Le bouclage d’Art Paris Art Fair : interview avec Priska Pasquer

 Paris   |  30 mars 2014  |  AMA  |  Tweet  |  LinkedIn

Paris, le 30 mars 2014, Art Media Agency (AMA).

Priska Pasquer, propriétaire de la galerie éponyme et membre du comité d’Art Paris Art Fair, joue un rôle important dans l’organisation de la foire parisienne. Dans une interview exclusive avec Art Media Agency, la galeriste allemande donne un rapport très positif sur sa 3e participation à la foire.

Que pensez-vous de l’affluence de cette année comparée à l’édition 2013 ?
Nous avons certainement eu beaucoup plus de visiteurs cette année. Surtout le jour du vernissage. Nous avons eu beaucoup de succès, ce qui est fantastique. Jeudi, le jour où Paris a accueilli le président chinois, a également été une excellente journée pour nous.

Vous êtes membre de la commission Art Paris Art Fair. Comment avez-vous été impliqué dans le comité ?
Une de mes priorités personnelles est de développer davantage l’accent international que nous souhaitons donner à la foire. L’art a un langage universel, il permet toute communication. Mon implication dans le comité est égale à celle de tous les membres même si nous avons tous des rôles très différents. En préparation de la foire, nous avons tous travaillé ensemble, en étudiant les dossiers  que les galeries nous ont envoyés et en réfléchissant sur la sélection des galeries amenées à être exposées sur la foire.

En tant que membre du comité de sélection, êtes-vous globalement satisfait de la qualité des œuvres présentées ?
Compte tenu de la variété des œuvres d’art montrées sur la foire, il est difficile de porter un jugement global sur leurs qualités. Il y a beaucoup de stands de haute qualité mais ma personnalité me pousse à viser plus haut : la barre doit toujours être placée plus haute.

Comment voyez-vous Art Paris Art Fair en comparaison à d’autres foires d’art européennes ?
Au cours des trois dernières années, le comité a essayé de construire un nouveau concept et une vision pour la foire. Je pense que rien n’empêche Art Paris Art Fair de devenir à terme aussi importante qu’Art Basel ou la FIAC. Dans le passé, la foire a été très française dans son approche et il n’y a encore que quelques galeries ou artistes américains représentés. Les États-Unis ont un rôle très important dans le monde de l’art et cela ne doit pas être négligé, mais ce que j’aime personnellement est qu’Art Paris Art Fair ne cherche pas à imiter d’autres grandes foires d’art. Elle a sa propre identité et travaille vraiment à être ouverte plutôt que fermée ou concentrée sur quelques acteurs. Sur le site de la foire par exemple, nous avons créé une section appelée « we are all collectors ». L’idée est d’encourager activement les visiteurs — surtout les plus jeunes et ceux qui ne sont pas nécessairement les collectionneurs d’art avertis — à oser interagir avec les galeries et même acheter des œuvres d’art. C’est ce que j’ai essayé de mettre en pratique sur ma galerie. Cette année, nous avons inventé un nouveau concept : la mise en vente d’œuvres d’art vendues à seulement 49 € chacune. Ainsi tous les visiteurs s’intéressant à la collection étaient en mesure de pouvoir acheter des œuvres d’art ; une première étape pour — pourquoi pas — devenir collectionneurs plus tard. Nous avons été inspiré pour cette opération par un travail de Rudolf Bonvie de 1973 — une série de treize photos intitulées Dialog, qui est exposée sur le stand. Publiée sur Tumblr, elle a été partagée plus de 60.000 fois, particulièrement populaire parmi les jeunes de 16 et 24 ans. Nous voulions sortir ce travail du monde virtuel et le placer dans la matérialité. Nous avons ainsi imprimé des œuvres similaires par l’artiste (également datées de 1973) plusieurs centaines de fois afin d’en vendre les copies sur notre stand.

À votre avis, quels ont été les aspects positifs et négatifs de la foire ?
Un gros point positif est que nous avons réussi à faire venir de nouveaux collectionneurs plus jeunes sur la foire. En outre, je pense que l’accent mis sur l’Est, en particulier la Chine cette année, était une excellente idée. Par ce biais, de nouveaux liens ont été créés et de nouvelles collaborations sont discutées. Une enquête récente a montré que de nouvelles capitales artistiques émergentent, comme Istanbul ou Budapest. C’est pourquoi à la galerie Priska Pasquer à Cologne cette année, nous exposons plusieurs œuvres d’artistes turcs, tels que Yağız Özgen et Bengü Karaduman. Il y a encore beaucoup à faire dans ce domaine et Art Paris Art Fair est pionnière dans ce domaine. Je pense que la foire a certainement le potentiel pour devenir une des plus importantes dans les cinq prochaines années, de s’ouvrir de plus en plus et de répondre à tous ces nouveaux développements dans le domaine de l’art. Ce qui est plus important pour moi c’est que la foire soit le plus ouverte possible car nous vivons aujourd’hui dans un monde de partage. Je pense qu’Art Paris Art Fair offre certainement un modèle quant à cette ouverture.
En point négatif, je citerais principalement les dysfonctionnement de l’Internet. Cela nous empêche d’accepter les paiements par carte de crédit mais cela complique aussi le lien entre Art Paris Art Fair et le monde extérieur. Les personnes — surtout étrangères — qui visitent la foire ne peuvent pas se connecter au Wi-Fi et poster leurs trouvailles sur Facebook ou Instagram. Un second aspect négatif est que la qualité des œuvres d’art présentées n’est pas uniforme. C’est quelque chose sur lequel nous devons encore travailler.

Comment cela s’est passé pour votre galerie sur la foire?
Je suis très satisfaite et heureuse d’avoir participé avec ma galerie. Nous avons bien vendu et eu de très intéressantes conversations avec certains visiteurs. Les œuvres que nous présentions à 49 € ont eu beaucoup de succès, en particulier auprès d’un public plus jeune. Par exemple, un homme a acheté une de ces pièces pour son fils, en lui la présentant comme sa première œuvre d’art collectionnée. Beaucoup des œuvres importantes de nos artistes japonais ont également trouvé acheteurs et je suis toujours en négociation avec un autre acheteur potentiel concernant une œuvre de grande taille de Rudolf Bonvie.

De manière générale, êtes-vous satisfaite des progrès réalisés par la foire ? Que souhaitez-vous voir amélioré l’année prochaine ?
Sauf pour ce qui concerne les problèmes de connexion, je suis très satisfaite de l’organisation de la foire et de sa réussite! Nous avons eu une réunion de synthèse avec l’ensemble du comité et je n’ai rien eu rien à critiquer ou presque. L’année dernière, il y avait plusieurs aspects que je voulais voir amélioré. Les changements nécessaires ont tous été mis en œuvre cette année et tout a réellement progressé depuis 2013.

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