« Fred Forest »

Par delà la notion de médium ? 

Depuis le 20 février, la Vancouver Art Gallery accueille la plus grande exposition de son histoire : « MashUp: The Birth Of Modern Culture » — visible jusqu’au 12 juin 2016. Près de 370 œuvres, 156 artistes, et les contributions d’une trentaine de critiques, curateurs et architectes ont été nécessaires afin de mettre en place cette exposition qui se tient sur les quatre niveaux du musée. Si l’institution a mis de tels moyens dans son élaboration, c’est que le projet est large : examiner le développement d’un mode de production maintenant omniprésent dans la création artistique, le «mashup » — concept comprenant aussi bien l’emprunt que le collage ou le remix. Pour Bruce Grenville, l’un des commissaires : « [L’exposition] révèle l’évolution d’une méthodologie créative qui a changé et muté en quatre étapes distinctes du début du XXe siècle à nos jours pour s’accommoder des changements technologiques et idéologiques profonds du XXe siècle. » L’exposition propose donc une généalogie du mashup en quatre actes, débutant à l’aube du XXe siècle avec le collage et le ready-made (acte 1) pour se poursuivre après guerre avec le développement des mass-médias et de la consommation de masse (acte 2). La fin du XXe  siècle  a laissé place à une esthétique du sampling (acte 3), notamment en musique et en vidéo, pour se poursuivre aujourd’hui avec le hacking et le remix (acte 4). Le mashup, c’est-à-dire l’utilisation de matériaux artistiques préexistant à des fins créatrices, est aujourd’hui une norme. Pourtant, le geste originel — le collage avec les premières expérimentations de Braque et Picasso puis d’Hannah Höch — a bien été une révolution. Accepter l’idée du collage, c’était accepter l’idée d’une création qui ne se fait pas ex nihilo, l’idée d’un artiste qui n’informe pas la matière, mais l’organise. L’exposition « MashUp: The Birth Of Modern Culture »...

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Fred Forest, figure de l’artiste résistant

Fred Forest est un modèle de l’artiste résistant. Très impliqué dans les formes émergentes et les concepts innovants, il a été pionnier de l’art vidéo (dès 1967) puis du Net Art (1996) et a cofondé deux mouvements artistiques notables — bien que poreux —, l’Art sociologique (1974) et l’esthétique de la communication (1983). Son ami Pierre Restany disait d’ailleurs de lui qu’il a participé à la sortie de l’art rétinien. Il fait actuellement l’objet d’une exposition dématérialisée au Musée du Jeu de Paume (« Fred Forest : Medias en partage »). En 2017, le Centre Pompidou lui consacrera une rétrospective. Art Media Agency a rencontré Fred Forest afin d’en savoir plus. Le Centre Pompidou vous consacrera une rétrospective en 2017. Que souhaitez-vous y présenter ? Mon travail a été protéiforme. J’ai utilisé la vidéo, la performance, Internet, etc. Cependant, je ne souhaite pas montrer ce que j’ai déjà produit. Pour cette exposition, j’ai donc choisi un axe de travail : le territoire. Cette notion est la colonne vertébrale de ma pratique artistique depuis 1977. Il ne s’agit donc pas tant d’une rétrospective de votre travail. Le terme rétrospective est effectivement un abus de langage. Je dis « rétrospective » pour avoir droit à un catalogue ! Quelle est la généalogie de cette notion de « territoire » dans votre travail ? Tout a commencé avec le « m2 artistique » en 1977. Cette oeuvre avait pour objet de questionner les marchés de l’art et de l’immobilier en faisant l’amalgame entre l’un et l’autre. Cela paraissait farfelu à l’époque, d’autant plus que je souhaitais créer une exposition de retentissement national — sans appui politique ni artistique. Pour ce faire, j’ai créé la « société civile immobilière du m2 artistique », une véritable entreprise. Puis, à la frontière suisse — le choix...

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Qu’en est-il de l’art vidéo ?

Depuis son avènement au début des années 1960 et au cours des années 1970, l’art vidéo s’est acquis une grande popularité aussi bien auprès des artistes qu’auprès du public. L’art vidéo fait figure de médium contemporain par excellence, ce que la peinture, la sculpture ou même la photographie ne peuvent avancer avec autant d’aplomb ; cependant, la place que ce médium occupe sur le marché de l’art contemporain est ambiguë et parfois problématique. Si les nouvelles générations d’artistes, baignées de culture numérique et élevées à l’ère des ordinateurs et de l’Internet, ou même des smartphones, se sentent tout à fait à leur aise avec les aspects technologiques de l’art vidéo, les œuvres elles-mêmes ne s’intègrent pas toujours naturellement, organiquement, parmi les pièces sélectionnées par les collectionneurs les plus pointus pour figurer dans leurs collections privées. Il en va même pour être intégrées au sein des foires aujourd’hui omniprésentes — et quasi-omnipotentes — à l’échelle mondiale. Du fait de leur nature reproductible et de la facilité de leur diffusion, les œuvres vidéo occupent une position tout à fait particulière, à l’opposé des productions artistiques dont la valeur est intrinsèquement liée à leur rareté. Cependant, au cours des 40 dernières années, l’art vidéo a gagné ses lettres de noblesse au sein de l’Histoire de l’art, obtenant ainsi une reconnaissance institutionnelle durement gagnée, mais aussi une reconnaissance publique, de même que la fidélité d’un petit groupe de collectionneurs privés, prouvant tout son potentiel et ses multiples ressources en ouvrant de nouvelles perspectives aux artistes. On peut toutefois s’interroger sur la destinée que connaîtra ce médium, au sein d’un monde de l’art de plus en plus soumis aux lois du marché, où les prix réalisés aux enchères et le succès rencontré lors de foires — dont la liste ne fait que s’allonger — peut « faire...

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Le débat sur les transactions du Centre Pompidou relancé

Paris, le 17 janvier 2011. AMA. L’artiste Fred Forest accuse le Centre Pompidou d’acheter des œuvres d’artistes lorsque leur cote est au plus haut avec l’argent des contribuables. Le débat sur les secrets de transaction financière du musée a été relancé avec l’acquisition d’une œuvre de Tino Seghal. Cet artiste, réputé dans le milieu de l’art contemporain, réalise des œuvres immatérielles, entre la performance et le spectacle, interprétées par des acteurs. Le travail acquis par le musée est intitulée This Situation. Elle a été performée à la galerie Marian Goodman à Paris, à l’automne 2009. Le problème est qu’aucune trace, à part orale, ne reste de la performance Ni document écrit, vidéo, photographie ou enregistrement n’existe. L’achat à donc fait l’objet d’une rencontre entre un représentant de la galerie Marian Goodman, un conservateur du musée, et le directeur du musée Alfred Pacquement. D’après ce dernier, « L’artiste a énoncé les règles qui régissent l’œuvre pour que nous les ayons en mémoire et que nous puisions ensuite les consigner dans un dossier conservé au musée. ». Pour Fred Forest, le problème est que Seghal ne délivre pas de certificat pour authentifier l’œuvre, l’acquéreur doit payer en liquide et aucune facture n’est délivrée. Le seul témoin de la vente est un notaire, présent durant l’acte. Mais d’après Mr. Pacquement, la transaction s’est réalisée comme d’habitude et la galerie a fait une facture. Fred Forest pense que si le directeur dit vrai, l’œuvre de l’artiste serait bafouée et aurait perdue toute légitimité. Il semblerait cependant que ce soit l’artiste lui-même qui est changé ses conditions au fur et à mesure que sa cote montait. La directrice de la galerie Marian Goodman, Agnès Fierobe précise tout de même que la facture a été envoyé par e mail pour éviter toute trace écrite. La...

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