Al Maaden, le premier parc de sculptures en plein air en Afrique

   |  24 septembre 2013  |  AMA  |  Tweet  |  LinkedIn

Al Maaden, le 24 septembre 2013, Art Media Agency (AMA).

Le 28 septembre prochain sera inauguré le parc de sculptures d’Al Maaden au Maroc. Avec l’Atlas comme horizon, les œuvres sont intégrées à un parcours golfique sur un site associé à un complexe résidentiel haut de gamme sur neuf hectares, et ce, à quelques pas au nord de Marrakech. Le projet a vu le jour il y a seulement cinq ans, car avant cela, le terrain était entièrement vierge. Mohamed Alami Lazraq, qui dirige le premier groupe immobilier et touristique intégré au Maroc, Alliances Développement Immobilier (ADI), a initié ce projet immobilier réunissant villas, resort, golf, restaurants, hôtels… où les villas sont vendues en moyenne entre 300.000 et 1,3 million d’euros. « Luxe, calme et volupté » règnent sur ces 140 villas qui ont vue sur le golf et sur les ensembles résidentiels de haut standing, avec un potentiel de développement important sur ce territoire de 190 hectares.
Architecte de formation, diplômé de l’École Supérieure d’Architecture (ESA) de Paris, Mohamed Alami Lazraq a réussi à rendre son entreprise (créée en 1994 et entrée en bourse en 2008) incontournable au Maroc pour tout projet résidentiel ou touristique. En juste retour des choses, il a créé en 2009 la Fondation Alliances pour structurer le mécénat du groupe autour de trois axes : le développement social, la santé et la culture. Il faut rappeler qu’il n’y a aucun avantage fiscal au Maroc concernant le mécénat qui est ici porté par la zakât — ou « aumône légale » pour les musulmans qui en ont les moyens —, le troisième pilier de l’islam. La politique de mécénat reste cohérente et Monsieur Lazraq entend mener des ponts entre ces domaines : « Je reste persuadé que l’art fait partie du contrat social. Je pense que l’art contemporain va de pair avec la modernité du Maroc. Alors, cela me semblait évident de mettre en place ce projet de la Fondation pour contribuer pleinement au rayonnement de la culture au Maroc. »
Il était donc naturel pour Mohamed Alami Lazraq, collectionneur depuis plus de quarante ans, d’intégrer l’art à son action : depuis le mois de juin, il a lancé un rendez-vous de photographie biannuel, « La chambre claire », qui permet à un artiste émergent d’être exposé dans les locaux de la Fondation. Il favorise l’intervention d’artistes dans les logements sociaux qu’il construit et il a transformé le terrain de golf d’Al Maaden en parc de sculptures. Douze œuvres sont pour l’instant en place, en sachant que le projet pourra en accueillir en tout une vingtaine. Un appel à projets a été lancé auprès d’artistes internationaux qui ont pensé leurs sculptures pour le site. Toutes ont été produites spécifiquement pour ce site, sauf la toute première à avoir intégré les lieux, les trois Girouettes de Philippe Hiquily, édition réduite à 3,50 mètres du projet de 12 mètres réalisée pour la ville de Shanghaï en 2009. Les sculptures se dressent à la verticale comme autant de prétextes pour rompre l’horizontalité du paysage. S’instaure un dialogue à trois, où s’immisce l’art entre l’élément minéral et l’élément végétal. Toutes les œuvres ne peuvent être appréhendées visuellement en une seule fois, et c’est le parcours qui surprend par la variété des points de vue, de cet immense Golfista anecdotique de huit mètres de haut d’Antonio Seguì (plutôt une lecture littérale du contexte) à la saisissante Montagne urbaine de Yazid Oulab, en passant par ces Masques composés de 86 visages convulsifs ou éteints de Mahi Binebine ou ce Totem de Wang Keping, contemplant le paysage perdu dans le lointain. Certaines interpellent peut-être plus par le propos de l’artiste, comme ces papillons ambigus de Sunil Gawde dont les ailes sont composées de lames de rasoir (la frontière entre la beauté et le danger est-elle si ténue ?), ou cette élégante onde horizontale d’Adiba Mkinsi — la seule femme de la sélection — questionnant la dimension matérielle de l’existence. La Jetée en or d’Hassan Darsi plonge le visiteur dans un océan de poésie, transposant une jetée maritime ancrée dans cette pelouse vert tendre, une invitation à prendre le large face à ces pépites des fonds marins.
Le budget par sculpture a été fixé autour de 100.000 euros, ajusté en fonction des besoins de productions. Les sculptures sont installées par les soins du groupe ADI même. Mohamed Alami Lazraq ne compte pas s’arrêter là, avec le projet d’un musée d’art contemporain africain qui devrait voir le jour d’ici 2016, toujours sur le site d’Al Maaden.

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