leurs collections. « L’idée était de faire dialoguer des pièces majeures de quatre générations de collectionneurs aux goûts très différents, en recréant l’atmosphère de l’appartement de Josef Mueller, où se côtoyaient des peintures modernes et des objets d’art primitif », résume Laurence Mattet, directrice du Musée Barbier-Mueller, à Genève. Des sculptures et des toiles d’artistes contemporains donnent ainsi la réplique à des armures japonaises et des objets d’art africains, océaniens et de l’Antiquité. L’occasion également de rendre un hommage à Jean Paul Barbier-Mueller, disparu en décembre dernier à l’âge de 86 ans, et dont le nom évoque à lui seul la plus importante collection en mains privées d’art primitif. Elle compte 7.000 objets, masques, céramiques, textiles, armes, sièges… le tout provenant d’Afrique, des Amériques, d’Asie et d’Océanie, ainsi que des pièces de l’Antiquité tribale et classique. La « collectionnite » des Barbier-Mueller a démarré en Suisse, il y a un peu plus de 110 ans. D’abord avec Josef Mueller, fils d’une famille bourgeoise de Soleure, orphelin à six ans. Josef, notamment tombé « en amour » devant un portrait de femme de la période rose de Picasso, chez les parents d’un camarade de classe. Dès lors, le jeune garçon va tout faire pour rencontrer...

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Mathias Ary Jan ou l’art de la reconquête

Il est jeune et (très) tonique. Il est à la tête de l’événement le plus exclusif de la rentrée. Bref, il a pour mission de relancer la Biennale, ce parangon du grand goût en quête d’intensité. Une heure en compagnie de Mathias Ary Jan. Le plateau est international, la dialectique marchande. Pour sa première édition (depuis que sa fréquence est devenue annuelle), La Biennale Paris semble vouloir abandonner les vieilles rivalités pour se consacrer aux nouveaux enjeux. Placé sous le signe de l’excellence, ce vingt-neuvième opus pourrait être celui de la reconquête. Spécialiste des tableaux de la fin du XIXe et de l’école orientaliste, Mathias Ary Jan, qui préside désormais le Syndicat National des Antiquaires, en a fait sa priorité. La stratégie ? Réunir quelque 5.000 objets sous la verrière du Grand Palais, pendant huit jours, selon de nouveaux standards d’exigence… Le renouveau, donc, pour que ce rendez-vous très upper market reste l’événement le plus chic de la planète art. Et pour que les collectionneurs internationaux retrouvent (enfin) le chemin du grand négoce !   En dépit de son annualisation, la Biennale conserve son nom. N’est-ce pas un peu curieux ? La Biennale, c’est une histoire. C’est aussi un nom qui, au fil des ans, est devenu une marque. Une marque que nous souhaitons développer, une signature que nous allons dynamiser plus encore. C’est pourquoi détacher l’événement de son nom eut été, je pense, une erreur stratégique. Si, sémantiquement, il ne s’agit en effet plus d’une biennale, en revanche, stratégiquement, le terme reste très identifié. Il renvoie à un parcours, une histoire qui commence en 1956, à laquelle nous sommes très attachés. Et puis, le Paris-Dakar ne se court-il pas en Amérique du Sud ?   Si vous deviez, en trois mots, qualifier cette vingt-neuvième édition… Je dirais rigueur,...

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Marc Spiegler : réflexions

Alors qu’Art Basel va ouvrir, nous nous sommes entretenus avec le directeur de la foire, Marc Spiegler. Celui-ci parle très ouvertement de sa vision, de son travail, des foires d’Art Basel, du marché et de son évolution… et des personnes qui le façonne. Marc Spiegler : l’architecte du marché de l’art. Marc Spiegler, 48 ans, a toujours été un analyste très fin du marché de l’art. Il aime en dessiner les contours, le comprendre… Et parce que nous aimons cela également, c’est toujours un plaisir d’en discuter avec lui.   Comment vous sentez-vous, à la veille de cette foire, une décennie après avoir commencé à y travailler ? J’adore absolument ce travail et ça en vaut véritablement la peine, alors je n’ai pas vu le temps passer. C’est comme si c’était hier. En même temps, la foire marque ma vingt-sixième année avec Art Basel. Et si je regarde en arrière, on dirait qu’il y a eu beaucoup de changement. Notre organisation a certainement énormément évolué. Quand j’ai commencé, il n’existait que les foires de Bâle et de Miami, nous étions pilotés de Bâle et notre présence sur le Net était moindre… Nous ne nous occupions que de deux foires. Dix ans après, nous avons ajouté une foire extrêmement puissante en Asie, et nous avons construit une présence extensive en ligne – nous avons désormais un catalogue en ligne avec plus de 20.000 œuvres issues des foires précédentes, sans parler de notre réussite sur les réseaux sociaux, avec plus de 2 millions de followers, soit huit fois notre audience de 250.000 personnes qui visitent nos trois foires. Et la structure directrice n’est plus exclusivement basée en Suisse, mais sur trois continents, avec plus de 80 personnes qui font exister tout cela. Lorsque j’ai commencé, nous étions 20 personnes au grand...

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