« foire »

Dans l’atelier de Julian Schnabel

Une heure en compagnie de Julian Schnabel, qui pour Art Media Agency revient sur son parcours, la série des Plate Paintings, la surface et la matière, le cinéma, le soleil et les ombres… Rencontre à Manhattan. Né en 1951 à New York, ville dans laquelle il vit toujours, Julian Schnabel conserve cette réputation d’artiste indiscipliné. Remarqué très tôt par la critique, mais ne voulant se figer dans aucune figure stylistique, il se fait également connaître du grand public, en 1996, avec son film Basquiat. Depuis, il continue à peindre, sculpter ou réaliser des longs métrages, quand il ne surfe pas non loin de sa villa de Montauk. Julian Schnabel est également architecte d’intérieur… C’est d’ailleurs dans son palais vénitien du West Village, à New York, qu’il nous reçoit. Au cœur du Palazzo Chupi, dans lequel l’artiste a installé son atelier et son appartement. Vue sur l’Hudson…   Au tout début de votre carrière, dans les années 1970, avez-vous eu l’impression d’être proche de mouvements européens comme la Trans-avant-garde italienne ? On peut le penser formellement, mais connaissiez-vous les artistes qui la constituaient, tels Francesco Clemente, Sandro Chia, Enzo Cucchi ou Mimmo Paladino ? En 1982, quand Harald Szeemann assurait le commissariat de l’exposition « Settore Arti Visive », à laquelle j’ai participé à la Biennale de Venise, Francesco Clemente en était l’un des artistes. J’ai pu ensuite le revoir quand Jean-Christophe Ammann nous a exposés à Bâle, en compagnie d’Enzo Cucchi ou de Sandro Chia, et nous avons commencé à nous côtoyer. J’aimais particulièrement le travail de Clemente, notamment à cette période-là, et nous sommes ensuite devenus amis, mais avant cette rencontre, je ne savais pas qui étaient ces artistes.   L’époque était également celle de l’art post-conceptuel et minimal. Y avait-il donc chez vous une réaction à cela ? Vouliez-vous faire...

Tags : , , , , , , , , ,

Alexis Hubshman : « Scope est faite pour être défricheuse »

Scope fête cette année son onzième anniversaire, avec le lancement de Scope Haus, un nouveau centre d’art privé à Bâle. Son président, Alexis Hubshman, a su faire émerger cette foire qui rencontre aujourd’hui un grand succès. Pour cette édition, 70 exposants ont été sélectionnés. Indépendante, atypique… Scope est restée fidèle à ses engagements. Scope a maintenant seize ans. Son président, Alexis Hubshman, ne sort pas d’une école de commerce. C’est un artiste… et un entrepreneur. Il a travaillé dans une agence de paysage, il a même inventé un système pour marcher avec des patins à roulettes ! Il avait 20 ans. Finalement, avec ses gains, Alexis Hubshman a ouvert une galerie d’art dans le quartier de Meatpacking, à New York. Un quartier où il n’y avait pas encore de jeunes galeries. Trois ans plus tard, il décidait de créer sa propre foire d’art contemporain, Scope. Depuis, il a curaté bon nombre d’expositions, sur la Chine, l’Inde ou la diaspora du Moyen-Orient…   Pouvez-vous me parler du contexte général de Scope ? Nous avons commencé, il y a plus de dix ans, à Bâle, dans un très bel espace et nous nous installons désormais dans un bâtiment du Crédit Suisse, au cœur de la ville. C’est un très beau lieu, que Scope a maintenant pris en sa possession pour les cinq prochaines années, tous les jours de toute l’année. Je parle de ça car je suis d’abord venu à Bâle, au tout début, le plus simplement du monde, pour montrer de l’art contemporain émergent. Mon affaire a commencé il y a seize ans, au moment où il n’y avait pas de foires satellites ; nous avons ainsi été la première. Notre but est de montrer de jeunes marchands et des artistes émergents, alors qu’Art Basel, l’Armory, Cologne sont établies. Nous...

Tags : , , , , , ,

Yesterday Is Aujourd’hui

Après Bruxelles et avant New York, le salon YIA ouvre ses portes pour la première fois à Bâle. Romain Tichit, dynamique fondateur de Young International Artists, évoque ici son parcours, ses projets, ses doutes… Et réaffirme que Yesterday Is Aujourd’hui ! Ça commence souvent comme ça… Par passion ou entre copains. « En parallèle de mon travail dans la publicité et le digital, j’organisais des expositions avec des artistes dans des lieux dits nomades », explique Romain Tichit, cheveux en bataille et barbe de trois jours. Dans la pub, il est passé par Publicis, l’agence DDB ou le groupe Lagardère. C’est l’exposition « Dynasty », présentée conjointement au Palais de Tokyo et au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, qui en 2010 le décide à changer de voie. L’accrochage monstre avait alors réuni une quarantaine d’artistes sur près de 5.000 m2, parmi lesquels Farah Atassi, Bertrand Dezoteux, Camille Henrot, Théo Mercier, Jean-Xavier Renaud, Bettina Samson ou encore Oscar Tuazon. « En 2010, après “Dynasty”, j’ai décidé de monter le concept du YIA, pour Young International Artists, un salon en soutien à la scène émergente ». En 2012, Romain Tichit fonde l’agence de communication LFDAC (La Française Des Arts Contemporains), avec laquelle il pilote toujours YIA. Au cours des premières années, le concept initial est là, limpide : exposer de jeunes artistes, représentés par des galeristes, dans des lieux (post-)industriels. Pour sa première édition, Romain Tichit expose entre autres Vincent Ganivet, Hsia Fei Chang, Lionel Sabatté, Guillaume Cabantous… Il écume Paris, passe par la Cartonnerie, le Bastille Design Center, Le Loft Sévigné, l’Espace Morin, l’Espace Commines ou bien encore la Galerie Joseph, rue de Turenne. « Après de nombreuses éditions dans des lieux plutôt confidentiels, nous avons pu obtenir la halle du Carreau du Temple, que nous occupons...

Tags : , , , , , ,

« Volta, plus de flexibilité dans le système »

Rendez-vous sur Volta, où la sélection est tout à la fois inventive et rigoureuse. Soixante-dix galeries vous y attendent, du 12 au 17 juin, pour le treizième opus de cette foire toujours très courue. Une balade dans les allées, en compagnie d’Amanda Coulson. Avant de créer Volta New York en 2008, elle a cofondé Volta Bâle. C’était en 2005. Aujourd’hui, critique d’art et commissaire d’exposition, Amanda Coulson est également directrice de la National Art Gallery of the Bahamas. Elle vit à Nassau. Son approche du marché ? Une vision avant tout curatoriale, un regard marqué par un grand sens critique… Pour sa treizième édition, la directrice artistique accueille sur Volta pas moins de 70 galeries issues de 43 villes différentes.   Pouvez-vous nous décrire cette édition 2017 ? Quelle en est l’atmosphère ? C’est une question plutôt difficile, car il y a du nouveau chaque année et c’est tout l’intérêt ! Nos galeries évoluent, certaines participent à des foires importantes, d’autres ont des projets différents… Mais nous travaillons de manière très organisée. Ainsi, à New York, nous ne présentons que des solo shows, tandis qu’à Bâle nous faisons des choses plus diverses, tout en demandant vraiment à nos galeries de changer leur programme pour chaque nouvelle édition. Nous ne sommes pas une foire qui cherche à glaner le plus de monde possible, nous souhaitons plutôt faire de Volta un lieu attirant pour les curateurs, les conservateurs ou les collectionneurs qui se sentent impliqués. Dès le départ, nous avons pensé que Volta prendrait place dans un hôtel de luxe, une auberge de jeunesse bon marché ou bien un boutique hotel… L’idée d’un concept soigné, mais à taille humaine, car nous avons toujours voulu constituer une sorte de répit par rapport aux foires principales, un endroit où les gens peuvent également venir se relaxer....

Tags : , , , , , ,

Art Basel ou l’esthétique du choc

Une ambiance furieusement arty, 100.000 visiteurs attendus… C’est à Bâle qu’il faut être en juin, là où le gotha de la planète Art fait la foire. Là où une simple tendance, en quelques heures, peut devenir virale. Dans les coulisses du plus grand supermarché mondial de l’art contemporain…   Difficile de faire plus arty… La foire de Bâle, pour se faire une idée, c’est comme un VIP lounge, mais en nettement plus hype. Pas de pauvres, partout du champagne Ruinart, des femmes so chic… Bref, un monde idéal qui hésiterait entre le post-conceptuel et le néo-platonicien. Une utopie made in Switzerland. En tout cas, une mégafoire qui ne ressemble à nulle autre. Autant dire, « the biggest and the best ». Alors voilà, pour cette 48e édition, imaginez un penthouse avec vue sur l’océan des avant-gardes ! C’est donc en Suisse que ce grand raout planétaire de la supra-contemporanéité se passe, dans la très calviniste ville de Bâle, là où l’éthique protestante – si l’on en croit un certain Max Weber – commença à flirter avec l’esprit du capitalisme. Et comme il n’y a décidément pas de hasard, c’est dans cette même ville (qui s’est choisie la crosse pour emblème) que vous allez recevoir un vrai choc. Trente-six chandelles, ou plutôt 291 galeries ultrapointues, venues de 34 pays et six continents. Entre béatitude esthétique et irritation critique, partagé entre coup de cœur et coup de sang, vous allez a-do-rer. Comme le raconte le dossier de presse – qui ne lésine pas sur les superlatifs – tout le gotha de la planète Art s’est donné le mot pour converger en Helvétie, « from across the globe », pour quatre jours de liesse. Un géotropisme qui, saison après saison, pousse marchands et collectionneurs argentés, curateurs irritables et art advisors de tout poil...

Tags : , , , ,

Ad.